Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683)

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Marie-Thérèse d'Autriche
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Marie-Thérèse, reine de France par Henri et Charles Beaubrun.

Titres

Reine de France et de Navarre


(23 ans, 1 mois et 21 jours)

Prédécesseur Anne d'Autriche
Successeur Marie Leszczyńska

Régente du royaume de France


(2 mois et 1 jour)

Biographie
Titulature Infante d'Espagne
Infante du Portugal
Archiduchesse d'Autriche
Reine de France
Reine de Navarre
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance María Teresa de Austria y Borbón
Naissance
Escurial (Castille)
Décès (à 44 ans)
Versailles (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Philippe IV d'Espagne
Mère Élisabeth de France
Conjoint Louis XIV de France
Enfants Louis de France
Anne-Élisabeth de France
Marie-Anne de France
Marie-Thérèse de France
Philippe de France
Louis-François de France
Résidence Palais des Tuileries, Palais du Louvre, Château de Versailles
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Marie-Thérèse d'Autriche

Description de cette image, également commentée ci-après

Marie-Thérèse d’Autriche[1], née le à l'Escurial et morte le à Versailles, est infante d'Espagne, infante de Portugal et archiduchesse d'Autriche. Par son mariage avec Louis XIV, elle devient reine de France et de Navarre.

Elle assure brièvement une régence en 1672 lors de la guerre de Hollande. Elle est la dernière reine de France à assumer une régence[2].

Famille[modifier | modifier le code]

Elle est la huitième enfant de Philippe IV (1605-1665), roi d'Espagne, et de sa première épouse, Élisabeth de France (1602-1644). Elle est la seule qui survivra jusqu'à l'âge adulte.

Par son père, elle est la petite-fille de Philippe III (1578-1621), roi d'Espagne, et de Marguerite d'Autriche (1584-1611).

Par sa mère, est la petite-fille d'Henri IV (1553-1610), roi de France et de Navarre, et de Marie de Médicis (1575-1642).

Elle est la sœur de Baltazar-Charles d'Autriche (1629-1646) et la demi-sœur de Marguerite-Thérèse d'Autriche (1651-1673), future impératrice du Saint-Empire, de Philippe-Prosper d'Autriche (1657-1661) et de Charles II (1661-1700), roi d'Espagne.

À la cour d'Espagne[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Née le 10 septembre 1638, Marie-Thérèse est baptisée par le cardinal Gaspar de Borja y Velasco, le , avec pour parrain François Ier, duc de Modène et pour marraine, Marie de Bourbon, la princesse de Carignan et sœur du comte de Soissons.

Sa mère Élisabeth de France (1602-1644), née princesse de France et souffrant beaucoup d'être éloignée de son pays natal, décrivait à la jeune infante les beautés de la France. Elle lui promit qu'elle se mariera avec son cousin Louis XIV. Le 6 octobre 1644, la reine succomba en couche et laissa un vide immense dans le cœur de Marie-Thérèse[3].

La jeune infante a été élevée très strictement et religieusement dans le sens de la contre-réforme catholique et a reçu une éducation relativement modeste. Trois franciscains veillaient l'un après l'autre sur son éducation. À l'âge de cinq ans, elle est confiée au père Jean de la Palme, puis à André de Guadalupe et enfin à Alfonso Vázquez, qui l'accompagnera jusqu'en France.

La mort de Balthazar-Charles d'Autriche, le 9 mars 1646, fait de Marie-Thérèse l'héritière présomptive du trône d'Espagne et de ses possessions coloniales. Bien qu'il soit reconnu aux femmes le droit de monter sur le trône, Phillippe IV redoute que l'absence d'un héritier masculin puisse engendrer des troubles profonds susceptibles de déstabiliser la Monarchie catholique. Il se remarie alors en 1649 avec sa nièce Marie-Anne d'Autriche (1634-1696), l'union étant destinée à poursuivre l'alliance matrimoniale et politique entre les Habsbourg d'Autriche et les Habsbourg d'Espagne. La proximité de l'âge entre Marie-Anne et Marie-Thérèse favorisa affection et amitié profonde entre elles.

Projets de mariage et traité des Pyrénées[modifier | modifier le code]

Marie Thérèse d'Autriche, adolescente par Vélasquez

Pour les mêmes raisons qui ont poussé son père à se remarier au sein de la Maison des Habsbourg, Marie-Thérèse est un temps promise à son cousin (et frère de sa belle-mère), Ferdinand de Habsbourg (1633-1654), archiduc d'Autriche, élu Roi des Romains puis, au décès de celui-ci, à son frère Léopold de Habsbourg (1640-1705), futur Empereur élu du Saint-Empire romain germanique.

Cependant, les aléas de la politique empêchent cette union d'aboutir. En effet, le Royaume d'Espagne et le Royaume de France sont en guerre depuis 1635. En 1658, alors que la guerre avec la France commençait à s'achever, une union entre les familles royales d'Espagne et de France a été proposée comme moyen d'assurer la paix. Le roi d'Espagne tardant à réaliser ce projet, Jules Mazarin (1602-1661), cardinal et principal ministre de Louis XIV, fait courir le bruit que le roi de France envisage de se marier à Marguerite-Yolande de Savoie. Lorsque Philippe IV d'Espagne a entendu parler d'une réunion à Lyon entre les maisons de France et de Savoie en novembre 1658, il s'est exclamé de l'union franco-savoyarde que « cela ne peut pas être et ne sera pas ». Philippe a ensuite envoyé un ambassadeur à la cour française, qui dira à Mazarin : « Le mariage savoyard n’est pas digne du roi de France, Philippe IV roi d’Espagne propose sa fille, l'infante Marie-Thérèse qui a toutes les qualités pour devenir l’épouse de Louis XIV ». La France et l'Espagne ouvrent alors des négociations pour la paix et un mariage royal.

Bien qu'elle demeure une puissance européenne de premier ordre, l'Espagne ne parvient pas à l'emporter durant les négociations et est contrainte de signer le traité des Pyrénées (1659) avec Louis XIV. Outre les changements territoriaux dont la plus grande partie profite au Roi-Soleil, un projet de mariage est engagé pour sceller la paix.

Diego Vélasquez (1599-1660), Peintre de la Chambre du roi Philippe IV, peint un portrait de l'infante qui est ensuite envoyé à la Cour de France, sur lequel elle porte une perruque brune. Puisque l'on se demande la couleur naturelle de ses cheveux, une mèche blonde est alors envoyée.

Mariage[modifier | modifier le code]

Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche par Jacques Laumosnier, musée de Tessé.

Un mariage par procuration avec le roi de France a eu lieu le 3 juin 1660 à Fontarrabie. Son père et toute la cour espagnole ont accompagné la mariée à l' île des faisans à la frontière dans la rivière Bidassoa, où Louis et sa cour l'ont rencontrée lors de la réunion sur l'île des faisans le 7 juin.

Marie-Thérèse dit alors adieu à son père, Philippe IV, sachant tout deux qu'ils ne se reverront plus jamais, les adieux sont déchirant. Mais le roi d’Espagne insiste auprès de sa fille sur le fait qu’elle est désormais française  avec ces termes : « Vous devez oublier que vous avez été infante pour vous souvenir seulement que vous êtes reine de France ».[4]

Le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse a lieu le 9 juin 1660, en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz (ville près de la frontière entre l'Espagne et la France où elle demeura à la maison Joanoenia, dite désormais « maison de l'Infante »).

La nouvelle reine a auparavant renoncé à ses droits à la Couronne d'Espagne. Son statut d'héritière est par ailleurs caduc depuis la naissance de son demi-frère Charles, qui devient roi d'Espagne en 1665. Cependant, sa dot de 500 000 écus d'or, « payable en trois versements », est la condition pour rendre définitive la renonciation de ses droits sur la Monarchie catholique. La chose n'étant pas réglée, la France considère donc que Marie-Thérèse a toujours ses droits de succession sur le trône espagnol, ce qui provoque la guerre de Dévolution (1667-1668).

Plus tard, après son mariage, on demanda un jour à Marie-Thérèse si elle avait éprouvé quelque penchant de jeune fille lorsqu'elle était encore en Espagne. « Mais non bien sûr, répondit-elle avec candeur, il n'y avait qu'un seul roi et c'était mon père ! ».

À la cour de France[modifier | modifier le code]

Début du règne[modifier | modifier le code]

Portrait de Marie-Thérèse d'Autriche par Nocret, 1660.

Le 26 août 1660, le couple royal fait son entrée à Paris, où la reine s'est faite accueillir par la noblesse, les dignitaires ecclésiastiques et les professeurs de la Sorbonne. Une fois à la Cour de France, sa belle-mère (et sa tante paternelle), Anne d'Autriche (1601-1666) la prend sous son aile. Elle apprend avec la reine-mère son métier de reine, les coutumes françaises ainsi que le français, mais Marie-Thérèse conservera un fort accent espagnol jusqu'à la fin de sa vie. Avec sa belle mère, elles priaient, pratiquaient des œuvres de bienfaisance, faisaient des dons pour les pauvres et visitaient des monastères et des églises.

La reine mère Anne d'Autriche s'est occupée de la jeune reine comme s'il s'agissait de sa propre fille et a essayé de la protéger des intrigues de la cour. Une amitié étroite mutuelle s'est développée. Marie-Thérèse se retirait souvent dans le cercle de sa belle-mère, où elle pouvait parler en espagnol et boire du chocolat chaud, loin du regard inquisiteur de la Cour.

La première fois que la reine a vu le château de Versailles, c'était le 25 octobre 1660. À cette époque, ce n'était qu'une petite résidence royale qui avait été le pavillon de chasse de Louis XIII non loin de Paris.

Marie-Thérèse tombe enceinte au début de l'année 1661, à la grande joie de la Cour française, elle accouchera d'un fils tant attendu le 1er novembre 1661, Louis de France (1661-1711).

Durant l'été 1661, Louis XIV se rapproche de sa belle sœur, la duchesse d'Orléans Henriette d'Angleterre, avant de tomber sous le charme d'une de ces filles d'honneur: Louise de La Vallière. La reine et Philippe d'Orléans se plaignent alors à Anne d'Autriche, qui interviendra auprès du roi. Cependant, les réprimandes de la reine-mère ne changera pas l'altitude de Louis XIV.

La reine, d'une dévotion intense, passe l'essentiel de son temps aux soins aux malades, aux pauvres et aux déshérités. Elle fréquente l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye. Elle soulage même les « pauvres honteux » en accordant des dots aux filles de nobles pauvres. Malgré sa piété, Marie-Thérèse ne néglige pas son rôle de reine ; elle est par ailleurs la dernière reine de France à conduire la parade monarchique[3].

Louis XIV banni de la cour Suzanne de Navailles, la première dame d'honneur de Marie-Thérèse, car celle ci avait tenté de s'opposer aux aventures extra-conjugales du roi.

La première campagne de construction du Château de Versailles (1664-1668) a commencé avec les Plaisirs de l'Île enchantée de 1664, une célébration d'une semaine à Versailles tenue officiellement en l'honneur des deux reines de France, la mère et l'épouse de Louis XIV. En réalité les festivités sont dédiés à Louise de La Vallière[5].

Le 17 septembre 1665, Philippe IV d'Espagne meurt, laissant le trône à Charles II, un fils souffreteux âgé de quatre ans ; Louis XIV en profite pour demander une part d'héritage (guerre de Dévolution). En effet, comme la dot de Marie-Thérèse n'a pas été payée, la reine est toujours considérée comme ayant des droits de succession sur le trône espagnol.

La mort d'Anne d'Autriche le 20 janvier 1666 est un coup dur pour Marie-Thérèse ; elle perd alors un soutien important à la cour.

Dernières années de règne[modifier | modifier le code]

Marie Thérèse D'Autriche, reine de France en 1680 (musée Carnavalet).

Marie-Thérèse souffre beaucoup des adultères du roi qui fait de ses favorites les dames de compagnie de son épouse et voyage ouvertement avec sa femme et ses deux maîtresses : Louise de La Vallière et Madame de Montespan. La reine, malgré ces humiliations garde la tête haute et se réfugie dans la religion. Confronté à ce spectacle, le peuple murmure, goguenard ou affligé, « Le roi promène les trois reines ».

Elle souffre également, à partir de 1667, des légitimations successives des enfants naturels de son mari. La reine fit de nombreux reproches à son mari sur sa conduite, en vain.

Au début de l'année 1672, la mort de sa seule fille survivante, Marie-Thérèse de France, qu'elle voulait faire reine d'Espagne, est un énième coup dur pour la souveraine[3].

Durant la guerre de Hollande en 1672, Louis XIV lui confie les rênes du pouvoir.

Pendant la régence, Marie-Thérèse reçoit les courriers du Roi, qui la tient au courant de l'avancée des troupes. Elle transmet ensuite les nouvelles aux ministres. Elle assume la fonction d'ordonnateur suprême des finances de l'état. Elle peut lever des troupes et elle reçoit les ambassadeurs et les correspondances des monarques étrangers. La reine préside également le conseil des ministres.

Ses contemporains furent étonnés de l'application de la reine durant la régence. Jacques-Bénigne Bossuet dira : « Cette régence dura peu mais servit à prouver la capacité de la reine dans les affaires, et toute la confiance que le Roi avait en elle »[6].

Ce fut d'ailleurs la dernière reine de France à exercer la régence.

En 1673, Marie-Thérèse se rebelle contre Louis XIV qui a prévu de renvoyer toute sa suite espagnole. Elle obtient finalement gain de cause grâce au soutien de son ancienne rivale, Madame de Montespan.

En 1674, au grand étonnement de la Cour, la duchesse de La Vallière, première favorite de son mari, convertie et repentante, lui demande publiquement pardon avant de se retirer au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. La reine, miséricordieuse, accepta ses excuses et lui rendit souvent visite par la suite.

Le 7 mars 1680, le roi marie à la hâte le Dauphin à Marie-Anne de Bavière sans la consulter, car le Dauphin était épris d'une autre femme. Elle fut très en colère car elle souhaitait qu'il épouse Marie-Antoinette d'Autriche, la fille de sa demi-sœur l’impératrice Marguerite-Thérèse d'Autriche. Marie-Thérèse devient alors jalouse de sa belle-fille, d'autant plus qu'elle trouvait que les festivités données pour son mariage sont moins grandioses que ce que l’on a fait pour la dauphine.[4]

À partir de l'été 1680, sous l'influence de Madame de Maintenon, Louis XIV se rapprocha de son épouse, qu'il avait publiquement délaissée. « La reine est fort bien à la cour », remarquera Madame de Sévigné. Marie-Thérèse, comblée de bonheur et émue par les attentions inattendues de son volage époux dira : « Dieu a suscité Madame de Maintenon pour me rendre le cœur du roi ! Jamais il ne m'a traitée avec autant de tendresse que depuis qu'il l'écoute ! ».

Le 6 mai 1682, la Cour s'installe définitivement à Versailles. Marie-Thérèse est alors bientôt grand-mère d'un petit duc de Bourgogne qui né le 6 août 1682.

Décès[modifier | modifier le code]

Tombeau de Marie-Thérèse d'Autriche à la basilique Saint-Denis, où la plupart des monarques français sont inhumés.

Mais Marie-Thérèse ne profita guère de ce regain de faveur. Le 20 juillet 1683, au retour d'une tournée royale des forteresses édifiées par Vauban en Bourgogne, un abcès à son bras gauche lui a été découvert. Violacé et purulent, il n'est pas incisé mais combattu vainement par des saignées et des emplâtres humides, qui affaiblissent Marie-Thérèse. [7]

Le , à 3 heures de l'après-midi la reine succombe sans qu'on ait eu le temps de lui administrer l'extrême onction. Ses derniers mots sont : « Depuis que je suis reine, je n'ai eu qu'un seul jour heureux ». Louis XIV aurait dit de cette mort : « Voilà le premier chagrin qu'elle me cause »[8].

Marc-Antoine Charpentier compose pour ses funérailles une fresque musicale grandiose (H.409, H.189, H.331). Lully fait entendre son Dies irae et son De profundis, Bossuet prononce son oraison funèbre. Guère plus de deux mois après ces grandes cérémonies, le roi épouse secrètement sa dernière maîtresse qu'il surnommait dans le privé « sainte Françoise » : Madame de Maintenon. Cette dernière affecte de porter le deuil et de montrer une mine déconfite, alors que le roi renoua presque aussitôt avec les divertissements[7].

Lorsque les tombes royales de la basilique Saint-Denis furent saccagées pendant la Révolution française, leur tombe fut ouverte et pillée, le 15 octobre 1793, et leurs restes enterrés dans une fosse commune à l'extérieur de l'église. Lors de la restauration des Bourbons, après 1815, les ossements et les cendres enterrés dans les deux fosses à l'extérieur de la basilique ont été récupérés et, ne pouvant plus être attribués nominativement, ont été inhumés ensemble dans un ossuaire de la crypte.

Après sa mort, l'atmosphère change radicalement à la Cour ; les fêtes s'espacent et disparaissent peu à peu et, sous l'influence de Madame de Maintenon, la Cour devient beaucoup plus pieuse et stricte. La duchesse d'Orléans, Élisabeth-Charlotte de Bavière, se plaint de cette situation dans ses lettres[9].

Profil et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Personnalité[modifier | modifier le code]

Anne d'Autriche avec le Dauphin et la Reine Marie-Thérèse

Marie-Thérèse était timide, charitable, gourmande et superstitieuse. D'un caractère effacé, elle passait la plupart de son temps libre avec ses dames de compagnie qui l'ont suivie depuis l'Espagne, ses nains, ses petits chiens et son chocolat. Elle chaussait des talons très hauts pour compenser sa petite taille mais ils la faisaient souvent tomber, elle persistait pourtant à les porter, ce qui lui attirait les moqueries des courtisans. Elle a aussi une passion pour le jeu, et y perd des sommes considérables. Lorsqu'elle joue, il lui arrive d'oublier d'aller à la messe[3].

Malgré sa timidité, la reine ne se laissait pas faire. Elle tenait tête à sa belle-mère Marie-Anne d'Autriche à la Cour d'Espagne, et bien qu'elle suivait la plupart du temps les décisions du roi, quand celui ci aller contres ses intérêts elle se mettait en colère. Elle résistait aussi tant bien que mal aux maîtresses de son mari en rappelant son rang et ses origines.[6]

Marie-Thérèse pris son rôle de mère au sérieux, ce qui est rare à l'époque. Elle apporte son soutien à Jacques-Bénigne Bossuet, chargé de l’instruction du Dauphin, comme en témoigne leur correspondance : « Ne souffrez rien, Monsieur, dans la conduite de mon fils, qui puisse blesser la sainteté de la religion qu’il professe, et la majesté du trône auquel il est destiné. »[10]

La reine craignait les esprits. La nuit, même avec le roi à ses côtés, une femme lui racontait des histoires pour l'endormir et lui tenait la main toute la nuit. Même lorsque le roi souhaitait remplir son devoir conjugal, cette femme restait présente[7].

Marie-Thérèse et Louis XIV s'entendaient bien malgré des disputes à cause des tromperies de ce dernier. Elle le suivait dans ces déplacements et à chaque fête le couple royal ouvrait le bal avec quelques pas de danses, bien que Marie-Thérèse se retirait rapidement en raison de sa maladresse. Par ailleurs Louis XIV finissait toujours ses nuits dans le lit de son épouse en gage de fidélité[6].

Le roi de France avait une confiance absolue envers son épouse, qu'il savait loyale. Contrairement à d'autres reines d'origine étrangère, comme Anne d'Autriche dans sa jeunesse , Marie-Thérèse ne complotera jamais contre les intérêts de la France[11].

Physique[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse était une petite femme joufflue, qui était tout à fait dans les standards de beauté de l'époque, à savoir une peau claire et des cheveux blonds. Grâce à sa mère, elle a échappé aux traits typiques du visage des Habsbourg espagnols provoqués par la consanguinité (prognathisme habsbourgeois). La reine avait de mauvaises dents puisqu'elle aimait manger des sucreries et boire du chocolat chaud [6].

Contrairement aux autres enfants de Philippe IV qui souffraient de maladies héréditaires, elle jouissait d'une bonne santé qu'elle conserva jusqu'à sa mort.

Hommages[modifier | modifier le code]

Maison de l'Infante où Marie-Thérèse et sa suite séjourneront avant son mariage.

Elle a reçu de la part du pape Clément IX la rose d'or en 1668 pour la naissance de son fils, le Dauphin[12].

La rue Thérèse dans le 1er arrondissement de Paris a été nommée en son honneur.

La Maison de l'Infante ainsi que la rue de l'Infante et le quai de l'Infante à Saint-Jean-de-Luz ont été nommés en son honneur.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Apparition dans l'art[modifier | modifier le code]

Sa première apparition dans une œuvre cinématographique est dans Si Versailles m'était conté... où elle est jouée par Jany Castel. En , Marie-Thérèse est jouée par l'actrice Nathalie Cerda dans le film Vatel, un banquet pour le roi, de Roland Joffé. La reine a aussi été jouée par l'actrice française Elisa Lasowski dans la série télévisée Versailles en .

Elle a aussi était peinte de nombreuses fois en sa qualité d'infante d'Espagne puis de reine de France. Les peintures d'elles les plus célèbres sont les portraits réalisés par Diego Vélasquez durant le début des années 1650. Ces portraits sont exposés dans les plus grand musées du monde comme le Metropolitan Museum of Art à New York, le Musée d'art de Philadelphie ou encore au Louvre, à Paris. Un des ces tableaux à était envoyés à Anne d'Autriche pour lui montrer à quoi ressembler sa jeune nièce.

Légende de la Mauresse de Moret[modifier | modifier le code]

Selon une hypothèse travaillée par les écrivains du XIXe siècle, dont Victor Hugo, Marie-Thérèse aurait était la mère d'une nonne noire, Louise Marie Thérèse, dit la Mauresse de Moret. Elle se prétendait d'être de sang royal et cette femme reçu beaucoup d'honneur de la part de Louis XIV pour une simple religieuse. La théorie est que le troisième enfant de la reine, Marie-Anne de France, était noire. Le père serait un nain noir de la reine "Nabo". Pour cacher le scandale, la fille est déclarée morte mais elle est en réalité confiée à un couvent.

Cependant, il est aujourd'hui admis que Marie-Thérèse n'a pas pu être mère de la Mauresse de Moret. En effet avec l'éducation très stricte et religieuse qu'elle a reçu, il lui était impensable de faire un enfant avec une autre personne que le roi. De plus, les accouchements des reines se faisaient en public, et aucun ambassadeur étrangers n'a mentionné une fille noire. Il est évident que si la reine avait réellement accouché d'une fille noire, la nouvelle se serait diffusé à travers toute l'Europe par l'intermédiaires de ces derniers.[13]

En réalité, Marie-Anne était née suite à un accouchement très difficile pour la reine. Suite à une dispute avec Louis XIV, elle accouche à seulement 8 mois de grossesse le 16 novembre 1664. [14]La petite princesse très chétive et prématurée, était violacée suite à des difficultés respiratoires ( ce qui est à l'origine des rumeurs qu'elle serait noire). Mère et fille sont toutes deux victimes de violentes convulsion. On craint alors que les deux princesses décèdent, et c'est finalement la petite Marie-Anne qui meurt d'une crise de convulsion.[3]

Aujourd'hui, les historiens s'accordent à dire que la Mauresse de Moret est soit une fille illégitime de Louis XIV, soit une fille parrainée par le couple royal.

Descendance[modifier | modifier le code]

La reine Marie-Thérèse et son fils le Dauphin de France, Charles Beaubrun, 1663-1666.

Marie-Thérèse et Louis XIV ont eu six enfants ensemble, trois fils et trois filles. En raison de la consanguinité entre les deux époux, ils sont doubles cousins germains, seul l'aîné, atteindra l'âge adulte. Durant ses grossesses, elle se déplaçait exclusivement en chaise à porteurs par peur de mourir comme sa mère, qui est morte des suites d'une fausse couche. [15]

  1. Louis de France (1661-1711) dit le "Grand Dauphin" (1er novembre 1661 - 14 avril 1711)
  2. Anne-Élisabeth de France (18 novembre 1662 - 30 décembre 1662)
  3. Marie-Anne de France (16 novembre 1664 - 26 décembre 1664)
  4. Marie-Thérèse de France (1667-1672), dite "Madame Royale" (2 janvier 1667 - 1er mars 1672)
  5. Philippe-Charles de France (11 août 1668 - 10 juillet 1671), duc d'Anjou (1668-1671)
  6. Louis-François de France (14 juin 1672 - 4 novembre 1672), duc d'Anjou (1672)

Elle est la grand-mère paternelle de Philippe de France, duc d'Anjou (1683-1746), qui succède à Charles II sur le trône d'Espagne, en 1700, sous le nom de Philippe V, grâce aux droits de succession qu'elle transmet à la Maison de Bourbon.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’Autriche car issue de la Maison de Habsbourg en Espagne, ],
  2. « Marie-Thérèse d’Autriche », sur Château de Versailles, (consulté le 25 avril 2020)
  3. a b c d et e Bruno Cortequisse, Madame Louis XIV : Marie-Thérèse d'Autriche, Paris, Perrin, , 195 p. (ISBN 2-262-00876-0)
  4. a et b « Marie-Thérèse d'Autriche, la reine effacée », sur Histoire et Secrets, (consulté le 23 juillet 2021)
  5. « Les fêtes des Plaisirs de l’Île Enchantée », sur Château de Versailles, (consulté le 28 février 2021)
  6. a b c et d Joëlle Chevé, Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV, Paris, Pygmalion, , 560 p., Pages 366-367
  7. a b et c Petites histoires des grands de France, Jean-Pierre Rorive, Jourdan Éditeur, 2005.
  8. Marc Lefrançois, Histoires insolites des Rois et Reines de France, City Edition, , p. 33
  9. Princesse Charlotte-Élisabeth de Bavière Palatine, Lettres de la princesse Palatine, Mercure de France, , 736 p. (ISBN 2-7152-2180-0)
  10. « Marie-Thérèse d’Autriche », sur Château de Versailles, (consulté le 24 juillet 2021)
  11. « Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV », sur www.canalacademie.com (consulté le 28 février 2021)
  12. « L'étonnante histoire du cadeau du Pape à Notre-Dame de Fatima », sur Aleteia, (consulté le 28 février 2021)
  13. Paris Match, « Enigmes de l’Histoire (2/4) – La reine Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, a-t-elle vraiment eu un bébé noir? », sur parismatch.com (consulté le 24 juillet 2021)
  14. « Histoire et Secrets.com - Découvrez l'Envers de l'Histoire et ses Secrets... - Les enfants royaux - 04.Marie-Anne, fille de Louis XIV », sur web.archive.org, (consulté le 24 juillet 2021)
  15. Plume d'histoire, « Lien du sang : le drame de Louis XIV et Marie-Thérèse »,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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