Viscose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fabrication de la viscose à partir de la cellulose.

La viscose, aussi parfois appelée soie artificielle, est un textile végétal à l'origine mais qui est aujourd'hui produit de manière artificielle[1],[2]. La viscose se dégrade mal, et des fragments de fils de tissus et de couture sont retrouvés partout dans l'environnement. Ils composent une partie significative des « microplastiques » de la pollution plastique en mer[3]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fileuse à viscose conservée au musée de la viscose près de Grenoble

En 1884[4], les Français Hilaire de Chardonnet et Auguste Delubac inventent une soie artificielle à base de cellulose et de collodion, remplaçant l'usage des vers à soie.

La viscose est brevetée par Cross, Bevan & Beadle au Royaume-Uni, en 1892, avant de devenir mondialement connue dès le début du siècle suivant. Cross, Bevan & Beadle étant arrivés à la fabriquer en quantité[5]. Dès 1920, six pays en produisent dont les États-Unis et le Japon. Alors d’aspect brillant, elle sert à fabriquer des robes pas chères, des combinaisons et culottes, des doublures ou encore des bas[5].

D’abord appelée « soie artificielle », puis « rayonne » en 1924, elle a été créée pour répondre à la demande de tissus semblables à la soie, mais plus économiques. Bien que fragile, elle est alors également une alternative au velours, au crêpe ou au lin[5]. Confortable, économique à produire et se teignant facilement, la rayonne s'implante partout dans l'habillement[5]. Les premières versions étaient faites à partir de pulpe de bois, donc pas réellement considéré comme une matière artificielle. Après la crise de 1929, la rayonne devient encore plus largement répandue, particulièrement en lingerie[5]. Des essais sont réalisés afin de renforcer sa résistance et améliorer son usage : La rayonne est mélangée avec de l'acétate[5].

Après la viscose, les chercheurs essayèrent de créer des fibres totalement artificielles à partir de synthèses moléculaires. Ils y réussirent en 1938 et les développèrent ensuite.

De nos jours, la viscose reste très employée en confection (imitant parfois la laine, la soie, le lin ou le coton)[5]. Selon une étude récente (2018), la fibre cellulosique (régénérée ou artificielle) est l'une des principale valorisation de la pâte de bois (6,6 % d'une consommation de fibres évaluée à 99 millions de tonnes en 2016, importance qui devrait encore s'accroître dans les applications textiles et techniques)[6].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ses nombreuses variétés, qui représentent 14 % des fibres artificielles, sont utilisées aussi bien pour les vêtements que pour les toiles tapissant l’intérieur des pneus.

Les propriétés de la viscose sont proches de celles du coton : peu élastique, se froissant vite, mais ayant un fort pouvoir absorbant et ne feutrant pas.

La fibranne (fibres courtes associées par torsion, qui peut faire entre autres du fil à tricoter) et la rayonne (ou « soie artificielle », à fibre continue) sont fabriquées avec du fil de viscose.

Avec des traitements adaptés, la viscose peut également produire de la cellophane, de l'éponge « végétale » (l'éponge naturelle est le squelette d'un animal marin), du boyau de dialyse, ou encore de « boyau » cellulosique pour l'industrie de la salaison.

Elle sert aussi à la confection des tampons hygiéniques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Demoment, Un grand inventeur, le comte de Chardonnet, Paris, Editions du Vieux Colombier, .
  • Louis Guéneau, « La production et la consommation de la soie artificielle dans le monde », Annales de géographie, vol. 37, no 128,‎ , p. 481-489 (lire en ligne).
  • Christian Marais, L'âge du plastique : Découvertes et utilisations, L'Harmattan, , 234 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Das M (2017). Man-made cellulose fibre reinforcements (MMCFR). In Biocomposites for High-Performance Applications (pp. 23-55)|résumé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/textiles/17-viscose.html
  2. http://www.societechimiquedefrance.fr/IMG/pdf/a_2_210_000.vfx2_sav.pdf
  3. Comnea-Stancu I.R, Wieland K, Ramer G, Schwaighofer A & Lendl B (2017). On the identification of rayon/viscose as a major fraction of microplastics in the marine environment: discrimination between natural and manmade cellulosic fibers using fourier transform infrared spectroscopy. Applied spectroscopy, 71(5), 939-950.
  4. « L'invention », sur www.musee-viscose.fr (consulté le 23 juillet 2014)
  5. a, b, c, d, e, f et g Harriet Worsley, 100 idées qui ont transformé la mode [« 100 ideas that changed fashion »], Paris, Seuil, , 215 p. (ISBN 9782021044133), « La rayonne », p. 44
  6. Manian, A. P., Pham, T., & Bechtold, T. (2018). Regenerated cellulosic fibers. In Handbook of Properties of Textile and Technical Fibres (Second Edition) (pp. 329-343)|résumé