Droits LGBT en Grèce

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Les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) en Grèce peuvent faire face à des difficultés juridiques que n'ont pas les habitants non-LGBT.

Statut légal de l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Les actes sexuels entre hommes ont été décriminalisés en Grèce en 1951, lors de la promulgation du nouveau code pénal. Néanmoins, l'article 347 du code pénal prévoie un âge de consentement différent selon le genre des partenaires. En effet, dans le cas de deux hommes, si l'un est âgé de plus de 18 ans, le second doit au minimum avoir 17 ans, et non pas 15 ans comme dans tous les autres cas de figure[1].

La prostitution masculine est quant à elle légale depuis 2006.

Lutte contre les discriminations[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, les discriminations sur le lieu de travail en raison de l'orientation sexuelle d'une personne sont interdites, à part dans l'armée[1].

Les personnes trans* sont quant à elle protégées par une loi de 2010 contre toutes formes de discrimations liées à l'identité de genre dans le domaine de l'emploi, de la sécurité sociale, de l'éducation et de la santé, mais pas dans de celui du logement[1].

Reconnaissance des couples de personnes de même sexe[modifier | modifier le code]

Le paysage politique grec est divisé sur la question de la reconnaissance des couples de personnes de même sexe; à l'image des deux principaux partis, SYRIZA qui soutient le mariage homosexuel, et Nouvelle Démocratie qui s'y oppose totalement. En 2008, le gouvernement Karamanlís, dirigé par le conservateur Kóstas Karamanlís, a créé le « pacte de vie commune », une forme de partenariat civil instituant un régime plus souple que le mariage, mais comme celui-ci, réservé aux couples hétérosexuels[2]. Aussi, des associations LGBT et de défense des droits de l'homme ont porté plainte contre l'État grec devant la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de la Convention européenne des droits de l'homme[2]. Dans une décision rendue le 7 novembre 2013, cette dernière a estimé que bien qu'il n'y avait pas « d’obligation générale de l’État grec de prévoir en droit interne une forme de reconnaissance juridique des relations entre personnes homosexuelles », l'exclusion des couples homosexuels des « pactes de vie commune » était infondée[2].

Suite à cette condamnation plusieurs partis de gauche (PASOK[3], DIMAR[4]) ont annoncé leur intention de faire évoluer la loi et de la mettre en conformité avec la décision de la Cour européenne des droits de l'homme. En réponse à ces déclarations, des popes menaçant d'excommunion les députés qui voterait en faveur des droits des couples de personnes de même sexe[3].

Acceptation sociale[modifier | modifier le code]

Selon l'édition 2006 de l'Eurobaromètre, 77% des Grecs pensaient qu'être gay ou lesbienne dans leur pays « tendait à être un désavantage » (la moyenne dans l'Union européenne étant de 55%). De plus, 68% d'entre eux estimaient que les discriminations basées sur l'orientation sexuelle étaient répandues en Grèce (UE25: 50%), et 37% qu'elles étaient plus répandues que cinq auparavant (UE25: 31%). 84% des Grecs déclaraient également de pas avoir d'ami ou de connaissance gay ou lesbienne (UE25: 65%)[5].

En juin 2013 le Pew Research Center a publié les données d'enquêtés menées dans 40 pays du monde, parmi lesquelles les réponses des enquêtés grecs à la question : « votre société devrait ou non accepter l'homosexualité ». Aussi, 53% des Grecs répondaient que leur société devait accpeter l'homosexualité, contre 40% qui pensaient le contraire. Parmi ceux âgés de 18 à 29 ans, ils étaient 66% à être faveur d'une acceptation de l'homosexualité par la société grecque, 62% parmi ceux âgés de 30 à 49 ans, mais seulement 40% parmi les plus de 50 ans[6].

Selon l'édition 2006 de l'Eurobaromètre, 15% des Grecs étaient favorables au mariage homosexuel et 11% à adoption homoparentale[7] En 2010, 63,9% d'entre eux soutenaient la création d'un partenariat civil pour les couples de personnes de même sexe, et 38,5% l'ouverture à ces couples du mariage, selon l'institut de sondage Kapa[8][9].

Depuis la montée en puissance d'Aube dorée, plusieurs cas d'agressions homophobes et transphobes ont été rapportées[10]. En plus de tenir des propos homophobes, tels que le fait que les gays manqueraient de virilité[11], des membres du parti se sont faits remarquer en appelant le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, « madame », en raison de homosexualité de ce dernier[12], mais également en appelant ses partisans à rejeter l'homosexualité, ou encore en annonçant aux femmes et aux homosexuels qu'« après les immigrés [ils seraient] les suivants »[13],[14],[15].La position clairement homophobe d'Aube dorée a ouvert la voie à une augmentation des agressions à caractère homophobes[16][17]. De plus, le fait que des membres de la police coopéreraient avec le parti[18], expliquerait pourquoi plusieurs femmes trans* ont été arrêtées lors de la marche des fiertés de Thessalonique en 2013, sans raison apparente par la police, brutalement attaquées et détenues illégalement « afin de garder la ville propre »[19][20].

Mouvement social LGBT[modifier | modifier le code]

Tableau récapitulatif[modifier | modifier le code]

Dépénalisation de l’homosexualité Oui (depuis 1951)
Majorité sexuelle identique à celle des hétérosexuels Non (17 ans pour les gays, 15 autrement)
Interdiction de la discrimination liée à l'orientation sexuelle à l'embauche Oui (Depuis 2005)
Interdiction de la discrimination liée à l'identité de genre dans tous les domaines Oui (Depuis 2010, sauf pour le logement)
Mariage civil ou partenariat civil Non
Adoption conjointe dans les couples de personnes de même sexe Non
Adoption par les personnes homosexuelles célibataires Non
Droit pour les gays de servir dans l’armée Oui
Droit de changer légalement de genre (après stérilisation) Oui
Gestation pour autrui pour les gays Non (Autorisés pour les couples hétérosexuels[21]
Accès aux FIV pour les lesbiennes Oui (seulement les célibataires)
Autorisation du don de sang pour les HSH Non

Source : ILGA-Europe, Legal summary in details on Greece

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c ILGA Europe Legal summary in details on Greece
  2. a, b et c La CEDH condamne la Grèce pour avoir exclu les couples homos des «pactes de vie commune», Yagg, 7 novembre 2013
  3. a et b La Grèce sur la bonne voie pour ouvrir l’union civile à tous les couples?, Yagg, 20 novembre 2013
  4. Amendment of DIMAR in Favor of Homosexual Couples, Greek Reporter, 21 novembre 2013
  5. (en) Discrimination in the European Union, janvier 2007
  6. « The Global Divide on Homosexuality », Pewglobal.org,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  7. « EU: attitudes towards same-sex marriage & adoption significantly vary », ILGA Europe,‎
  8. http://images.tanea.gr/assetservice/Image.ashx?c=15881978&r=0&p=0&t=0&q=100&v=1&s=1&w=800
  9. (el) « Η Ευρώπη λέει "ναι" στο σύμφωνο συμβίωσης » (consulté le 3 avril 2014)
  10. (el) « Protected Blog › Σύνδεση », Lgbtqgreece.wordpress.com,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  11. (el) « Protected Blog › Σύνδεση », Lgbtqgreece.wordpress.com,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  12. (el) « Protected Blog › Σύνδεση », Lgbtqgreece.wordpress.com,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  13. (el) « Χρυσή Αυγή προς τους ομοφυλόφιλους: "Είστε οι επόμενοι". », Lifo.gr (consulté le 3 avril 2014)
  14. Grèce: Des homos agressés par des militants du parti néo-nazi Aube dorée, Yagg, 31 août 2008
  15. Grèce : Le Parti néo-nazi Aube Dorée s’en prend ouvertement aux LGBT, E.D.H. - EGALITÉ DES DROITS HOMOS/HÉTÉROS, 4 juin 2012
  16. (el) « Protected Blog › Σύνδεση », Lgbtqgreece.wordpress.com,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  17. (el) « Protected Blog › Σύνδεση », Lgbtqgreece.wordpress.com (consulté le 3 avril 2014)
  18. (el) « Χρυσοχοΐδης: Συνεργασία αστυνομίας με τη Χρυσή Αυγή! », Epirusbook.gr,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  19. (el) « Επίθεση αστυνομικών σε τρανς γυναίκες στο κέντρο της Θεσσαλονίκης (φωτογραφίες) », Grassrootreuter.wordpress.com,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  20. (el) « Καταγγελία για νέες αναίτιες συλλήψεις τρανς γυναικών », Tvxs.gr,‎ (consulté le 3 avril 2014)
  21. Aristides N. Hatzis, The Regulation of Surrogate Motherhood in Greece

Liens internes[modifier | modifier le code]