Théodore Ratisbonne

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Théodore Ratisbonne

Théodore Ratisbonne (28 décembre 1802, Strasbourg10 janvier 1884, Paris) était un prêtre français d'origine juive converti au catholicisme. Prédicateur et écrivain distingué, il fut directeur de l'archiconfrérie des Mères chrétiennes. Il fonda en 1843 la congrégation de Notre-Dame de Sion avec l'aide de son frère cadet, Alphonse Ratisbonne. Il fut aussi le directeur spirituel du Père Hermann Cohen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théodore Ratisbonne était l'un des neuf enfants d'Auguste et Adélaïde Ratisbonne[1], une famille de banquiers juifs de Strasbourg[2] et descendait de Cerf Beer. Son père était le président du consistoire d'Alsace[3]. Il fit ses études au Collège royal de sa ville natale puis étudia le droit. À l'âge mûr, il était considéré comme quelqu'un d'important dans sa communauté, qui le choisit à l'unanimité pour remplacer son ami Samson Libermann après la conversion de ce dernier au catholicisme en 1824[4]. La conversion de Libermann et de deux autres de ses amis, Émile Dreyfus et Alfred Mayer, le conduisit à étudier la Bible et l'histoire de l'Église. Il y réfléchit pendant deux années et, finalement, demanda le baptême en 1826. Ayant reçu la catéchèse de Louise Humann, il se fit baptiser en secret en 1827. Il ajouta à son prénom celui de « Marie » et devint donc « Marie-Théodore Ratisbonne ». Il entra au séminaire et fut ordonné en 1830.

D'abord professeur au Petit Séminaire puis vice-recteur de la cathédrale de Strasbourg, il travailla dans son diocèse natal jusqu'en 1840, date à laquelle il devint vicaire et sous-directeur de la confrérie de Notre-Dame-des-Victoires à Paris[5]. C'est pendant son séjour dans cette ville, en 1842, que son frère Alphonse, un libre-penseur hostile à toute forme de religion, fut soudain converti à Rome, et lui suggéra de créer un foyer pour l'éducation des enfants juifs. Il reçut alors les deux filles d'une dame juive qu'il convertit par la suite. Le même été, il se rendit à Rome, où le pape Grégoire XVI le fit chevalier de l'ordre de Saint-Sylvestre, le félicita pour sa Vie de saint Bernard et agréa sa demande de travailler à la conversion des juifs.

Dès l'année suivante, en 1843, il fonda la congrégation de Notre-Dame de Sion en action de grâce pour la conversion de son frère[3] et en fut nommé le supérieur général. Des maisons s'ouvrirent alors pour l'éducation chrétienne des garçons et des filles juifs. Pie IX donna à Théodore Ratisbonne de nombreuses marques de son affection, et Léon XIII le nomma protonotaire apostolique. À sa mort, il reçut les derniers sacrements des mains de l'archevêque de Paris Mgr Guibert, accompagnés de l'ultime bénédiction de Léon XIII. Il repose dans le parc de l'école Notre Dame de Sion à Évry.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses principaux travaux sont les suivants :

  • Essai sur l'éducation morale (1828)
  • Histoire de saint Bernard et de son siècle (1841)
  • Méditations de saint Bernard sur le présent et futur (1853)
  • Le Manuel de la mère chrétienne (1860)
  • Questions juives (1868)
  • Nouveau Manuel des mères chrétiennes (1870)
  • Le Pape (1870)
  • Miettes évangéliques (1872)
  • Réponse aux questions d'un israélite de notre temps (1878)
  • Mes souvenirs, Sources de Sion, Presses monastiques, rééd. 1966

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ecce Homo Convent.
  2. Encyclopedia Judaica, Ratisbonne Brothers, Volume 13, pp.1570-1571, Keter Publishing House, Jerusalem, 1972.
  3. a et b Biographie, article d'Isidore Singer et Jacques Kahn dans la Jewish Encyclopedia.
  4. Samson Libermann était le frère aîné de François Libermann, qui se convertit lui aussi. Cf. l'article de Philippe-E. Laudau : Les Libermann de Saverne.
  5. Théodore et Alphonse Ratisbonne évoqués sur le site de la Basilique Notre-Dame-des-Victoires.