Colin-maillard

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Le jeu de Colin-maillard est une variante du jeu de chat.

Description[modifier | modifier le code]

Jeune homme jouant à colin-maillard avec des dames, miniature du début du XVIe siècle paru dans le Petit Livre d'amour de Pierre Sala
Gravure représentant une femme les yeux bandés et quatre autres femmes qui courent autour d'elle.
Dames jouant à Colin-maillard en 1803

Le chasseur a les yeux bandés et les chassés tournent autour de lui (sans trop s'éloigner) en évitant de se faire toucher. Si le chasseur réussit à toucher un autre joueur, celui-ci s'immobilise et laisse le chasseur lui toucher le visage. Si le chasseur réussit à reconnaître la personne au toucher, alors celle-ci prend la place du chasseur. Des variantes proposent de jouer avec une clochette ou une baguette.

Précautions : puisque l'un des joueurs a les yeux bandés, il est important de jouer dans un espace sans obstacles, pour que ce joueur ne se fasse pas mal. Au XVIIIe siècle où il est souvent représenté dans des peintures de scènes galantes, on lançait le cri d'alerte « gare le pot au noir » ou « gare le pot à la graisse » lorsque le chasseur risquait de se heurter à un obstacle[1].

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le substantif masculin[2],[3],[4] colin-maillard est composé[2],[3] de deux noms propres[2], Colin et Maillard. Colin est un diminutif de Nicolas[3],[4].

Le nom du jeu viendrait de Jean Colin-Maillard, un guerrier hutois, ayant combattu le comte de Louvain au Xe siècle et qui eut les yeux crevés au cours d'une bataille, mais continua à se battre, frappant au hasard tout autour de lui[5].

Ce visage aux yeux crevés est représenté sur une sculpture en pierre du portrait du valeureux guerrier Johan Coley Maillard dit « le Grand Maillard » et de sa femme Jeanne de Seille réalisée sur une des cheminées monumentales de l'ancien Château de Landreville (Ardennes), demeure française de sa famille après qu'elle eut quitté la Belgique vers 1350[6].

Grèce antique[modifier | modifier le code]

En Grèce antique, on pratiquait une sorte de colin-maillard[7] appelé la mouche de bronze[7],[8] (en grec : χαλκῆ μυῖα[7]). Il est notamment décrit par Suétone et par Pollux[8]. Le jeu était accompagné de deux vers parémiaques. L'enfant aux yeux bandés cherchait à attraper les autres en disant « Je vais courir après une mouche de bronze » ; ses compagnons de jeux qui l'entouraient, l'agaçaient ou le frappaient avec la main ou des bandelettes de papyrus, lui répondaient « Tu lui courras, après mais tu ne l'attraperas pas »[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pot au noir », sur www.historia.fr, Historia,
  2. a, b et c Entrée « Colin-maillard » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 10 janvier 2017).
  3. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques de « colin-maillard » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 10 janvier 2010).
  4. a et b Entrée « colin-maillard », sur Dictionnaires de français [en ligne], Larousse (consulté le 10 janvier 2010).
  5. Michel Tournier, Le Vent Paraclet, Folio Gallimard, p. 117
  6. « Histoire de la famille Maillard »
  7. a, b, c et d Lambin 1975, p. 169.
  8. a et b Lambin 1977, p. 108.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]