Laurent de Brindes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Saint Laurent de Brindes
Image illustrative de l'article Laurent de Brindes
Prêtre
Naissance
Brindisi
Décès  
Lisbonne
Nationalité Flag of Italy.svg Italien
Vénéré à Villafranca del Bierzo (Espagne)
Béatification 1er juin 1783
par Pie VI
Canonisation
par Léon XIII
Docteur de l'Eglise 1959 sous le titre de Doctor Apostolicus
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 21 juillet
Attributs Habit de capucin
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Laurent (homonymie).

Laurent de Brindisi ou Laurent de Brindes, (né le à Brindisi - mort le à Lisbonne, Portugal) était un Capucin italien de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle, reconnu saint par l'Église catholique, qui fut proclamé Docteur de l'Église par le pape Jean XXIII en 1959, à l'occasion du 400e anniversaire de sa naissance. Il est fêté le 22 juillet à Lisbonne et le 21 juillet ailleurs[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vocation[modifier | modifier le code]

Fils de Guillaume Rossi et d'Élisabeth Mazella, Laurent naquit le à Brindisi, et fut prénommé Jules César.

Tout jeune, on racontait qu'il prêchait devant le portail de la cathédrale de la ville. Sa vocation précoce l'aurait amenée, à la mort de son père, à demander à sa mère l'autorisation d'intégrer les Capucins, ordre vers lequel il s'était senti attiré.

Après le décès de sa mère, Laurent se rendit à Venise chez un oncle prêtre, et l'année suivante, alors qu'il avait juste 16 ans, il entra chez les capucins de Vérone.

Et c'est à partir de là qu'il exerça pendant plus de quarante ans une fructueuse activité apostolique.

Activités apostoliques[modifier | modifier le code]

Le , Laurent de Brindisi, âgé de 19 ans, prononça ses vœux, en prenant le nom de Laurent, en souvenir du diacre martyr homonyme, Laurent de Rome.

Il partit alors étudier à Padoue les sciences sacrées, exégèse, patrologie, théologie. Il devint aussi polyglotte, parlant couramment sept langes (latin, grec, syriaque, hébreu, italien, allemand, français). Il discutait volontiers avec les Juifs, et jouissait d'une mémoire fantastique.

Laurent fut ordonné prêtre le et assuma de nombreuses charges chez les Capucins :

  • 1583-1586 : Lecteur en Théologie et Écriture Sainte à Venise
  • 1586-1588 : Supérieur et maître des novices à Bassano del Grappa
  • 1590-1592 : Ministre provincial en Toscane ;
  • 1596-1602 : Membre du Conseil Supérieur (Définiteur Général)
  • 1602-1605 : Supérieur (Ministre général)

Saint Laurent de Brindisi a été un grand penseur de l'Église, à l'image de Pierre Canisius et de Robert Bellarmin. Il a laissé de nombreux écrits, dont une Dissertation dogmatique sur Martin Luther et plus de 800 homélies.

Activités diplomatiques[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses activités apostoliques et ses charges religieuses, Laurent de Brindisi eut une intense activité diplomatique :

  • En 1599 il fut envoyé en Autriche pour travailler à la réforme catholique ; il implanta son Ordre à Vienne mais aussi à Prague.
  • En 1601-1602 Le pape Clément VIII l'envoya auprès de Rodolphe II qui commandait alors les forces catholiques contre les Turcs. Le pape disait de lui que : « Ce capucin, animateur spirituel, vaut une armée entière ». De ce fait, les forces catholiques, menées par le Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, galvanisées par le soutien spirituel de Laurent de Brindisi, remportèrent la victoire sur les Turcs en Hongrie.

Le , lors de l'oraison funèbre du duc, Saint François de Sales dira :

« Le duc de Mercœur avait toujours en son armée des Pères capucins, lesquels, portant une grande croix, non seulement animaient les soldats, mais aussi, après la confession générale que tous les catholiques faisaient en signe de contrition, leur donnaient la sainte bénédiction. Mais surtout c'était une belle chose que de voir ce général exhorter ses capitaines à la constance, leur remontrer que s'ils mouraient ce serait avec le mérite du martyre, et parler à chacun en sa propre langue, français, allemand, italien. »[2]
Article détaillé : Philippe-Emmanuel de Lorraine.
  • En 1606, le Pape Paul V l'envoya en Allemagne afin d'y travailler aux affaires politico-religieuses de l'Empire. Il jouera là un rôle très important, et animera la Ligue Catholique face à l'Union évangélique protestante, avec un sens remarquable de la diplomatie.
  • En 1618, saint Laurent de Brindisi fut chargé par les Napolitains d'assurer leur défense contre le duc d'Ossuna, vice-roi. Il partit alors pour Madrid, puis pour Lisbonne afin d'y rencontrer le roi Philippe III.

C'est là qu'il mourut, le , âgé de 60 ans.

Béatification - canonisation[modifier | modifier le code]

« Sa Sainteté Jean XXIII, après avis favorable de la Sacrée Congrégation des Rites, a daigné promulguer, en date du 19 mars dernier, le Bref apostolique Celsitudo ex humilitate. Ce document proclame saint Laurent de Brindes docteur de l'Église universelle, étendant l'office et la messe fixés au 21 juillet de chaque année. »[3]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La philosophie n'est qu'une simple émanation de la théologie. En effet, le Seigneur apparaît aussi bien dans les Écritures que dans la Nature. »[4]
  • « Les trois fleuves de la Divinité : le fleuve de la puissance, celui de la sainteté, celui de la bénignité divine se déversent en Marie, cette mer immense. De la sorte, la Vïerge est devenue sainte et clémente entre toutes les créatures : d'une puissance, d'une sainteté et d'une clémence qui ne sont dépassées que par celles de Dieu. Aussi peut-elle opérer des miracles et nous combler de multiples bienfaits. »[5]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Tout ou partie de cet article est issu d'une traduction d'un article de la Catholic Encyclopedia, encyclopédie catholique dont le contenu est dans le domaine public.
  • La fleur des saints - Omer Englebert - 1980 - Albin Michel - Imprimatur du 26-12-1979 - ISBN 2-226-00906-X
  1. Nominis : Saint Laurent de Brindisi
  2. Œuvres complètes de Saint François de Sales, éd. d'Annecy, t. 7, p. 448
  3. Osservatore Romano du 10 mai 1959
  4. Œuvres complètes, V 3, pp. 14-15
  5. Dixième sermon sur le Cantique, III, p. 297

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]