Circuit de Charade

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Circuit de Charade
Circuit Montagne d'Auvergne
Caractéristiques générales
Lieu Saint-Genès-Champanelle
Puy-de-Dôme
Auvergne
Drapeau de la France France
Coordonnées 45° 44′ 26″ N 3° 01′ 38″ E / 45.740556, 3.02722245° 44′ 26″ Nord 3° 01′ 38″ Est / 45.740556, 3.027222

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Circuit de Charade

Géolocalisation sur la carte : Clermont Communauté

(Voir situation sur carte : Clermont Communauté)
Circuit de Charade
Ouverture
Propriétaire Conseil Général du Puy-de-Dôme
Architecte Louis Rosier
Événements
Coupe de France des Circuits, Trophée Historiques
Dimensions
Nombre de virages 18
Longueur 3,975
Circuit originel de 8,055km de Charade Clermont-Ferrand (France)
Création du circuit de Charade Clermont-Ferrand. En pointillés, la route construite spécifiquement.
Le circuit de Charade réduit utilisé depuis 1989

Le circuit de Charade (initialement Circuit automobile de montagne d'Auvergne) est un circuit de sports mécaniques[1] situé à Saint-Genès-Champanelle dans le département du Puy-de-Dôme (France). Ce circuit a autrefois accueilli des courses internationales telles que le Trophée d'Auvergne des voitures de sport puis le Grand Prix automobile de France sur son tracé sinueux et montagneux de 8 km. Aujourd'hui, il a été raccourci et n'accueille plus que quelques compétitions nationales.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1956, l'Association Sportive de l'Automobile-Club d'Auvergne, présidée par Jean Auchataire et encouragée par les instances sportives nationales, se met à la recherche d'un tracé permettant la création d'un "circuit de montagne". Comme de très nombreux circuits français encore à cette époque, il s'agit de trouver un ensemble de routes publiques qui seront aménagées pour créer une piste fermée lors des compétitions. Le pilote Louis Rosier trouve un potentiel tracé au Sud-Ouest de Clermont-Ferrand, autour de 2 volcans et délimité par les actuelles D767, D5F, D5. En visite sur le site, le directeur du circuit de Reims-Gueux, Raymond "Toto" Roche n'est pas pleinement convaincu par ce tracé. En particulier, il apparaît difficile d'installer stands et paddocks sur des pentes relativement abruptes. Jean Auchataire propose alors d'étendre le tracé en passant par les villages de Thèdes et Manson. Mais depuis la catastrophe des 24 heures du Mans 1955, un décret interdit la création d'un nouveau circuit en zone urbaine. L'attention soudain attirée par la qualité du tracé remontant du carrefour de Champeaux jusqu'à Thèdes, c'est Raymond Roche qui trouvera la solution de construire une route spécifique reliant le tertre de Thèdes au hameau de Charade: « et là, vous avez un circuit formidable. »[2]

Les routes existantes sont élargies et resurfacées, un talus de terre borde la piste le long des ravins. Des stands et une tour de contrôles provisoires sont édifiés (les bâtiments définitifs seront installés pour 1959). Les pentes des 2 volcans servent de tribunes naturelles tout autour de la piste. Seule face aux stands sera édifiée une tribune accueillant le public et la presse.

Le circuit est inauguré le par le préfet du Puy de Dôme, M. Perony. Son tracé montagneux, très apprécié des pilotes, est composé à l'origine de cinquante-deux virages. Le départ « type Le Mans » de la première épreuve, les Trois Heures d'Auvergne pour voitures de sport, est donné sous les ordres de Raymond « Toto » Roche. C'est l'écossais Innes Ireland, au volant de sa légère Lotus MK XI 1958, qui s'impose après avoir parcouru 328,86 kilomètres. Les « Trophées d'Auvergne » vont alors accueillir annuellement et concomitamment des épreuves de SportsCars et de F2.

En 1958, Maurice Trintignant est le premier vainqueur en Formule 2 sur Cooper T43 - -Climax FPF du R R C Walker Racing Team. En 1959 toujours en F2, Stirling Moss déclare « Charade est le plus beau circuit du monde »[3]. C'est sur ce tracé initial, d'un développement de 8,055 kilomètres, que se sont disputés quatre Grands Prix de Formule 1. Mais ses infrastructures, situées sur un flanc de montagne, se sont rapidement révélées obsolètes tandis que la piste, du fait du ravinement, est souvent couverte de gravillons de pouzzolane. C'est justement la projection d'un de ces gravillons par une des roues d'un adversaire qui causera la perte d'un œil du pilote Helmut Marko, la fin de sa carrière et l'arrêt de l'utilisation de Charade pour le Grand Prix de France.

Le véritable tracé du circuit[modifier | modifier le code]

Dès les premières compétitions fut publié dans les programmes un plan du circuit dont le dessin était approximatif[4]. Recopié au fil des années, il continua à s’altérer. Pourtant, ces documents contenant de rares informations comme le rayon des courbes ou le pourcentage des pentes ont servi de base dans de très nombreux ouvrages de références, au point qu’il est difficile de retrouver, en 2015, y compris sur internet et même dans des jeux vidéo réputés pour leur réalisme le véritable tracé du circuit[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12].

Ces altérations sont les plus importantes dans le secteur Nord-Est du circuit, au point de modifier complètement la compréhension de la courbe de Gravenoire. Toute la fin de la descente vers le point bas du circuit puis le début de la remontée jusqu’à La Carrière n’étaient constitués que de très rapides courbes à droite sans aucun virage à gauche freinant les pilotes. Lancés à pleine vitesse, il fallait parcourir Gravenoire en perdant le moins de vitesse possible, car cette courbe commandait toute la longue remontée vers le carrefour de Champeaux. Les passages des bolides y étaient donc particulièrement impressionnants.

Pourtant, pendant toute la durée de vie du « Grand Charade », de 1958 à 1988, le tracé du circuit est resté inchangé. De nombreuses photographies d’époque montrant les travaux du circuit ou pendant les compétitions ainsi que de films permettent de visualiser le tracé correct de Charade. Au surplus, ni le cadastre, ni les clichés aériens bruts, ni les cartes produites par l’Institut Géographique National n’accréditent les thèses des tracés fantaisistes[13],[14],[15],[16].

En 2002, un reportage photo complet du tracé a été réalisé sur le même bitume qui avait accueilli les dernières compétitions de 1988[17].

Même encore aujourd’hui, (2015), la portion de route qui n’est plus utilisée par le circuit actuel n’a pas été modifiée, hormis la première moitié de la Courbe de Manson qui a disparu lors de la création d’un rond-point. À différents endroits (Gravenoire et freinage du Belvédère) on peut encore apercevoir les petites fosses en béton permettant la fixation des rails de sécurité amovibles.

La portion du « Grand Charade » utilisée encore par le tracé actuel n’a été modifiée qu’à la marge, hormis le virage de la Ferme et celui précédant le Tertre de Thèdes, tous les deux adoucis, et le virage Rosier, incluant désormais dans une même forme le léger droit le précédant.

Description[modifier | modifier le code]

Immédiatement après le départ, une longue courbe à gauche aveugle ouvre sur la plus longue ligne droite du circuit (0,6 kilomètres) qui s'élève progressivement jusqu'à la courbe de Manson, très longue et rapide courbe à droite. Enchaînant sur une courbe à gauche plus lente, le tracé atteint son point culminant au hameau de Charade. Commence alors la longue descente sur Gravenoire, tout d'abord par une série de très légères courbes sans difficultés, avant de rejoindre à pleine vitesse le point le plus spectaculaire du circuit: "le Belvédère", appelé aussi "Grand Balcon", dominant toute l'agglomération de Clermont-Ferrand. L'approche de ce virage en épingle à cheveux est très délicate, le freinage se faisant en appui sur 2 courbes à gauche successives.

Puis le tracé enchaîne sur une grand courbe à gauche en accélération, débouchant sur une autre difficulté du circuit de Charade: "les Jumeaux". Il s'agit de 2 virages serrés à droite, de physionomie en apparence identique mais à la trajectoire idéale radicalement différente, le premier "fermant", le second "ouvrant" et qu'il était recommandé de ne pas confondre. La section la plus sinueuse du circuit se termine par une succession de virage droite-gauche très soutenue, avant de déboucher subitement sur une série de courtes lignes droites à peine entrecoupée de très légères courbes droite. C'est donc à pleine vitesse que les pilotes débouchent sur le point le plus bas du circuit: "Gravenoire". Cette courbe relevée, plus serrée que les précédentes, est d'une importance capitale car commande toute la remontée vers le carrefour de Champeaux, il convient donc d'y perdre le moins de vitesse possible. C'est à la sortie de cette courbe que le pilote Ivor Bueb perdra la vie en percutant le talus séparant le tracé du circuit de la route redescendant vers Royat.

Toute la remontée est sans difficulté, le premier gros freinage s'effectuant pour le "virage de la Ferme", un gauche-droite très serré commandant une longue descente qui se termine par un virage à 180° à gauche assez serré, le "Petit Pont".

Forte remontée jusqu'à l'épingle la plus serrée du circuit, rapidement enchaînée par un virage gauche en montée, commandant l'importante courbe à près de 180° du "tertre de Thèdes". Commencée en montée et se prolongeant en descente, cette courbe à droite d'un rayon non constant nécessite une trajectoire particulière. Une dernière courbe à gauche et le parcours se termine par le très serré virage à droite "Louis Rosier".

Le circuit actuel compte dix-huit virages, développe 3,975 km, et sa largeur est comprise entre 9 et 12 mètres. Ce circuit appartient désormais au Conseil général du Puy-de-Dôme.

Événements[modifier | modifier le code]

Charade accueille à quatre reprises le Grand Prix de France de Formule 1, en 1965, 1969, 1970 et 1972.

Saison Date Pilote vainqueur Nationalité Ecurie Résultats
1965 27 juin Jim Clark Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Lotus-Climax Résumé
1969 6 juillet Jackie Stewart Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Matra-Ford Résumé
1970 5 juillet Jochen Rindt Drapeau de l'Autriche Autriche Lotus-Ford Résumé
1972 2 juillet Jackie Stewart Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Tyrrell-Ford Résumé

Le Grand Prix de France moto s'y déroule de 1959 à 1967 puis de 1972 à 1974.

Divers[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charade "Le plus beau circuit du monde", 1958 - 2002, Patrice Besqueut, 2003, éd. du Palmier (Nîmes), 176p. (ISBN 978-2914920063).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 20 septembre 2011 portant homologation du circuit de vitesse de Charade (Puy-de-Dôme) - Legifrance
  2. (fr) Patrice Besqueut, Charade, le plus beau circuit du monde, 1958-2002, Editions du Palmier,‎ (ISBN 978-2914920063)
  3. « Charade, un circuit mythique », clermont-ferrand.fr (consulté le 2 mai 2010)
  4. site de l'amicale des commissaires de Charade
  5. Grand Prix Legends - one Lap at Charade - Clermont-Ferrand 1970 (Mod1965)
  6. Racing Memory II - le circuit de Charade pour les Grands Prix Moto
  7. (en) Mike Lang, Grand Prix !, volume I: 1950 to 1965, Rod Graiger - Haynes Publishing Group,‎ (ISBN 0 85429 861 4)
  8. l'Année Automobile, 1965-1966, Edita S.A.,‎
  9. (fr) l'Année Automobile, 1969-1970, Edita S.A.
  10. l'Année Automobile, 1970-1971, Edita S.A.,‎
  11. l'Année Automobile, 1972-1973, Edita S.A.,‎
  12. (fr) Les Grands circuits - du Mans à Indianapolis [« Da Monza a Indianapolis »] (trad. Emeric de Diesbach), Editrice dell Automobile (LEA),‎
  13. reportage filmé des 3 heures d'Auvergne 1958
  14. reportage filmé de la course de Formule 2 1958
  15. reportage filmé de la course de Formule 2 1959
  16. site du Géoportail de l'IGN
  17. RacingCircuit.net - photo archives - Charade
  18. 5 juillet 1998, Laurent Jalabert devient champion de France

Liens externes[modifier | modifier le code]