Châtiment corporel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
« Méchants garnements » : Caricature allemande de 1849 montrant un maître d'école faisant subir à ses élèves diverses formes de châtiments corporels.
Falak fouettant la voûte plantaire d'un criminel. Photo d'Antoin Sevruguin.

Un châtiment corporel est une forme de punition où une douleur physique est infligée à une personne, généralement associée à une certaine humiliation. Dans les pays occidentaux, il se distingue de la torture par le fait qu'on ne recherche pas un aveu, que la douleur ainsi causée est censée ne pas causer de dommages irrémédiables, et que les éventuels dommages corporels doivent être de faible durée et permettre le retour vers l'activité initiale ou au travail.

Forme de châtiments corporels[modifier | modifier le code]

  • la fessée, où les fesses de la personne sont frappées à l'aide de la main ou d'un instrument comme le bâton : les formes domestiques sont censées être assez bénignes et ne laisser tout au plus qu'une difficulté à s'asseoir, mais il en existe aussi des formes judiciaires plus douloureuses qui laissent des traces mettant du temps à s'estomper.
  • la flagellation, où le dos de la personne est frappé à l'aide d'un fouet : un tel châtiment peut être très douloureux, suivant le type de fouet et le nombre de coups. Une flagellation forte et longue peut aboutir à la mort de la personne.
  • la gifle, où un coup est porté sur la joue de la personne avec la main ou un gant.

Usage des châtiments corporels[modifier | modifier le code]

L'usage des châtiments corporels, et notamment de la fessée, à l'égard des enfants est très contesté. Dans certains pays, il est autorisé dans les écoles publiques et légitimé en référence à des traditions culturelles justifiant des formes d'éducation hiérarchiques et autoritaires. Dans d'autres, on considère qu'il s'agit d'une forme de maltraitance pouvant causer des dommages aux enfants. De telles formes de punitions ont ainsi été interdites en Suède en 1979 pour toute la société, et au Royaume-Uni, mais seulement dans les écoles[1],[2]. Les définitions physiques ne sont pas interdites en France[3].

L'usage des châtiments corporels est une « tradition » dans de nombreux pays où les châtiments corporels ne se limitent pas seulement aux gifles et fessées, mais à des pratiques approchant la torture dans certains pays, par exemple au Maroc [4]: "Le châtiment de la falakha était infligé à l'école, au début des années 1980 (témoignage d'un étudiant marocain). Un système de tourniquet servait à bloquer sur une barre de bois les chevilles des élèves définis dont le maître pouvait frapper la plante des pieds à son aise. Pratiqué par un père sur son fils dans le film tunisien Halfaouine, l'enfant des terrasses, il est probablement commun à tout le Maghreb. Appliqué aux prisonniers, il a été justement dénoncé. Pourquoi personne n'en parle-t-il lorsqu'on l'applique aux enfants ?"

Efficacité dans l'apprentissage scolaire ?[modifier | modifier le code]

Il a été constaté (mais le mécanisme n'est pas encore compris) qu'un stress négatif (aversif, qui n'est pas nécessairement un châtiment) vécu juste après une période d'apprentissage peut ponctuellement au moins protéger les souvenirs des effets de l'oubli (test de mémoire à 3 mois). Ce phénomène a été étudié en laboratoire au moyen du test au froid, ce qui a permis de confirmer cet effet « bénéfique », mais il n'a été avéré que chez les hommes[5]. Des renforcements positifs donnés avant et pendant l'apprentissage semblent pouvoir être aussi efficaces sinon plus.

Les châtiments corporels dans le monde[modifier | modifier le code]

D’après le sondage de SOFRES de 1999, 84% des enfants français sont frappés par leurs parents. Seulement 16% des personnes questionnées ayant des enfants ne leurs donnent jamais de coups (comme la gifle ou la fessée). Au niveau mondial le pourcentage d’enfants frappés est de 90 ou 95 %. Il est signalé que les enfants peuvent être violentés que ce soit dans leur famille ou à l'école.

Amérique[modifier | modifier le code]

  • Nicaragua : les châtiments corporels existent encore, même si une loi en 1996 a tenter de les limités.
  • Guatemala : beaucoup de personnes pensent que les enfants sont la propriété des parents. Les châtiments corporels sont mis sur le compte des guerres et conflits qui ont frappés le pays pendant longtemps.
  • Equateur : les châtiments corporels font partie de la culture, et sont acceptés à l'école par les parents. Une Commission a été créée en 1998 contre les mauvais traitements sur les enfants.
  • Caraïbes : les châtiments corporels sont très fréquents et sont presque une « tradition ».
  • Bahamas : Certaines punitions sont aujourd'hui interdites (coups de canne), mais d'autres toujours acceptées (coup de règles).
  • Cuba : l'Etat dit qu'il n'existe plus de châtiments corporels à l'école, et que ceux dans les familles sont très rares. Mais est-ce vraiment le cas ?
  • Haïti : beaucoup de personnes pensent encore que les châtiments corporels sont « normaux ». Des juristes veulent essayer de lutter contre cela.
  • Jamaïque : les châtiments corporels semblent encore être acceptés. Le Comité des droits de l'enfant remarque qu'il n'est pas suffisant d'interdire les châtiments corporels trop « excessifs ».
  • République Dominicaine : les châtiments corporels sont encore très fréquents.
  • Bolivie : les châtiments corporels sont presque un « phénomène de société ».
  • Pérou : les châtiments corporels très présents.
  • Bolivie : les châtiments corporels sont beaucoup utilisés par les parents comme une méthode d'éducation. Les enfants les acceptent car ils pensent que cela les éduquent.
  • Colombie : les châtiments corporels sont encore très fréquents. Cependant il commence à y avoir des actions contre, grâce au Comité des droits de l'enfant.
  • Canada : les enfants ne peuvent pas bénéficier de la sécurité de la personne. Les châtiments corporels sont interdits par le Code civil. Mais ils sont acceptés dans une mesure raisonnable par le code pénal. Beaucoup d'enseignants sont favorables aux châtiments corporels. L'ONU et la Commission québécoise des droits de l'homme ont demandé au Canada d'enlever cet article du Code pénal. Le Child Management Policy interdit les châtiments corporels dans les familles d'accueil. Aujourd'hui, les châtiments corporels ne peuvent être infligés aux enfants de moins de 2 ans, et aux adolescents. Cela a été décidé par la Cour suprême.
  • Etats-Unis : les châtiments corporels sont encore très pratiqués à l'école dans beaucoup d'états. Le New-Jersey est le premier état à avoir interdit cela en 1867, et le Delaware est le dernier en 2003. Dans certaines écoles, les parents peuvent à ce que leur enfant n'en reçoive pas. Les élèves noirs américains sont plus souvent battus que les élèves blancs. Les châtiments corporels sont également très présents dans les familles. En effet ce serait 80 % des américains qui pratiqueraient cela sur leurs enfants. Il y a cependant une évolution. En effet on observe de moins en moins de cas d'enfants recevant des châtiments corporels.

Europe[modifier | modifier le code]

  • La grande Bretagne : En 1860, une loi permettait aux parents d’infliger des châtiments corporels légalement à leur enfant d’où la devise « Spare the rode and spoil the child » littéralement traduit par « Epargner le fouet c’est gâter l’enfant » ainsi 91 % des enfants y étaient battus. En 1998, la chambre des communes a interdit les châtiments corporels dans les écoles de GB. En 2002, un réseau des églises pour la non-violence a publié un guide dans la volonté de donner des méthodes alternatives d’éducation positive en rempare à la violence éducative. Les associations comme « barnados » et « save the children » militent pour l’interdiction de châtiments corporels infligés aux enfants dans le milieu familial. Toutefois, en 2004, l’interdiction des châtiments physiques dans la sphère familiale a été refusée à la chambre des Lords. Le gouvernement permet aux parents d’infliger aux enfants une punition corporelle raisonnable.
  • Pologne : Une enquête de 1998 nous montre que 14% des enfants de 12 ans polonais ont subi un traumatisme physique du à une punition à visée éducative. En 2001, 80% des adultes témoignaient avoir subi des châtiments corporels.
  • Roumanie : 75% des enfants de 11 à 13 ans ont subi des châtiments corporels dont 5 % avec des conséquences irréversibles.
  • Slovaquie : En 2002, une recherche comportementale démontre que 75% des adultes interrogés trouvaient raisonnable et légitime d’octroyer occasionnellement des claques et des fessés.
  • Russie : 30% des enfants hospitalisés à la suite d’un mauvais traitement avaient moins d’un an.
  • Hongrie : La société TARKI a réalisé une enquête montrant que le châtiment corporel était un procédé éducatif utilisé de manière quotidienne. Le président SAPARMOURAD NIAZOV s’exprimait au sujet des châtiments corporels : « Nous devons éduquer notre jeunesse. IBN SINA disait que celui qui veut donner une bonne éducation à son enfant doit le battre. C’est comme l’utilisation de l’engrais en agriculture. » (Le Monde, n°14 aout 2002)
  • Le Portugal, la Croatie, l’Italie ont interdit les châtiments corporels dans la famille. L’Espagne, la macédoine et les pays de l’ex Yougoslavie ont interdit les châtiments corporels dans l’école et dans le système judiciaire mais sont autorisés dans la sphère familiale. En Grèce, un tiers des enfants se faisait fesser au moins une fois par semaine et un enfant sur six quotidiennement.
  • Afrique
  • En Tunisie, 80% des parents ont été battu dans leur enfance dont 60% qui pensent que ça été bénéfique à leur éducation. Les anciens proverbes disaient que « Battre l’enfant comme battre la femme est considéré comme allant de soi ».

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Le mali et le Sénégal ont officiellement interdit les châtiments corporels à l’école. Loi très peu appliquée car les châtiments corporels sont fortement encrés dans les traditions de ces pays. Fort heureusement, peu de violence sur les nourrissons sont constatées dans les hôpitaux. Mais dès lors qu’il s’agit d’enfant de 11 à 15 ans, les lésions peuvent être graves car portées à la tête. Dans certaines écoles coraniques les enfants sont enchainés avec des fers et des braises ardentes sont introduites dans leurs oreilles.
  • Au Niger : un service d’ophtalmologie a révélé que 25% des traumatismes oculaires étaient dus aux claques. Pourtant, la constitution et le code pénale protège l’enfant de toutes formes de violence. Cela n’est pas respecté dans le milieu familial et les écoles coraniques où les poursuites judiciaires sont très rares.
  • Le Ghana a institutionnalisé les châtiments corporels comme moyen de discipline dans les écoles, les coups de cannes sont d’usage. Dans le passé, tout élève pouvait être fouetté par un maitre puis seulement les chefs d’établissement.
  • En Guinée, le code pénal interdit les châtiments corporels. Cette mesure est appliquée dans presque toutes les écoles. Le gouvernement entreprend des campagnes de sensibilisation pour apprendre aux parents à élever leurs enfants dans une atmosphère bienveillante et non violente.
  • En sierra Leone, aucun enseignant n’a le droit d’infliger un châtiment corporel.
  • Dans les pays comme le Kenya, Zambie et la Tanzanie, les châtiments corporels sont prohibés dans les écoles malgré la résistance de l’opinion publique.
  • En 2005, un rapport fait un COMORES donne le terrible exemple du châtiment pratiqué dans certaines école coraniques : « Les mauvais élèves sont promenés à travers le village à demi nu, le visage et le corps enduit de boue et de noir de fumé, avec un collier de coquilles d’escargots autour du cou (…) dans cet accoutrement et sous la huée des autres enfants, l’enfant ainsi puni est tenu de crier la faute commise. Ensuite, ce châtiment s’en suit de bastonnade, de bain d’orties trempées et d’exposition au soleil du corps enduit de sirop de canne à sucre. (…) Des générations de maitres coraniques perpétuent une tradition selon laquelle l’enfant est un être pervers qu’il faut savoir dresser par la contrainte et le châtiment corporel. »
  • République sud-africaine : les châtiments corporels, comme les coups de canne ou de fouet, étaient très fréquents. Une élève a préféré essayer de se suicider plutôt que de se faire frapper par ses enseignants. En 1997, une loi rend illégal les châtiments corporels. Cependant les parents ont toujours le droit, dans certaines limites. Les châtiments corporels sont encore tolérés lorsqu'ils sont acceptés dans le règlement intérieur de l'institution. Le « New Domestic Violence Act » permet aux enfants d'avoir recours à une protection sans avoir eu besoin d'en parler avec leurs parents. Cependant, des enseignants pensent toujours que la violence est toujours le seul moyen de faire respecter la discipline par les enfants. Une organisation religieuse a même demandé à ce que les châtiments corporels soient maintenus. Mais la Cour constitutionnelle a soutenu l'interdiction. Une partie des africains considèrent que les châtiments corporels font partie de leur culture.
  • Swaziland : les châtiments corporels sont encore autorisés, même si le président du Congrès des jeunes a demandé leur interdiction, après qu'une élève ait perdu un œil, battue par son instituteur.
  • Botswana : les châtiments corporels sont toujours autorisés. Beaucoup d'enseignants pensent que ce n'est pas un abus s'il est fait avec amour.
  • Madagascar : les châtiments corporels existent toujours dans le quotidien des habitants, même si ils commencent à enseigner aux adultes les droits des enfants, et leurs responsabilités auprès de leurs enfants.
  • Zimbabwe : les châtiments corporels sont établis dans la Constitution, et sont donc autorisés à l'école et dans les familles. Le Comité propose de faire comme en Namibie, qui n'autorise pas les châtiments corporels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Caron, À l'école de la violence, châtiments et sévices dans l'institution scolaire au XIXe siècle, Aubier-Montaigne "Histoire", 1999.
  • Sophie Chassat, Luc Forlivesi, Georges-François Pottier, Éduquer et Punir : La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray (1839-1937), Presses universitaires de Rennes, 2005.
  • Jacqueline Cornet, Faut-il battre les enfants ? Relations entre les accidents et la violence éducative, Hommes et perspectives, Revigny, 1997 (ISBN 2911616073)
  • Diane Drory, Cris et châtiments : Du bon usage de l'agressivité, De Boeck, 2004.
  • Alice Miller, C'est pour ton bien, Aubier-Montaigne, 1998.
  • Olivier Maurel, La Fessée : Questions sur la violence éducative, La Plage, 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste actualisée des pays abolitionnistes
  2. http://www.corpun.com/counuks.htm United Kingdom: Corporal definition in schools
  3. http://www.endcorporalpunishment.org/pages/pdfs/charts/Chart-Global.pdf
  4. Géographie de la violence éducative ordinaire par continents et par pays
  5. McCullough AM, Yonelinas AP. (2013), Cold-pressor stress after learning enhances familiarity-based recognition memory in men ; Neurobiol Learn Mem. 2013 Jun 30;106C:11-17. doi: 10.1016/j.nlm.2013.06.011. (résumé)

Liens externes[modifier | modifier le code]