Jacob Kaplan

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Jacob Kaplan
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Le grand rabbin de France Jacob Kaplan (à droite) avec le grand-rabbin Max Warschawski à l’hospice Élisa de Strasbourg, le 27 juin 1978.

Naissance
Paris, France
Décès (à 99 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence France
Activité principale
Autres activités
Distinctions
Conjoint
Fanny Dichter
Descendants
Lazare Kaplan, Francis Kaplan, Benjamin Kaplan, Myriam Askienazy, Régine Moog

Jacob Kaplan, né le à Paris où il est mort le , fut grand-rabbin de France de 1955 jusqu’à sa retraite en 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacob Kaplan naît dans une famille pieuse de cohanim originaire de Lituanie, au 21 rue des Écouffes, dans le Pletzl. Il est admis au Séminaire Israélite de France (SIF) en 1913, mais ses études sont interrompues par la Première Guerre mondiale. Ayant demandé à être mobilisé comme simple fantassin, il se bat à Verdun et il est blessé en 1916. Il est décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Après la guerre, il reprend ses études et reçoit son diplôme de rabbin en 1921. Il est nommé rabbin à Mulhouse en 1922, puis rabbin de la Synagogue Nazareth à Paris en 1928 et rabbin de la Grande synagogue de la Victoire en 1933. Le , en tant que rabbin de la synagogue de la Victoire et à la demande du Consistoire, il prononce un discours aux cérémonies religieuses organisées par les Croix-de-feu à la mémoire des anciens combattants juifs, ce qui lui vaudra d'être critiqué par la Ligue internationale contre l'antisémitisme (Lica, devenue la Licra) mais n'empêche pas celle-ci de lui demander de participer à ses propres manifestations, ce qu'il fait (notamment le 22 novembre 1938 à la Mutualité en soutien aux Juifs allemands persécutés).

Nommé auxiliaire du Grand Rabbin de France Isaïe Schwartz à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé en septembre 1939, participe à la Bataille de France en mai 1940 et obtient la Légion d'honneur à titre militaire. Il rejoint en juillet 1940, le Grand Rabbin de France, à Vichy, siège du gouvernement de Pétain, et joue un rôle actif en s'opposant aux décisions gouvernementales discriminatoires à l'égard des Juifs, tant français qu'étrangers. En 1940, il publie Racisme et Judaïsme qui sera comme Témoignage sur Israël, inscrit sur la liste Otto des livres interdits à la vente sous l'Occupation. Le 31 juillet 1941, il adresse à Xavier Vallat, Commissaire Général aux questions juives, une lettre, dont il donnera une lecture publique, contre l'antisémitisme et les mesures d'exception du régime de Vichy, dans laquelle il écrit que "le jour où la raison reprendra ses droits, (et elle les reprendra sans aucun doute dans le pays de Descartes et de Bergson), l'antisémitisme, lui perdra les siens".

Interdit de résidence à Vichy par un arrêté de René Bousquet du 20 juillet 1942, il part à Lyon en 1942. Il n’aura alors de cesse, au péril de sa vie, de faire jouer toutes ses connaissances afin de sauver le maximum de ses coreligionnaires. Il sollicite entre autres le cardinal Gerlier, auquel il demande d'intervenir auprès du gouvernement afin d’arrêter les convois de juifs partant pour l’Allemagne. Nommé Grand Rabbin de France par intérim en janvier 1944 après le passage en Suisse d'Isaïe Schwartz pour échapper à la Gestapo, il est arrêté le par la police française, puis relâché le même jour contre rançon. Il obtient à la Libération la croix de guerre 1939-1945..

Il est élu Grand Rabbin de Paris en 1950 succédant à Julien Weill, puis Grand Rabbin de France en 1955. Après la guerre, sa principale préoccupation est de remettre sur pied la communauté, décimée par les nazis. Quand en 1952 éclate l'affaire Finaly, Jacob Kaplan remue l’opinion publique mondiale et intervient auprès de Mgr Touvet et du cardinal Gerlier, ainsi qu’auprès de nombreuses autorités religieuses catholiques et protestantes, jusqu’au retour des deux enfants.

Après 1961, il s’occupe de l’afflux massif de ses coreligionnaires rapatriés d’Afrique du Nord et qui en quelques années doubleront la communauté juive française. Devenu une autorité morale incontestée, il est élu en 1967 membre de l’Académie des sciences morales et politiques, pour laquelle il rédige de nombreuses communications.

En 1980, il met fin à ses fonctions de Grand Rabbin de France, tout en restant très actif dans la communauté juive et en publiant de nombreux ouvrages.

Il est le père de Lazare Kaplan, Francis Kaplan, Benjamin Kaplan, Myriam Askienazy, Régine Moog.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Carte de combattant volontaire de la Résistance de Jacob Kaplan

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Témoignage sur Israël dans la littérature française, Lipschutz, 1938
  • Témoignage sur Israël, Regain, 1949
  • Les temps d'épreuve, Les Éditions de Minuit, 1952
  • Judaïsme français et sionisme, Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1975
  • Un enseignement de l'estime, Stock, 1982
  • Le Vrai Visage du judaïsme, Stock, coll. « Judaïsme-Israël », 1987
  • Le Judaïsme dans la vie quotidienne (en collaboration), Albin-Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1992
  • Le Talmud et ses maîtres (en collaboration), Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme », 1993
  • L’Affaire Finaly, Le Cerf, coll. « L’histoire à Vif », 1993
  • Justice pour la foi juive (en collaboration), Le Cerf, coll. « L’histoire à Vif », 1995
  • N’oublie pas, Stock, coll. « Judaïsme-Israël », 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacob Kaplan et Pierre Pierrard, Pierre Pierrard interroge le grand rabbin Kaplan : justice pour la foi juive, Paris, Le Centurion, coll. « Les Interviews », , 287 p. (ISBN 978-2-227-32016-1)
  • Maurice Hayoun (dir.), Francis Kaplan (dir.), René-Samuel Sirat (dir.) et Agnès Viennot (éd.), Le livre du centenaire du grand rabbin Jacob Kaplan, grand rabbin du Consistoire central, doyen de l'Institut de France, Paris, Noêsis, coll. « Histoire des Religions », (ISBN 978-2-911-60607-6)
  • Haïm Korsia (préf. Jacques Chirac), Etre juif et Français : Jacob Kaplan, le rabbin de la république, Paris, Prive, (ISBN 978-2-350-76023-0)
  • David Shapira (préf. Alain Besançon, postface René-Samuel Sirat), Jacob Kaplan : 1895-1994 : un rabbin témoin du XXe siècle, Paris, Albin Michel, coll. « Présence du Judaïsme », (ISBN 978-2-226-17302-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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