Berliet

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Berliet
Image illustrative de l'article Berliet

Création 1899
Dates clés - 1907 : création du logo
- 1967 : entrée dans le groupe Michelin (via Citroën)
- 1975 : entrée dans le groupe RNUR
Disparition 1978
Fondateurs Marius Berliet (1866-1949)
Personnages clés Paul Berliet (1918-2012)
Forme juridique Société par actionsVoir et modifier les données sur Wikidata
Action Constructeur automobiles
Siège social Drapeau de la France Lyon Voir et modifier les données sur Wikidata (France)
Actionnaires Citroën puis RNUR puis AB Volvo
Activité Industrie automobile
Produits Véhicules particuliers, utilitaires, autocars, autobus et camions
Société mère RNUR (à partir de 1975)
Site web Fondation Berliet

Automobiles Marius Berliet est un constructeur automobile français, fondé par Marius Berliet en 1899. C'est à l'origine un constructeur de voitures dont il cessera la fabrication en 1939. Il devient alors exclusivement un constructeur de Véhicules industriels. Sous la pression des pouvoirs publics, la Société devient filiale de la Régie Nationale des Usines Renault en décembre 1974, absorbe en 1978 Saviem ( Société anonyme de Véhicules Industriels et Equipements Mécaniques), filiale depuis 1955 de la RNUR, prend le nom de Renault Véhicules Industriels (RVI) en 1978.Les deux marques disparaissent au profit de Renault en 1980 [1]. RVI est vendu au groupe AB Volvo en 2000; en 2004, nouvelle raison sociale: Renault Trucks.

Historique[modifier | modifier le code]

Marius Berliet, fondateur de la marque.

Origines[modifier | modifier le code]

Article connexe : Marius Berliet.

Marius Berliet ( 21 janvier 1866 - 17 mai 1949), fils aîné d'un "canut" [2] qui a sept enfants, construit son premier moteur en 1894 et sa première voiture en 1895 dans un appentis de la maison familiale [3]. En 1899, il s'installe comme " constructeur automobile " 56 rue Sully sur 90 m2, puis rue Michel Perret sur 450 m2. En 1902, il reprend l'activité du constructeur lyonnais Audibert & Lavirotte [4] dans le quartier de Lyon - Monplaisir : 250 personnes et 5 000 m2 couverts. Il commence la construction de modèles dotés de moteur à 4 cylindres avec radiateurs à nid d'abeille et basés sur des cadres en acier.Il lance en 1904 une gamme de trois voitures de 22 à 60 ch. Le 1er juillet 1905, American Locomotive Company (ALCO) qui souhaite se diversifier dans l'automobile choisit Berliet en raison de la simplicité, de la robustesse et de la puissance de ses produits [5]. Elle signe, pour une durée de trois ans, l'acquisition de la licence de fabrication de trois voitures Berliet ( 20,40,60 HP) moyennant le versement comptant de 500 000 francs or, de la fourniture de pièces coulées et forgées, la construction d'une usine en Rhode Island et le paiement de royalties[6].

La Berliet 24 hp de 1905, victorieuse alors de plusieurs épreuves françaises de tourisme.

Cette manne financière permet à Marius Berliet d'agrandir les bâtiments de l'usine de Monplaisir, d'investir dans des équipements industriels et des installations commerciales et après-vente.

En 1907, est déposé le logo de la marque Berliet, la locomotive chasse-buffle [7] remplaçant les initiales MB entrelacées et qui, stylisé à plusieurs reprises, subsistera jusqu'en 1980.

La participation de voitures Berliet à de nombreuses compétitions en France et à l'étranger, vient de l'engagement de propriétaires privés sur des voitures de série. Marius Berliet exprime sa position à l'égard de la course: " Nous ne sommes pas des constructeurs de monstres. Nous construisons des voitures normales, harmonieuses dans leurs lignes et dans leurs organes, équilibrées dans leur puissance et leur solidité, des êtres sains en un mot "[8].

Pourtant, des voitures de la marque, entre 1904 et 1912, remportent de retentissants succès parmi lesquels: La Coupe du Forez gagnée par Plattier en avril 1905[9], 3e place pour Paul Bablot à la Targa Florio en 1906[10], 2e place du Graphic Trophy sur l'Ile de Man pour Paul Bablot en 1906[11], deux premières places à des pilotes anglais au Graphic Trophy de 1907[12], première place au Grand Prix de La Havane [13] en 1909, la Coupe Vanderbilt aux États-Unis remportée par Harry Grant sur une voiture Alco licence Berliet en 1909 et 1910[14], Julius Beutler, premier au rallye de Monaco en janvier 1912[15].

En 1907, sortent deux types de voiture dotés de moteurs 4 cylindres ou 6 cylindres, d'une puissance de 12 à 60 HP [16] que de luxueux catalogues [17] présentent en plusieurs langues; en 1908 les modèles de 14 à 22 HP sont proposés avec transmission à chaînes ou cardans, ceux de 40 à 60 HP restant à chaînes. 1200 voitures sont fabriquées dans l'année. En 1909, le marché des grosses voitures se réduisant, des modèles de 8 à 22 HP à cardans silencieux sont lancés. En 1911, sort la série des AM [18] dotées d'un moteur 4 cylindres de 12 HP ou "15 HP léger". En 1913, 3500 voitures sont fabriquées.

En 1907, le premier camion, type L est réceptionné au service des Mines[19]. Il est doté d'un moteur à essence de pétrole de 4 cylindres verticaux 100x120, d'une transmission par le système dit " trains balladeurs ", de deux freins métalliques sur le différentiel et deux freins métalliques à sabots extérieurs sur les roues motrices, d'une direction à vis et de roues en bois cerclées de caoutchouc ou de fer pour la version 2,5 tonnes et de fer pour celle de 5 tonnes. Au régime de 800 tours par minute, le moteur autorise une vitesse de 14,6 km en palier.

En 1909, le camion de type M, 22 HP, charge utile de 3,5 tonnes est lancé[20].

Les concours militaires organisés par le Ministère de la Guerre à partir de 1909 attribuent une prime à l'acheteur d'un camion qui a satisfait aux épreuves d'endurance en contrepartie de la réquisition du véhicule et du chauffeur en cas de mobilisation.Les camions Berliet - ainsi que ceux de marque de Dion-Bouton - sont les seuls à être primés chaque année. Ils sont reconnus simples, robustes et économiques.

Le modèle Berliet CBA, réceptionné au Service des Mines en 1913 [21] pour 3 tonnes de charge utile est doté d'un cadre châssis en lame d'acier emboutie, d'un moteur 4 cylindres 110x140 coulés par paires, de 5,3 litres de cylindrée, d'une puissance de 25 HP à 1200 tr/min, d'une boîte 4 vitesses AV et 1 AR, de roues en bois cerclées de caoutchouc.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Un Berliet CBA durant la Première Guerre mondiale.


Berliet reçoit exclusivement des commandes massives de camions CBA et d'obus.Pour satisfaire cette demande, il construit, à Monplaisir, en 1915 deux bâtiments supplémentaires qui complètent le bâtiment initial agrandi et le hall d'assemblage des véhicules industriels datant de 1907 portant ainsi la surface à 45 000 m2. La production atteint 5 000 obus par jour[22].

À l'automne 1916, il commence la construction de l'usine intégrée de Vénissieux / Saint-Priest sur un tènement de près de 400 ha; Egerton Banks, ingénieur britannique de 29 ans, responsable de Westinghouse - Europe, engagé en décembre 1915, est chargé, à Monplaisir et Vénissieux de rationaliser l'organisation scientifique du travail à laquelle il a été formé aux États-Unis[23].

Au mois de janvier 1916, la production du camion CBA est de 142; elle est de 424 en décembre 1916 et atteindra le millier en janvier 1918. La noria des 3500 camions sur la Voie Sacrée de Bar-le-Duc à Verdun est composée pour plus de la moitié de ce modèle. Les châssis-mécanique CBA sont fabriqués à Monplaisir tandis que le montage de leur carrosserie bois est effectué à Vénissieux.

Au 2e semestre 1918, 1025 chars Renault FT[24] sortiront de l'usine de Vénissieux. Renault n'ayant pas les capacités industrielles pour répondre aux besoins urgents de l'Armée, celle-ci confie une commande à Berliet avec moteur Berliet. En outre, la tourelle pivotante à 360°, innovation conçue par Renault, développée par les Établissements Girod à Ugine, est usinée et finie chez Berliet, le seul disposant des moyens industriels appropriés.

Dès le début de la Première guerre mondiale, Berliet crée une caisse de secours permettant de venir en aide aux familles des salariés mobilisés [25], le bulletin de guerre des Usines Berliet. Il fonde plusieurs œuvres sociales : la crèche en février 1917 [26], la cité sur la commune de Saint-Priest qui comptera 250 logements en 1925[27], la ferme [28] sur la réserve foncière de Saint-Priest, encourage la pratique du sport avec l'Union Sportive Berliet [29] (USB).

En novembre 1918, l'effectif d' Automobiles M.Berliet transformée en société anonyme en 1917[30] est de 12 000 personnes dont 20,7 % de personnel féminin.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Période transitoire entre l'état de guerre et l'état de paix [31], l'année 1919 est marquée par la réinsertion des hommes démobilisés, la reprise de la fabrication des voitures et la reconstruction de la fonction commerciale.

Présentée au Salon de Paris1919, la voiture type VB, 15 HP, outillée pour être fabriquée à la cadence de 100 par jour, sa carrière est brève en raison de deux handicaps: la qualité des aciers français utilisés inférieure à celle des aciers américains sur lesquels l'étude était basée ainsi qu'un prix de revient prévisionnel en dessous de la réalité[32].

À partir du 3 novembre 1919[33], le gouvernement français autorisant la vente des surplus de l'Armée, les livraisons et les commandes de camions se tarissent brusquement pendant trois ans. Les difficultés financières de 1920 conduisent l'industriel à solliciter l'application de la loi du 2 juillet 1919[34]; le règlement transactionnel est prononcé le 21 avril 1921. Le pouvoir est désormais assuré par trois banques, M. Pariset, délégué du Crédit Lyonnais est élu président du Conseil d'Administration . Administrateur délégué, Marius Berliet, chargé des bureaux d'études et des fabrications, doit renoncer à son droit de vote aux assemblées générales et ne peut rien décider sans l'autorisation du Conseil d'Administration [35]. Les économies, la recherche d'activités complémentaires de sous-traitance, les efforts sur les nouveaux produits aboutissent au remboursement total des créanciers en 1929. Marius Berliet reprend les rênes.

Dans cette décennie 20, sont lancées les voitures type VL " Étoile d'Argent " , 16 ch en 1922, les VH de 12ch et VI en 1923 qui retrouvent un marché porteur [32] . À partir de 1925, la marque fabrique ses propres carrosseries [32] . Les modèles de la famille VIL 8/9 ch équipés d'un moteur 4 cylindres de 2,6 litres et 3,3 litres de cylindrée, à soupapes latérales sont produits à plus de 10 000 exemplaires.

La décennie 30 est marquée, en 1933, par le lancement de la 944 ( 9 ch, 4 cylindres, 4vitesses ) qui connaîtra plusieurs perfectionnements. Le modèle " Dauphine 39 " est lancé à partir d'un châssis-mécanique Berliet VIRP doté d'une carrosserie Peugeot 402 B. C'est le dernier modèle de la voiture Berliet qui ne sera fabriqué qu'à 200 exemplaires [36].

Les efforts d'Automobiles M.Berliet portèrent aussi sur le gazobois, la construction de prototypes de véhicules militaires tous terrains. À partir de 1923[37], l'entreprise travaille sur le carburant de substitution en mettant au point le gazogène à bois par combustion du bois cru. Elle conçoit aussi et fabrique une douzaine de prototypes de véhicules militaires tous terrains [38]. Malgré des essais performants, les commandes resteront confidentielles.

En 1926, trois modèles Berliet VPD 6x4 effectuent avec succès la mission Alger - Gao avec 3 000kg de fret et 22 passagers.

L'année 1926 voit aussi la naissance de la génération des camions GD; le premier, le type GDH reçoit une transmission par arbre, joints de cardan et pont AR, un moteur essence dérivé de celui du CBA et des pneumatiques à l'AV et à l'AR [39]. Dès 1931, il est proposé avec un moteur diesel. Le modèle GDR, conçu en 1934, est fabriqué pendant 17 ans à 25 000 exemplaires, en version diesel (45 %), gazobois (31 %), essence (24 %) donnant lieu à 28 procès-verbaux de réception aux Mines concernant 12 véhicules diesel, 8 gazobois, 7 essence et 1 au gaz de ville [40].

En 1930, convaincu que le moteur diesel [41] est l'avenir du transport routier, Berliet achète la licence de la chambre de combustion ACRO (American Crude Oil), l'abandonne en 1935 [42] au profit de la licence du dispositif Ricardo. Compte tenu de l'économie du Diesel, la concurrence du transport routier inquiète le transport par fer. L'état réagit en 1934 par les décrets Dautry dits " de coordination rail-route " [43]. Les mesures de restriction du transport routier ( contingentement des licences de transport, réduction des dimensions des véhicules, interdiction de création de lignes d'autocars en parallèle avec une voie ferrée...) aboutissent à une chute sensible de la production française. En 1936, les constructeurs nationaux sortent 25 000 poids lourds contre 28 159 en 1933, l'Allemagne 76 000 contre 13 222, la Grande-Bretagne 104 000 contre 64 377[44].

Le mouvement de grèves du Front Populaire de 1936 débute dans l'entreprise le 18 mars, est suivi d'un lock-out le 31 mars et d'une reprise progressive sous surveillance policière.Il se termine vers le 18 avril [45]






La décennie 40[modifier | modifier le code]

La France déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. Au pretexte " qu'aucune mesure n'a été prise pour la mise en route des fabrications de guerre " les usines Berliet sont réquisitionnées le 30 septembre sur ordre de Raoul Dautry, Ministre de l'Armement. Il place à leur tête l'ingénieur général Carré et le polytechnicien Maurice Roy, ingénieur en chef des Mines [46]. Ils obtiennent, en décembre, les crédits pour les commandes de tours nécessaires à la fabrication d'obus - refusés à Marius Berliet en septembre - [47]. Le premier lot de 1 200 obus est livré le 4 juin 1939 [48]. Maurice Roy quitte l'usine le 18 juin sans donner aucune consigne au personnel [49] . Marius Berliet peut revenir à Vénissieux.

Dans le souci de préserver l'emploi - 6 800personnes - l'usine fabrique des gazobois mis au point entre les deux guerres et qui équipent les véhicules de la zone sud. Tout en étant en zone libre jusqu'en 1942, Automobiles M. Berliet subit les décisions prises par l'armée d'occupation en raison de l'installation, depuis les années 1910, d'une succursale-atelier située à Courbevoie en zone occupée [50]

Le groupement militaire allemand GBK qui dirige et contrôle l'industrie et le commerce de l'automobile en Allemagne et dans les territoires occupés accorde " les bons matières " à condition que les véhicules ou pièces soient livrés à l'occupant pour un tonnage ou valeur équivalente [51]. La production annuelle diminue entre 1940 et 1944:6 416 en 1940,3 098 en 1941, 2 378 en 1942,1 528 en 1943 et 996 en 1944[52]. Dans la nuit du 1er au 2 mai 1944, l'usine subit un bombardement des forces alliées qui anéantit la Cité Berliet évacuée quelques jours plus tôt. Les dommages industriels sont relativement modestes à l'exception de la Fonderie.

Du 1er octobre 1940 au 31 juillet 1944, les 17 constructeurs français ont livrés 116 917 véhicules aux autorités allemandes dont pour Renault 32 877, Citroën 32 248, Peugeot 22 658, Ford 10 620 et Berliet 2 389[53].

Le 3 septembre 1944 Marius Berliet est arrêté sans mandat judiciaire, les FTP réquisitionnent les usines Berliet [54], le Commissaire de la République à Lyon Yves Farge, s'appuyant sur la loi du 10 septembre 1940 [55], place l'entreprise sous séquestre le 5 septembre et fait arrêter les quatre fils - Jean, Henri, Maurice et Paul - le 13 septembre 1944. Après deux années d'emprisonnement, Marius, Paul et Jean sont jugés en juin 1946 - Maurice et Henri n'étant passibles que de la Chambre civique-. Le 8 juin 1946, le prévenu Marius Berliet " dit coupable d'avoir sciemment accompli un ou plusieurs actes de nature à nuire à la défense nationale " est condamné à deux ans de prison, à l'indignité nationale, à la confiscation de ses biens et à une interdiction de séjour dans l'agglomération parisienne, les départements du Rhône et limitrophes. En raison de son état de santé, sa peine est commuée en assignation à résidence surveillée, sous surveillance médicale judiciaire à Cannes[56]. Malgré l'exil, le vieillard diminué par la maladie, reste pugnace. Entre 1946 et 1949, il rédige des centaines de lettres, tracts et brochures " la Vérité sur l'affaire Berliet ", " Expérience soviétique chez Berliet " qu'il envoie à des personnalités de l'administration, de la politique, du monde économique [57]. Il décède le 17 mai 1949.

Article détaillé : Marius Berliet.

Le commissaire de la République à Lyon nomme un de ses proches, Marcel Mosnier, militant actif au parti communiste, administrateur séquestre d'Automobiles M. Berliet [58]. Ce dernier, en s'entourant de deux personnes, forme un Comité de gestion approuvé par le Préfet du Rhône.

Le comité de gestion crée des organismes qui constituent un quadrillage syndical jusqu'au niveau des sections d'ateliers, le comité central d'entreprise, le comité social, les comités de bâtiments, les assemblées périodiques de compte-rendu [59]. "L'union " est le mot d'ordre constamment répété de cette nouvelle organisation, expérience de " l'usine sans patron ", la plus grande opération de gestion ouvrière de l'après guerre [60]

Après quelques mois de motivation ouvrière, dès 1945, le groupe qui entraîne l'expérience et où les communistes sont en majorité se détache progressivement de la masse indifférente [61].

La production de deux modèles d'avant guerre, les types VDC et GDR, mais gazobois, puis en 1946 du modèle GDM et les études des années précédentes reprennent, l'effectif étant de 3 200 personnes.En 1945/46, débutent les avant-projets d'études du camion 5 tonnes GLR [62].

Après le procès de juin 1946, Marcel Mosnier est confirmé dans ses fonctions en qualité d'administrateur provisoire par le communiste Marcel Paul, Ministre de la Production industrielle.

Dans le contexte dégradé de l'année 1947 marqué par la baisse de la productivité, la crise de la qualité, l'exaspération croissante des cadres face au processus du noyautage communiste, une grève des cadres et techniciens éclate en novembre et décembre 1947 [63]. Un nouvel administrateur provisoire, Henri Ansay, SFIO, ancien chef de cabinet de Vincent Auriol, est nommé en remplacement de Marcel Mosnier le 10 décembre 1947. Henri Ansay ne souhaitant pas s'éloigner de Paris désigne un directeur général, Antoine de Tavernost basé à Lyon. Ils s'emploieront à réformer la direction de l'entreprise en supprimant ou mettant en sommeil les structures établies en 1944 et à tenter de restaurer progressivement la discipline[64]. En 1948, la production s'élève à 4 079 véhicules[65].

À la demande de Pierre Lefaucheux, président de la Régie Nationale des Usines Renault (RNUR), Henry Ansay va reprendre, sans succès, les pourparlers de rapprochement entre Berliet et la RNUR, pourparlers qui avaient échoué trois ans auparavant [66].

Les revendications salariales donnent lieu à des grèves fréquentes, notamment en janvier 1949[65]. La situation financière est tendue à la fois par les besoins de financement liés au lancement du GLR et à la baisse du carnet de commandes, donc des acomptes[67].

Par arrêt du 22 juillet 1949, le Conseil d'État saisi par la famille Berliet, annule l'arrêté du 1er août 1946 qui avait nommé Marcel Mosnier administrateur provisoire. Ipso facto, la nomination d' Henri Ansay devient caduque. Le 28 juillet 1949, celui-ci est maintenu dans ses fonctions par le gouvernement[68].

Il s'ensuit un bras de fer entre le Conseil d'État et le gouvernement qui se termine par l'arrêt du Conseil d'État du 28 décembre 1949 qui casse l'arrêté nommant Henri Ansay administrateur provisoire[69]. Automobiles M.Berliet est restituée à ses propriétaires.Entre janvier 1947 et novembre 1949, le sort juridique de l'entreprise a fait l'objet d'une vingtaine de projets de nationalisation déposés au Parlement[70].


Les Trente glorieuses[modifier | modifier le code]

Émile Parfait, ingénieur des Arts & Métiers, recruté en 1935 remplit les fonctions de directeur de l’Établissement de Courbevoie, puis de délégué de la direction générale à Paris. Président directeur général de 1949 à 1962, il décède en 1966[71]. À partir de 1950, Paul Berliet est chargé de missions d'études à l'international et de la création du département Voirie-Incendie à Courbevoie. Il succède à Émile Parfait en 1962 en qualité de Président directeur général, mandat qu'il remplit jusqu'en 1975[72].

Entre 1950 et 1974, l'entreprise connaît une forte expansion. Elle répond aux besoins de la reconstruction et du développement des infrastructures en France. Elle élargit sa gamme de produits, mise sur l'innovation, conquiert des marchés à l'international. Ses effectifs passent de 6 800 en 1951 à 24 000 en 1974 et la cadence quotidienne de fabrication de 17 à 140 véhicules [73].


La gamme de camions[modifier | modifier le code]

L'utilisation de composants communs à plusieurs types de véhicules caractérise la gamme Berliet GLC,Berliet GLR,Berliet GLM. C'est la conception modulaire. Présenté au Salon de l'Automobile de Paris en 1949, le Berliet GLR est doté d'une cabine métallique, d'un moteur 5 cylindres de 120 x 140 de 7 9 litres de cylindrée. Réceptionné à l'origine à 13 5 tonnes de poids total charge (PTC), équipé de plateau, citerne, benne, ou fourgon, il termine sa carrière 37 ans plus tard à 19 tonnes de PTC. Élu " Camion du siècle " en 1994, il a été fabriqué à plus de 100 000 unités [74].

En 1951, le modèle Berliet GLC 6 est lancé avec un moteur de 4 cylindres de 6 3 litres de cylindrée. Il est utilisé sur les courtes distances tandis que pour les transports lourds sur longues distances, le Berliet GLM 10, 19 tonnes de PTC motorisé avec le MDZ 6 cylindres de 10 litres de cylindrée de 150, puis de 180 ch. sort en 1953. À partir de 1961, une version Berliet GLM 6x4 tous chemins enrichit la famille Berliet GLM[75].

En 1950, le camion léger Berliet GLA à cabine avancée de 7 75 tonnes de PTC, motorisation essence ou diesel est réceptionné au service des Mines [76]. Au-delà de la clientèle des artisans et commerçants, ce modèle a été utilisé également par les services municipaux des villes ( véhicules de lutte contre l'incendie, de voirie et sanitaires) [77]. En dix ans près de 12 000 exemplaires seront fabriqués [78].

En 1951, le modèle Berliet GLB 5 est doté d'un moteur diesel 4 cylindres de 75, puis 80 ch, d'une boîte de vitesses à 4 rapports. Leur succéderont en 1958 les Berliet GAK 5 et 19 dotés de la nouvelle cabine Relaxe à laquelle le designer américain Raymond Loewy à mis la touche finale [79]. Elle est exposée au Salon de l'Automobile de Paris 1958 en même temps que le moteur Magic à injection directe Man.

Pour accompagner la recherche pétrolière au Sahara, Berliet conçoit et construit en 9 mois en 1957 le Berliet T100 " le plus gros camion du monde " ( pour l'époque ), 3 autres exemplaires suivront.

Article détaillé : Berliet T100.


Berliet GLC
Titre Berliet de 1953.


La Mission Berliet - Ténéré du 8/11/1959 au 18/01/1960 entre Algérie et Tchad, consacre les capacités de franchissement du modèle Berliet GBC 8 6X6 de 1957 surnommé " Gazelle ". En version civile et militaire, 32 000 exemplaires seront fabriqués [76]. La gamme saharienne propose les porteurs Berliet GBO 15 6X4 et tracteurs Berliet TBO 15 6x4 avec un moteur diesel de 200 à 320 ch., deux boîtes de vitesses disponibles à 2 x 5 rapports ou 20 vitesses.

Le camion tracteur d'artillerie, Berliet GBU 15 pour canon de 155 et transport de servants et munitions qui sort en 1960 sera livré à plus de 500 unités à l' Armée française [80].

Entre 1962 et 1970, Berliet s'engage sur le marché des engins de travaux publics ou utilisés dans les mines à ciel ouvert. Le premier dumper Berliet T25 - 25 tonnes de charge utile - sort en 1962[80]. Il est équipé d'un moteur diesel turbo 6 cylindres de 14,78 litres de cylindrée, d'une puissance de 320 ch., d'une boîte de vitesses de 2x5 rapports, de frein à disques. La gamme s'étoffe de trois autres types :Berliet T30,Berliet T45 et Berliet T60. Après avoir fabriqué quelques 600 dumpers vendus en France, en Afrique et en Asie, Berliet en cesse la fabrication en 1970 [80].

En 1963, Berliet conçoit avec le concours de l'institut Batelle de Genève, un véhicule de chantier expérimental 4x4, type Scraper - hybride d'une pelle mécanique et d'un camion benne d'enrochement et le construit. Son poids total en charge (PTC) est de 84 tonnes pour une charge utile (CU) de 40 tonnes et est capable de gravir des pentes de 45°. Le groupe diesel génératrice Cummins de 8 cylindres en V (V8), d'une puissance de 436 ch. est placé transversalement à l'avant des roues dans un souci de bonne accessibilité. Il alimente le moteur électrique logé dans la jante de chacune des 4 roues, ce qui constitue une solution innovante permettant une meilleure adhérence par entraînement simultané de toutes les roues [81].

En 1962, le Centre d’Études et de Recherches est inauguré à Saint-Priest no 1, matérialisant les déclarations du Président " La matière grise deviendra la plus indiscutable de nos richesses". Le nombre de prise de brevets augmente à partir de 1965 concernant les suspensions, automatismes, l'injection, etc. De 542 ingénieurs et techniciens en 1965, l'effectif atteint près d'un millier en 1975[82].

Le modèle Berliet Stradair doté d'un moteur de 120 ch. sort en 1965. Il offre une suspension pneumatique " Airlam ", six coussins d'air et quatre ressorts qui confèrent stabilité et confort, illustrés par les sauts du cascadeur Gil Delamare.

En 1967, le camion Berliet GBH succède au Berliet GLM 6x4. Ce camion de chantier terminera sa carrière en 1987 sous l'appellation Renault CBH.31 000 exemplaires sont produits en 20 ans [83].

L'intégration des fabrications de camions Citroën, à la suite de l'entrée de Berliet dans le groupe Michelin - via Automobiles Citroën- conduit la firme lyonnaise à repenser la gamme légère désormais vendue par le réseau des deux marques, les types 480 et 380 K sortent respectivement en 1969 et 1972 [83].

En 1970, la cabine basculable KB 2400 (pour 2,4 m de largeur) est présentée au Salon de l'Automobile de Paris. Spacieuse, lumineuse, confortable, munie d'un siège ergonomique, elle convient parfaitement aux transports longues distances et TIR. Ford l'achète pour son tracteur H " Transcontinental ". La KB 2400 sera abandonnée en 1996 [83].

En 1972, outre les véhicules militaires et chantier, Berliet propose trois gammes: la gamme légère axée sur les véhicules de livraisons urbaines qui comprend trois modèles de base, de 6 à 8 tonnes de PTC équipés d'un moteur de 90 ch; la gamme moyenne composée de quatre véhicules de base, de 9 à 12.5 tonnes de PTC équipés d'un moteur de 135 ch et d'une cabine basculable ; la gamme haute avec cinq nouveaux modèles : un tracteur de 38 tonnes de poids total roulant (PTR) doté d'un moteur 6 cylindres suralimenté par turbocompresseur, les trois autres modèles: un tracteur deux essieux de 38 tonnes de PTR, un tracteur trois essieux de 38 tonnes de PTR, un porteur-tracteur de 1938 tonnes de PTC/PTR équipé d'un moteur V8 de 320 ch [83].


Avec Renault VI, la gamme légère Berliet disparaît au profit de la gamme "j" Saviem, la gamme intermédiaire, dotée de la cabine Saviem 875 poursuit son cours, la gamme haute est maintenue sans modification, sinon l'appellation R310 et R360. La fabrication de ce dernier cessera à la sortie du Renault AE en 1990 [84].


La gamme de cars et bus[modifier | modifier le code]

les autocars[modifier | modifier le code]

Dérivé du châssis de camion GLA, le PLA de 28 à 33 places selon les versions sort en 1951[85], le PLB, dérivé du châssis GLB et avec la mécanique du camion GLC 6 en 1952 [86].

Présenté au Salon de l'Automobile de Paris en 1952, le modèle PLR est destiné à succéder au PCK dont la conception remonte aux années 30 [87]. Il est proposé avec un moteur 5 cylindres ou 6 cylindres placé horizontalement. Selon les versions, sa capacité est de 40 à 50 passagers.

La relève de la petite et moyenne gamme ( PLA et PLB ) est d'abord assurée par les PAH et PBH réceptionnés au service des Mines en novembre 1960. En raison des déformations de la structure, ils sont rapidement remplacés par le PBK 6, d'une capacité de 35 places dérivé du châssis de camion GBK [88].

Présenté en 1956, le PLH est conçu sur la base d'un châssis treillis en profilés d'acier soudés, la carrosserie étant construite selon le même principe. Le moteur 5 cylindres est placé horizontalement. Ce modèle s'arrête en 1961 mais sa lignée fabriquée pendant 18 ans comptera plus de 6 000 exemplaires [89].

La famille des PH [90] commence à sortir en 1959 avec le modèle PHN de 45 places, capacité la plus demandée, appelé Randonnée. Le modèle PHC, dénommé Escapade, offre 41 places. Le PHL ou Grand Raid, de 49 places sort en mai 1964. Chacun d'eux comporte 3 niveaux de finition: ligne, luxe, super luxe. Le PHN tête de série subit un test d'endurance du 21/11/1960 au 03/03/1961 sur la piste de l'autodrome de Miramas ( Bouches du Rhône ). 200 000 km sont parcourus en 97 jours à 85,86 km de moyenne horaire [91].

La gamme Cruisair, développée à partir de 1966 offre des solutions techniques innovantes et une esthétique nouvelle [92]. Le premier de la série, PR 250 est un petit car de 25 à 30 places doté de la suspension Airlam du camion Stradair. Il est produit en faible quantité, le marché potentiel étant modeste. Les Cruisair 2 et 3 respectivement de 10 et 11 mètres de long, sont commercialisés en 1968 et, à partir de 1970, équipé du moteur Berliet V8. Le PR 14 ou Cruisair 4 de 12 mètres de long sort en 1975 équipé du moteur 620 x 30 initialement de 200 ch, puis porté à 230 ch. La capacité du PR 14 est d'une cinquantaine de sièges selon les options. Il sera vendu, sous la marque Renault, jusqu'en 1989 [93].







Appellations des poids lourds Berliet[modifier | modifier le code]

Exemple : GAK 5r.

  • G : porteur
  • T : tracteur
  • K : cabine avancée si la lettre est placée en dernier.
  • P : autobus, autocar
  • E : trolleybus
  • chiffre : cylindrée arrondie ou puissance.
  • a, b ou r (pour renforcé) : code châssis

Appellations des moteurs de poids lourd[modifier | modifier le code]

Exemple : MIDS 06.35.40

Ce système est resté en cours chez RVI

Matériels ferroviaires[modifier | modifier le code]

À partir de 1921, pour se diversifier, Berliet ouvre un petit atelier de construction ferroviaire et produit de petites automotrices à essence directement issues de la technique « camion » ainsi que des locotracteurs destinés aux embranchements industriels. Jusqu'en 1929, le nombre d'unités vendues sera de l'ordre d'une vingtaine d'unités. Une de ces automotrices, la RCMC à deux essieux est conservée à la fondation Marius Berliet.

En 1933, la compagnie du PLM demande à Berliet d'étudier une automotrice Diesel à transmission électrique. À l'issue de l'étude, le PLM commanda six autorails (type RBD 250) dont certains éléments électriques étaient d'origine Als-Thom. Face au succès de ce matériel, 14 autres (type RBD 300) furent commandés pour des livraisons en 1937-1938.

En 1937, le Centre autorails de Grenoble a reçu dans ses effectifs 4 autorails-fourgons Berliet de la série BE ZZDM 101 à 104 ainsi que 2 autorails Berliet de la série BE 3001 à 3014 pour circulation sur la ligne Lyon - Grenoble.

Toutes ces unités, renumérotées en 1947 XBE 1000-2100-3000, assurèrent sur le réseau Sud-Est de la SNCF, un bon service jusqu'à leur radiation qui s'étala de 1963 à 1966.

Parallèlement, après la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise fournissait des moteurs aux constructeurs ferroviaires Billard, Campagne et Moyse.

Entre 1956 et 1958, elle exporta des moteurs 6 cylindres pour équiper des "Schienenbus" de la DB. Dans les années 1960, l'activité ferroviaire se limita à de la sous-traitance pour la réalisation de ponts moteurs du métro MP 59 RATP et MR-63 de Montréal puis s'arrêta là.

Trolleybus[modifier | modifier le code]

La firme Berliet fournit des châssis et carrosseries (CB et VBB) ainsi que des autobus (PLR, PBR, PH pour devenir respectivement ELR, EBR ou VA3B2, VBH) livrés sans moteurs et qui furent équipés d'un appareillage électrique par le constructeur français de trolleybus Vétra.

La version trolleybus du PR100 (à partir de 1977) dénommée ER100, avec équipement électrique Oerlikon ou Alsthom.

Modèles d'autobus et d'autocars[modifier | modifier le code]

Autobus[modifier | modifier le code]

Un Berliet PLR-C de Grenoble en 1975.
Un Berliet PH 12-180 à Lyon en 1967, premier autobus articulé français.
Un Berliet PCM-U de Grenoble en 1975.
  • CBL de 1922
  • VMSD de 1927
  • CBOV de 1927, dont ceux pour la compagnie des tramways de Perpignan
  • GSBG à gazogène de 1927, dont ceux pour Lyon
  • PBG de 1931
  • GPS à 3 essieux de 1932
  • GDSL (Diesel) de 1934-38 (66 exemplaires pour Lyon-OTL)
  • PCKBG avec gazogène de 1938
  • PCK 7 et 8 de 1947 (nombreuses villes françaises dont 65 exemplaires à Lyon)
  • PCR 8 de 1950 (Lyon, Marseille)
  • PLA 5 de 1952
  • PLB 6 et 8 de 1952
  • PLR 8 et 10 de 1954 à 1962, pour de nombreuses villes françaises
  • PBR 10 et 15 à 3 essieux de 1954 à 1961 pour Alger, Marseille, Lyon
  • PCP 10 de 1955, avec 100 exemplaires pour la RATP à Paris
  • PCS 10 de 1960, avec 50 exemplaires pour la RATP à Paris
  • PH 80 de 1959, dont ceux pour Lyon et Grenoble
  • PH 100 de 1962, dont ceux pour Lyon, Marseille, Nice, Grenoble et Genève (en Suisse, avec 15 véhicules série 401 à 415 de la CGTE)
  • PH 12-100 de 1965, PH 100 avec face avant de PCM, dont ceux pour Marseille
  • PCM de 1965, dont ceux pour les TCRL à Lyon, pour la SGTE à Grenoble
  • PCM-R de 1965, dont ceux pour la RATP à Paris
  • PH 12-180 de 1966, premier autobus articulé français, construit pour Lyon et Alger
  • PCM-RE de 1968, série de 25 autobus à étage pour la RATP à Paris
  • PGR de 1968, série de 500 exemplaires à gabarit réduit, pour la RATP à Paris
  • PR 100 de 1971, dont ceux pour la SEMITAG à Grenoble, ceux pour Marseille, Nice, Nantes et ceux pour la RATP à Paris
  • PR 110 pour la Pologne construit à Vénissieux puis sous licence à Jelcz en Pologne
  • PR 100-2, dont ceux pour Marseille et ceux pour la SEMITAG à Grenoble
  • PR 100 MI, dont ceux pour Reims, ceux pour la SEMITAG à Grenoble
  • PR 180 articulé de 1979, dont ceux pour Reims, ceux pour la SEMITAG à Grenoble et ceux pour la RATP à Paris
  • De nombreux châssis avec moteurs ont été carrossés par divers carrossiers.

Autocars[modifier | modifier le code]

  • CBO de 1922 sur châssis CBA
  • CBO découvrable de 1923, car alpin, dont ceux livrés au PLM pour les services routiers de la route des Alpes.
  • GDHV de 1927 sur châssis GDR
  • VMSD de 1927
  • PGB de 1931
  • GPS de 1932
  • PS de 1939 sur châssis VDC
  • PHN « Randonnée » de 1960 dont ceux des autocars Traffort à Grenoble pour la route des Alpes et les services "Europabus" Genève - Grenoble - Nice.
  • PHC « Escapade » de 1962
  • Stradair 20 avec carrosserie autocar
  • Cruisair 1 de 1969 avec 29 places.
  • Cruisair 2 de 1969 avec 39 places[94].
  • Cruisair 3 de 1969 avec 49 places[94], dont ceux des autocars Ricou à Grenoble pour les services Grenoble - Lyon
  • PR 14 de 1975
  • PR 14 S de 1976

Modèles de véhicules militaires[modifier | modifier le code]

Berliet a longtemps été l'un des principaux fournisseurs de l'armée française et a exporté un grand nombre de véhicules militaires.

  • GCM primé au concours militaire de 1926
  • VPB 4x4 de 1926
  • VPC 6x6 automitrailleuse de 1926
  • VPDF 6x4 de 1928
  • VPR 6x6 blindé de 1928
  • VUR 4x4 de 1928
  • VURB 4x4 de reconnaissance de 1929
  • VPDB 4x4 blindé de 1930
  • VUDP de 1930 pouvant se conduire dans les deux sens
  • VSH 6x6 de 1932
  • GPE porte-char de 1934
  • GLC 4x4
  • GLM avec citerne de 1952
  • GBU 6x6
  • GBO
  • T 12 8x8 porte-char de 1962
  • GBC 6x6 « Gazelle »
  • GBC 8KT 6x6 de 1962, équipant de nombreux régiments, en particulier ceux de l'arme du Train et les régiments de transport de corps d'armée (RTCA)
  • Dumper T30 produit a 6 exemplaires
  • VXB 170 de 1971
  • VXB blindé pour la Gendarmerie en 1971
  • VXB blindé avec canon de 90 mm
  • GBA à capot et cabine découvrable de 1973
  • GBC 8KT CMD (Camion Moyen Depannage) 6x6 grue avec vérins
  • GBD à cabine découvrable 4x4 et 6x6
  • GBD 6x6 porte-fusée Exocet
  • GBD 6x6 grue avec vérins
  • TBU 15 6x6 tracteur de semi-remorque porte char AMX 13
  • TBU 15 CLD ( Camion Lourd Dépannage ) 6x6 grue rotative 5T (10T avec jambe d'appui) (License Austin Western) ( pour l'armée Francaise et Belge)
  • TBU  ?? tracteur de semi-remorque "spéciales" Fruehauf (60 exemplaires pour l'armée chinoise)
  • TR 280 à partir de 1979, équipant les régiments de transport lourd (RTL) de l'arme du Train
  • TLR 280 tracteur de semi-remorque de 1980, pour éléments sensibles de systèmes d'armes nucléaires (8 exemplaires)
  • TRH 320 porte-char
  • VTE porte fusée nucléaire pour le plateau d'Albion (3 exemplaires)

Épilogue[modifier | modifier le code]

Berliet aura été l'un des constructeurs les plus marquants de l'histoire du poids lourd français, en étant à l'origine de nombreuses innovations : conception avancée de ses cabines Relaxe, révolutionnaire Stradair ou autobus PR100 et trolleybus ER100 à plancher surbaissé.

Les premiers emblèmes de Berliet adoptent encore la forme d'une locomotive chasse-buffle.

L'emblème de Berliet[modifier | modifier le code]

Le logo qui illustre l'entête de cet article est le dernier réalisé. Il représente une locomotive stylisée qui est issu du logo de 1905 représentant assez fidèlement une locomotive américaine vue de face. En 1905, la vente de la licence de 3 voitures 22, 40 et 60 ch à Alco (American Locomotive Company) donne les moyens à Marius Berliet de prendre son essor industriel. La locomotive chasse-buffle fabriquée par l’Alco devient alors l’emblème de la marque. Le graphisme est schématisé progressivement, supprimant même le nom Berliet[95].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Chapelle - Berliet - Éditions Le Télégramme, 2005
  2. Appellation du tisserand lyonnais
  3. Louis Muron - Marius Berliet - Éditions Lugd, 1995, p. 23
  4. AFB- fonds Berliet D1 6 Domaine no 4767 - boite 2
  5. catalogue ALCO
  6. AFB - ALCO, extraits de presse américaine 1905: The Horseless Age, vol. 16 - no 21/5/1905 p. 10 - Cycle & Automobile Trade Journal, 8/1905, p. 68 - The automobile, 8/6/1905 p. 701 - Automobile Review, 6/15/1905, p. 583
  7. AFB - fonds Berliet, C45, dépôt de marque no 5891,6/12/1907
  8. AFB " Omnia " no 63, 1907
  9. AFB- "la Vie au grand Air" /20 avril 1906
  10. Pierre-Lucien Pouzet - " Les voitures rhônalpines dans les compétitions jusqu'en 1914", page 57 - FMB 206 2/86
  11. idem référence précédente p. 72
  12. idem référence précédente p. 81
  13. Monique Chapelle - Berliet- Éditions Le Télégramme, 2005,page 30
  14. Pierre-Lucien Pouzet - " Les Voitures rhônalpines dans les compétitions jusqu'en 1914 " pages 122 et 125 / FMB 506 2/86
  15. idem référence précédente p. 132
  16. AFB - feuille des Mines type HH 4 cylindres, 12 à 60 HP signée le 5 juillet 1907 et feuille des Mines type 6 cylindres, de 35 à 60 HP signée le 5 juillet 1907
  17. AFB- catalogues écrits par Rosny, illustrés par René Vincent, imprimés par le maître imprimeur Draeger
  18. AFB - Feuille des Mines signée à Lyon le 6 mars 1911
  19. AFB- Feuille des Mines signée à Lyon le 11 octobre 1907
  20. AFB catalogue " Camions & Omnibus Berliet ", 1909/1910
  21. AFB - Feuille des Mines signée à Lyon le 17 juillet 1913
  22. Louis Muron - "" Marius Berliet "- Éditions Lugd , 1995, page 63
  23. AFB- fonds Berliet C11, archives Marius Berliet, no 1
  24. Article " Le char Renault FT " C.H. Tavard in l'automobiliste no 50, page 96-97
  25. Monique Chapelle - " Berliet ", Éditions Le Télégramme, 2005 - page 93
  26. Isabelle Lisowski, mémoire de maîtrise d'histoire Faculté des Lettres Lyon 3 " Marius Berliet et la Société des Automobiles M. Berliet des origines à 1939, 1989-1991
  27. idem référence précédente p. 211
  28. idem référence précédente p. 213
  29. idem référence précédente p. 217
  30. guide de visite " découverte d'un vaste monde " Automobiles M.Berliet / Affaires Extérieures, 1974
  31. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme , 2005
  32. a, b et c Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005 - p. 33
  33. Louis Muron, " Marius Berliet, 1866-1949" Éditions Lugd, 1995 - p. 92
  34. Cette loi institue une forme de dépôt de bilan pour les entreprises brutalement privées de commandes militaires après l'Armistice.
  35. Louis Muron, " Marius Berliet, 1866-1949", Éditions Lugd, 1995 - p. 99
  36. idem référence précédente - p. 35
  37. Lettre d'information de la Fondation Berliet (ISSN 0295-0065) - no 86 - février 2000
  38. Lettre d'information de la Fondation Berliet (ISSN 0295-0065) - no 142 - février 2010
  39. Lettre d'information de la Fondation Berliet ISSN 0295-0065 - no 169 - avril 2015
  40. idem référence précédente no 169 - mars 2015
  41. Louis Muron " Marius Berliet, 1866-1949", Éditions Lugd, 1995,p. 121
  42. Louis Muron " Marius Berliet, 1866-1949", Éditions Lugd, 1995,p. 131
  43. idem référence précédente, p. 127
  44. AFB - L'Argus, no 506 bis - 25:05:1937 - statistiques annuelles
  45. Monique Chapelle, " Berliet " - Éditions Le Télégramme, 2005 -p. 99
  46. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 154
  47. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 157
  48. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 167
  49. idem référence précédente p. 167
  50. idem référence précédente p. 171
  51. idem référence précédente p. 172
  52. Gérard Deglas " Recherches sur les usines Berliet 1914 - 1949 " mémoire de maîtrise, Université Paris 1, p. 52 et p. 55
  53. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 194
  54. Jean-François Grevet - Thèse " Au cœur de la révolution automobile, l'industrie française du poids lourd, 1944-1974 " - Université Charles de Gaulle Lille III - 2005-p. 119
  55. Renaud de Rochebrune - Jean-Claude Hazera " Les patrons sous l'occupation " - Éditions Odile Jacob, p. 97
  56. Monique Chapelle " Berliet " - Éditions le Télégramme, 2005 - p. 17
  57. référence à venir
  58. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 184 et 185
  59. Marcel Peyrenet " Nous prendrons les usines " Éditions Garance, p. 12
  60. Renaud de Rochebrune - Jean-Claude Hazera " Les patrons sous l'occupation " - Éditions Odile Jacob, p. 27
  61. Marcel Peyrenet " Nous prendrons les usines ", Éditions Garance, p. 70
  62. Jean-François Grevet - thèse " Au cœur de la révolution automobile, l'industrie du poids lourd [1944]-1974,p. 136
  63. idem référence précédente p. 137
  64. idem référence précédente p. 139 et p. 140
  65. a et b idem référence précédente p. 145
  66. idem référence précédente p. 140
  67. idem référence précédente p. 150
  68. idem référence précédente p. 149
  69. idem référence précédente p. 153
  70. Louis Muron, Marius Berliet, 1866-1949, Éditions Lugd, , p. 201
  71. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 82
  72. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 21
  73. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 91
  74. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 53
  75. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 55
  76. a et b AFB Association Fondation Berliet
  77. Yves Scheurli " Les poids plume de Berliet " Éditions Grafficus, Bron, 2017, p. 11
  78. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 48
  79. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 23
  80. a, b et c Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 49
  81. Lettre d'information de la Fondation Berliet, (ISSN 0295-0065), no 95 - octobre 2001
  82. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 76
  83. a, b, c et d Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 50
  84. Monique Chapelle " Berliet " Éditions Le Télégramme, 2005,p. 51
  85. Christophe Puvilland " Berliet 1905-1978: Toute la gamme omnibus, autocars, autobus, trolleybus " ISBN 978-2-35250-059-9 - Histoire & Collections 2008 - p. 75
  86. idem référence précédente p. 79
  87. idem référence précédente p. 84
  88. idem référence précédente p. 88
  89. idem référence précédente p. 98
  90. idem référence précédente p. 102
  91. idem référence précédente p. 106
  92. idem référence précédente p. 111
  93. idem référence précédente p. 115
  94. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées n.C2.B052.
  95. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Historique_de_Berliet_-_Fondation_Berliet.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Berliet de Lyon, par J.Borgé et N. Viassnoff, éditions E.P.A., 1981. (ISBN 2-85120-127-1)
  • Charge-Utile hors-série no 31, les dumpers Berliet.
  • Marius Berliet, l'inflexible, par Saint-Loup, Presses de la Cité, 1962.
  • Charge-Utile no 109, les Berliet Cruisair.
  • 75 ans d'autobus en France, par Daniel Tillet et Christian Coullaud, éditions E.P.A., 1979.
  • L'atlas des camions français, éditions Atlas, 2007. (ISBN 978-2-7234-5924-2)
  • L'atlas les camions de légende, éditions Atlas, 2004. (ISBN 2-7234-4889-4)
  • L'atlas les camions de chantiers, éditions Atlas, 2006. (ISBN 2-7234-5532-7)
  • Les camions de chez nous, par François Coeffier et Jean-Gabriel Jeudy, éditions MDM, 1992. (ISBN 2-909313-06-9)
  • René Courant et Pascal Bejui, Les Trolleybus français, Grenoble, Presses et éd. ferroviaires, , 157 p. (ISBN 978-2-905-44701-2, OCLC 635646240)
  • Histoire des transports dans les villes de France, par Jean Robert à compte d'auteur, 1974.
  • Joël Darmagnac : auteur d'une série d'articles dans le magazine Charge Utile.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]