Postsynchronisation

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La postsynchronisation ou post-synchronisation[1] est une technique permettant de réenregistrer en studio le dialogue ou la voix off d'une œuvre audiovisuelle (film, série, etc.), dans la même langue et les mêmes conditions que lors du tournage, et avec le même comédien.

Elle est souvent confondue avec le doublage qui, bien qu'utilisant les mêmes techniques de réenregistrement en studio comme la bande rythmo (voir plus bas), permet de réaliser l'adaptation synchronisée des dialogues dans une autre langue et est donc le plus souvent interprétée par un autre comédien. Certains acteurs et actrices polyglottes ont pratiqué à la fois la postsynchronisation et le doublage : Peter Ustinov, Jodie Foster, Kristin Scott Thomas, Michael Lonsdale, Diane Kruger, etc.

Historique[modifier | modifier le code]

La postsynchronisation existe au cinéma depuis 1932. Elle s'est développée en raison des bruits parasites qui se produisent lors de l'enregistrement sur le plateau de tournage.

Dans le cinéma italien, le courant du néoréalisme de l'immédiat après-guerre, avec des tournages fréquents en extérieur et des moyens modestes pour la prise d'un son direct de qualité, contribue à généraliser l'usage de la postsynchronisation. Adoptée pour des raisons à la fois économiques et techniques, la postsynchronisation continue ensuite d'être utilisée par le cinéma italien dans la quasi-totalité des cas. Un autre facteur contribuant à généraliser le doublage est la présence fréquente dans les films italiens, du fait du système des coproductions internationales, d'acteurs étrangers dont les voix doivent être remplacées par celles d'acteurs italiens. L'industrie audiovisuelle italienne, en dépit de toutes les avancées techniques dont elle a bénéficié, n'a adopté le son direct que partiellement et très tardivement[2].

À titre d'exemple, sur le tournage du Guépard de Luchino Visconti, Claudia Cardinale, qui ne parlait pas encore suffisamment bien l'italien[3], parlait le français dans les scènes avec Alain Delon, l'anglais avec Burt Lancaster et l'italien par ailleurs, tout en étant doublée dans la version « originale » italienne par Solvejg D'Assunta (it)[4].

Technique[modifier | modifier le code]

La postsynchronisation est une technique employée lors de la postproduction de films[5]. Elle consiste à remplacer des dialogues dont la prise de son originale n'est pas exploitable pour le mixage final d'un film ou pour améliorer le jeu des comédiens.

Elle permet aussi d'ajouter des bribes de dialogues qui n'existaient pas au tournage, soit par des « fausses synchro », soit quand le comédien apparaît de dos ou sort du champ de l'image.

Dans les pays anglo-saxons la piste enregistrée lors du tournage fournit des points de repère pour synchroniser les paroles avec celles qui ont été prononcées par les acteurs pendant le tournage. La technique utilisée se nomme Automated Dialogue Replacement (ADR)[6], aussi appelé looping ou looping session.

En France et dans la plupart des pays d'Europe on utilise un système appelé « bande rythmo », une bande calligraphiée défilant à la vitesse du film permettant aux comédiens d'être parfaitement synchrones avec l'image lors du réenregistrement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la Langue Française informatisé.
  2. Traduction et médias audiovisuels (ouvrage collectif), Presses Universitaires du Septentrion, 2011, pages 73-74
  3. Raiuno Biografia Claudia Cardinale
  4. (en) Solveyg D'Assunta sur l’Internet Movie Database
  5. L'ingénieur du son peut néanmoins procéder « à chaud » (directement après le tournage d'une prise) à un enregistrement des dialogues appelé « sons seuls » afin de permettre en postproduction de remplacer la prise de son originale, entachée de nuisances sonores. « Ce réenregistrement peut éventuellement s'effectuer à l'aide d'un moniteur combo (petit enregistreur diffusant l'image de la prise tournée à l'aide d'un écran vidéo) ».[réf. nécessaire]
  6. (en) Kim Masters, « The Dark Knight Without Heath Ledger: How Will Warner Bros. Sell a Summer Blockbuster Marked by Tragedy? », Slate,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]