Roland de Pury

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Roland de Pury (1907-1979) est un pasteur protestant suisse, connu pour son engagement en faveur des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, à Lyon. Durant sa vie entière, Roland de Pury a combattu au nom des droits de l'homme, d'abord par son engagement contre le nazisme puis en dénonçant la torture pendant la guerre d'Algérie aussi bien que le régime de l'Union soviétique.

Il est l'auteur d'un Journal de cellule écrit pendant sa captivité et d'une vingtaine d'ouvrages de théologie.

Les études[modifier | modifier le code]

Roland de Pury est né à Neuchâtel en Suisse en 1907. Après des études de lettres à l'université de Neuchâtel, il songe à devenir écrivain. Avec son ami Denis de Rougemont, il fonde la revue Hic et Nunc. À la suite d'une conversion, il étudie la théologie protestante. En 1932 il étudie à Bonn chez Karl Barth et devient son disciple.

La résistance spirituelle et l'aide aux réfugiés juifs[modifier | modifier le code]

Après un poste de pasteur dans une paroisse réformée en Vendée, en 1938, Roland de Pury s'installe à Lyon au temple protestant de la rue Lanterne. En 1940, avec son épouse Jacqueline, il prend la tête d'un mouvement de résistance spirituelle et aide les Juifs persécutés à quitter la France en direction de la Suisse.

Le 14 juillet 1940, il fait une prédication dans laquelle il s'oppose fermement au nazisme, au maréchal Pétain et à la collaboration du régime de Vichy. Ce prêche, intitulé « Tu ne déroberas point », est très probablement la première action de résistance chrétienne en France. En effet, il faudra attendre septembre 1941 pour que soient élaborées les thèses de Pomeyrol, dont il sera l'un des signataires.

À Lyon, en novembre 1941, il crée avec la jeune assistante sociale Françoise Seligmann, qui vient d'adhérer au mouvement Combat, une chaîne d'évasion vers la Suisse, passant par le village d'Archamps-sur-Salève.

Après l'occupation de la Zone libre par les forces allemandes en novembre 1942 et l'installation de la Gestapo à Lyon, très vite les Allemands repèrent le discret va-et-vient des réfugiés juifs dans le presbytère. Roland de Pury est arrêté au milieu d'un culte. Malgré l'intervention du pasteur Marc Boegner et du cardinal Pierre Gerlier[1], il est détenu durant plusieurs mois par les Allemands à la prison Montluc de Lyon, où il rédige son Journal de cellule. Il n'échappe à la déportation que grâce à sa nationalité suisse.

Relâché contre des espions allemands arrêtés en Suisse, le pasteur se réfugie à Neuchâtel avec sa famille. Dès la Libération, il retourne à Lyon et retrouve sa chaire.

Les années de l'après-guerre[modifier | modifier le code]

Roland de Pury entre alors dans une période d'intense activité littéraire.

Dans les années 1960 et 1970, le pasteur devient missionnaire. Il séjourne, entre autres, au Cameroun et à Madagascar. Il s'élève contre la colonisation et dénonce la torture pratiquée pendant la guerre d'Algérie.

En 1976 l'association juive Yad Vashem, qui travaille à la reconnaissance de la Shoah, lui décerne, ainsi qu'à Jacqueline son épouse, la médaille de Juste parmi les nations[2].

Il meurt en 1979.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Résumé biographique, site des librairies La Procure.
  2. Roland de Pury sur le site Yad Vashem (en)

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Zorn (dir.), Roland de Pury (1907-1979), théologien protestant non conformiste en son siècle, Éditions Olivétan

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]