Grand-duché de Bade

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49° 01′ N 8° 24′ E / 49.017, 8.4

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Grand-duché de Bade
Großherzogtum Baden (de)

1806 – 1918

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte du grand-duché et de la république de Bade, de 1819 à 1945

Informations générales
Statut Monarchie constitutionnelle et héréditaire. État membre successivement de la Confédération du Rhin, de la Confédération germanique et de l'Empire allemand
Capitale Karlsruhe
Religion dynastie protestante mais population en majorité catholique
Démographie
Population 210 000 hab. (est. 1803)
2 009 320 hab. (est. 1905)
Superficie
Superficie 3 400 km² (1803)
15 082 km² (1905)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le grand-duché de Bade (en allemand : Großherzogtum Baden) est un ancien État du Sud-Ouest de l’Allemagne, créé en 1806, sous l'impulsion de Napoléon.

En effet, l’électeur Charles-Frédéric de Bade est l’un des signataires du traité de Paris du 12 juillet qui fonda la Confédération du Rhin. Il reçoit le titre de grand-duc de Bade, ainsi que d’importantes extensions territoriales lui conférant ainsi un territoire d’un seul tenant ; en contrepartie, il s’engage à fournir à l’empereur des Français un contingent de 8 000 hommes.

Le margraviat devenu un grand-duché fonctionne comme un État souverain, sous un régime de monarchie constitutionnelle héréditaire.

Après la chute de Napoléon en 1815, le Grand-Duché rejoint la Confédération germanique.

Une constitution est promulguée en date du , avec deux chambres qui se réunissent tous les deux ans. La deuxième chambre compte 63 députés. Le grand-duché de Bade envoie 14 députés au Reichstag (assemblée confédérale) et a trois voix dans le Conseil fédéral.

La disparition en 1866, de la Confédération germanique n’entraîne pas pour autant le Grand-Duché au sein de la Confédération d’Allemagne du Nord : tout comme le grand-duché de Hesse et les royaumes de Wurtemberg et de Bavière), le Grand-duché reste nominalement indépendant. Ces États signent cependant des accords secrets avec la nouvelle confédération placée sous l’égide du royaume de Prusse.

Le grand-duché participe à la Guerre franco-prussienne de 1870 où il aligne la division badoise au sein de l’armée des alliés allemands, puis intègre l’Empire allemand en 1871.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, la monarchie est abolie et la République de Bade est proclamée le , et le 22 novembre, le dernier grand-duc Frédéric II étant contraint d’abdiquer.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le grand-duché recouvrait :

  • Le margraviat de Bade :
    • Le margraviat de Bade-Bade et ses dépendances :
      • Le comté d'Eberstein ;
      • Les seigneuries de Lahr, Mahlberg et Staufenberg ;
    • Le margraviat de Bade-Durlach ;
    • Le margraviat de Baden-Hachberg et ses dépendances :
      • La seigneurie de Prechtal ;
      • Le Markgräflerland, divisé en :
        • Bailliage de Badenweiler, composé de la seigneurie éponyme ;
        • Bailliage de Rötteln, composé du landgraviat de Sausenberg et de la seigneurie de Rötteln ;
  • Les territoires acquis en 1803 :
  • Les territoires acquis à la Paix de Presbourg, en 1805 :
  • Les territoires suivants, acquis par le traité de Paris du 12 juillet 1806, créant la Confédération du Rhin :
    • Le comté de Bendorf ;
    • Les villes de Bruhnlingen, Villingen et Tuttlingen ;
    • La principauté de Hettersheim ;
    • Les commanderies teutoniques de Beuggen et de Fribourg ;
    • La principauté de Furstenberg, à l'exception des seigneuries de Gundelfingen, Neufra, Trochtelfingen et Jungenau ainsi que de la partie du bailliage de Moerskirch, située à la gauche du Danube ;
    • La seigneurie de Hagenau ;
    • Le comté de Thengen ;
    • Le landgraviat de Klettgau ;
    • Les bailliages de Neidenau et Billigheim ;
    • La principauté de Linange ;
    • Les possessions des princes et comtes de Loewenstein-Wertheim situées à la rive gauche du Main, à l'exception du comté de Loewenstein, la partie de Limbourg-Gaildorf appartenante aux comtes de Loewenstein, et les seigneuries de Heubach, Breuberg et Habizheim ;
    • Les possessions du prince de Salm Reiferscheid-Krautheim au nord de la Jaxt.
  • Les territoires acquis ou confirmés en 1818 (conclusions du Congrès d'Aix-la-Chapelle)
    • La Principauté de la Leyen, cédée par l'Autriche, qui l'avait acquise au Congrès de Vienne (1815), et annexée effectivement le 4 octobre 1819 ;
    • Au nord, le différend frontalier avec le Palatinat bavarois (qui cherche une tête de pont à l'est du Rhin) est tranché en faveur du Grand-duché de Bade.

Religions[modifier | modifier le code]

La maison princière des Bade-Durlach, de confession luthérienne, avait hérité en 1771 de la branche aînée des Bade-Bade, catholique, et reconstitué l'union des deux principautés, séparées depuis 1535. Lors du recensement de 1825, la répartition des religions dans le Grand-duché de Bade (de) montre une nette majorité catholique (67,1 %) avec une forte minorité protestante (31,2 %) et une petite minorité juive (1,6 %). Les catholiques forment la presque totalité de la population dans la plupart des régions rurales et sont majoritaires dans plusieurs bourgs et dans trois villes importantes, Bruchsal, Ettlingen et Fribourg-en-Brisgau. Les protestants sont majoritaires dans les districts détachés du Palatinat, autour de Bretten et Heidelberg, ainsi qu'à Kehl et Pforzheim. Les communautés juives résident principalement dans les villes du nord du Grand-duché, à Adelsheim, Bretten, Mannheim, Sinsheim et Wiesloch, ainsi qu'à Constance dans le sud.

Au cours du XIXe siècle, la proportion de catholiques diminue, passant à 63,6 % en 1875, et celle des protestants augmente dans les mêmes proportions, montant à 34,4 %, la proportion de juifs restant à peu près stable à 1,7%. Dans cette période, l'exode rural entraîne un accroissement de la population catholique et juive dans les deux grandes villes, Karlsruhe et Mannheim.

Les gouvernements successifs sont généralement dominés par les protestants. L'Eglise catholique en Bade est administrée par un Conseil supérieur, siégeant à Karlsruhe, placé sous la tutelle gouvernementale. Au milieu du XIXe siècle, les revendications d'autonomie de l'Eglise donnent lieu à un conflit connu comme le Kulturkampf badois (de) par analogie avec le Kulturkampf prussien. Cette crise culmine en mai 1854 avec la mise en résidence surveillée de Hermann von Vicari, archevêque de Fribourg-en-Brisgau. Des négociations avec le Vatican amènent à la signature d'une convention, en juin 1859, reconnaissant une plus grande autonomie à l'Eglise catholique. Mais les élections de septembre 1859, remportées par une coalition protestante, entraînent l'annulation de la convention.

Liste des grands-ducs de Bade[modifier | modifier le code]

  1. 1806–1811 : Charles-Frédéric (1728-1811)
  2. 1811–1818 : Charles II (1786-1818)
  3. 1818–1830 : Louis Ier (1763-1830)
  4. 1830–1852 : Léopold Ier (1790-1852)
  5. 1852–1858 : Louis II (1824-1858)
  6. 1858–1907 : Frédéric Ier (1826-1907) (régent en 1852, grand-duc en 1856)
  7. 1907–1918 : Frédéric II (1857-1928)

Drapeau du grand-duché de Bade[modifier | modifier le code]

  • Flagge Großherzogtum Baden (1871-1891).svg Drapeau de 1870 à 1891
  • Flagge Großherzogtum Baden (1891–1918).svg Drapeau de 1891 à 1918