Place Bellecour

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Place Louis-le-Grand.
Place Bellecour
Image illustrative de l'article Place Bellecour
Vue générale de la place et de Fourvière.
Situation
Coordonnées 45° 45′ 28″ nord, 4° 49′ 56″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Lyon
Quartier(s) Bellecour (2e arr.)
Morphologie
Type Place semi-fermée
Forme trapézoïdale
Superficie 62 000 m2
Histoire
Création Début XVIIe siècle
Début XIXe siècle
Anciens noms Bella curtis
Place Royale
Place Louis-le-Grand
Place de la Fédération
Place de l’Égalité
Place Bonaparte
Place Napoléon
Monuments Statue équestre de Louis XIV
Veilleur de pierre
Protection ISMH, 7/03/1941
Site classé, 21/02/1941
Site du centre historique
Site du patrimoine mondial

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Place Bellecour

Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon

(Voir situation sur carte : métropole de Lyon)
Place Bellecour

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Place Bellecour

La place Bellecour est la plus grande place de Lyon (62 000 m2) et la cinquième plus grande place de France, après la place des Quinconces à Bordeaux (126 000 m2), la place de la Concorde à Paris (86 400 m2), le Cours Léopold et place Carnot à Nancy (76 400 m2) et la place de l’hôtel de ville au Havre (70 000 m2). Elle est souvent présentée rectangulaire mais c'est une place trapézoïdale avec une taille de 300 mètres par 220 / 190 mètres[1], elle est plus grande que le Zocalo de Mexico (230 × 192 m) et que la place Rouge de Moscou (330 × 70 m). C'est également la plus grande place piétonne d'Europe[1], les places précédemment citées pouvant accueillir des véhicules, au contraire de la place Bellecour.

En son centre se trouve une statue équestre de Louis XIV. Une autre statue, représentant le Petit Prince et Antoine de Saint-Exupéry, est située à l'extrémité sud-ouest de la place.

Deux pavillons se trouvent sur la place et abritent des services de l'Office du tourisme, ainsi qu'un petit parc pour enfants, une fontaine, deux brasseries et périodiquement une grande roue (durant les fêtes de fin d'année).

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Cette place se trouve aujourd'hui dans le deuxième arrondissement de la ville, entre la Saône et le Rhône. On y trouve notamment l'Office du tourisme de Lyon. De la place Bellecour partent trois artères majeures de la presqu'île de Lyon, côté nord pour le quartier des Terreaux et côté sud pour le quartier Perrache, dont deux piétonnes : la rue de la République, menant à la place de la Comédie, entre l'Hôtel de Ville et l'opéra puis à la place Louis Pradel par la rue du Puits-Gaillot côté nord, la rue Victor Hugo, qui mène à Perrache côté sud, la rue du Président Édouard Herriot côté nord, ouverte à la circulation automobile, où se concentrent les enseignes de luxe, et qui mène à la place des Terreaux. Le quartier du Vieux Lyon et de la cathédrale Saint-Jean se situent à l'ouest, de l'autre côté du Pont Bonaparte et de la Saône, que l'on rejoint par la rue du Colonel Chambonnet.

La place Bellecour constitue le point kilométrique 0 de Lyon : toutes les distances sont comptées à partir de ce point[2].

Elle est desservie par deux lignes de métro : les lignes A et D et de nombreuses lignes de bus. La station Bellecour est de ce fait la plus fréquentée du métro lyonnais.

Odonymie[modifier | modifier le code]

La toponyme dont dérive le mot « Bellecour » apparaît dès le XIIe siècle. Les terres agricoles que l'archevêque y possède sont appelées bella curtis (« beau jardin »). Au XVIe siècle, ce qui n'est encore qu'un pâturage porte le nom de pré de Belle court[3]. En 1715, devenue place publique, elle est baptisée place Royale, puis place Louis-le-Grand en hommage à Louis XIV.

En 1790, sous la Révolution, les odonymes monarchistes disparaissent et la place devient place de la Fédération, pour perpétuer le souvenir de la Fête de la Fédération, dont l'anniversaire marque depuis lors la fête nationale française. Dès 1793, le lieu des manifestations politiques de la ville prend le nouveau nom de place de l’Égalité (en 1794, la place des Jacobins s'appelle place de la Fraternité). L'odonyme continue à évoluer avec les régimes politiques : en 1800 l'esplanade est la place Bonaparte et devient logiquement un peu plus tard place Napoléon (avant que, sous le Second Empire, ce ne soit la place Carnot à laquelle ce nom est attribué).

En 1814, sous la Restauration, la place redevient place Louis-le-Grand. Ce n'est que sous la Troisième République que la place prend son nom actuel de place Bellecour. Elle est baptisée place du Maréchal-Pétain après une visite du chef du régime de Vichy à Lyon les 18 et 19 novembre 1940[4]. Elle reprend le nom de place Bellecour à la Libération.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l’époque gallo-romaine, le quartier de Bellecour est une île ou une presqu'île formée de terres alluviales. Le quartier connait alors une activité romaine, militaire et marchande : on y a retrouvé des canabae, baraques qui servaient d’entrepôt aux négociants et aux nautes gallo-romains[5], la ville se situant alors sur la colline de Fourvière, avant qu'elle en descende en rive de la Saône au IIIe.

À la fin du XIIe, l'archevêque de Lyon possède sur la presqu'île la bella curtis, composée de terrains où pousse notamment une vigne. Abandonné, l'endroit redevient marécageux.

En 1562, le baron des Adrets attaquant Lyon, installe ses hommes d'arme sur ce qui est alors « le pré de Belle-court »[3].

En 1604, Henri IV pousse le Conseil de la ville à acquérir le pré afin d'y aménager une place publique. Mais les héritiers de l'archevêque se disputent lors d'un interminable procès.

Bien des années plus tard, en 1708, c'est finalement Louis XIV qui obtient la possession définitive de la place. La place Louis-le-Grand est alors ornée d'une statue de bronze représentant le roi et réalisée par Martin Desjardins. Autour de la place sont construits des édifices, dont les façades sont dessinées par le premier architecte du roi Robert de Cotte.

À la Révolution, un autel de la Liberté y est élevé le 14 juillet 1790. On y installe une guillotine en 1792. La statue royale est détruite en 1793.

Le 21 juin 1800, Bonaparte de passage à Lyon après la victoire de Marengo, pose la première pierre des nouveaux édifices.

Lors de la Restauration, la place s'orne d'une nouvelle statue de Louis XIV, due au sculpteur François-Frédéric Lemot, inaugurée le 6 novembre 1825.

Statues[modifier | modifier le code]

Installation de la statue de Desjardins.
Installation de la statue de Desjardins.

La statue équestre de Louis XIV par Desjardins[modifier | modifier le code]

Une première statue a été créée en 1713 par Martin Desjardins. Elle fut détruite en 1793, au cours de la Révolution, en tant que symbole royal et pour en récupérer le bronze afin de faire des canons.

La statue équestre de Louis XIV par Lemot[modifier | modifier le code]

Allégorie du Rhône, sculptée par Guillaume Coustou, au pied de la statue de Lemot.

La statue actuelle, œuvre de François-Frédéric Lemot, est installée au centre de la place en 1825. Elle est accompagnée, à ses pieds, de deux statues allégoriques créées en 1720 : la Saône de Nicolas Coustou et le Rhône de Guillaume Coustou, frère du précédent. Le socle provient d'un village situé dans le Beaujolais : Le Perréon (hameau de La Marbrière).

Coulée à Paris, elle est transportée à Lyon en douze jours, sur un attelage traîné par vingt-quatre chevaux. L'entrée de la statue dans la ville fut une occasion de fêtes qui attirèrent un grand concours de spectateurs.

L'histoire de la statue fait l'objet d'une légende urbaine lyonnaise particulièrement tenace. On raconte en effet que son sculpteur, se rendant compte qu'il avait oublié les étriers, se serait suicidé. En réalité, si Louis XIV n'a pas d'étrier, c'est parce qu'il est représenté « à la romaine », c'est-à-dire à cru, sans selle ni étriers. Quant à François-Frédéric Lemot, il est mort en 1827, quelques années après avoir achevé la statue, de mort naturelle.

Les Lyonnais ont pris l'habitude de nommer la statue le Cheval de Bronze, ne faisant ainsi pas référence au roi. On[Qui ?] suppose que l'origine de ce surnom date de 1848, lorsque des révolutionnaires ont effacé la dédicace en latin.

Il est traditionnel à Lyon de se donner rendez-vous « sous la queue du cheval » ou « Chez Louis, 14 place Bellecour »

Le Veilleur de pierre[modifier | modifier le code]

Mémorial du Veilleur de pierre.

À l'angle avec la rue Gasparin, la statue du Veilleur de pierre se dresse à l'endroit de l'explosion d'une bombe posée par la résistance lyonnaise le 26 juillet 1944. Le café qui s'y trouvait alors, le « Moulin à Vent », était fréquenté par des officiers allemands et des membres de la Gestapo. L’explosion ne tua personne, mais déclencha la vengeance immédiate des Allemands : cinq résistants détenus à la prison Montluc furent exécutés le lendemain sur les lieux même de l’explosion. Le mémorial a été réalisé par l’architecte Louis Thomas et le sculpteur Georges Salendre. On y lit le nom des cinq résistants fusillés, les lieux des massacres commis dans le Rhône pendant la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la mention « Passant, va dire au monde qu'ils sont morts pour la liberté ».

Le Petit Prince[modifier | modifier le code]

Côté ouest, une statue de Saint-Exupéry assis devant le Petit Prince a été posée en 2000 pour le centenaire de la naissance de l'aviateur et écrivain lyonnais.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Événements[modifier | modifier le code]

Tout au long de l'année, un certain nombre de manifestations ont lieu place Bellecour. En hiver y est installée une patinoire. Des concerts y sont donnés et des événements comme un salon du livre ou la distribution du Petit Paumé y prennent place.

C'est aussi très souvent le point de passage de nombreuses manifestations syndicales ou étudiantes.

Le week-end de Pentecôte la place accueille le traditionnel concours de boule lyonnaise (la longue).

L'hiver, une grande roue haute de 60 mètres est installée sur la place, sur le côté est. Jusqu'en 2006, elle était installée place Antonin-Poncet mais en raison d'importants travaux sur cette place, elle ne peut plus être installée à cet emplacement. Elle est démontée début mars.

Depuis 2011, d'importants travaux d'embellissement ont lieu sur la partie Sud de la place. Au programme : déplacements des 2 bassins d'eau, rénovation des 5 kiosques sur le côté Est et construction d'un nouveau kiosque sur le côté Ouest, rénovation de l'aire de jeux pour enfants, nouvel éclairage (lampadaires à LEDs), plantation de haies et d'arbres (remplacement des marronniers par des tilleuls et des merisiers). Il est à noter que le tilleul est la première essence plantée sur la place au XVIIe siècle.

La Place Bellecour a été sélectionnée pour accueillir une fan zone lors du Championnat d'Europe de football 2016, d'une capacité de 20 000 places[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Amédée Carry, La place Bellecour, racontée d’après les gravures, Lyon, Cumin et Masson, 1911, 77 p.
  • Charles-Amédée Carry,, « Iconographie de Bellecour. Étude de la place Bellecour d’après les gravures qui la représentent à diverses époques », Bulletin de la Société littéraire, historique et archéologique de Lyon, janvier-juin 1911, p. 198-242.
  • Monique Ray, Aspects de Bellecour au XIXe siècle, catalogue d'exposition, musée historique de Lyon, 1975, 35 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Panorama de la place Bellecour à Lyon.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir un site Internet
  2. Voir un site Internet
  3. a et b Jean Pelletier, Connaitre son arrondissement, le 2e, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, p. 28
  4. Jean-Pierre Azéma, 1940: l'année noire : De la débandade au traumatisme, Fayard, (ISBN 978-2-213-65989-3, lire en ligne)
  5. Jean Pelletier, Connaitre son arrondissement, le 2e, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, p. 14
  6. Louis Boy, « CARTES. Où se trouvent les "fan zones" et les stades de l'Euro 2016 ? », sur franceinfo.fr, (consulté le 7 juin 2016)