Marchais (Aisne)

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Marchais
Marchais (Aisne)
Le monument aux morts devant l'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Laon
Intercommunalité Communauté de communes de la Champagne Picarde
Maire
Mandat
Christophe Hanon
2020-2026
Code postal 02350
Code commune 02457
Démographie
Gentilé Marchaisien(ne)s
Population
municipale
435 hab. (2017 en augmentation de 15,08 % par rapport à 2012)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 35′ 04″ nord, 3° 49′ 03″ est
Altitude Min. 70 m
Max. 110 m
Superficie 15,3 km2
Élections
Départementales Canton de Guignicourt
Législatives Première circonscription
Localisation
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Marchais
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Marchais
Liens
Site web http://mairie-marchais.e-monsite.com/

Marchais est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont les Marchaisiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Marchais provient du mot latin mercasius qui signifie marais, en effet ce village a longtemps été entouré de marécages, avant l'assèchement du bassin au XVIe siècle.

Le village possède le « Domaine du Prince ou Château de Marchais » habité par la famille Grimaldi de Monaco.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune de Marchais est membre de la communauté de communes de la Champagne Picarde, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[1].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Laon, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France[2]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Guignicourt pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[2], et de la première circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[3].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1875   Bernier[4]    
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1995 ? Sylla Poindron    
mars 2001 mars 2008 Bernard Immery    
mars 2008[5] mai 2020 Gérard Gaigne DVG Retraité de l'enseignement
Réélu pour le mandat 2014-2020[6]
mai 2020 En cours
(au 28 mai 2020)
Christophe Hanon    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[8].

En 2017, la commune comptait 435 habitants[Note 1], en augmentation de 15,08 % par rapport à 2012 (Aisne : -1,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
422466428526554586666675657
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
679656635608606571557549504
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
475493513501510509474501430
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
374392343384364381364379423
2017 - - - - - - - -
435--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Le château de Marchais[modifier | modifier le code]

Le château de Marchais.

Un premier château exista à Marchais au Moyen Âge. Il datait, croit-on, de la première croisade et appartenait au baron d'Eppes.

Avec le développement du pèlerinage de Notre-Dame de Liesse, le château devint une étape pour les rois de France qui se rendaient non loin de là, à la Basilique de Notre-Dame-de-Liesse. Le premier fut Charles VI, puis vinrent Louis XI, François Ier le et en 1538.

En grande partie ruiné, le château fut reconstruit vers 1540 par Nicolas de Boussu, ou Bossut,, comte de Longueval, surintendant des finances de François Ier, gouverneur de Champagne et de Brie[11]. Situé dans un lieu autrefois marécageux, arrosé par la rivière de la Souche, son domaine est cerné de canaux en eaux.

Les Lorraine-Guise et les Condé[modifier | modifier le code]

En 1553, cette demeure et son domaine sont achetés à son fils par Charles de Lorraine-Guise, cardinal et archevêque de Reims, qui y accueille Henri II accompagné par la reine et ses fils, le . Charles de Lorraine accroît le domaine par plusieurs acquisitions et fait embellir le château de Marchais par le Primatice, architecte des Lorraine-Guise, tout comme il fait embellir son domaine de Meudon.

Henri II revient à Marchais en 1557 pour préparer la levée du Siège de Saint-Quentin puis en pour passer en revue les troupes du duc de Guise, troupes qui s'étendaient alors à une lieue et demie autour du château. Henry II déjà venu deux fois avec son père revient en 1559 lors de son pèlerinage à Notre-Dame de Liesse. Charles IX séjourna trois fois au château, la première après son sacre à Reims, puis en 1564 et 1566, chaque fois accompagné par la reine-mère Catherine de Médicis.

Au cardinal de Lorraine, mort en 1574, succède son neveu, Henri 1er de Lorraine-Guise, puis le fils de celui-ci, Charles 1er de Lorraine-Guise puis sa veuve, Henriette-Catherine de Joyeuse, et leur fille, Marie de Lorraine-Guise[12].

Le domaine eut beaucoup à souffrir des réformés qui occupaient le pays Laonnois et le ravagèrent plusieurs fois avant que la duchesse de Joyeuse l'eut en douaire et le remit en état d'accueillir, en 1602, la reine de France Marie de Médicis, venue à Liesse remercier Notre-Dame, patronne des rois de France, pour la naissance de Louis XIII.

À la mort de Marie de Lorraine-Guise, en 1688, le domaine de Marchais et Liesse passe à ses cousines la princesse de Condé et sa sœur, la duchesse de Hanovre, qui le vendent finalement en 1719. L'acquéreur est le petit-fils de la princesse de Condé, Louis IV Henri de Bourbon-Condé, alors époux de Marie-Anne de Bourbon-Conti. Cette dernière décède prématurément en 1720 et Marchais passe à son héritière, sa sœur, Louise Adélaïde de Bourbon-Conti, « Mademoiselle de La Roche sur Yon ».

Cette dernière vint à Marchais en 1730[13].

D'une famille princière à une autre[modifier | modifier le code]

En 1738, elle vend le domaine de Marchais et Liesse à Georges René Binet, seigneur de Saint-Preuve, de Boisgiroult, valet de chambre du Roi Louis XV. En 1740, Georges-René Binet obtient l'érection par Louis XV de la seigneurie de Marchais et Liesse en baronnie. En 1747, il donne cette baronnie à son fils, Eustache Gérard Binet, seigneur de Sainte-Preuve, gouverneur du château du Louvre et de la tour de Cordouan, lors de son mariage. À son décès, sans postérité, en 1780, Marchais passe à sa veuve, Elisabeth Josephe de Laborde, fille du fermier général Jean-François de Laborde. Elle se remarie en 1781 avec Charles Claude Flahaut de La Billarderie, directeur des bâtiments du Roi Louis XVI[14].

En 1801, elle vend le domaine de Marchais à Pierre-François Aumont, marchand de chevaux à Caen, mort en 1802. L'année suivante, son domaine de Marchais est acheté par le banquier Médard Desprez.

Lorsque ce dernier fait faillite, en 1807, Marchais est repris par l'un de ses créanciers, Frédéric de Pourtalès, qui n'y habite pas.

En 1821, Frédéric de Pourtalès reçoit à Marchais la duchesse de Berry, venue à Notre-Dame de Liesse remercier la Vierge pour la naissance de son fils, le duc de Bordeaux.

En 1837, il revend le domaine au comte Achille Joseph Delamare. Ce dernier fait faire d'importants travaux de remise en état et de réaménagement au château. Il fait redessiner le parc à l'anglaise.

Les princes de Monaco[modifier | modifier le code]

Confronté à des difficultés financières, le comte Delamare revend le domaine de Marchais en 1854 à la princesse Antoinette de Monaco, née Antoinette de Mérode-Westerloo, épouse du prince Charles III de Monaco[15].

D'origine belge, la princesse apprécie, avec son époux, le séjour de Marchais, où a lieu, en 1869, le mariage de leur fils, le futur prince Albert 1er.

Après le décès du prince Charles III, survenu à Marchais en 1889, son fils, le prince Albert 1er organise de nombreuses chasses sur le domaine, y recevant notamment le Roi Charles 1er de Portugal.

Scientifique, le prince Albert 1er fait de Marchais, comme de Monaco, un centre des sciences.

C'est dans cette propriété qu'en juin 1906, Maurice Léger s'installe pour mettre au point son prototype d'hélicoptère. Il décollera de 80 cm, avec un pilote à bord le , et ses essais prometteurs s'arrêteront là.

Durant la Première Guerre mondiale, le domaine est occupé par un état-major allemand et subit de nombreuses déprédations, mais échappe à la destruction.

A la fin de 1914, le prince Albert 1er est sollicité pour acquitter partie d'une rançon de 500 000 francs exigée par les prussiens aux communes de Sissonne et Marchais[16].

Au prince Albert 1er, succède son fils, le prince Louis II, puis la fille de celui-ci, la princesse Charlotte de Monaco[17], inhumée à Marchais, à son décès, en 1977.

Le domaine appartient toujours à la famille Grimaldi de Monaco.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « communauté de communes de la Champagne Picarde - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le 20 avril 2020)
  2. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Marchais », sur le site de l'Insee (consulté le 20 avril 2020).
  3. « Découpage électoral de l'Aisne (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le 20 avril 2020).
  4. Almanach-Annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de L'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, de 1876, p172.
  5. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  6. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 4 août 2014)
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  11. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 246-258
  12. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 258-264
  13. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 264-270
  14. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 270-273
  15. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 273-274
  16. Paul Tranquart, « Comment le château de Marchais faillit être brûlé pendant la guerre par les allemands », Bulletin de la Société historique de haute-Picardie, tome IV,‎ , p. 93-99 (lire en ligne)
  17. Maxime de Sars, Le Laonnois féodal, tome 3, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , p. 274-276

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]