Alias Caracalla

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Alias Caracalla
Auteur Daniel Cordier
Pays France
Genre Autobiographie
Distinctions Prix Nice-Baie-des-Anges (2009)
Éditeur Gallimard
Collection Folio
Date de parution 2009
ISBN 9782072422461

Alias Caracalla est un récit autobiographique, paru en 2009, écrit par le résistant français Daniel Cordier.

Résumé[modifier | modifier le code]

Daniel Cordier compte parmi les tout premiers Français à rejoindre Londres, le , à l'âge de 19 ans. Il est, pendant onze mois, le secrétaire de Jean Moulin, et à ce titre la personne qui connait le mieux celui sur qui compte le général de Gaulle pour rallier autour de lui la Résistance intérieure[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il raconte sa jeunesse bourgeoise, ses premiers amours et son éducation familiale maurassienne et royaliste : il était Camelot du roi[2]. À l'armistice de 1940 signé par le maréchal Pétain, il se révolte contre la défaite[Note 1].

Il souhaite mobiliser des jeunes via son réseau d'activisme politique, afin de continuer le combat en Afrique du Nord. Faute de choix et précipité par la possible fermeture des frontières, il rejoint Londres et les Forces françaises libres du général de Gaulle, par la mer, accompagné d'une dizaine de ceux qu'il a convaincus. Tous n'ont pas pu monter à bord, faute de place sur les bateaux surchargés, ni rejoindre la mer à cause des couvre-feux et des interdictions de rassemblement. Ils apprennent que leur destination est Londres qu'une fois en pleine mer.

Londres[modifier | modifier le code]

Il commence son entraînement militaire dans les Forces françaises libres à Camberley, aux côtés de quelques centaines de Français, dont Stéphane Hessel et Raymond Aron[4]. Les discussions qu'il aura avec eux participent de l'évolution de ses opinions politiques[5].

Il est recruté par le BCRA et suit un entrainement d'espion : maniement des explosifs, corps à corps, émission et réception radio, filature[6], puis parachuté en France occupée.

Parachuté en France[modifier | modifier le code]

Jean Moulin le choisit pour devenir son secrétaire personnel, sans qu'il ne sache trop pourquoi ; il a l'occasion d'observer la personnalité de Moulin de près[Note 2]. Il l'assiste en effectuant des missions de courrier, de dactylographe, de recrutement et en servant de liaison radio avec Londres. Il assiste à la plupart des réunions auxquelles Jean Moulin prend part, avec des diplomates, dignitaires, syndicalistes et militaires français, et les chefs des principaux réseaux de résistance, qui souvent l'ennuient, lui qui rêve de « tuer du Boche »[7],[8],[9].

Il raconte le quotidien de la Résistance, d'un caractère moins romanesque et plus dangereux que prévu[Note 3], et les luttes intestines, entre les différents réseaux de résistance, les partis politiques et les syndicats[Note 4].

Ses idées politiques évoluent au fil de ses expériences et de ses rencontres ; il devient de plus en plus républicain et abandonne peu à peu l'antisémitisme[Note 5].

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Alias Caracalla a été adapté à la télévision, sous la forme d'un téléfilm, Alias Caracalla, au cœur de la Résistance, diffusé en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Mais non ! C'est un vieux con, il n'est pas capable de se battre, de faire la guerre mais nous, nous sommes jeunes, on va lui montrer ce dont on était capable ! » s'exclame-t-il, le matin même, choquant sa mère[3].
  2. « Il y avait deux hommes en lui : l'administrateur implacable, qui donnait des ordres qu'on avait intérêt à exécuter vite et bien ; et le séducteur, secret mais charmant, cultivé, aimant rire[1]. »
  3. « Ce qui a souvent été décrit comme une aventure grisante n'est plus que grisaille[1]. »
  4. « Les Allemands occupaient la France. Il fallait être unis, un point c'est tout. Pour nous, qui venions d'une armée disciplinée et qui n'obéissions qu'à un seul chef, tout cela était profondément choquant[1]. »
  5. « Quand je me suis décidé à raconter ma vie, je me suis dit qu'il fallait que je dise toute la vérité, sans rien cacher. Or il y a une chose dont je ne voulais pas parler, une chose affreuse, impardonnable, c'est l'antisémitisme qui était le mien à l'époque. Cela m'a pris du temps d'accepter d'en parler[1]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Thomas Wieder, « Alias Caracalla, de Daniel Cordier : Daniel Cordier au plus vrai », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. Benoît Hopquin, « Les premiers résistants venaient de tous les horizons », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « Les vies de Daniel Cordier (1/5) : « Nous sommes une famille d'aventuriers », sur France Culture (consulté le ).
  4. « Stéphane Hessel, l’homme d’un siècle », sur Libération.fr, (consulté le ).
  5. « Daniel Cordier apporte de l’eau à son Moulin », sur Libération.fr, (consulté le ).
  6. « Les secrets bien gardés des espions dévoilés dans une exposition à Paris », sur RTBF Culture, (consulté le ).
  7. « Je voulais tuer du Boche ! », sur SudOuest.fr (consulté le ).
  8. « Daniel Cordier : « Je voulais tuer des boches », sur Bibliobs (consulté le ).
  9. « Daniel Cordier : « Nous n'étions pas des résistants, nous étions des soldats », sur France Culture (consulté le ).