Stace

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Stace (Publius Papinius Statius) est un poète en langue latine de la Rome antique, né à Naples vers 40.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aucun auteur antique n'a parlé de Stace et de ses œuvres, sauf Juvénal, qui l'associe à sa Thébaïde[1]. Le peu d'éléments dont nous disposons est tiré d'allusions présentes dans ses textes. Son père, originaire de Velia, a perdu sa fortune et par conséquent son appartenance au rang équestre. Il s'installe alors comme grammairien à Naples tout en se consacrant à la poésie. C'est donc auprès de son père que Stace, dès la plus tendre enfance, est initié à la poésie. Il est lui-même grammairien à Naples avant de s'installer à Rome en l'année troublée 69. Il commence à déclamer ses vers en public et rencontre une veuve, Claudia, musicienne très impliquée dans la vie mondaine de Rome, qu'il épouse. Claudia a déjà une fille de son premier mariage mais son union avec Stace reste stérile. Celui-ci plus tard élève et éduque comme son propre fils un esclave affranchi, sans toutefois l'adopter.

À Rome, il mène une vie mondaine de lettré professionnel, est introduit à la cour impériale (notamment sous Domitien) et est couronné de nombreuses fois aux jeux poétiques tels les jeux albains, les jeux capitolins ou à Naples en 78, sous les yeux de son père. Malade à partir de 95, il se partage entre Rome et Naples. On ne possède plus aucun renseignement sur lui après 96. Il est plausible qu'il soit mort à Rome, occupant ses derniers jours à la rédaction de son Achilléide, épopée restée inachevée.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son œuvre se partage entre deux épopées, la Thébaïde et l’Achilléide, dont il espère qu'elles vont lui apporter l'immortalité poétique, et les Silves, cinq livres (32 pièces) pour la plupart composés en hexamètres dactyliques.

  • Les Silves (ou Impromptus) sont de courts poèmes de circonstance, regroupés en cinq livres. Le cadre en est la haute société romaine à une époque où les mécènes sont devenus rares. Stace ne manque donc aucune occasion de célébrer les grands (dont bien sûr l'empereur Domitien) sur des sujets très variés (fêtes, naissances, mariages...). Ce sont des tableaux de la vie romaine composés dans un style spontané et naturel. Stace en effet ne met jamais plus de deux jours pour écrire des pièces dont certaines comptent plus de 300 vers.[réf. nécessaire]

Postérité[modifier | modifier le code]

Stace est un personnage de la Divine Comédie de Dante. Il apparaît au Purgatoire, pour guider le narrateur avec Virgile. Quand Virgile disparaît, à la fin du Purgatoire, Stace reste avec le narrateur et entre au Paradis.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Juvénal, Satires, VII, 82.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bayet, Littérature latine, Armand Colin-collection U, 1965.
  • P. Hardie, The epic successors of Virgil, a study in the dynamics of a tradition, Cambridge, PU, 1993.
  • F. Ripoll, La morale héroïque dans les épopées latines d'époque flavienne : tradition et innovation, Louvain, Peeters, 1998.
  • Sylvie Franchet d'Espèrey, Conflit, violence et non-violence dans 'La Thébaïde' de Stace, Paris, Les Belles Lettres, 1999.
  • Fernand Delarue, Stace, poète épique, originalité et cohérence, Louvain et Paris, Peeters, 2000.
  • Fernand Delarue dir., Epicedion. Hommage à P. Papinius Statius, 96-1996 (La Licorne, 38), Poitiers, Université de Poitiers, 1996. (ISBN 2-911044-08-8)