Château de Meudon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Château de Meudon (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Meudon (homonymie).
Château de Meudon
Image illustrative de l'article Château de Meudon
Restitution virtuelle du Château Vieux de Meudon
Période ou style Architecture baroque
Type Palais
Architecte Louis Le Vau / Jules Hardouin-Mansart
Propriétaire initial Abel Servien, Louvois, Monseigneur
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Parc et jardins pour la partie publique / Autre partie gérée par l'Observatoire de Paris
Protection Logo monument historique Classé MH (1972, 2000, domaine et « bâtiment Y »)
Coordonnées 48° 48′ 18″ N 2° 13′ 52″ E / 48.805, 2.2311148° 48′ 18″ Nord 2° 13′ 52″ Est / 48.805, 2.23111
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Commune Meudon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Meudon

Le château de Meudon, dit château royal de Meudon, ou palais impérial de Meudon, est un château situé à Meudon dans le département des Hauts-de-Seine. Il fut notamment la résidence de la duchesse d'Etampes, du cardinal de Lorraine, d'Abel Servien, de Louvois ainsi que de Monseigneur, dit le Grand Dauphin, qui lui adjoignit en annexe le château de Chaville. Incendié en 1795 (Château-Vieux) et en 1871 (Château-Neuf), le Château-Neuf, dont la démolition avait été envisagée, est conservé pour sa majeure partie, et transformé à partir de 1878 en observatoire servant de réceptacle à une lunette astronomique, avant d'être rattaché à l'Observatoire de Paris en 1927.

Le site du château, sur l'arête d'un plateau boisé, offre des vues sur la Seine et Paris, ainsi que sur le vallon de Chalais. Idéalement situé entre Paris et Versailles, au cœur d'une abondante réserve de chasse, jouissant d'une topographie idéale pour de vastes jardins, il bénéficia d'aménagements somptueux de la part de ses propriétaires successifs, depuis la Renaissance jusqu'à la chute du Second Empire.

L'ensemble du domaine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1]. Le Hangar appelé « bâtiment Y » dans le parc de Chalais-Meudon fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Il ne faut pas le confondre avec le château de Bellevue de Mme de Pompadour, situé également à Meudon.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue de Paris depuis Meudon. Langlacé, 1818. Musée d'art et d'histoire de Meudon.

Meudon à la fin du Moyen-Age[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de "Meudon" (XIIIe siècle-1413)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Meudon (patronyme).

On dispose de peu de sources sur l'origine du château - certainement un petit castel au plan inconnu - mais on connaît de nombreux noms de seigneurs dont le nom patronymique est "Meudon" à partir du XIIe siècle et la mention d'un manoir du Val de Meudon au XIVe siècle[2]. Ils possèdent des charges à la Cour, tel Robert de Meudon, panetier du roi Philippe le Bel (titre mentionné dans un acte de 1305).

Augustin Isbarre (1413-1425)[modifier | modifier le code]

Le 17 juillet 1413, Jean de Montrevel, dit l'Hermite, seigneur de La Faye, chambellan du roi, époux de Jeanne de Gaillonnel - qui possédait le fief noble du château de Meudon - le vendit avec le consentement de sa femme, à Augustin Isbarre[3], banquier et orfèvre[4], dont la fortune était considérable. En 1422, Isbarre est nommé échanson du roi. Il meurt à Paris le 27 août 1425[5], et fut inhumé au couvent des Grands Augustins.

Le château Renaissance[modifier | modifier le code]

La famille Sanguin et la duchesse d'Étampes (1426-1552)[modifier | modifier le code]

Antoine Sanguin, représentation extraite de son Livre d'Heures.
Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, Musée Condé.

Le fief de Meudon est acheté en 1426 par Guillaume Sanguin[6], valet de chambre de Charles VII, trésorier du duc de Bourgogne, changeur, et qui avait été associé à de nombreuses reprises avec Augustin Isbarre, et qui fut Prévôt des marchands de Paris de 1429 à 1431. Il semble qu'il fasse reconstruire un manoir, au lieu de l'ancien castel. Il meurt à Paris, le 14 février 1441[7]. Jean Sanguin, dit "Bâtard de Sanguin", hérite la seigneurie de son père ; il meurt à Paris le 13 novembre 1468. Ce dernier aura plusieurs enfants, dont Antoine Sanguin, qui hérite de Meudon et porte ainsi le titre de seigneur de Meudon. Ce dernier épouse Marie Simon, et meurt le 18 octobre 1500.

Le manoir n'est démoli qu'en 1520 par Antoine Sanguin, dit le cardinal de Meudon, fils du précédent, qui fait construire un corps de logis carré en brique et pierre d'un étage sur rez-de-chaussée, avec combles à lucarnes ouvragées. Il est égayé à l'italienne de pilastres, bandeaux et encadrement de pierre. Antoine Sanguin fait don du château, le 5 septembre 1527, à sa nièce Anne de Pisseleu, devenue maîtresse de François Ier, et pratiquement "reine de France" en fait. Pour mieux loger sa maîtresse en titre, François Ier fait financer l'ajout de "somptueux édifices", c'est-à-dire deux pavillons carrés de part et d'autre du corps initial, et deux ailes en retour terminées par des pavillons identiques. Ces agrandissements respectent le style du corps de logis. Dans le style d'Écouen on ajoute aux pavillons des tourelles d'angle en encorbellement. L'ensemble est d'ailleurs similaire aux travaux qui sont entrepris au château de Marchais, alors propriété de Nicolas de Longueval, comte de Bossut, surintendant des finances de François Ier, gouverneur de Champagne et de Brie, et qui était du premier cercle de la duchesse d'Étampes. Le même architecte, toujours inconnu à ce jour, a dû réaliser les travaux d'agrandissement de Meudon, ceux de Marchais ainsi que ceux du château de Sissonne, voisin de ce dernier, qui est également du même style. Un arc de triomphe est en outre édifié au centre du mur de clôture, servant d'entrée majestueuse à la cour du côté de l'entrée.

François Ier fait un long séjour à Meudon, du 11 juillet 1537 au 5 août suivant. Il y viendra en outre à de nombreuses reprises jusqu'à sa mort, en 1547.

Le cardinal de Lorraine et les Guise (1552-1654)[modifier | modifier le code]

À la mort de François Ier, Anne de Pisseleu, alors en disgrâce, doit vendre le domaine de Meudon en 1552 à Charles de Guise, cardinal de Lorraine. Cette cession met fin à la présence de la famille des Sanguin à Meudon, qui durait depuis plus d'un siècle. Le cardinal transforme alors sa résidence en s'inspirant des modèles italiens, qu'il a put découvrir lors de ces voyages à Rome. Une lettre du 28 décembre 1552, adressé à sa belle-sœur, Anne d'Este, indique : "J'ay esté à Meudon tandis que j'estoys à Paris et je vous supplie vous asseurer que la maison estant achevée comme elle se peult aisément y adjoutant certaines petites invantions que je y ait pansées et nos testes de et marbres qui sont à Paris, elle est pour ne recognoistre gueres d'aultres plus belles maisons de ce Royaulme ni plus santantes ung grand prince. J’espère, avant Quaresme prenant, y tenir et vous et vostre mari et vous verrez si je suis bon profette et s’il y a faulte, reprochez le moy…".

"Le magnifique château de Meudon", par Claude Chastillon, vers 1600.

Le cardinal fait doubler les ailes côté cour d'une galerie surmonté d'une terrasse, sur des dessins du Primatice. Les intérieurs sont décorés de scènes du concile de Trente, auquel il participa activement, probablement dans le style de ce qui a été réalisé en Italie à la même époque par Taddeo et Federigo Zuccaro. Des jardins en terrasse et une première orangerie sont créés autour de petits bâtiments, dont un petit palais de fantaisie dédié aux nymphes et aux muses, la fameuse "Grotte de Meudon", édifiée encore sur les dessins de Primatice, entre 1552 et 1560, et décorée par des compositions de l'artiste. Celle-ci forme un petit palais, sous un soubassement formé d'arcades, à l'abri des regards, puisqu'une colline sépare visuellement ce lieu du Château-Vieux, ainsi qu'il est justifié sur une estampe d'Israël Silvestre représentant la Grotte. Cette dernière est en fait constituée de trois pavillons adossés à la pente, mélangant les styles italien et français. Le pavillon central abrite la grotte proprement dite, décorée de mosaïques, coquillages, coraux et majoliques, et dont le maître d'œuvre est Primatice lui-même. À l'étage du pavillon central, des antiques sont exposés dans un grand salon. Sauval indique que la Diane de Versailles avait été rapportée d'Italie par le cardinal de Lorraine, et placée à Meudon, mais des recherches récentes semblent prouver le contraire[8]. Cette grotte connaît un succès immédiat et sera louée par Pierre de Ronsard dans le Chant pastoral sur les noces de Mgr Charles, duc de Lorraine et Madame Claude, fille II du roy[9].

En 1568, Giorgio Vasari s'enthousiasme pour la Grotte, dont l'écho a passé jusqu'en Italie : "A Meudon, pour le cardinal de Lorraine, Primatice a exécuté de nombreuses décorations dans son grand palais appelé La Grotte, d'une ampleur si extraordinaire qu'il rappelle les thermes antiques, en raison du nombre infini et de la grandeur de ses galeries, escaliers, appartements publics et privés". La construction de cette Grotte s'est étalée dans le temps, avec, au départ, la construction de la Grotte elle-même et des deux rampes de l'escalier (vers 1552-1555), puis dans un second temps, les deux pavillons latéraux (1559). Le crypto-portique inférieur a pu être édifié ensuite, dans une troisième phase.

Catherine de Clèves, duchesse de Guise, veuve d' Henri Ier de Guise, dit le Balafré

À la mort du cardinal de Lorraine en 1574, le château reste propriété de la famille de Guise, dont il est l'un des fiefs, avec le château de Joinville (Haute-Marne).

Il est pillé pendant les guerres de religion. Et c'est au château de Meudon que le futur Henri IV apprend, le 1er août 1589, l’assassinat du roi Henri III par Jacques Clément. Henri de Navarre va voir le jour même, à Saint-Cloud voisin, le roi blessé, qui le rassure sur son état de santé. Henri rentre ainsi se coucher à Meudon. Sully, qui l'accompagne, dort lui chez "Sauvat", dans une maison du village. Le lendemain, 2 août, l'état du roi s'est aggravé, il meurt à Saint-Cloud, et Henri de Navarre devient roi de France, en qualité de premier roi Bourbon.

Henri de Guise, le balafré, n'aura guère le temps de séjourner à Meudon. Il est assassiné en 1588. Meudon devient dès lors l'un des sièges de la Ligue. Le 24 juillet 1605, est célébré au sein de la chapelle du château le mariage de François de Bourbon, prince de Conti (1558-1614) avec Louise Marguerite de Lorraine (1588-1631). En 1618, le duc de Lorraine charge son architecte, Gabriel Soulignac, de modifier le château et d’étendre les jardins. (voir le mémoire du 27 juillet 1618, AN, MC, XXIV, 132). D'autres travaux sont réalisés par Soulignac en 1623, avec la construction d'une terrasse et d'un escalier proches de la Grotte.

En 1639, Jacques Dubreuil vante à Meudon les « perrons et tournelles ». « Le jardin est médiocrement grand, fait en parterre, bordures, allees nues & enuironné des alees couuertes de beaux arbres, avec balustres ». Surtout, le 18 mai 1643, est renouvelée l’union de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, avec Marguerite de Lorraine, en la chapelle du château, et avec la bénédiction de l'archevêque de Paris.

Le domaine est encore pillé sous la fronde, puisque les princes Lorrains, possesseurs de Meudon, ont pris le parti de la rébellion contre l'autorité royale. Ainsi, dès 1649, le Grand Condé, à la tête de l’armée royale, s’empare de Charenton, Saint-Denis, Saint-Cloud et de Meudon.

Un joyau du Grand Siècle[modifier | modifier le code]

Abel Servien et Louis-François Servien (1654-1679)[modifier | modifier le code]

Meudon, en piètre état, est alors racheté le 12 septembre 1654 par Abel Servien, surintendant des finances qui prend le titre de baron de Meudon. Dès l'achat, Servien fait faire de grands travaux d'embellissement par l'architecte Louis Le Vau. C'est qu'il est à l'apogée de sa carrière, et que Meudon doit refléter cette puissance. Le château est alors richement meublé et décoré. L'avant-corps central est remplacé par un pavillon octogonal, surmonté par un haut toit en pyramide tronquée. Au centre du pavillon se trouve un grand escalier à double révolution. Un grand escalier, orné de 12 colonnes monolithes de marbre le précède. Le premier étage abrite un grand salon à coupole, ouvert sur les jardins, similaire à celui construit au même moment par Fouquet en son château de Vaux-le-Vicomte, lequel exerce la charge de surintendant des finances avec Servien, et sous l'autorité de ce dernier, qui est plus âgé que lui. Servien fait édifier une vaste terrasse sur l'avant-cour, afin de dégager la vue sur le château, engloutissant au passage près du tiers du village de Meudon, qu'il déplace ailleurs. Du côté des jardins, il fait construire une orangerie monumentale, toujours conservée de nos jours. Il n'oublie pas d'agrandir le parc, qui existait au moins depuis la duchesse d'Étampes : au prix de nombreux rachats de terre, il arrive à percer une "Grande Perspective" au sud du château, et aménage des bassins, et étangs, dont celui de Chalais. Des lettres patentes datées du 31 août 1657 portent "permission d’estendre le parc de Meudon, l’enfermer de murailles, encore que les héritages acquis soient dans le voisinage des plaisirs de Sa Majesté", en d'autres termes, de Versailles voisin.

Quand la reine Christine de Suède vint en France, elle offrit à Servien le bronze d'Adrien de Vries, Mercure et Psyché, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Servien fit placer ce bronze au bout du parterre, juste au-dessus de sa nouvelle orangerie.

Servien meurt le 17 février 1659, à Meudon même, dans son appartement du rez-de-chaussée, ayant englouti une véritable fortune dans Meudon, toujours en travaux.

Son fils, Louis-François Servien, protecteur de La Fontaine, conserve le domaine durant 20 ans. Le 2 août 1665, le Cavalier Bernin vient visiter Meudon. Louis-François Servien est finalement contraint financièrement de vendre le domaine de Meudon à Louvois en 1679. Déjà un an plus tôt, en 1678, des membres de l'Académie d’Architecture vinrent visiter Meudon, et constatèrent que « ce qui a esté fait de neuf au château du côté du jardin du temps de M. Servien est fort ruiné, principalement la corniche du pavillon du milieu ». (P. V. I. 193).

L'Orangerie de Meudon, XVIIe siècle. Restaurée en 2012.

Louvois et son épouse Anne de Souvré (1679-1695)[modifier | modifier le code]

Mme de Louvois à Meudon. Musée de Versailles.

Pour le puissant ministre, qui se faisait appeler "M. de Chaville" dans sa jeunesse, la situation de Meudon est idéale, à proximité de Versailles et de Chaville où se trouve la propriété familiale, qui a été reconstruite par son père, Michel Le Tellier. Louvois, qui obtient la surintendance des bâtiments en 1683, se lance alors dans une série d'aménagements grandioses. Il fait enrichir la façade du château de bustes et de balcons sur colonnes, en marbre gris. Il redécore somptueusement tout l'intérieur. Il fait poser des boiseries en 1684. Au-dessus des portes, figurent des peintures de fleurs dans le style de Jean-Baptiste Monnoyer, un cabinet présente des miniatures des bosquets de Versailles, peintes par Cotelle, sans doute un cadeau de Louis XIV en 1688 pour remercier son ministre du parfait achèvement du Trianon de marbre. La grande galerie, qui occupe toute l'aile droite au premier étage, est ornée de 12 toiles de Van der Meulen ou de Martin, sur les grandes batailles du règne.

À l'extérieur, Louvois fait réaliser de vastes travaux hydrauliques pour alimenter les plans d'eau du parc, et permettre les jets d'eau les plus spectaculaires. Le parc haut est développé, tandis que Le Nôtre travaille sur les jardins sans discontinuité durant toute la décennie 1680. Ce dernier crée pratiquement la totalité des jardins bas, invente de nouveaux bosquets et parterre, dont celui devant la Grotte. Louvois fait également aménager un grand potager le long de l'avenue du château, afin de subvenir aux besoins du château ; potager qui prendra par la suite le nom de «potager du Dauphin ». En somme, il réalise à Meudon tout ce que Louis XIV réalise de manière plus spectaculaire encore à Versailles au même moment. Et il demande à Israël Silvestre, maître à dessiner du dauphin, de graver l'ensemble du domaine, ce que réalise Silvestre au moyen de plusieurs estampes fort spectaculaires, parmi les plus soignées de son œuvre.

En juillet 1681, la reine de France, Marie-Thérèse, vient visiter Meudon, où "Mr de Louvoy eut l’honneur de [la] servir » (d’après le Mercure Galant de juillet 1681). Le 17 août 1684, Louvois fait préparer une grande fête à Meudon, en l'honneur de Monsieur, frère du roi, et de Madame, son épouse, propriétaires du château voisin de Saint-Cloud. Surtout, le 2 juillet 1685, Louis XIV, Monseigneur le Dauphin, la Dauphine, Monsieur et Madame, « accompagnez de la plus grande partie des Princes et des Seigneurs de la Cour », viennent à Meudon, où Louvois traite le roi et toute la Cour « avec beaucoup de magnificence ». Il fut donné « une magnifique collation, pendant laquelle tous les violons et hautbois de l’Opéra jouèrent des airs de la composition de Lully » (…) « Mais M. de Louvois eut le chagrin de voir qu’il plût pendant tout le temps que le roi fut chez lui ». En 1686, une réception est encore donnée à Meudon, en l'honneur des ambassadeurs de Siam, qui découvrent tant les jardins que le château. Louvois n'est pas présent pour les recevoir puisqu'il est à Maintenon avec le Roi, pour suivre les travaux du canal de l'Eure. Le 25 août 1689, Louvois reçut une nouvelle fois Monsieur à dîner à Meudon. Le 29 juin 1691, deux semaines avant la mort soudaine de Louvois, « Monseigneur alla se promener à Meudon avec madame la princesse de Conty ; ils firent collation au château, et se promenèrent longtemps dans le parc et dans les jardins » (Dangeau).

Le 16 juillet 1691, Louvois meurt brusquement à Versailles. Il était parvenu au fait des honneurs, et la splendeur de Meudon symbolisait matériellement cette puissance.

Le 1er juin 1695, sur proposition de Louis XIV, la veuve de Louvois, Anne de Souvré et son fils Barbézieux acceptent d'échanger Meudon contre le Château de Choisy et une soulte[10]. Le château, estimé alors à 500.000 livres, et déjà considérablement embelli par les propriétaires successifs, va connaître sa période la plus brillante.

Détail du tableau "Louvois chassant à Meudon". Musée de Versailles, vers 1683.

L'apogée : Louis XIV et Monseigneur (1695-1711)[modifier | modifier le code]

Monseigneur, dit "le Grand Dauphin", par Hyacinthe Rigaud
La porte Dauphine, réalisée en 1703 à l'entrée du domaine.

Les grands travaux du prince[modifier | modifier le code]

"Veue du château de Meudon du côté de l'entrée", Aveline, vers 1710.

Le Grand Dauphin fit faire de grands travaux au château de Meudon et contribua de sa cassette particulière aux frais et aux embellissements de ce château pour une somme de un million cent quarante mille livres, quoique le roi son père l'eût mis au nombre des habitations royales et à la charge des bâtiments de la Couronne[11]. Durant 16 années, on dépensa au moins 3 millions de livres pour embellir et entretenir le domaine, somme colossale. Le prince fait redécorer les appartements à son goût. Le Dauphin laisse s'exprimer à Meudon ses propres conceptions artistiques, rompant avec l'aspect parfois compassé du style Louis XIV. Sans que cela soit réalisé pour la première fois, on systématise à Meudon l'utilisation des boiseries "à la Capucine", lambris de bois sculptés et vernissés, rehaussé d'or. Le style Régence se met en place en partie à Meudon. Le Dauphin réunit au château ses riches collections, qui essayent de rivaliser avec celles du roi : vases d'agate, tissus des Indes, tapisseries des Gobelins, porcelaines de Chine, tableaux de grands maîtres et surtout sa collection de gemmes. Il n'hésite pas à faire décorer certaines pièces à plusieurs reprises, supprimant par exemple le plafond peint par Charles de La Fosse pour laisser s'exprimer le style léger de Claude Audran III. Son principal appartement était situé tout le long du rez-de-chaussée de l'aile Est du Château-Vieux. Il disposera également de l'appartement de parade du Château-Neuf, ainsi que d'un "Petit appartement Frais" aménagé dans l'aile des marronniers.

Le Dauphin aime à s'entourer à Meudon de sa famille, de ses amis et courtisans, notamment la duchesse de Bourgogne sa belle-fille, la princesse de Conti et Mme la Duchesse, ses deux demi-sœurs, le duc d'Antin fils de Mme de Montespan. Il y loge également sa maîtresse, Mademoiselle de Choin. Comme son père au château de Marly, le dauphin aime à retrouver à Meudon une ambiance plus détendue et chaleureuse auprès d'une compagnie choisie. Pour loger cette nombreuse suite, le Dauphin doit entreprendre de vastes travaux d'agrandissement. En 1702, l'espace du Château-Vieux s'avérant bien vite insuffisant, il fait réaménager l'aile des marronniers, ancienne cour des offices, afin de la relier au château par une galerie suspendue. Il y aménage au rez-de-chaussée un grand appartement de réception. Il fait également construire de nouveaux communs, qui sont encore visibles. Il confie également à Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de tous ces travaux, la construction d'une chapelle. Antoine Coypel, l'un des peintres préférés du Dauphin, peint les tableaux d'autel, la Résurrection, une peinture monumentale, et l'Annonciation, tableau de taille bien plus réduite. Les sculptures sont réalisées par Noël Jouvenet, François Lespingola et Jean Hardy.

En 1705, la place manque toujours pour loger les courtisans, de plus en plus nombreux. C'est, qu'à tout moment, Monseigneur peut devenir le prochain roi de France, par la mort de Louis XIV vieillissant. Le Dauphin décide alors de démolir la célèbre grotte, passée de mode, et d'y construire un nouveau château, le Château-Neuf. Sa réalisation, à laquelle collaborent Jules Hardouin-Mansart et Louis XIV, est confiée aux entrepreneurs de la Chapelle du château de Versailles. Tous les travaux de Meudon sont en effet réalisés par les mêmes artistes employés par le roi, ceux qui travaillent pour l'institution des Bâtiments du Roi. Le Château-Neuf comprend cinq niveaux, mais du fait de la forte pente, il n'a pas le même aspect du côté du parterre et du côté de la forêt. Il est composé de trois pavillons couronnés de toits à terrasse faîtière, reliés entre eux par deux corps de logis. Cette sobre architecture - qui ne doit pas faire ombre au caractère architectural du Château-Vieux voisin - est néanmoins enrichie par de fines sculptures sur les pavillons latéraux, et aux frontons centraux, où se retrouvent des anges soutenant les armes du Dauphin. À l'intérieur, des enfilades d'appartements s'ouvrent sur un grand couloir médian. La décoration intérieure, qui met en lumière les collections du Dauphin, est composée de lambris vernissés ou peints de couleurs claires, rehaussées de dorures. Un appartement d'apparat est prévu pour recevoir Monseigneur, puisque Louis XIV conserve son logement habituel au sein du Château-Vieux, malgré la construction nouvelle. Le Château-Neuf fait l'admiration de toute l'Europe. Il sera imité une dizaine d'années plus tard par le duc d'Antin au château de Petit-Bourg[12], à Evry.


Le château de Meudon du côté de l'entrée, par Pierre-Denis Martin, 1723. Musée de Versailles.

La richesse des "jardins suspendus"[modifier | modifier le code]

Les jardins ne sont pas en reste. Le poème intitulé Maison royale de Meudon, daté de 1703, les compare même aux jardins suspendus de Sémiramis à Babylone. Pour agrandir Meudon, le dauphin fait l'acquisition en 1696 du domaine voisin de Chaville. Il se constitue ainsi une vaste réserve de chasse, où lui et son père, qui aime également Meudon, pratiquent la vénerie. Le parc de Meudon est ainsi relié à celui de Versailles, et l'ensemble constituent le Grand Parc de Versailles, allant de Meudon à Saint-Germain-en-Laye. De nombreux embellissements sont menés dans les jardins. Louis XIV prend d'ailleurs plaisir à conseiller son fils en la matière. Le roi - ou son fils - rédige même une Manière de montrer Meudon sur le modèle des textes rédigés pour Versailles[13].

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La cour d'honneur du Château-Vieux de Meudon au XVIIIe siècle.

À la mort du Dauphin en 1711, le château est toujours parfaitement entretenu, puisque les Bâtiments du Roi en prennent soin. Néanmoins, jusqu'à la mort de Louis XIV, aucun membre de la proche famille royale ne revint à Meudon, par suite des propos tenus par Louis XIV le lendemain de la mort de Monseigneur son fils, souhaitant que le nouveau dauphin, le duc de Bourgogne, ne fasse plus de voyages de Meudon. D'ailleurs, le marquis de Sourches note dès le 17 avril 1711 « qu’on démeublait Meudon entièrement et qu’on en portait tous les meubles au garde-meuble du Roi »[14].

Le 17 mai 1717, le tsar Pierre le Grand, accompagné du prince Rakoczy et du maréchal de Tessé, visite le château et se promène à cheval dans les jardins[15].

Le 16 mai 1718, Mme de Ventadour fait tirer un feu d’artifice pour Louis XV, qui séjourne tout l’été à Meudon, deux ou trois fois par semaine. Le 6 juin suivant, un nouveau feu d’artifice est tiré en l’honneur du roi.

La duchesse de Berry, fille du Régent (1718-1719)[modifier | modifier le code]

Portrait de la duchesse de Berry, vers 1714, par Largillière, Frost Art Museum, Miami (USA)

La duchesse de Berry, fille du Régent, possédait le château d'Amboise, qu'elle souhaita échanger contre le château de Meudon, qu'elle désirait ardemment. C'est qu'elle était alors la première dame de la cour de France, et cousine et tante du petit roi encore célibataire. Aussi, le 30 octobre 1718, la duchesse obtient l’échange du château d’Amboise contre Meudon. Elle en donne le gouvernement à son amant, Riom, qui en prend possession le lendemain, 31 octobre. Mais le gouverneur en place, Hyacinthe de Gauréault Dumont conserve néanmoins ses appointements. Le 2 novembre 1718, la duchesse de Berry vient à Meudon pour faire le choix des appartements. Le 8 février et le 24 mars 1719, le Régent vient dîner à Meudon chez sa fille chérie.

Du 12 avril au 14 mai 1719, la duchesse de Berry, malade, est en convalescence en son château de Meudon. Elle meurt le 21 juillet 1719 au château de la Muette, où elle s'était fait transportée de Meudon. Le 22 juillet 1719, quelques heures après sa mort, les scellés sont apposés aux châteaux de La Muette, Meudon et au Luxembourg, propriétés de la duchesse de Berry.

Saint-Simon à Meudon (1719-1722)[modifier | modifier le code]

Après la mort de sa fille, le Régent met à disposition Meudon au profit de Saint-Simon, l'un de ses principaux conseillers, ce qui constitue alors un honneur considérable. Ainsi, le célèbre mémorialiste peut-il séjourner tout près de Saint-Cloud, où le Régent possède son château de famille. Dans la nuit du 15 au 16 juin 1722 est célébré au château le mariage de la fille de Saint-Simon, Charlotte de Saint-Simon, avec le prince de Chimay. La bénédiction est donnée par l’abbé Languet de Gercy[16], curé de Saint-Sulpice.

Le séjour du jeune Louis XV (1723)[modifier | modifier le code]

Louis XV et l'"Infante Reine". François de Troy, 1723
Veue du château de Meudon du côté des parterres. Gravure par Jacques Rigaud, vers 1730.
Illumination du 3 septembre 1735 pour le dauphin, en face du Château-Neuf.

Le 27 septembre 1722, à la demande du jeune roi, le Maréchal de Villars vient à Meudon voir le fortin construit pour Louis XV, qui « lui parla souvent de son fort et le mena à toutes les attaques ». Rappelons que Louis XV était petit-fils de Monseigneur.

Le 1er avril 1723, "Le Roy s'alla promener à Meudon, parcourut les appartemens du Château, & donna quelques ordres pour le séjour que S. M. doit y aller faire" [17]. En effet, du 4 juin au 13 août 1723, Louis XV, l’ « Infante Reine », le Régent et la Cour s’installent à Meudon pour un mois, le temps de remettre Versailles en état de loger les jeunes souverains. Le 10 août, le cardinal Dubois meurt à Versailles. « Dès qu’il fut mort, M. le duc d’Orléans retourna à Meudon apprendre au roi cette nouvelle, qui le pria de se charger de toute la conduite des affaires, le déclara premier ministre, et en reçut le serment le lendemain ». À cette occasion, Pierre Martin le Jeune peint pour le roi « Une veue de Meudon en perspective qui comprend tout le parc et le château, Monseigneur y entrant ».

Le 14 décembre 1725, la nouvelle reine Marie Leszczynska, qui a épousé Louis XV le 4 septembre précédent, vient visiter Meudon pour la première fois.

Finalement, en septembre 1726, un édit royal réunit Meudon au domaine de la couronne, avec les terres qui en dépendent, exception faite du château et parc de Chaville, et château et ferme de Villacoublay. À cette occasion, les armes des Le Tellier – d’azur, à trois lézards d’argent posés en pal, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or – qui se trouvaient toujours en place au sein du fronton central, sont effacées.

Les parents de la reine : le séjour de Stanislas Leszcynski (1736-1737)[modifier | modifier le code]

Le roi Stanislas en 1728.

Le 4 juin 1736, Stanislas Leszcynski, après son abdication d’avril, s’installe à Meudon provisoirement. « S. M. y va au moins une fois la semaine depuis que le roi et la reine de Pologne y habitent »[18] (Duc de Luynes).

Le 30 septembre 1736, signature secrète de la fameuse "déclaration de Meudon" par le roi Stanislas sous la pression de Louis XV et le cardinal Fleury. Selon les termes de l'accord, la possession du duché de Bar sera "actuelle" pour Stanislas Leszczynski et "éventuelle" pour Louis XV.

Le 18 janvier 1737, Stanislas Leszcynski remet les sceaux au nouveau chancelier qui prête serment entre les mains du roi de Pologne. La cérémonie a lieu dans le grand vestibule du Château Vieux, au rez-de-chaussée du pavillon central. Le tableau de Vincent, qui relate cette cérémonie, est bien postérieur puisqu’il ne date que de 1778.

Le 31 mars 1737, « le roi a été aujourd’hui à Meudon dire adieu au roi et à la reine de Pologne. » (duc de Luynes). Ils quittent Meudon le lendemain, 1er avril. Les deux châteaux sont alors démeublés.

À l'été 1743, face à la menace de Charles Alexandre, la reine de Pologne Catherine Opalinska, femme de Stanislas et mère de la reine de France, vient se réfugier à Meudon, tandis que Stanislas se réfugie à Metz.

La prééminence de Bellevue à partir de 1750[modifier | modifier le code]

Adulte, Louis XV préfère à Meudon le château de Bellevue qu'il fait construire pour Madame de Pompadour. Le château est utilisé pour le logement des courtisans, et les écuries du château sont utilisées pour desservir Bellevue, dont les écuries sont fort modestes.

Louis XVI et Marie-Antoinette à Meudon[modifier | modifier le code]

Portrait de Louis XVI en 1786.

Le nouveau jeune roi aimera souvent venir chasser à Meudon. Il dessinera même en 1783 un pavillon, dit le "pavillon de Trivaux", dans un style anglo-chinois, qui sera finalement corrigé dans un style plus français par l'architecte Heurtier. Ce pavillon était situé tout en haut du tapis vert de Meudon, vers Meudon-la-Forêt. Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette perdront à Meudon même, au sein du Château-Neuf, le petit dauphin, qui s'éteint le 4 juin 1789, un mois avant la prise de la Bastille.

En 1791, le château sert toujours de lieu de villégiature au nouveau Dauphin, ainsi que le représente une aquarelle d'Isabey.

Le XIXe siècle : entre fastes et déclin[modifier | modifier le code]

Après le 10 août 1792, la destination du château devient incertaine. Mais la Convention nationale prend rapidement soin de faire enlever la plupart des tableaux en dessus-de-porte, soigneusement démontés et transférés dans des musées de province, ce qui les sauvera de la destruction.

Le "château de la République" (1793-1795)[modifier | modifier le code]

En 1793, il est transformé par la Convention en établissement national pour différentes épreuves. Il sert alors de fabrique d'aérostats. En outre, un atelier d'artillerie est installé, où l'on procède à des essais d'obus. Meudon devient alors véritablement le "château de la République", qui sert de lieu d'expérimentation pour armer le nouveau régime. À ce titre, le château fera l'objet d'une illumination payée par les deniers publics.

Nicolas-Jacques Conté fut, avec plusieurs autres savants, chargé de ces expériences militaires et scientifiques à Meudon, où on lui confia la direction de l'école d'aérostation qui s'y établissait. Conté eut sous ses ordres un rassemblement confus de jeunes gens pris dans toutes les professions, sans aucune teinture de chimie, de dessin, ni de mathématiques, appelés à créer une technique entièrement nouvelle. Conté dut aborder les éléments des différentes sciences, car ce nouvel enseignement devait tout embrasser : chimie, physique, mécanique. Donnant à la fois des leçons théoriques et pratiques, Conté faisait exécuter par les mains de ses élèves les modèles qu'il donnait, les instruments qu'il imaginait, passant ses nuits à préparer les dessins qui servaient à ses leçons ou bien à faire des expériences variées, parfois dangereuses.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

L'incendie du Château-Vieux (1795) et sa démolition[modifier | modifier le code]

En 1795, un incendie, lié aux recherches techniques des occupants de lieux, ravage l'aile des marronniers et s'attaque également à l'aile Ouest du Château-Vieux. Le peintre Hubert Robert, qui était notamment chargé des aménagements des jardins de Meudon sous Louis XVI, vient dessiner le chantier de démolition en 1804. Le Château-Vieux est détruit à partir de 1803. En 1805, il reste encore une faible partie du Château-Vieux (pavillon Sud-Ouest) ainsi que la chapelle. Le tout fait l'objet de travaux de déblaiements environ jusqu'en 1808, après récupération de certains ornements, dont les colonnes en pierre situées de nos jours à la petite rotonde du Palais du Luxembourg (Sénat), que l'architecte Chalgrin a pu réutilisé.

Napoléon Ier : Meudon, palais Impérial du roi de Rome (1807-1815)[modifier | modifier le code]

Le roi de Rome, par François Gérard, 1811.

Après avoir décidé, en 1803, de procéder à la démolition du Château-Vieux, qui avait subi un incendie en 1795, et alors qu'il n'était que Bonaparte, l'empereur Napoléon Ier décide en 1807 de faire du Château-Neuf de Meudon un palais impérial. Il fait alors restaurer les jardins et réaménager le Château-Neuf, notamment par l'architecte Jean-Baptiste Lepère. Est alors édifié une aile intitulée l'"Economat", à l'emplacement d'une partie de l'ancienne aile des marronniers, qui venait d'être détruite. L'Empereur, qui voulait faire de Meudon une "école des rois" d'Europe, y installe le roi de Rome en 1811, sous la responsabilité de sa gouvernante, Mme de Montesquiou. À cet effet, de nombreuses commandes sont réalisées pour meubler dignement le palais de l'héritier de l'Empire (nouveau décor intérieur style Empire, mobilier, soieries, etc.).

Le 22 avril 1811, Napoléon vient visiter Meudon. Le 30 juin 1811, Meudon est mis à la disposition de Madame Mère. En avril 1812, le roi de Rome vient loger à Meudon. Durant l'été, la reine de Westphalie, épouse de Jérôme Bonaparte, séjourne aussi à Meudon, avec Madame Mère. L'impératrice Marie-Louise aurait résidé au palais durant la campagne de Russie, bien qu'elle logeait à Saint-Cloud. Du 24 mars au 14 novembre 1813 la reine de Westphalie fait un nouveau séjour à Meudon[20].

Mais, à la chute du Premier Empire, le château perd son statut de Palais Impérial.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Meudon sous la Restauration et les Orléans[modifier | modifier le code]

Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, par Ingres, 1842.

Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe utilisent Meudon comme domaine de chasse, voisin de Versailles, et y logent des personnes éminentes.

Le duc de Berry, fils de Charles X, y vint chasser entre 1815 et 1820.

Après son abdication au trône Impérial du Brésil, le 7 avril 1831, Dom Pedro (Pierre Ier) va revenir en Europe, et s'installer en France, sous le titre de duc de Bragance. À l'automne 1831, il séjournera quelque temps au Château-Neuf de Meudon, domaine que le roi Louis-Philippe mettra librement à sa disposition. Lors de son séjour en France, il devint un ami du célèbre général La Fayette.

Un haras est alors installé en contrebas des anciens jardins bas de Meudon. Le duc d'Orléans, Prince royal de France sous la Monarchie de Juillet, y séjourne et y rédige une partie de ses Souvenirs. Mais il meurt accidentellement à Neuilly en 1842.

Louis-Philippe avait également mis à disposition le château de Meudon au profit du maréchal Soult[21], Président du Conseil, qui y séjournera à plusieurs reprises en été.

Le 8 mai 1842, une catastrophe ferroviaire a lieu à Meudon, dans laquelle périt notamment Jules Dumont d'Urville. Elle est la première de France et l'une des premières au monde. Louis-Philippe met à disposition le Château-Neuf pour soigner les rescapés.

Meudon et le Second Empire : le repaire du Prince Napoléon[modifier | modifier le code]

Le Prince Napoléon, par Hippolyte Flandrin, 1860. Musée d'Orsay.

Bien que Meudon soit affecté au prince Jérôme, oncle de Napoléon III, celui-là n'y vient guère. Au contraire, de 1860 à 1870, son fils, le Prince Napoléon, cousin de l'Empereur Napoléon III, occupe souvent le château de Meudon. Il possède à Paris la célèbre maison pompéïenne[22], abritant sa liaison avec la comédienne Rachel, mais c'est à Meudon qu'il vient "bouder" le protocole de la cour impériale, dont il est peu friand. Il y amène son épouse, la princesse Clothilde, et ses trois enfants, Victor, Louis et Marie Laetitia. Il y entasse de nombreuses espèces de plantes et d'animaux exotiques, ramenés de ses voyages à l'étranger. Plusieurs grandes réceptions sont alors organisées au château, telle celle en l'honneur du roi de Portugal, en 1867[23].

L'incendie du Château-Neuf (1871) et l'occupation par l'Observatoire de Paris[modifier | modifier le code]

Le site est stratégique, dominant Paris, et une batterie d'artillerie prussienne y est installée en 1870. Le château est incendié par les Prussiens le 31 janvier 1871. Il brûle durant près de trois journées. Ses ruines sont conservées en l'état durant plusieurs années. Puis le site est confié à l'astronome Jules Janssen en 1875. Il n'hésite pas à faire raser près de la moitié du Château-Neuf, et entre 1880 et 1885, y construit, avec l'architecte Constant Moyaux, un observatoire, rattaché à l'observatoire de Paris en 1927[24]. Depuis cette installation, la plus grande partie du domaine (les jardins hauts conservés) est inaccessible au grand public, et le reste encore à ce jour.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Frise chronologique récapitulative des propriétaires du château de Meudon

Le XXe siècle : une réhabilitation progressive[modifier | modifier le code]

Au fil des ans, la végétation se développe et enserre jusqu'à l'Orangerie, longtemps inaccessible. La destruction du vieux village de Meudon, après-la guerre, dans le cadre dit de la reconstruction du centre ville, ampute irrémédiablement le décor pittoresque, constitué de toitures multiples, qui se trouvait situé aux pieds de l'ancien château. C'est seulement à partir des années 1970-80 que la notion de patrimoine se répand dans la société française. L'ensemble du domaine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques le , date somme toute bien tardive pour un tel site historique, quand les grands domaines d'Ile-de-France similaires étaient classés dès la fin du XIXe siècle.

Le domaine de nos jours[modifier | modifier le code]

Bien que le Château-Vieux ait été détruit, il reste tout de même beaucoup de la splendeur du domaine. En effet, il reste encore 40% des superficies des bâtiments initialement construits (restes du Château-Neuf, Orangerie, Communs, etc.)[25]. On peut encore admirer l'avenue du château tracée par Louvois, les corps de garde et les communs du Grand Dauphin, le chenil de Louvois, la grande perspective de Servien, le nymphée et l'orangerie de Louis Le Vau, et on devine, en allant sur le site, des jardins en terrasse en contrebas de l'observatoire, ainsi que l'étang de Chalais et le tapis vert. Et surtout, la grande terrasse, réalisation la plus imposante, est en parfait état de conservation. L'Orangerie de Meudon a été complètement restaurée en 2012.

De part sa situation exceptionnelle (axe Paris-Versailles, le plus touristique de France) et son point de vue panoramique sur Paris (l'un des plus spectaculaires d'Ile-de-France), le site dispose d'un potentiel touristique et économique sous-exploité.

Vue panoramique de la Grande Terrasse de Meudon, 2013.

Le statut juridique : un espace scindé et en partie inaccessible[modifier | modifier le code]

Schéma indiquant la zone inaccessible par le grand public, dépendant de l'Observatoire de Paris.

Aujourd'hui, le domaine de Meudon est scindé en deux.

La partie basse : La grande terrasse et l'orangerie sont gérées par la ville. Ces espaces sont librement accessibles au public.

La partie haute : L'Observatoire (Château-Neuf), les jardins hauts, ainsi que les communs situés à l'entrée, dépendent du ministère de l'Éducation nationale et sont affectés à l'Observatoire de Paris. Ils sont inaccessibles au public.

L'État reste le propriétaire de l'ensemble du domaine, tant en ce qui concerne la partie affectée à l'Observatoire que celle gérée par la mairie.

Toutefois, en ce qui concerne la partie du domaine accessible au public, l'État a signé une convention de gestion du domaine national de Meudon avec la ville de Meudon, laquelle en est désormais le gestionnaire. Financièrement, l'État assume toujours son rôle de propriétaire et gère les travaux d'élagage ou d'entretien. Il laisse à la Ville le soin de gérer ce site situé sur son territoire.

Le projet de réhabilitation de la Grande Perspective[modifier | modifier le code]

Schéma photographique restituant la Grande Perspective de Meudon, en direction du Sud. 2015. Aujourd'hui, après le parterre situé au premier plan, l'axe est bouché jusqu'à l'étang visible au dernier plan.

Le projet de reconstitution de la Grande Perspective de Meudon a été lancé dès les années 1980, mais n'a guère avancé jusqu'à ce jour. Néanmoins, il se poursuit, en concertation avec les responsables des différentes parties concernées[26]. En effet, les 3/4 de cet axe paysager majeur d'Ile-de-France, dû à André Le Nôtre, sont conservés. Seule la partie située entre le parterre de l'Orangerie et l'étang de Chalais reste toujours bouchée.

Schéma de la Grande Perspective de Meudon, 2015. Légende : 1.Avenue du château ; 2.Grande Terrasse du château ; 3. Orangerie ; 4.Partie toujours bouchée ; 5.Etang de Chalais ; 6.Tapis Vert.

Le potentiel archéologique[modifier | modifier le code]

Schéma projetant l'emprise des débris archéologiques de Meudon[27].

Aucune fouille n'a jamais été entreprise à l'emplacement du Château-Vieux détruit. Pourtant, les rapports de démolition sont formels : l'ensemble des caves et des fossés sont conservés, sous la pelouse actuelle. Une campagne archéologique permettrait de mettre en valeur ce patrimoine caché[28], comme cela a déjà été entrepris au château de Marly[29], à celui de Liancourt[30], au château de Blérancourt[31], ou encore à Versailles[32]. Le seul paramètre inconnu est la nature exacte de l'impact sur le sous-sol, au niveau de l'emprise du Château-Vieux, lors de l'occupation Prussienne, dans le cadre de la guerre Franco-Prussienne de 1870. En effet, les Prussiens occupèrent toute la terrasse de Meudon, pour bombarder la capitale et suivre les opérations.

Description détaillée du domaine[modifier | modifier le code]

Le Château Vieux[modifier | modifier le code]

Plan du premier étage du Château-Vieux de Meudon, vers 1700.

Le Château-Vieux est le bâtiment central du domaine, et le premier château de Meudon. Il se situe dans l'axe de la Grande Perspective. À la fin du XVIIe siècle, il contenait au premier étage les plus belles pièces : l'appartement de Louis XIV, celui de Mme de Maintenon, celui de la princesse de Conti, ainsi que des pièces d'apparat, à savoir le Salon ovale, dit Salon des Maures, la Galerie du château (d'une superficie de 300 m2), le salon du Petit Pont ainsi que le Salon des Albanes. On y trouve également un grand escalier au sein du pavillon central.

Au premier étage, l'appartement de Louis XIV se composait d'une antichambre, de la chambre du Roi, d'une petite pièce de passage, permettant de rejoindre les arrières, ainsi que d'un "Cabinet des glaces du Roi".

L'appartement de Madame de Maintenon qui suivait, se composait d'une antichambre, d'une chambre, ainsi que d'un cabinet, situé au centre de l'aile Est du château, bénéficiant d'un balcon ayant la vue sur Paris.

À la suite, l'appartement de la princesse de Conti suivait et se terminait par un autre "Cabinet des miroirs".

Les pièces de réception du premier étage étaient les suivantes : le grand escalier donnait d'abord accès au salon ovale, dit le salon des Maures, où étaient placés douze bustes de maures et mauresques, deux pièces suivaient, où étaient disposés des tables pour les jeux. À la suite, tout l'aile Ouest se composait d'une enfilade de trois pièces, le salon du Petit Pont, la Galerie, de 40 mètres de long, et le salon des "Albane" ;

La Chapelle[modifier | modifier le code]

Projet non définitif de coupe de la chapelle de Meudon. Dessin de Jules Hardouin-Mansart, 1701. AN.

La chapelle a été achevée fin 1702, sur les plans de Jules Hardouin-Mansart. Cette construction, voulue par Monseigneur, a été visée par Louis XIV. Cette chapelle est formée sur le même modèle que la chapelle royale de Versailles. Toutefois, la chapelle de Meudon sera achevée une dizaine d'années avant celle de Versailles. Comme cette dernière, la nef est voutée en berceau et se termine par un cul-de-four au-dessus du sanctuaire. Au-dessus du maître-autel l'on voit une grande peinture d'Antoine Coypel, haute de quatre mètres quatre-vingt-cinq sur trois de large, qui figure la Résurrection. Un autre tableau de Coypel, l'Annonciation, complète le décor.

L'Aile des Marronniers[modifier | modifier le code]

L'ancienne "Cour des Offices", ou "Basse Cour", sera transformée par Monseigneur, afin de créer des pièces d'apparat luxueuses. L'ensemble de l'annexe prendra alors le nom d' "Aile des Marronniers". Les grandes pièces de réception s'étendent sur toute la largeur de la Terrasse des Marronniers. Un petit appartement luxueux, le "Petit Appartement Frais", est également aménagé derrière ces grandes pièces, sans doute pour que le Dauphin puisse y recevoir ses maîtresses.

La Grotte de Meudon[modifier | modifier le code]

La grotte de Meudon est la sœur jumelle de cette « Maison du Théâtre » commencée pour Henri II, en 1556, par De l'Orme et continuée dès 1559 par le Primatice, joli belvédère qui, à la suite d'agrandissements vers la fin du siècle, deviendra le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye.

« Le Primatice peignit pour le cardinal de Lorraine pour son Château de Meudon une grotte composée de plusieurs pièces entre autres de celle du pavillon où il y avait quantité de figures peintes à fresque dans le plafond ; on a détruit cette grotte en bâtissant le nouveau Château du temps de Monseigneur le Dauphin ayeul du Roy. »[33]

Le Château Neuf[modifier | modifier le code]

Façade conservée du Château-Neuf de Meudon, 2013.

C'est à l'architecte Jules Hardouin-Mansart que l'on doit les plans du Château-Neuf. Dangeau précise au 21 mai 1706, qu'étant à Marly, « le roi travailla le matin avec Mansart, qui lui montra les plans des bâtiments que S. M. veut faire à Meudon à l'endroit où est la grotte ». Monseigneur a souhaité ce bâtiment pour loger les courtisans qu'il recevait à Meudon, et le roi a visé les dessins réalisés pour Monseigneur. Il est élevé sur l'emplacement même de la Grotte, démolie préalablement en 1705.

Un long couloir central dessert l'ensemble des logements : il n'est pas original pour l'époque. Ce qui l'est bien plus, c'est la systématisation du logement type du courtisan, puisque l'ensemble du Château-Neuf peut être comparer à une sorte d'"hôtel" dans le sens contemporain que l'on donne à ce mot.

Après presque deux cents ans d'existence, un incendie le ravage, le 31 janvier 1871. Les ruines sont livrées aux intempéries, sans doute un peu pillées, jusqu'en 1879 où une loi concrétise le choix du site de Meudon comme observatoire. Un projet de réaménagement des ruines est alors établi par l'architecte Constant Moyaux, sauvant de la destruction ce qui restait du château, en particulier les deux étages inférieurs moins affectés par le feu[34].

Les Communs[modifier | modifier le code]

Les nouveaux communs existent toujours de nos jours et sont parfaitement conservés. Ils sont situés à l'entrée du domaine, en haut de l'avenue d'accès au château.

Les trois cours intérieures communiquent toutes par un passage central dégagé pour les chevaux. Les écuries ne possèdent qu'un seul étage, mansardé, ceci afin de ne pas boucher la vue sur Paris depuis l'Étang de Bel Air situé plus haut. Des logements en abondance pour le personnel du château garnissent cet étage.

L'ensemble des stalles a été réinstallé au XIXe siècle. Certaines devraient subsister.

Les Jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins de Meudon étaient d'une grande magnificence. Il existait des jardins hauts et des jardins bas, sans compter la Grande Perspective. La manière de montrer Meudon décrit l'itinéraire à suivre pour découvrir les points de vues de Meudon à la fin du règne de Louis XIV.

La Grande Perspective[modifier | modifier le code]

La Grande Perspective vers le sud. Estampe d'Israël Silvestre.

La Grande Perspective est l'axe monumental qui organise tout le domaine de Meudon. Il est parfaitement rectiligne sur une distance de 3,5 km, malgré la forte irrégularité de la topographie du terrain. Il s'est créé de part et d'autre du Château-Vieux, emplacement occupé dès l'origine.

Les jardins bas[modifier | modifier le code]

Ils ont été principalement développé par Louvois, et embellis ensuite par Monseigneur et Louis XIV. Leur dénivelé et les différents points de vue en faisait le charme, ainsi que la présence de nombreuses pièces d'eau et de milliers de topiaires.

Les jardins hauts[modifier | modifier le code]

La superficie des jardins hauts est la plus importante, puisque près de trois fois plus grande que celle des jardins bas. L'emprise de ces jardins hauts est toujours conservée de nos jours, occupée principalement par l'Observatoire de Paris. L'ensemble constituait un réseau labyrinthique d'allées, agrémenté de nombreuses pièces d'eau. Contrairement aux jardins bas, ils étaient principalement plats, puisque organisés sur la colline de Meudon.

Le Parc[modifier | modifier le code]

Les moulins de Villebon, sur les hauteurs de Meudon.

Le parc de Meudon s'étendait jusqu'à Chaville, et de là, rejoignait celui de Versailles. Le dénivelé du terrain, la forêt dense, les nombreux étangs, de grandes plaines situées sur les hauteurs sont les principales caractéristiques de ce parc au XVII° et XVIIIe siècle.

Le village de Meudon[modifier | modifier le code]

Vue du Château-Vieux et du village de Meudon en contrebas. XVIIIe siècle.

Outre l'église Saint-Martin, le village de Meudon était constitué de nombreux hôtel et propriétés, dont les plus importantes appartenaient à des personnages liés aux différents propriétaires du château. On trouvait notamment l'Hôtel Courtin (ancien hôtel de Guénégaud), l'hôtel Bellon, l'hôtel Richer, l'hôtel Tourmont, l'hôtel de la comtesse de Verrue, le château de Fleury, la folie Huvé, la villa de Jean-François Jacqueminot, l'hôtel Gallyot à Fleury, la maison de Redouté, la maison de Bastide, etc. Toutes ces constructions et leurs jardins étaient visibles depuis le château ou les jardins.

On trouvait également à Meudon un couvent des Capucins, le premier de cet ordre installé en France, par les soins du cardinal de Lorraine [35].

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources des XVII° et XVIIIe siècle :

Sources textuelles

Sources iconographiques :

Bibliographie contemporaine :

  • Louis Eugène Robert, Histoire et description naturelle de la commune de Meudon, 1843.
  • Paul Biver, Histoire du Château de Meudon, Jouve et Compagnie, 1923. (Thèse)
  • Bourel Le Guilloux Christophe, “Il castello e la grotta di Meudon”, in Sabine Frommel (Dir.), Francesco Primaticcio, p. 283–303, Milan, 2005, Electa.
  • Bourel Le Guilloux Christophe et Morin Christophe, “Epilogi per una foresta di colonne: la Rotonda dei Valois e il castello di Meudon”, in Sabine Frommel (Dir.), Francesco Primaticcio, p. 228–233, 2005 Milan, Electa
  • Bourel Le Guilloux Christophe, « “Pour donner plaisir & contentement” : la grotta all’antica in Francia negli anni Cinquanta », in Coll., Villa Lante a Bagnaia, Milan, 2005, Electa, p. 230–243.
  • (Collectif) sous la direction d'Alexandre Gady, Jules Hardouin-Mansart, Édition de la maison des sciences de l'homme, 2010.
  • Decrossas Michaël, Primatice à Meudon : un chantier inachevé, in “Documents d’histoire parisienne”, no 7, Paris 2005, p. 61–72
  • Devedjian Franck, "De la Cour des Offices à l'Aile des Marronniers : l'identification d'un plan inédit du château de Meudon", in Bulletin des Amis de Meudon no 246, octobre 2010, p. 2 à 29.
  • Devedjian Franck, "L'aspect extérieur du Château-Vieux de Meudon à la fin du règne de Louis XIV", in Versalia, no 16, 2013, Société des Amis de Versailles, p. 91 à 110.
  • Devedjian Franck, Architecture et décor du château de Meudon sous Monseigneur (1695-1711), Master d'Histoire de l'Art, sous la direction d'Alexandre Gady, Paris IV Sorbonne, juin 2013.
  • Devedjian Franck, Manière de montrer Meudon, Les Amis du paysage française, octobre 2013.
  • Devedjian Franck, "Les grandioses projets de Louvois pour embellir le Château-Vieux de Meudon", octobre 2014, publié sur le site de l'auteur. http://chateau-meudon.wifeo.com/
  • Devedjian Franck, "Où est Charlie ? Louis XIV ou Louvois ?", novembre 2014, courte notice publiée sur le site de l'auteur. http://chateau-meudon.wifeo.com/
  • Frommel Sabine et Flaminia Bardati, Fransceco Primatice, architecte (1503-1570), Éditions Picard, mars 2010.
  • Grouchy (vicomte de), Les châteaux de Meudon et le château de Bellevue, Paris, 1865.
  • Grouchy (vicomte de), Meudon, Chaville, Bellevue, 1893.
  • Grouchy (vicomte de), Meudon & Bellevue, conférence-promenade, Paris, 1906.
  • Jantzen Michel, avec la collaboration de Valérie Solignac, Plan général des jardins et châteaux de l'ancien domaine de Meudon. Étude historique et iconographique, commande du Ministère de la Culture, 1979.
  • Jestaz Bertrand, Jules Hardouin-Mansart, ' Édition Picard, 2008, 2 tomes en coffret.
  • Hamilton Hazlehurst Franklin, Des jardins d'illusion, le génie d'André Le Nostre, Somogy Éditions d'Art, traduction française 2005.
  • Herlédan Marie-Thérèse, Les perspectives de Meudon et la constitution foncière d'un axe, XVIe - XVIIe siècle, dans La culture d'André Le Nôtre, 1613-1700. Institutions, arts, sciences et techniques, actes du colloque de Sceaux, , sous la direction de G. Farhat, M. Mosser, A. Picon.
  • Hoog Simone, édition de l'ouvrage de Louis XIV, Manière de montrer les jardins de Versailles, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1982.
  • Leproux Guy-Michel, Claudes Foucques, architecte du cardinal de Lorraine, de Diane de Poitiers et de Charles IX, in “Documents d’histoire parisienne”, no 5, Paris 2005, p. 15–26.
  • Ménard Jean, L'étonnante histoire du réseau hydraulique du château de Meudon, édition le taureau volant, 2003.
  • Pons Bruno, Le décor de l'appartement du Grand Dauphin au château neuf de Meudon, 1709. Gazette des Beaux-Arts, 1991-02, Tome CXVII - 1465e livraison.- p. 59-76
  • Villadier Francis et Marie-José, Histoire du Château de Meudon, imprimerie municipale de Meudon, février 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens internes principaux[modifier | modifier le code]

Modèles et inspirations[modifier | modifier le code]

Édifices servant de modèle à Meudon

Dans l'Antiquité :

Dans l'architecture française:

Édifices contemporains des constructions de Meudon

Édifices s'inspirant de Meudon

Personnes liées au château[modifier | modifier le code]

Les propriétaires ou occupants principaux :

Les gouverneurs et contrôleurs :

Les architectes :

Les sculpteurs :

Les peintres :

Les poètes :

Autres :

Autres personnes[modifier | modifier le code]

Le cercle de Monseigneur à Meudon (1695-1711)

Autres personnes venues au château

Visiteurs étrangers

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00088117 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Marie-Thérèse Herlédan a résumé les connaissances acquises sur cette période dans son ouvrage Meudon, avant le roy.
  3. On lit parfois "Ysbarre".
  4. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1927_num_88_1_452416
  5. http://parismoyenage.fr/parisiens/nom_p.php?search=Isbarre&nom=Isbarre&prenom=Augustin
  6. http://parismoyenage.fr/parisiens/nom_p.php?search=sanguin&nom=Sanguin&prenom=Guillaume
  7. http://parismoyenage.fr/parisiens/nom_p.php?search=sanguin&nom=Sanguin&prenom=Guillaume
  8. http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01092058/document
  9. Le Chant Pastoral de Ronsard évoquant la Grotte de Meudon.
  10. Voir les mémoires du marquis de Dangeau, au mercredi 1er juin 1695 : « Le matin, le roi proposa à M. de Barbezieux l'échange de Choisy avec Meudon ; il lui demanda pour combien madame de Louvois avoit pris Meudon dans son partage ; M. de Barbezieux lui dit qu'elle l'avoit pris pour 500.000 francs ; sur cela, le roi lui dit qu'il lui en donnerait 400.000 de retour et Choisy, qu'il comptoit pour 100.000 francs, si cela accomodoit madame de Louvois ; qu'il le chargeoit de l'aller savoir d'elle, mais qu'il ne lui demandoit aucune complaisansce ; qu'il vouloit qu'elle traitât avec lui comme avec un particulier et ne songeât qu'à ses intérêts. M. de Barbezieux alla à Paris trouver madame sa mère, qui est contente de l'offre du roi et à qui l'échange convient fort. On signera le contrat au premier jour ; on n'a commencé à parler d'affaire que le matin, et elle fut finie le soir ».
  11. Histoire du château de Meudon décrite dans le livre scanné par Google Books - LE SIÈCLE DES BEAUX ARTS ET DE LAGLOIRE ou LA MÉMOIRE DE LOUIS XIV JUSTIFIÉE DES REPROCHES ODIEUX DE SES DÉTRACTEURS OUVRAGE OU SONT PASSÉS EN REVUE LES PRINCIPAUX AUTEURS QUI ONT ÉCRIT SUR LE RÈGNE BU GRAND ROI DEPUIS 1715 JUSQU'À NOS JOURS - ANCIEN SECRÉTAIRE DES ARCHIVES DE LA COURONNE - VERSAILLES CHEZ DUFAURE IMPRIMEUR RUE DE LA PAROISSE 21 - 1838
  12. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530874353.r=chateau+de+petit+bourg.langFR
  13. Texte de Louis XIV, Manière de montrer les jardins de Versailles, disponible sur Wikisource.
  14. Mémoires du marquis de Sourches, 17 avril 1711.
  15. "Le lendemain des fêtes de la Pentecôte [jour de l'arrestation de Voltaire], le Czar passa par les Invalides en revenant du château de Meudon, où l'on disait que l'envie lui ayant pris d'aller à la selle, et étant sur une chaise percée, il demanda du papier au valet qui la lui avait apportée ; lequel n'en ayant point à lui donner, ce prince se servit d'un écu de cent sols pour y suppléer, et le présenta ensuite au valet qui s'excusa de le recevoir parce que le concierge lui avait fait défense de rien prendre de personne ; ce que voyant le Czar, après lui avoir dit plusieurs fois de le prendre, il le jeta plein de vilainie par terre. Le concierge ayant ouï le récit du valet, lui dit en riant de bon cœur : "Va, va quant tu auras lavé cet écut, il sera aussi bon qu'un autre : je suis bien aise que le papier t'ait manqué pour profiter de cet écu, pour te donner moyen de boire à la santé du prince avec tes camarades" Journal de la Régence, Jean Buvat, 17 mai 1717.
  16. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Joseph_Languet_de_Gergy
  17. Mercure de France, avril 1723, p. 813
  18. http://chateau-meudon.wifeo.com/stanislas-a-meudon.php
  19. http://arts-graphiques.louvre.fr/detail/oeuvres/36/16118-Retour-de-la-promenade-de-Mr-le-Dauphin-au-vieux-chateau-de-Meudon-max
  20. http://chateau-meudon.wifeo.com/napoleon-ier.php
  21. « L'ami de la religion, 1843, p. 564. »
  22. http://www.photo.rmn.fr/Package/2C6NU0ALPIZMW?PBC=2CO5S9IZDCBN:2C6NU0L9D8B7:2C6NU0ALPIZMW
  23. Journal l'Illustration, no 1277, du 17 août 1867. Gravure représentant la réception au Château-Neuf de Meudon.
  24. Un décret du 6 septembre 1875 créé en région parisienne un observatoire d'Astronomie physique. Janssen s'installe aux Communs en 1876. Le choix du site est concrétisé par une loi de 1879, des crédits de plus d'un million de francs ayant été votés en 1878 pour la restauration du château et l'achat d'instruments. En 1927, le regroupement avec l'Observatoire de Paris fait du site de Meudon sa Section d'Astrophysique.
  25. http://chateau-meudon.wifeo.com/les-videos.php Intervention de Franck Devedjian.
  26. http://www.paysages.hauts-de-seine.developpement-durable.gouv.fr/restituer-la-valeur-d-un-paysage-patrimonial-a228.html
  27. http://restaurermeudon.wifeo.com/images/p/pot/potentiel-archeologique-meudon-oct-2012.jpg
  28. Lu sur : http://restaurermeudon.wifeo.com/le-projet-de-fouilles.php
  29. http://journees-archeologie.fr/c-2015/fiche-initiative/1734/Domaine-national-de-Marly-fouilles-du-Pavillon-royal
  30. http://www.leparisien.fr/espace-premium/oise-60/des-tresors-archeologiques-decouverts-dans-le-parc-du-chateau-22-07-2012-2097912.php
  31. http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fmuseefrancoamericain.fr%2Fsites%2Fmuseefrancoamericain.fr%2Ffiles%2Fstyles%2Fslider_home%2Fpublic%2F_mg_1777bis.jpg%253Fitok%253DFLDuvdU-&imgrefurl=http%3A%2F%2Fmuseefrancoamericain.fr%2F&h=335&w=1280&tbnid=WLb1yHnGcBGlqM%3A&docid=b7yvveiWPzIWpM&ei=3vnNVdG2DcTgaJSegtAF&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=224&page=1&start=0&ndsp=26&ved=0CCAQrQMwAGoVChMI0Z28j-OoxwIVRDAaCh0UjwBa
  32. http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/vie-scientifique/larcheologie-a-versailles
  33. Abrégé de la vie des fameaux peintres, par Antoine-Joseph Dézallier d'Argenville (p. 215) 1745.
  34. P-A Gatier, M. Jantzen, Architectes en Chef - Inspecteurs Généraux des Monuments Historiques, Transformation des ruines de l'ancien château neuf en observatoire, in "Comité de Sauvegarde des Sites de Meudon", Bulletins no 121 et 122, 2006
  35. http://chateau-meudon.wifeo.com/les-capucins-.php
  36. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530874353.r=ch%C3%A2teau+de+petit+bourg.langFR
  37. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6939279j
  38. On lit parfois "Ysbarre ou Ysbare".
  39. https://books.google.fr/books?id=cQ7jBwAAQBAJ&pg=PT2003&lpg=PT2003&dq=duc+de+vend%C3%B4me+et+monseigneur+meudon&source=bl&ots=h8xcbp382O&sig=lLbni1QuvihJRj-1vjqhFtLAUEE&hl=fr&sa=X&ved=0CCEQ6AEwAGoVChMIwu-_lZvMxwIVhNUUCh2rawsq#v=onepage&q=duc%20de%20vend%C3%B4me%20et%20monseigneur%20meudon&f=false