Franc-Tireur

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 Ne pas confondre avec les corps paramilitaires franc-tireur et le groupe Francs-tireurs et partisans
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Caricature publiée dans Franc-Tireur en septembre 1944, intitulée Bonny à l'interrogatoire. Légende : "Peuh ! Vous êtes des enfants Voulez-vous que je vous montre comment on interroge un client ?"

Franc-Tireur est un mouvement de résistance fondé à Lyon en novembre 1940 sous le nom « France Liberté »[1], rebaptisé « Franc-Tireur » en décembre 1941 sur proposition de Jean-Jacques Soudeille. Le chef du mouvement était Jean-Pierre Lévy.

Le Franc-Tireur est également le nom du journal clandestin du mouvement, qui connut trente-sept numéros de décembre 1941 à août 1944[2].

Sous l'égide de Jean Moulin, le mouvement fusionnera avec Libération-Sud et Combat pour donner les Mouvements unis de la Résistance (MUR).

Histoire[modifier | modifier le code]

Franc-Tireur est le mouvement de la zone sud qui a le plus d'attache lyonnaise. Fondé en 1941 par un groupe d'homme venu d'horizon divers, il est un mouvement regroupant des personnalités ayant la même sensibilité politique, une opposition à l'armistice et, dès l'origine, au maréchal Pétain lui-même[3].

Naissance et premiers temps[modifier | modifier le code]

Les initiateurs du mouvement se retrouvent chez eux ou lors de parties de cartes au café du « Moulin joli », place des Terreaux. Les premiers membres sont Antoine Avinin, membre de Jeune République et catholique de gauche, Auguste Pinton, ancien conseiller municipal, Élie Péju et Jean-Jacques Soudeille, anciens communistes devenus radicaux[4].

Eux et quelques autres se regroupent et fondent fin novembre 1940 un mouvement qu'ils nomment « France-Liberté » dont le but est de lutter contre la propagande gouvernementale et de mobiliser contre la défaite et l'ordre autoritaire qui s'installe. Le groupe commence par rédiger des tracts contre les nazis et Pétain qui, fautes de moyens, se limitent à de petits nombres d'exemplaires tapés à la main[4].

Jean-Pierre Lévy et la naissance du journal[modifier | modifier le code]

Le groupe prend un premier essor avec l'arrivée de Jean-Pierre Lévy, réfugié alsacien qui amène une ronéo au printemps 1941 et lance l'idée de grandir dans sa force de diffusion en éditant un vrai journal[4].

Avec le soutien de l'imprimeur Henri Chevalier, le premier exemplaire sort en décembre 1941 à 6 000 exemplaires. Il est imprimé sur quatre pages en format 21 par 27,5 cm. Le titre de Franc-Tireur est une allusion aux groupes de volontaires qui se sont formés en 1870 en dehors des cadres légaux pour défendre la patrie et la République. Le ton est humoristique et offensif contre le maréchal et les allemands. Les thèmes défendus sont l'opposition à l'ordre nouveau et l'occupant, la dénonciation de ces méfaits, l'appel à la résistance de toutes les bonnes volontés. La conclusion de son numéro 1 est « Une seule tâche s'impose : résister, organiser »[4].

Développement du mouvement[modifier | modifier le code]

Le groupe devient un mouvement qui cherche à agit davantage que simplement par les armes de l'esprit. Jean-Pierre Lévy prend ainsi contact avec les émissaires de Londres tel Léon Morandat et les dirigeants des autres mouvements. Ayant comme profession cadre commercial, Lévy dispose d'une couverture pour circuler et il crée des antennes dans la région Rhône-Alpes, et plus largement partout où il a de solides relations. Il est lourdement aidé par sa famille, telle sa sœur et son beau-frère, qui implantent le mouvement à Roanne. Rapidement, le mouvement se structure dans la Loire, la côté méditerranéenne, le Cantal et, plus légèrement, en Languedoc-Roussillon et région toulousaine[5].

Extension du journal[modifier | modifier le code]

Rapidement, à la tête du journal se retrouve un homme de métier, Georges Altman, journaliste du Progrès. Il est secondé efficacement par Élie Péju. Le journal s'améliore pour devenir un organe de diffusion d'idée régulier et professionnel. Ses lieux d'impression se propagent pour s'implanter à Lyon[6], Saint-Étienne, Morez, Albi, Bordeaux, Valence, etc. Le journal parvient en à être imprimé à Paris. Le tirage augmente constamment, passant de 15 000 en à 30 000 en novembre, puis 100 000 en et 150 000 en [5].

Le ton du journal est très offensif, autant vis-à-vis des allemands que des hommes de Vichy. Très tôt, le sort des juifs est dénoncé, notamment avec un tract produit en août 1942 pour protester contre la rafle du Vél' d'Hiv' et un article de février 1944 détaillant les camps de concentration nazis. A l'inverse, la démocratie et le régime républicain sont défendus à chaque numéro. L'équipe, par l'intermédiaire du journal, incite la population à se rassembler pour chaque évènement commémoratif et manifester ainsi son opposition à la situation ; que ce soit pour le 14 juillet ou le 11 novembre. Le journal dispose d'une équipe rédactionnelle très stable, mais accueille de temps à autre des plumes extérieures telles Jean Nocher, Albert Bayet ou Marc Bloch, ces deux derniers finissant par devenir membres à part entière du mouvement[7].

Actions militaires[modifier | modifier le code]

En 1942, le mouvement décide de ne plus se contenter de mots et organise des actions de sabotage, de caches des fuyards ou de renseignements.

Ils se signalent notamment par une action coordonnée importante en à Lyon, Clermont-Ferrand, Roanne, Limoges, Périgueux et Vichy. En décembre 1942, ils parviennent à faire de gros dégâts dans l'usine France-Rayonne. À partir de l'été 1942, Jean-Pierre Lévy et ses contacts à Grenoble Léon Martin et Aimé Pupin commence à organiser des planques en Isère pour dissimuler des jeunes gens qui refusent d'aller en Allemagne[7].

Franc-Tireur et l'unification de la Résistance[modifier | modifier le code]

Le mouvement est réticent d'emblée à l'idée de se rallier à la figure de De Gaulle, et les approches pour s'unir aux autres groupes de résistance sont progressives[7].

Membres[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Franc-Tireur.

Le mouvement est globalement un mouvement situé à gauche politiquement. Il comprend un grand nombre de socialistes, de radicaux et des catholiques de Jeune République. On y trouve un grand nombre de cadres moyens, d'employés municipaux, d'instituteurs ou de professeurs. La place des femmes y est également importantes, de même que des jeunes[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle von Bueltzingsloewen, Laurent Douzou, Jean-Dominique Durand, Hervé Joly et Jean Solchany, Lyon dans la Seconde guerre mondiale : villes et métropoles à l'épreuve du conflit, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 361 p. (ISBN 978-2-7535-4359-1, notice BnF no FRBNF44499152), p. 274.
  2. Sous-titré sous l'Occupation Organe du Mouvement de la libération nationale puis Organe des Mouvements de Résistance unis, rebaptisé Franc-Tireur à la Libération avec pour devise : « À l'avant-garde de la République », il continua de paraître sous ce nom jusqu'en 1957 puis, pendant deux ans, sous le titre de Paris Journal, et enfin sous celui de Paris Jour de 1959 à 1972.
  3. Doré-Rivé et Vivier 2012, Laurent Douzou, p. 78.
  4. a, b, c et d Doré-Rivé et Vivier 2012, p. 78.
  5. a et b Doré-Rivé et Vivier 2012, p. 80.
  6. À Miribel plus précisément, grâce à Henri Deschamps
  7. a, b, c et d Doré-Rivé et Vivier 2012, p. 81.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Doré-Rivé (Dir.) et Marion Vivier (Coord. éditoriale), Une ville dans la guerre : Lyon 1939-1945, Lyon, Fage, , 192 p. (ISBN 978-2-84975-279-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]