Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale

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Lyon, durant la Seconde Guerre mondiale, est située en zone libre jusqu'en 1942. Très proche de la ligne de démarcation, la ville accueille de nombreux réfugiés et devient un foyer de Résistance. Particulièrement marquée par la répression, Lyon est finalement libérée le 3 septembre 1944.

Jean Martin, La Blessure au côté, 1940, huile sur toile, collection particulière

Sommaire

Lyon et la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lyon joue un rôle certain dans les évènements politiques et militaires de la Seconde Guerre mondiale, sans n'avoir jamais été aux premières loges.

Lyon à l'orée de la guerre[modifier | modifier le code]

Situation politique[modifier | modifier le code]

Lyon arrive dans la guerre avec Édouard Herriot comme maire, depuis déjà 1905. Maire radical issu d’un parti en progressive perte de vitesse au cours des années 1930, il dispose toutefois d’une aura qui lui permet de se maintenir dans une position incontournable dans la cité rhodanienne [a 1]. Sa position est toutefois fortement contestée à la fois par sa gauche, avec une SFIO et un Parti communiste en pleine ascension et par sa droite, par le Parti social français proche à Lyon des idées de Joseph Rambaud. À droite, une partie de l’opinion est attirée par le Parti populaire français de Jacques Doriot, pour qui le journal conservateur Le Nouvelliste a des attirances[a 2].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Lyon et la drôle de guerre : Septembre 1939 - juin 1940[modifier | modifier le code]

Mesures préparatoires à la guerre[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Daladier, très méfiant envers les communistes accusés de pacifisme défaitiste, dissout le 5 octobre 1939 les municipalités tenues par le Parti communiste français, dont celles de Villeurbanne, Saint-Fons et Vénissieux. Cela n'entraîne pas de grandes réactions[a 3].

La drôle de guerre[modifier | modifier le code]

Durant la « drôle de guerre », Lyon, comme l'ensemble de la France, ne change pas particulièrement ses habitudes, les seuls signes tangibles de la guerre sont des distributions de masques à gaz et la préparation d'abris[a 3]. En revanche, des déplacements importants de population, surtout d'enfants, venus des frontières germaniques de la France, imposent dès septembre 1939 des mesures d'accueil souvent mal anticipées. La Croix-Rouge française, entre autre, est chargée de s'occuper de cette question[q 1].

L'invasion[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1940, l'offensive allemande avec le bombardement de l'aéroport de Bron réveille brusquement les consciences. Le 15 juin, alors que Paris est prise, l'évacuation des plus jeunes est décidée, et trois jours plus tard, la ville a perdu la moitié de sa population. Ce même jour, le maréchal Pétain accorde le statut de ville ouverte à Lyon, pour lui éviter les combats, à la demande d'Herriot qui avait été contacté par le préfet Émile Bollaert estimant que toute résistance serait inutile[1]. Ordre est donné par le général Weygand au général Hartung d'évacuer la ville et de ne pas faire sauter les ponts[j 1]. Le lendemain 19 juin, la ville est occupée[a 3].

Aubert Frère, nommé gouverneur militaire de Lyon le 10 novembre 1940, jusqu'au 13 juillet 1941, entreprend de faire cacher aux Allemands des armes pour préparer une revanche[j 2]. A la tête du gouvernorat militaire lyonnais lui succèdent Robert de Saint-Vincent, qui est renvoyé à cause de son refus d'aider la police à procéder à la rafle des juifs de l'été 1942, puis Jean Mer ; jusqu'à l'invasion de la zone sud par les Nazis en novembre 1942, qui entraine la dissolution de l'armée d'armistice[j 3].

Lyon ville de la zone libre : Juin 1940 - novembre 1942[modifier | modifier le code]

Carte détaillant les zones en France après la défaite de 1940.

En tant que ville de province majeure du point de vue économique et culturelle, Lyon s'impose comme un lieu de naissance de nombreux mouvements de Résistance, dès l'automne 1940. Les trois grands mouvements que sont Combat, Franc-Tireur et Libération ont leurs chefs à Lyon au début de la guerre, avant même qu'ils soient réellement structurés ou qu'ils aient adopté leur nom définitif. La vie économique, et surtout un secteur de l'imprimerie important, aide ces mouvements à trouver les ressources et les compétences nécessaires à leurs actions. Lyon accueille également un grand nombre de réfugiés de la zone occupée, dont beaucoup de juifs[n 1].

La vie politique[modifier | modifier le code]

Après le retrait des Allemands, Lyon est, avec Marseille, la principale ville de la zone libre. Un grand nombre de Parisiens et d'institutions viennent s'y réfugier. Mais le nouveau régime ne la choisit pas comme capitale, l'orientation politique de sa population ne correspondant pas à l'esprit des dirigeants du pays. En effet, les élus du Rhône à l'Assemblée nationale et au Sénat n'ont pas suivi la majorité de leurs collègues pour voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940[2]. En effet, alors que les deux chambres assemblées se sont exprimées à 569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions, les élus du Rhône votent à 5 voix pour[N 1], 8 contre[N 2] et deux abstentions, dont celle du maire Edouard Heriot[N 3]. À ces refus du coup d'état légal, il faut ajouter les deux élus communistes[N 4], qui n'ont pas eu le droit de s'exprimer[N 5],[l 1]. Cette méfiance se manifeste rapidement. Le 20 septembre, le conseil municipal est suspendu par décret du Maréchal, puis supprimé comme l'ensemble des conseils municipaux par la loi du 16 novembre 1940[u 1]. Il est remplacé par une délégation nommée par le ministre de l'intérieur. La ville est étroitement surveillée par le nouveau préfet, Angéli[N 6],[a 3].

En 1940, la grande majorité de la population lyonnaise est fidèle sinon au régime de Vichy, au moins à son chef le maréchal Pétain. Une grande foule se masse pour l'accueillir lors de sa visite de novembre 1940[N 7]. Le journal le Nouvelliste devient un inconditionnel du maréchal et de son régime, et le suivra jusqu'au bout. Quant au Progrès, il salue l'homme mais ne veut pas abandonner son soutien aux valeurs démocratiques. Il s'éloigne donc très vite de la politique pour se cantonner au quotidien, jonglant le plus longtemps possible avec les impératifs de la censure.

En septembre 1940, le pouvoir met progressivement en place de nouveaux organes correspondant à sa politique de Révolution nationale. Ce mois est donc créée la délégation régionale[N 8] à la famille[N 9], qui a pour charge dans un premier temps de faire des rapports auprès du secrétariat d'état à la famille et à la santé pour décrire la situation sur le terrain et proposer des mesures à prendre pour promouvoir la politique nataliste du régime[3]. Ils sont également chargé de veiller à l'application des lois qui concernent la famille et leur rôle, initialement technique, devient progressivement de plus en plus politique et il se doivent de faire fructifier l'esprit du nouveau régime. Le délégué nommé par Vichy est Georges de la Grandière[N 10], qui est secondé entre septembre 1940 et l'été 1941 par Maurice Denis ; il reste en place jusqu'en janvier 1946. Le délégué surveille donc, entre autres, que les mères souffrent moins que le reste de la population des privations de guerre, qu'elles puissent avoir accès à tout ce que prévoient comme rations supplémentaires les autorités, et dénonce régulièrement la mauvaise volonté des commerçants et de la population[o 1].

Le conseil municipal est reconstruit le 26 mats 1941 autour de la personnalité de Georges Cohendy, ancien membre du parti radical, ancien adjoint d'Edouard Herriot, avec six autres personnes dont deux élus sortants. Les quatre derniers nommés sont Jean Lépine, doyen de la faculté de médecine, Georges Villiers, un industriel président de la chambre syndicale de la métallurgie, un syndicaliste CGT rallié à Vichy et un artisan cordonnier[u 1]. Dès juillet 1941, Georges Villiers est nommé maire de Lyon par Vichy. Ce dernier, avant d’accepter la place, a obtenu l’approbation d’Édouard Herriot. Son équipe municipale renouvelle complètement les hommes ; un seul parmi les vingt-quatre ayant déjà été précédemment élu. Le préfet a volontairement chercher des hommes « nouveaux, appartenant aux milieux les plus divers, mais tous acquis, par leurs sentiments comme par leur activité passée et présente, aux principes mis en valeur par le gouvernement du Maréchal ». Angéli a également cherché à établir une assemblée municipale relativement représentative de la population, avec des personnalités prestigieuses (Auguste Lumière ou le doyen de la faculté de droit M. Garraud) et des ouvriers ou des syndicalistes[u 2]. Avec les moyens qui lui sont laissés par le régime, il a tenté de servir au mieux sa ville. Villiers, comme une partie du conseil municipal, n’est toutefois pas totalement inféodé à Vichy et ils ont des rapports quelquefois tendus tant avec le préfet qu'avec certains membres du gouvernement, notamment à partir du retour de Laval au pouvoir. Villiers se permet ainsi d’aller protester au-devant du Maréchal en octobre 1942 de la mise en place de la Relève. Laval, prenant très mal cette protestation, il obtient la dissolution de la municipalité le 15 janvier 1943[u 3],[a 4].

La vie à Lyon en Zone libre[modifier | modifier le code]

Durant les deux années qui vont de la défaite à l'occupation de la Zone sud, la ville de Lyon vit une situation difficile ; et si dans un premier temps, la population lyonnaise est majoritairement derrière la figure du maréchal, la confiance dans les autorités s’érode significativement dès 1941.

L'impact de la guerre sur la vie quotidienne[modifier | modifier le code]
Tickets de rationnement, juillet 1944

Pour la ville lyonnaise, la débâcle a un impact immédiat avec l'afflux de réfugiés qui fuient les Allemands et qui viennent en ville souvent avec très peu de ressources ni connaissances pour les héberger[4]. Des centres sont créés dans la plupart des gares de la ville, dès le printemps 1940 par l'Association de l'aide aux mères encadrée par la Défense passive ; avec le soutien du préfet Angeli et de la SNCF. Ainsi, entre juillet et décembre 1940, 3174 familles sont secourues. Dès l'automne, quinze mille réfugiés sont répartis dans sept à huit mille familles d'accueil dans le Rhône. Dans l'urgence, il est également fait appel à la Croix-Rouge française, notamment pour la recherche des disparus[q 2]. Pour pallier le manque de place, un vaste camp est construit au Palais de la Foire de Lyon[N 11], qui regroupe jusqu'à 1200 personnes en décembre 1940. Une partie des réfugiés sont progressivement envoyés dans le Midi[o 2].

Dès 1941, les denrées se font rares, leurs prix montent et une partie des productions disparaissent du marché officiel pour circuler par le marché noir[5]. Les fournisseurs, pour éviter une taxation, soustraient rapidement une partie de leur production pour la revendre au marché noir. De même, de nombreux commerçants, fortement impactés par les obligations liées aux cartes de rationnement diminuent les quantités allouées pour chaque ration. Ainsi, comme le note le délégué régional à la famille en avril 1941, « Les pommes de terre n'existent pratiquement plus depuis plusieurs mois à Lyon. Les rutabagas et les topinambours ont disparu depuis plusieurs semaines. Les seuls légumes que l'on trouve sont à des prix inabordables : les petits pois à 20 francs le kilo minimum, les choux-fleurs minuscules à 5 francs pièce, etc. »[o 3]. Pour aider les familles la Croix-Rouge ouvre fin 1941 un service des layettes destiné à soutenir les familles nécessiteuses ayant des enfants en bas âges. Situé 15 rue Puits-Gaillot, il est dirigé par Mme Brosset-Heckel et Mme Frachon. Ce service offre du lait, des vêtements, des conseils de soins et de l'équipement de puériculture. Les bureaux lyonnais sont chargés de gérer une vaste région sud-est de la France et parviennent à organiser des convois d'enfants traversant la ligne de démarcation. En octobre 1942, une pouponnière est montée par la Croix-Rouge à Tassin-la-demi-lune pour recueillir les enfants maltraités, doublée d'une école d'auxiliaire de puériculture[q 3].

L'évolution de l'opinion vis-à-vis du régime de Vichy[modifier | modifier le code]
Guide fourni par le gouvernement de Vichy pour l'organisation de la Journée des mères. ADRML 3829 W 9.

Juste après la débâcle, la figure du maréchal Pétain domine les mentalités de la population. La très grande majorité a confiance en lui pour relever la France et la conduire à un renouveau[6].

Lyon est choisi par Vichy pour être le lieu de la première « Journée des mères » soutenue et portée très officiellement par le régime. Cette fête existe à Lyon depuis les années 1920, sans avoir jusque là rencontré un écho notable dans la population. Vichy décide d'en faire un évènement bien plus considérable, destiné à promouvoir à la fois sa politique nataliste, mais également un idéal social des mères comme garantes de la civilisation française chrétienne. La cérémonie a lieu le 25 mai 1941 et est présidée par le secrétaire d'Etat à la santé et à la famille Jacques Chevalier. la place de la religion est importante, avec un « Pèlerinage des mères » à Fourvière et un discours retransmis à la radio du cardinal Gerlier[o 4].

Dès 1941, les rapports du commissaire spécial montrent une érosion dans la confiance que porte la population au gouvernement. De plus en plus considéré comme inféodé aux allemands, le régime déçoit de nombreux Lyonnais, les difficultés alimentaires étant une des causes de la perte de confiance des personnes les plus fragiles envers le gouvernement[7][o 5].

Toutefois, jusqu'en 1942, la population reste majoritairement attachée à la figure du maréchal. Le basculement dans la défiance se fait avec les deux grands tournants que sont la grande rafle des juifs étrangers du 20 août 1942[8] et surtout l'invasion de la zone sud en novembre 1942[a 4]. Le Progrès décide d'arrêter sa parution, refusant davantage de compromission, et plusieurs de ses employés se tournent vers le soutien à la Résistance. Le gouverneur militaire Robert de Saint-Vincent refuse de fournir ses gendarmes pour l'opération de rafle des juifs, ce qui lui vaut d'être renvoyé de son poste[j 3].

Cette défiance a pour origine de manière générale la complaisance avec laquelle le gouvernement de vichy soutient les actions allemandes en France. Ainsi, la relève organisée par la loi du 4 septembre 1942[9] rencontre-t-elle une grande opposition, celle-ci devenant une protestation lorsque les allemands procèdent à des rafles d'intimidation. Ainsi, pour protester, les salariés des usines Berliet, Somua et Sigma se mettent en grève en octobre 1942 contre ces rafles et cette politique[d 1].

Les débuts et le développement de la Résistance[modifier | modifier le code]

Resistance.jpg
Article détaillé : Résistance à Lyon.

À Lyon et dans sa région, dès 1940, des personnes se regroupent, le plus souvent par connaissance, pour réfléchir aux moyens de poursuivre la lutte[k 1]. Ces personnes s'engagent au départ dans un extrême isolement, l'heure étant alors à la résignation, l'apathie et l'adhésion aux promesses de relèvement de Vichy[p 1]. Le plus souvent, mais pas uniquement, les groupes se forment selon les sensibilités et les réseaux de sociabilité existant. Ainsi, les communistes, après les hésitations dû au Pacte germano-soviétique, forment-ils un groupe propre, les socialistes francs-maçons également. On voit apparaître en 1941 une résistance spécifiquement chrétienne avec le groupe des Cahiers du témoignage chrétien, porté par les pères Pierre Chaillet, Victor Fontoynont et Henri de Lubac. Mais ce qui deviendra les trois grands mouvements de résistance de la zone Sud, Libération, Combat et Franc-Tireur, se forment à Lyon par l'engagement d'un groupe de connaissances qui refusent la défaite et la collaboration[k 2],[n 1].

Les débuts : 1940-1941[modifier | modifier le code]

Les premières actions consistent à réveiller les consciences au moyen de tracts. Pour certains, ces tracts deviennent des journaux et c'est autour des rédacteurs que naissent les premiers embryons de la Résistance. Ainsi apparaissent le Coq enchaîné, œuvre de radicaux et de socialistes (dont Louis Pradel), Franc-Tireur, qui étend progressivement son influence sur toute la zone sud et comprend Auguste Pinton, Henri Deschamps ou Elie Péju[m 1], et Combat, issu de la fusion en 1941 de deux autres feuilles[a 5]. Pour plusieurs de ces journaux, et surtout Franc-Tireur, l'aide de membres (dont Georges Altman et Yves Farge) du Progrès se révèle précieuse. Toutefois, durant la première année, les résistants sont très peu nombreux et ont constamment le sentiment d'agir au milieu d'une foule sinon hostile, du moins passive et qui reste fidèle à Pétain un long moment. Le groupe France-Liberté ne rassemble, par exemple qu'une dizaine de personne à la fin de l'année 1941. Ce sentiment d'isolement est renforcé par une répression déjà en place et sans pitié[k 3].

Dès l'armistice, de nombreux officiers refusent de rendre les armes aux Allemands et entreprennent de les cacher pour reprendre la lutte plus tard. A Lyon, l'ordre vient du plus haut gradé, le général Frère, devenu gouverneur militaire de Lyon en août 1940. Avec la complicité de plusieurs officiers, il dissimule de nombreux armements à différents endroits de Lyon ou des environs[l 2].

Développement et organisation : 1942[modifier | modifier le code]

En 1942, la Résistance est très active à Lyon. Les groupes, comme les journaux, y sont nombreux et représentent toutes les tendances politiques ou intellectuelles[10]. Tous les mouvements de Résistance de la zone libre ont installé leur quartier général dans la ville[11]. « On ne pouvait pas faire dix mètres sans se heurter à un autre camarade de clandestinité qu'il fallait ignorer jusqu'à ce qu'on se précipite sur lui une heure après comme un frère. », en témoigne François Morin[a 6]. C'est à Lyon que se nouent les liens entre la Résistance intérieure et la France libre, qui aboutiront à l'unification des mouvements sous l'égide de Jean Moulin. C'est à Lyon que des membres du groupe Combat, Marcel Peck et Claude Bourdet ont l'idée et organisent le réseau Noyautage des administrations publiques, destiné à tiré des renseignements des personnes en poste dans les administrations de Vichy[k 4].

A l'été 1942, le mouvement Libération crée à Lyon un premier groupe destiné spécifiquement à la lutte armée. Ils sont composés majoritairement de personnes venues à Lyon après la défaite dont Henri Bardin, Victor Le Gloanec, Jean Tabourin ou Jean Simoni. Parmi leurs actions, ils sabotent en septembre des péniches allemandes en réparation aux chantiers de la Mouche. En octobre, ils incendient des dossiers de la Relève dans un bureau près du pont Morand. En décembre, ils font sauter au plastic les vitrines de la Légion[p 2].

Lyon sous l'occupation allemande : Novembre 1942 - septembre 1944[modifier | modifier le code]

À partir des premiers mois de 1944, la population est dans sa très grande majorité non seulement fermement opposée à ce qu'est devenu le gouvernement vichyste, mais également certaine que les allemands vont perdre la guerre. Le chef de réseau clandestin Alziary de Roquefort note ainsi dans un rapport pour les alliés que presque toutes les couches de la population sont certains que les nazis vont perdre la guerre. Sauf une minorité de commerçants, tous rejettent le gouvernement du Maréchal et soutiennent l'action des Résistants[a 7].

La vie politique[modifier | modifier le code]

En remplacement de la municipalité dissoute, une délégation spéciale est nommée en janvier 1943 pour prendre sa place avec à sa tête Pierre Bertrand. Il est assisté de six personnes dont quatre issues de la municipalité sortante ; parmi lesquelles Émile Roux, responsable local de la légion et les deux anciens syndicalistes[u 4]. La municipalité est formellement reconstituée en février 1943 avec Pierre Bertrand comme maire. Celui-ci se contente de gérer le quotidien, d’assurer les cérémonies protocolaires et surtout d’apporter les secours en 1944 à la suite des bombardements[h 1]. Le conseil municipal élargi ainsi nommé est fortement renouvelé, avec seulement trois personnes issues du conseil sortant. Cette dernière municipalité de la Seconde Guerre mondiale comprend essentiellement des industriels et des commerçants, très peu de politiques. Il semble que cette assemblée marque surtout le retour de notables exclus des partis de droite traditionnels[12],[u 4].

Il semble que le préfet Angéli ou les autorités municipales n'aient pas procédé à des changements dans la composition de la haute administration municipales. Non seulement il n'y a pas de traces de renvois d'opposants ou de placements d'hommes acquis au régime, mais même des personnalités connues comme franc-maçons par Vichy font leur carrière durant les quatre années[u 5].

La vie quotidienne sous l'occupation[modifier | modifier le code]

A Lyon est constitué à l'été 1943 un groupe de secouristes de la Croix-Rouge dédié à intervenir en urgence lors de bombardements. Sous l'autorité de la Défense passive, il est dirigé par la directrice locale et est le pendant de groupes formés partout en France pour se préparer à l'intensification du conflit. Ce groupe, comme l'ensemble des secouristes, sera en première ligne pour porter secours lors des bombardements de 1944[q 4].

Guerre totale de la Résistance contre l’occupant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Résistance à Lyon.

En 1943, la population lyonnaise, dans sa grande majorité, ne croit plus en Vichy et est persuadée que l'Allemagne va perdre la guerre. Le soutien à la Résistance se développe fortement et les actions contre l’occupant sont quotidiennes durant cette année-là. Ils sont conduits par le groupe des M.U.R. dirigé par Marcel-Gabriel Rivière, les commandos de la M.O.I. et des détachements F.T.P.[a 4].

L'année 1943 est celle de la lutte féroce entre la Résistance et les services de l'occupant ou de Vichy. À Lyon, le dirigeant de la Gestapo est Werner Knab, secondé par August Moritz et Klaus Barbie ; ils sont activement soutenus par la Milice, dirigée à Lyon par Paul Touvier[a 8]. Malgré quelques succès de ces derniers, tels l'arrestation de Jean Moulin en juin 1943 et une vague d'arrestations en mars 1944 parmi les dirigeants locaux des Mouvements unis de la Résistance (MUR), ils ne peuvent empêcher le développement du mouvement, surtout après la mise en place du STO, qui entraine de nombreux réfractaires vers la Résistance. Les attentats et sabotages sont quotidiens au cours des années 1943 et 1944[a 4]. En 1943, La résistance crée à Lyon le bureau central de Gallia, réseau de renseignements militaire et policier, sous la direction de Henri Gorce-Franklin[k 4].

En 1943, progressivement, les instances de direction de la Résistance passent à Paris. En mai, le Conseil national de la Résistance y commence ses réunions. À partir d'août, le comité directeur des MUR quitte Lyon pour Paris. Lyon reste toutefois une plaque tournante importante des réseaux d'opposants[a 9].

La répression[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative des victimes des nazis enfermés à la prison Montluc

La répression de l'opposition à l'occupant et au régime vichyste est menée en parallèle par plusieurs forces qui n'ont pas toujours parfaitement le même but et ne se coordonnent pas toujours.

Les Nazis[modifier | modifier le code]

Face à la croissance des actions de résistance, la répression nazie s’accentue, dirigée par le SS Obersturmbannführer Werner Knab et surtout par son subordonné SS Hauptsturmführer Klaus Barbie, responsable de la lutte contre les ennemis de l’État. Elle est appuyée par la Milice dirigée à Lyon par Lecussan et par de nombreux auxiliaires issus pour le plus grand nombre du PPF, regroupés dans le « Mouvement national anti-terroriste » et dirigé par Francis André [a 4]. Les actions contre les Juifs continuent, comme lors de la rafle des Villeurbannais, le 1er mars 1943. Son action contre la Résistance aboutit également à plusieurs succès comme l’arrestation de Jean Moulin en juin 1943 ou les arrestations de mars 1944 qui atteint fortement la direction régionale des M.U.R.[a 4].

La répression devient de plus en plus arbitraire, avec par exemple les fusillés de Montluc. À partir d'avril 1944, les Allemands exécutent des groupes de prisonniers, de plus en plus nombreux. On peut également citer les 115 abattus à l'aérodrome de Bron, les 130 massacrés au fort Côte-Lorette de Saint-Genis-Laval ou les cinq résistants tués sur la Place Bellecour, et dont les corps sont laissés visibles plusieurs heures. En tout, plus de 2 000 personnes sont exécutées pendant la guerre[a 10].

La Milice[modifier | modifier le code]

La Milice est, durant la deuxième partie de la guerre, dirigée à Lyon par Paul Touvier, chef régional couvrant dix départements. Il remplace alors Henri Gonnet en devenant son supérieur hiérarchique. En 1942, la Milice est déjà en difficulté face à la Résistance, qui lui porte de rudes coups. A son arrivée, il constate que la Milice locale est active aux limites de la loi. Le chef départemental est Robert Mathès et à Lyon même, les personnes importantes sont le chef de la Franc-Garde Mongour et l'adjoint de Mathès Cotta-Cordier[t 1].

Entre avril 1943 et avril 1944, Touvier est en concurrence avec Joseph Lécussan, nommé également responsable local de la Milice. Celle-ci est tranchée par Jean Degans en faveur de Touvier en avril 1944. Lécussan forme alors une nouvelle équipe avec le Russe blanc Pauverine pour poursuivre son activité[t 2].

En 1944, Touvier installe les locaux de la Milice rue Sainte-Hélène, dans les locaux de l'externat Saint-Joseph[t 1].

La Police de Vichy[modifier | modifier le code]

En 1940, le poste de commissaire central de Lyon est créé et attribué à René Cussonac, un fidèle de Pétain[13]. Promu sous-directeur de la police nationale à Vichy, il revient comme intendant de police en juin 1943. Il est très actif dans la chasse aux réfractaires du STO, la répression de la Résistance et la déportation de juifs[u 6].

Organisation de l’antisémitisme officiel et de la déportation juive[modifier | modifier le code]

Les actions contre les Juifs continuent, comme lors de la rafle des Villeurbannais, le 1er mars 1943.

Les destructions[modifier | modifier le code]

Les allemands détruisent les ponts en partant, sauf un.

Le parc immobilier subit fortement les impacts des bombardements de la fin de la guerre. Si la commune lyonnaise ne perd que 2% de ses immeubles, celles périphériques voient entre 12 et 20% de leurs habitations être rasées, en particulier Saint-Fons ou Vénissieux [a 11].

Durant les années 1943 et 1944, de nombreuses familles envoient leurs enfants loin de la ville, notamment en Ariège, pour échapper aux bombardements. Des familles entières fuient également[d 2].

Libération et épuration[modifier | modifier le code]

Préparée activement par les mouvements résistants, la libération, si elle a lieu dans l'été 1944, est attendue par la grande majorité de la population dès les premiers mois de l'année.

La libération[modifier | modifier le code]

Le pont Tilsitt détruit par les Allemands en 1944, archives personnelles.

Pendant l'été 1944, les conflits entre les forces de police ou les allemands et les résistants deviennent quotidiens. Le 14 août 1944, le Commandement suprême interallié par l'intermédiaire du Quartier général des Forces Spéciales, envoie l'équipe Jedburgh Jude (Evans, Jean Larrieu, Holdham) pour interdire la circulation par terre et par fer entre Lyon d'une part et Roanne et Saint-Étienne ; harceler par tous les moyens les troupes ennemies refluant du sud ; investir et libérer si possible Lyon en évitant le sabotage des organes vitaux auquel ne manquerait pas de se livrer l'ennemi en retraitant[14].

Pour les Américains, la libération de Lyon est prévue pour le VIe corps d'armée ; pour les Français, ce sont le général de Lattre de Tassigny avec la Ière armée, ainsi que les FFI du lieutenant-colonel Marcel Descour qui s'en occupent[j 4].

Marcel Descour renonce courant août à attaquer les allemands, estimant les ressources en armes de ses troupes tout à fait insuffisantes. Il s'oppose en cela à d'autres responsables dont plusieurs des FTP qui souhaitent que Lyon, à l'instar de Paris et Marseille se libère elle-même. C'est ainsi qu'une insurrection dure plusieurs jours entre le 24 et le 27 août à Villeurbanne, pour finalement échouer[a 10].

La libération de Lyon, vue du pont Wilson, NARA.

Ce n'est que le 28 août que Descour fait converger ses forces de plusieurs départements vers les alentours de Lyon. Les FFI de l'Ardèche et de la Loire se dirigent vers l'ouest de la ville, ceux du Rhône et de l'Ain vers le nord et ceux de l'Isère et de la Drôme vers le sud-est[j 5].

Le 1er septembre, des panzers allemands accrochent l'armée américaine assistée par les résistants de l'Ain du capitaine Collet, arrêtant sa progression[j 5].

Le 2 septembre une patrouille de la 45e division d'infanterie américaine fait une incursion dans la ville. Avant sa fuite, l'armée allemande fait sauter presque tous les ponts. Dans l'après-midi de la même journée, le commandant Bousquet d'un groupe de résistant du Vercors tient militairement la rive gauche du Rhône[j 5].

Le lendemain 3 septembre, Lyon est officiellement libérée par le groupe Vigier, comprenant des éléments de la 1re division blindée française et de la 1re division division française libre. Le général Brosset est désigné peu après gouverneur militaire de Lyon[c 1],[j 5].

Le jour même, Yves Farge, désigné Commissaire de la République, Justin Godart, maire provisoire, et Alban Vistel (commandant militaire de la région de Lyon) proclament le rétablissement de la République. Dès l'après-midi du 3 septembre parait lea journal Lyon libéré, qui contient les proclamation des principaux hommes forts locaux[a 10].

Le général de Gaulle arrive le 14 septembre, et souligne dans un discours le rôle fondamental de la ville dans la Résistance en lui décernant le jour même le titre de « capitale de la Résistance »[a 10].

L'épuration[modifier | modifier le code]

L'épuration est menée initialement par des combattants de l'ombre sous forme d'exécutions sommaires, mais Yves Farge s'attache à mettre en place et faire fonctionner correctement les organes officiels de la Justice : Cours martiales puis Cours de justice et Chambres civiques. L'épuration comprend au total 272 exécutions et environ 2 600 condamnations diverses pour le département du Rhône. La presse est entièrement supprimée pour collaboration, à l'exception du Progrès[a 12].

La vie lyonnaise pendant la guerre[modifier | modifier le code]

La société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Il est délicat d’évaluer de manière précise la population de Lyon durant les années de guerre, ainsi que son évolution. En effet, les recensements de 1936 et de 1946 ne sont pas d’une qualité parfaite. Il est possible d’estimer que la population lyonnaise reste globalement stable aux alentours de 460 000 habitants tandis que celle des communes industrielles de la périphérie telles Bron ou Vénissieux sont sensiblement diminuée par les bombardements[a 13].

La population lyonnaise est marquée par une masculinité importante, un certain vieillissement et une population étrangère en baisse forte, par le jeu des naturalisations et du non-renouvellement pendant la guerre. Le recensement de 1936 décompte 24 974 étrangers et celui de 1946 17 125. On peut noter une poussée régulière de la nuptialité et de la natalité pendant les années 1940, 1941 et 1942, suivie d’une baisse importante en 1943 ; les données de 1944 étant trop imprécises[a 13].

La guerre en elle-même ne semble être la cause de la mort que de 8 000 lyonnais. On peut estimer qu’environ 1 300 lyonnais décèdent en déportation, dont 700 israélites. Les très nombreux israélites qui se sont réfugiés à Lyon pendant la guerre et qui furent découverts et déportés ne sont pas ici comptabilisés ; leur nombre étant estimé à 12 000. À cela s’ajoute les tués durant l’année 1944, environ 650 dus aux bombardements, 380 exécutions par l’occupant et 272 après la Libération. En définitive, cela représente environ 1 % de la population mort par faits de guerre, à rapprocher d’un taux de 2 % pour l’ensemble de la France[a 14].

Économie et industrie pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Lyon semble ne pas avoir trop souffert d’une baisse de l’activité économique durant la guerre. Entre 1936 et 1946[N 12] le taux d’activité passe de 69 à 73 %. Le chômage semble donc avoir été faible, avec une hausse notable de l’emploi féminin.

À l'instar d'un grand nombre d'industries automobiles similaires en France, Berliet, à Lyon, a travaillé pour la Wehrmacht en produisant des véhicules ou des pièces pour des chars[d 3].

La vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Alimentation et rationnement[modifier | modifier le code]

Rapport du délégué régional à la famille déplorant le manque de soutien de la population aux mesures de Vichy. ADRML 3829 W 5

Estimer si Lyon est plus ou moins touchée par les restrictions alimentaires est difficile. Comme partout, le rationnement débute dès 1940, et s’aggrave progressivement[a 11].

L'administration de Vichy note dès le printemps 1941 que les produits se font rares, chers et qu'une partie des denrées circulent au marché noir. Dans un rapport au secrétaire d'état à la famille et à la santé, le délégué régional à la famille Maurice Denis expose en avril 1941 que les familles modestes ne peuvent plus acheter de viandes ou de légumes, que les pommes de terre ont disparu des étals, tout comme les topinambours ou les rutabagas. Les légumes restant sont à des prix trop élevés. Même les pâtes alimentaires et le pain peuvent venir à manquer pour ceux qui ne subsistent que par les cartes de rationnement[o 3]. Les autorités tentent de protéger les mères de famille, à la fois dans un soucis humaniste et en vertu de l'idéologie de la Révolution nationale. Augmenter les rations des femmes enceintes et des mères de famille nombreuses, faire respecter les priorité dont elles ont droit dans les magasins, surveiller les prix pratiqués dans les restaurants, plusieurs actions sont tentées mais elles se heurtent à l'hostilité des commerçants et à la pénurie générale, qui restreint la solidarité des habitants vis-à-vis de cette population[o 6].

Jusqu’en 1942, comme toute la Zone sud, Lyon bénéficie des importations issues des colonies. Comme partout, les jardins ouvriers se développent, les liens familiaux et amicaux entre urbains et ruraux sont utilisés pour pallier les manques et la municipalité complète les mesures gouvernementales en faveur des enfants par des distributions de nourriture et de vitamines[a 11]. Toutefois, les années 1943 et surtout 1944 connaissent des crises de plus en plus aigües d’approvisionnement. Ainsi, les fournitures de lait passent de 190 000 litres en 1943 à 80 000 en 1944[a 11].

La culture, les arts[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire des arts à Lyon.

Durant la première année de la guerre, entre 1940 et 1941, la vie culturelle à Lyon est considérablement amoindrie, malgré l'installation à Lyon d'un certain nombre d'artistes parisiens[e 1]. La municipalité décide de restreindre fortement les représentations à l'opéra, et les cinémas subissent très rapidement une censure qui bride la vie culturelle[f 1]. Le nouveau maire, Georges Villiers, nomme comme adjoint aux beaux-arts Robert Proton de la Chapelle, qui s'emploie à revitaliser la culture lyonnaise. Le tournant survient à l'automne 1941, où une embellie survient autant dans les cinémas qu'au théâtre. À l'inverse, l'occupation à partir de novembre 1942 ne semble pas avoir provoqué de second étouffement[e 2].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre des Célestins perd son directeur en octobre 1941 lorsque Charles Comte décède. Il est remplacé par Charles Gantillon, nommé par Proton de la Chapelle. Celui-ci tente de s'écarter d'une programmation commerciale et crée la « Comédie de Lyon », qui monte des pièces ambitieuses. La première pièce montée est les Fourberies de Scapin, avec André Roussin et Louis Ducreux. Gantillon, durant la première saison entre octobre 1941 et janvier 1942, programme 148 représentations dont 29 de la Comédie de Lyon[e 3].

Durant les années suivantes, il est constamment reconduit dans ses fonctions et n'hésite pas à faire des paris audacieux. En décembre 1942, il lance Gérard Philipe dans la pièce d'André Roussin Une grande fille toute simple et crée en 1943 La Reine morte de Henry de Montherlant. Conscient également des obligations de succès commerciaux, il organise durant l'été 1943 des opérettes en plein air sur la place Bellecour[e 4].

Opéra[modifier | modifier le code]

Robert Proton de la Chapelle nomme pour diriger l'opéra Roger Lalande pour les danseurs et choristes et André Cluytens pour l'orchestre. Dans le même temps, pour des raisons financières, l'établissement retourne en régie municipale directe. Il rouvre le 16 octobre 1941 avec Ninon Vallin. L'orchestre comme le ballet sont augmentés et les critères de sélection revus à la hausse. Année après année, les ambitions des dirigeants comme de la municipalité vont croissantes, et les représentations sont plus nombreuses et de meilleure qualité[e 5].

Peinture[modifier | modifier le code]

Durant la seconde Guerre mondiale, que ce soit durant la période de la zone libre ou après l'invasion de celle-ci en novembre 1942, Marcel Michaud maintient ses présentations de l'art moderne au sein de la galerie Folklore, contournant sans discontinuer la censure et les interdits de la Propagandastaffel[g 1]. En 1940, le peintre Jean Martin peint La Blessure au côté, l'une des iconographies les plus remarquables de l'art de la défaite, sorte de pietà des armées, figurant un soldat allemand portant un soldat de l'armée de l'air française blessé au flanc[15].

C'est durant cette période que René-Maria Burlet, aidé de Jean Bertholle, Idoux, Lenormand et Étienne-Martin fonde l'Académie du Minotaure, groupe qui a pour objectif une action pédagogique en-dehors de toute structure officielle et à contre-courant de l'école des beaux-arts.

En mai 1943, René Jullian[N 13], conservateur au Musée des beaux-arts, est révoqué pour avoir trop largement accueilli la peinture moderne au sein du musée. Au même moment, Marcel Michaud organise une exposition Maîtres de demain avec entre autres Jean Bazaine, qui provoque de violentes réactions d'hostilité de la part de la presse collaborationniste[g 2].

Littérature[modifier | modifier le code]

Peu après la déclaration de guerre, Marc Barbezat fonde, aidé par Jean Martin, la revue L'Arbalète qui devient « l'une des revues majeures de la littérature clandestine parues sous l'Occupation »[s 1].

Les religions[modifier | modifier le code]

Durant l’été 1940, de nombreuses institutions religieuses se regroupent à Lyon pour fuir l’annexion allemande, qu’elles soient catholiques, protestantes ou juives[a 9].

Les catholiques[modifier | modifier le code]

L'étude des catholiques lyonnais durant le Seconde Guerre mondiale a connu une première synthèse à la fin des années 1970 avec deux colloques menés en 1976 et 1978 par le Centre régional d'Histoire religieuse de Lyon[16], mais aussi les ouvrages importants de Renée Bédarida[17] et de Monique Luinard[18],[b 1].

Les études des années 2000 sur les positions des catholiques durant la Seconde Guerre mondiale insistent toutes sur la nécessité de disposer d'une chronologie fine des évènements, les consciences de beaucoup évoluant rapidement. Après deux premières années où la majorité catholiques adhèrent à la figure du Maréchal, à sa vision et à la plupart des projets et actions du gouvernement de Vichy, de nombreuses tendances catholiques se détachent progressivement pour s'opposer plus ou moins activement aux politiques persécutrices et antisémites[a 15].

Les catholiques lyonnais, partisan du Maréchal Pétain : 1940 - 1941[modifier | modifier le code]
Le cardinal Gerlier. Photographie tirée du journal L'Illustration, Hors série de février 1939.

En 1940, de nombreuses institutions catholiques se rapatrient à Lyon, fuyant l’envahisseur. Arrivent ainsi entre Rhône et Saône Temps Nouveaux et Stanislas Fumet, Esprit et Emmanuel Mounier, La Croix, les jésuites de l’Action populaire[a 9]. De la même manière, la commission permanente de l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France vient s'installer en banlieue lyonnaise, à Venissieux. Le cardinal Gerlier étant le seul cardinal de la zone non-occupée, il devint le porte-parole de l'institution auprès des autorités françaises. Cette fonction l'amène jusqu'à la fin de 1942 à ne pas prendre de position qui pourrait diviser l'épiscopat[i 1].

Parmi les croyants catholiques, bien peu réprouvent le régime et appellent à continuer la lutte contre les nazis en 1940 et 1941. Les autorités religieuses adhèrent sans beaucoup de réserves aux discours et aux actes de Vichy durant les deux premières années[b 2]. Ainsi, le cardinal Gerlier accueille-t-il avec enthousiasme Pétain lors de ses deux passages à Lyon[i 1], notamment le 19 novembre 1940 en sa cathédrale Saint-Jean par ces mots : « Pétain c'est la France, et la France aujourd'hui, c'est Pétain ». Comme une majorité de catholiques français, il accueille l'orientation traditionaliste du nouveau régime avec entrain, ne pouvant condamner la lutte contre les francs-maçons, les juifs et les communistes, le discours sur la régénération de la société[a 15]. Toutefois, il prend pleinement partie de la lettre définissant l'attitude officielle de l'église vis-à-vis du nouveau régime publiée le 24 juillet 1941 par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France à destination de Pie XII. Celle-ci détaille clairement une position qui est un « loyalisme sans inféodation »[i 1].

Rapidement, le cardinal est très bien informé des exactions des Allemands et du gouvernement, ainsi que des premières actions des résistants, notamment par le père Chaillet qui tient à partir de novembre 1941 avec Témoignage chrétien un organe de dénonciation des barbaries nazie. Le cardinal n'approuve au début pas cette orientation, mais ne s'y oppose pas. Il couvre cependant progressivement les activités du mouvement « l'Amitié chrétienne », structure laïque, protestante, au sein de laquelle de nombreux catholiques vont s'intégrer, et qui organise des réseaux de caches pour les juifs et de fuite contre le STO ou pour entrer en Résistance. Ce réseau est dirigé par le pasteur Boegner[a 8].

Dès 1940 - 1941, de nombreux courants catholiques, mais également le cardinal, sont gênés par la politique vichyste, notamment scolaire ou sociale, ce qui va pousser certains vers la Résistance, comme Jean Radisson, le secrétaire de rédaction de Positions, l'un des martyrs de Saint-Genis-Laval. Parmi les raisons de cette défiance, il faut citer les réticences à la « Charte du travail » par la CFTC, une opposition philosophique et spirituelle des thèses nazies notamment par les lecteur de l'Aube ou d'Esprit, le rejet du STO par les jeunes de l'ACJF et de la JEC. À l'été 1941, un groupe de quatre professeurs des Facultés catholiques veulent publier une protestation contre le statut des juifs, mais le recteur le refuse. En avril 1942, l'établissement est reconnu d'utilité publique[a 8]. Le cardinal Gerlier, comme de nombreux autres prélats, se retirent d'un soutien clair en 1942 pour se concentrer sur le domaine spirituel[i 1].

Détournement du régime de Vichy : 1942 - 1944[modifier | modifier le code]

Le tournant sera, pour la majorité des catholiques, les mesures antisémites proprement françaises de 1942[b 3]. De nombreux chrétiens poussent le cardinal à intervenir, ce qu'il fait à partir d'août 1942. Il reçoit très officiellement le grand rabbin Kaplan et le président de l'Église réformée de France Marc Boegner. Même si les protestations du Cardinal Gerlier lues en septembre 1942 dans toutes les églises sont moins fermes que d'autres[N 14], il couvre à partir de ce moment-là très volontairement les actions des résistants catholiques, que ce soit pour la diffusion de journaux, la cache de juifs ou de réfractaires du Service du travail obligatoire. La presse collaborationniste l'attaque alors violemment, tandis que les autorités allemandes le classent parmi leurs ennemis. Ainsi, dans une note du 2 septembre 1942, Otto Abetz fustige auprès des hautes autorités de son pays « ses positions anti-allemandes » et Herbert Hagen écrit dans un rapport envoyé au ministère des Affaires étrangères du Reich « La question juive s'est heurtée ces derniers temps à une résistance sans pareille de la part de l’Église. Le chef de cette opération anti-gouvernementale étant en l'occurrence le cardinal Gerlier »[r 1]. Cette hostilité ne l'empêche pas de protester également en mars 1943 contre les envois massifs de jeunes pour le STO[a 8]

Pendant l'ensemble de la guerre, une frange du catholicisme particulièrement conservatrice et antisémite reste fidèle au régime et soutient jusqu'au bout les choix de Vichy. Cette portion des catholiques est représentée à Lyon par le journal Le Nouvelliste tenu par Antoine Lestra. Tiré à 180 000 exemplaires, il diffuse les idées d'extrême droite et approuve sans discernement toutes les actions vichyste, considérant par exemple le STO comme un moyen de lutte contre le bolchévisme[a 15].

Les protestants[modifier | modifier le code]

Même si les protestants ont moins d'impératifs de respect du consensus que les catholiques, ce qui permet à certains, dont le pasteur Roland de Pury, de fustiger l'abandon du combat contre la barbarie nazie en juillet 1940, la grande majorité des personnes de cette confession demeure longtemps pétainiste[a 9].

Le tournant pour les protestants a lieu comme pour les catholiques avec les lois antisémites de 1942. Les communautés protestantes aident donc à l’accueil de réfugiés, notamment avec l'« Amitié chrétienne », structure laïque comprenant diverses confessions[a 8]. La Cimade, créée en 1939 et basée à Valence, a une antenne importante à Lyon[a 9].

Les Juifs[modifier | modifier le code]

Étoile juive utilisée en France, Musée de l'armée, Paris.

Un grand nombre de juifs arrivent à Lyon, fuyant l’avance nazie. Entre 1939 et 1942, le nombre de juifs quadruple à Lyon, atteignant trente mille, dont un tiers d’étrangers. Le Consistoire central se replie à Lyon, rue Boissac.

Les institutions juives lyonnaises, qui depuis des décennies tentent de s’intégrer à la société républicaine française, tentent le plus longtemps possible de garder un contact et des rapports officiels avec l’État français, malgré les protestations de leurs propres rangs devant les dérives antisémites du gouvernement[a 9]. Les rapports avec Vichy se déroulent dans le cadre de l'Union générale des israélites de France(UGIF), organe créé en novembre 1941 par le gouvernement français sous la pression des Allemands pour regrouper l'ensemble des structures juives[p 3].

Le grand rabbin Jacob Kaplan se réfugie à Lyon en 1942 et, avec l'aide de nombreux résistants des autres confessions, organise le sauvetage du plus de coreligionnaires possibles[a 9]. Cette aide aux juifs persécutés se fait notamment au sein de l'UGIF dont la cinquième direction, l'assistance aux juifs étrangers, se tient au 12 rue Sainte-Catherine ; elle est composée des personnes issues de deux structures existant avant guerre, le Comité d'aide aux réfugiés allemands et autrichiens et la Fédération des sociétés juives de France. Cette organisation fournit des logements à leurs coreligionnaires arrivent sans moyens à Lyon, leur trouve des faux papiers, les mets en relation avec des filières de départ à l'étranger, souvent la Suisse. Cette structure dispose également de relations avec des non-juifs amis qui hébergent un certain nombre de fuyards[p 3].

Plaque commémorative de la rafle de la rue Sainte-Catherine.

En 1943, avec l'arrivée de la Gestapo et de son chef Klaus Barbie, la répression devient terrible.

Article détaillé : Rafle de la rue Sainte-Catherine.

Le 9 février, une rafle s'empare de la presque totalité des personnes qui se présentent au bureau de l'Union générale des Israélites français, situé rue Sainte-Catherine. Avec les permanents de l'UGIF, les juifs capturés sont au nombre de 86. Deux parviennent à s'échapper rapidement et les autres sont déportés[p 4]. La président du consistoire central proteste vigoureusement et est arrêté avec sa femme et déporté, en octobre. Malgré cela, la synagogue reste ouverte et en février 1944, un groupe inconnu y lance des grenades. En juin 1944, le grand rabbin de l'époque passe à la clandestinité[a 8].

Au total, un millier de Juifs, la plupart des enfants, échappent à la mort, tandis que les autorités envoient plus de dix mille autres disparaître dans les camps[a 7].

Le rabbin David Feuerwerker devient grand-rabbin de Lyon à la libération de la ville en septembre 1944, à laquelle il participe en tant que Capitaine-Aumônier des Forces françaises de l'intérieur. Il est également Capitaine-Aumônier de la Place de Lyon et de la Division Alpine (27e brigade d’infanterie de montagne). Il intervient à la cérémonie commémorant la Libération de Lyon, sur la place Bellecour[19],[N 15].

Postérité[modifier | modifier le code]

Cette importance de la Résistance lyonnaise est également un objet historique construit par les acteurs mêmes du conflit, le général de Gaulle lui-même saluant et renforçant l'aura de celle-ci lors de son discours prononcé quelques jours après la libération depuis le balcon de l'hôtel de ville[20]. Même si ce discours, prononcé dans un moment où le pays est à reconstruire et la guerre encore à gagner a avant tout une portée nationale, un grand nombre d'observateurs en ont retenu l'expression devenue notoire « cette capitale gauloise qui fut ensuite la capitale de la Résistance française ». Pour Douzou, cette formule est devenue un lieu de mémoire à la fois par l'importance de l'homme qui l'a créée, par le moment où elle est reçue par les auditeurs et par le fait qu'elle définit la singularité du rôle joué par la ville[k 5].

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Il existe une production littéraire très importante ayant trait aux évènements et aux personnalités de la ville. Parmi celle-ci, l'historien Laurent Douzou signale les récits biographiques suivants : La nuit sans ombre d'Alban Vistel, La nuit finira de Henri Frenay, L'aventure incertaine de Claude Bourdet, Ils partiront dans l'ivresse de Lucie Aubrac, Souvenirs inédits d'Yvon Morandat, Mémoires d'un franc-tireur de Jean-Pierre Lévy, Demain il fera beau de Denise Domenach-Lalich et Alias Caracala de Daniel Cordier[k 6].

Lieux et moments de mémoire[modifier | modifier le code]

Plaque rappelant la naissance du mouvement du Coq enchainé, apposée Cours Gambetta.

La mémoire de la résistance lyonnaise au régime de Vichy et aux nazis a toujours été maintenue par les personnes ayant vécu les évènements, notamment les résistants ou les survivants des camps nazis. Elle a été largement ravivée par le procès de Klaus Barbie de 1987.

Les Résistants morts pour la France sont honorés de plaques à plusieurs endroits de la ville[21].

En 1992, dans les locaux de l'école du service de santé militaire occupé entre 1943 et 1944 par la SIPO-SD, est fondé le Centre d'histoire de la résistance et de la déportation[k 7].

De même deux lieux portant la mémoire de la Seconde Guerre mondiale à Lyon sont ouverts au public avec un projet de porter la mémoire de ces évènements : la maison du docteur Dugoujon et la prison Montluc[k 7].

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Il existe trois grands fonds d'archives rassemblant une riche documentation primaire sur la Seconde Guerre mondiale à Lyon, les Archives municipales de Lyon, les Archives départementales du Rhône et le Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation.

Les archives du CHRD[modifier | modifier le code]

Le Centre d'histoire de la résistance et de la déportation est une institution privée née des cendres du musée Boileau qui continue de s'enrichir de documents directement centrés sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Le CHRD dispose d'un grand nombre de dossiers individuels sur les acteurs de la Résistance, des fonds sur la presse clandestine, des faux papiers. En ce qui concerne la répression, le centre dispose de nombreuses listes de déportés, d'exécutés, d'internés, ainsi que de nombreux objets et courriers de personnes persécutées. Le centre possède également un fonds important sur les chantiers de jeunesse et sur la propagande vichyste ou allemande. Il a collecté un grand nombre d'objets concernant la vie quotidienne (chansons, bombardements). Enfin, le centre conserve de nombreux documents constitués après la guerre. Il dispose ainsi de pièces établies lors des procès Barbie, Touvier et Papon ou rassemblées par l'association Hyppocampe qui a lutté[22] contre le négationnisme au sein de l'université Lyon III[p 5].

Les Archives municipales de Lyon[modifier | modifier le code]

En plus des archives naturellement issues des administrations municipales de l'époque, les Archives municipales de Lyon conservent celles des Hospices civils de Lyon et sur la Société des transports en commun de la région lyonnaise. La municipalité a légué aux Archives des documents traitant de la défense passive, du ravitaillement, de la gestion du personnel relativement aux lois vichystes, des réquisitions, des bombardements alliés, de la destruction des ponts à la libération, des inhumations des victimes de la répression et des secours et œuvres de guerre[p 6].

Les AML conservent également des pièces particulières telles une lettre du général de Gaulle adressée à Herriot du 10 juin 1940 ou une protestation officielle d'Herriot lors de son arrestation par Vichy en 1942. Les AML disposent aussi de fonds privés importants tels ceux de la chronique sociale, de Xavier Vallat, de Roger Radisson, de Gilbert Dru, de Charles Secrétant, de Jean Lacroix, d'Anatole Lewitsky, Roger Gadille, Alain Barrère, Xavier Lamothe, Paul Balas, Fleury Marius Seive ou Léon Bertholon. Enfin, les AML possèdent un riche fonds photographique, d'affiches et brochures municipales[p 6].

Les Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon[modifier | modifier le code]

Les fonds les plus importants sur la Seconde Guerre mondiale au sein du Service d'archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon proviennent des services du préfet, son cabinet, le commissariat de la République à la Libération et le bureau de police générale. Les ADRML possèdent également le « fichier Montluc », versement du service régional de la police judiciaire, un des rares fonds permettant d'avoir une connaissance sur les internés de la prison Montluc avec celui du service de recherche des crimes de guerre ennemis du professeur Pierre Mazel[p 7].

Les ADRML ont aussi des documents sur la défense passive, les conséquences des bombardements alliés, les dossiers de dommages de guerre, les fonds des juridictions d'exception du régime de Vichy, ceux des juridictions de la Libération condamnant la Collaboration[p 7].

Enfin, les ADRML possèdent des fonds privés portant sur cette problématique tels celui des AMUR, des groupes francs et le fonds « Marcel Ruby » de la commission d'histoire de la guerre[p 7].

Historiographie[modifier | modifier le code]

L'importance de la ville de Lyon dans les actions de la Résistance en France a engendré une abondante production éditoriale sur le sujet, ainsi que de très nombreux travaux de recherche[k 6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références utilisées[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Yves Durand, Histoire générale de la Deuxième Guerre mondiale, Complexe, (ISBN 2-87027-740-7)
  1. Durand 1997, p. 642.
  2. Durand 1997, p. 611.
  3. Durand 1997, p. 350.
  • Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, Paris, éd. Autrement, (1re éd. 1994) (ISBN 2-7467-0495-1)
  1. Simonnet 2004, p. 32.
  • François Broche (dir.) et Jean-François Muracciole (dir.), Dictionnaire de la France libre, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1605 p. (ISBN 978-2-221-11202-1)
  1. a et b Broche et Muracciole 2010, p. 910-911.
  1. Wieviorka 2013, p. 73-74.
  • Jean-Christophe Stuccilli, Jean Martin (1911-1966), peintre de la réalité, Paris, Somogy éditions d'art, (ISBN 9782757210529)
  1. Stuccilli 2016, p. 160.
  1. a et b Chauvy 2012, p. 334.
  2. Chauvy 2012, p. 253.

Ouvrages sur l'histoire de Lyon[modifier | modifier le code]

  • Jacques Gadille, René Fédou, Henri Hours et Bernard de Vregille, Histoire des diocèses de France, Lyon, Paris, Éditions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses France » (no 16), , 352 p. (ISBN 978-2701001982)
  1. Pelletier et al. 2007, p. 809.
  2. Pelletier et al. 2007, p. 810.
  3. a, b, c et d Pelletier et al. 2007, p. 840.
  4. a, b, c, d, e et f Pelletier et al. 2007, p. 844.
  5. Pelletier et al. 2007, p. 842.
  6. Pelletier et al. 2007, p. 843.
  7. a et b Pelletier et al. 2007, p. 848.
  8. a, b, c, d, e et f Pelletier et al. 2007, p. 847.
  9. a, b, c, d, e, f et g Pelletier et al. 2007, p. 845.
  10. a, b, c et d Pelletier et al. 2007, p. 849.
  11. a, b, c et d Pelletier et al. 2007, p. 839.
  12. Pelletier et al. 2007, p. 875.
  13. a et b Pelletier et al. 2007, p. 837.
  14. Pelletier et al. 2007, p. 838.
  15. a, b et c Pelletier et al. 2007, p. 846.
  • Bernard Demotz, Henri Jeanblanc, Claude Sommervogel et Jean-Pierre Chevrier, Les Gouverneurs à Lyon ; 1310 - 2010 : le gouvernement militaire territorial, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 255 p. (ISBN 9782841472260, notice BnF no FRBNF42514690)
  1. Demotz et al. 2011, p. 219.
  2. Demotz et al. 2011, p. 221.
  3. a et b Demotz et al. 2011, p. 222.
  4. Demotz et al. 2011, p. 225.
  5. a, b, c et d Demotz et al. 2011, p. 226.
  • Bernard Berthod, Jacqueline Boucher, Bruno Galland, Régis Ladous et André Pelletier, Archevêques de Lyon, Lyon, Editions lyonnaises d'art et d'histoire, , 191 p. (ISBN 978-284147-228-4)
  1. a, b, c et d Arch. de Lyon, p. 143.

Ouvrages sur Lyon pendant la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  1. Ruby 1979, p. 45.
  2. Ruby 1979, p. 53.
  • Robert Proton de la Chapelle, 50 ans de vie culturelle à Lyon (1924-1977), Lyon, SME-Résonance, , alias Robert de Fragny
  1. Fragny 1982, p. 82
  • Gérard Le Marec, Lyon sous l'occupation, Rennes, Ouest-France, , 125 p. (ISBN 2-85882-422-3)
  1. Le Marec 1984, p. 38.
  • Nicole Amidieu-Michaud, La Croix-Rouge française de Lyon pendant la guerre : 1940/41 - 1945, Lyon, Bellier, , 294 p. (ISBN 2-84631-257-5)
  • Isabelle Doré-Rivé (Dir.) et Marion Vivier (Coord. éditoriale), Une ville dans la guerre : Lyon 1939-1945, Lyon, Fage, , 192 p. (ISBN 978-2-84975-279-1)
  • Dans Isabelle von Bueltzingsloewen, Laurent Douzou, Jean-Dominique Durand, Hervé Joly et Jean Solchany, Lyon dans la Seconde guerre mondiale : villes et métropoles à l'épreuve du conflit, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 361 p. (ISBN 978-2-7535-4359-1, notice BnF no FRBNF44499152)

§ Jean-Christophe Stuccilli, « L'Art en résistance : la galerie Folklore de Marcel Michaud sous l'Occupation », dans Lyon dans la Seconde guerre mondiale, , p. 249-265

  1. Stuccilli 2016, p. 250.
  2. Stuccilli 2016, p. 258.

§ Laurent Douzou, « La Résistance à Lyon (1940-1944) », dans Lyon dans la Seconde guerre mondiale, , p. 271-281

  1. Douzou 2016, p. 274.
  2. Douzou 2016, p. 275.
  3. Douzou 2016, p. 276.
  4. a et b Douzou 2016, p. 277.
  5. Douzou 2016, p. 273.
  6. a et b Douzou 2016, p. 271.
  7. a et b Douzou 2016, p. 281.

§ Christophe Capuano, « Le quotidien des Lyonnais au prisme des rapports d'un haut fonctionnaire de Vichy, Georges de la Grandière », dans Lyon dans la Seconde guerre mondiale, , p. 319-330

  1. Capuano 2016, p. 319.
  2. Capuano 2016, p. 324.
  3. a et b Capuano 2016, p. 321.
  4. Capuano 2016, p. 325-326.
  5. Capuano 2016, p. 322.
  6. Capuano 2016, p. 323.

§ Hervé Joli, « L'évolution des élites lyonnaises sous Vichy : tentative de bilan », dans Lyon dans la Seconde guerre mondiale, , p. 73-91

  1. a et b Joli 2016, p. 74.
  2. Joli 2016, p. 75.
  3. Joli 2016, p. 76.
  4. a et b Joli 2016, p. 78.
  5. Joli 2016, p. 82-83.
  6. Joli 2016, p. 84.

Articles sur Lyon pendant la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • Françoise Taliano-des Garets, « La vie culturelle urbaine dans l’Europe occupée. Lyon avant et après novembre 1942, approche culturelle d’une grande ville de province » », dans Villes et culture sous l'Occupation, Armand Colin, coll. « Recherches » (DOI 10.3917/arco.talia.2012.01.0029), p. 29-37
  1. Garets 2012, p. 29
  2. Garets 2012, p. 30
  3. Garets 2012, p. 31
  4. Garets 2012, p. 32
  5. Garets 2012, p. 33

Autre références[modifier | modifier le code]

  1. Lyon et sa région en juin 1940, Musée d'histoire militaire de Lyon
  2. Sur cette particularité, due notamment à l'influence de Laurent Bonnevay, voir : Jean Sagnes, « Le refus républicain : les quatre-vingts parlementaires qui dirent « non » à Vichy le 10 juillet 1940 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome XXXVIII, 1991, p. 555-589.
  3. Sur la politique de la famille de Vichy, on peut consulter C. Capuano, Vichy et la famille. Réalités et faux-semblants d'une politique publique, Rennes, Presses universitaires de Renees, 2009, p. 65-80.
  4. Sur la question des réfugiés de cette période, voir : P. Nivet, « Les réfugiés de guerre dans la société française (1914-1946)», Annales, Histoire, économie, société, 2004, vol. 23, n° 2, p. 247-259 et P. Lévy et J.-J. Becker (dir.), « Les réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale », Les Annales de la mémoire, Centre régionale d'histoire de la mémoire, Confolens, 1999.
  5. Sur les problèmes d'approvisionnement en France pendant la guerre, on peut consulter : D. Veillon et J.-M. Flonneau (dir.), « Le temps des restrictions en France (1939-1949) », cahiers de l'I.H.T.P., n°32-33, mai 1996 : D. Veillon, Vivre et survivre en France 1939-1947, Paris, Payot, 1995 et H. Rousso, Les Années noires, vivre sous l'occupation, Paris, Gallimard, 1992.
  6. Sur l'évolution des opinions vis-à-vis du maréchal et de Vichy, l'ouvrage de référence est P. Laborie, L'opinion française sous Vichy, Paris, Le Seuil, 1990.
  7. Sur les conséquences des difficultés quotidiennes sur l'opinion politique de la population, consulter : F. Grenard, « Les implications politiques du ravitaillement en France sous l'occupation », Vingtième siècle.Revue d'histoire, 2007/2, n° 94, p. 199-215 et P. Laborie, L'opinion française sous Vichy, Paris, Le Seuil, 1990.
  8. Sur la répression antisémite à Lyon, consulter, entre autres, Laurent Douzou dir., Bénédicte Gavand, Anne-Claire Janier-Malnoury, Voler les juifs ; Lyon, 1940-1945, hachette, 2003, Paris, 341 p., (ISBN 2-0123-5613-3).
  9. Texte de la loi.
  10. Un inventaire très complet de tous les hommes et les femmes engagés dans la résistance à Lyon et sa région est fait par Bruno Permezel dans : Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours - 2824 engagements, BGA Permezel, 2003, Lyon, 740 p., (ISBN 2-909992-91-8).
  11. Une synthèse très riche des mouvements de résistance lyonnais peut être consulté dans : Marcel Ruby, Résistance et Contre-Résistance à Lyon et en Rhône-Alpes, Horvath, 1995, Lyon, 731 p., (ISBN 2-7171-0882-3).
  12. M. Bernard, Ladérive des modérés. La Fédération républicaine du Rhône sous la IIIème République, Paris, L'Harmattan, 1998, p. 389.
  13. A. Pinel, Une police de Vichy : les groupes mobiles de réserve (1941-1944), Paris, L'Harmattan, 2004, p. 61.
  14. Jean Larrieu, le mystérieux officier français venu de Londres pour libérer Lyon. Le Progrès 01/09/2014, http://www.leprogres.fr/france-monde/2014/09/01/jean-larrieu-le-mysterieux-officier-francais-venu-de-londres-pour-liberer-lyon.
  15. Jean-Christophe Stuccilli, « Peindre pour le temps de guerre », dans Jean Martin (1911-1966), peintre de la réalité, Paris, Somogy, 2016, p. 160-163 (ISBN 9782757210529).
  16. Yves-Marie Hilaire, « Églises et Chrétiens pendant la Seconde Guerre Mondiale : Les colloques de Lyon et de Varsovie », Revue du Nord, t. 60, no 238,‎ , p. 729-733 (lire en ligne)
  17. notamment : Témoignage chrétien - 1941-1944 : les armes de l'esprit, paru en 1977.
  18. notamment : Le Forez et la révolution nationale : juin 1940 - novembre 1942 paru en 1972.
  19. Elie Feuerwerker. Le Rabbin Dr. David Feuerwerker, ZT"L (2 octobre 1912-20 juin 1980/ 21 Tichri 5673-6 Tamouz 5740). Le Combat d’une vie. [avec une Introduction de Henri Baruk, de l’Académie nationale de médecine]. Revue d’histoire de la médecine hébraïque, Paris, 1980. [Mentionné in Gad Freudenthal & Samuel S. Kottek, editors, Mélanges d’histoire de la médecine hébraïque : études choisies de la revue d’histoire de la médecine hébraïque (1948-1985). Brill: Netherlands, 2003, p. 573. (ISBN 978-900-412-522-3)].
  20. Le texte intégral de ce discours est difficilement accessible et reproduit par Laurent Douzou dans : La Résistance à Lyon (1940-1944), 2016, p. 272
  21. Voir la liste de ces plaques sur Commons.
  22. site officiel
  23. Prix Chazière 1980, prix littéraire de la Résistance 1982.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Froget, Pierre Burgeot, François Peissel, Armand Chouffet et André Février.
  2. Émile Bender, Justin Godart, Camille Rolland, Joseph Dépierre, Laurent Bonnevay, Alfred Elmiger, Claude Jordery et André Philip.
  3. Ainsi que Jules Julien
  4. Félix Brun et Georges Lévy
  5. Un dernier parlementaire était absent pour raison de santé, Antoine Sallès, qui affirme plus tard qu'il aurait voté pour.
  6. Alexandre Angéli est condamné à mort lors d'un premier procès à la libération, puis voit sa peine être réduite à quatre ans de prison lors d'un second.
  7. Reportage télévisé des services de Vichy sur ina.fr
  8. Cette délégation a pouvoir sur le Rhône, la Loire, le sud de l'Ain, la Saône-et-Loire et le Jura dans un premier temps, auxquels s'ajoutent en 1943 les départements de la Drôme, l'Ardèche, l'Isère, la Savoie et la Haute-Savoie.
  9. Elle s'installe 128 rue de Créqui.
  10. Georges de la Grandière, alors âgé de 27 ans, est issu d'une vieille famille de noblesse angevine et est militant de la cause familiale.
  11. Sur le site de la Cité internationale.
  12. même si ces recensements mesurent des époques différentes de celles de la guerre, ils permettent d’avoir des indications sur les tendances.
  13. notice sur data.bnf
  14. Le cardinal Gerlier est toutefois l'un des cinq seuls évêques sur plus d'une centaine a oser prendre une position publique contre les rafles.
  15. Le Grand-Rabbin de Lyon Richard Wertenschlag rappelle que son père lui parlait toujours de cette occasion

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Histoire de Lyon.