Pierre Mignard

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Pierre Mignard
Mignard-autoportrait.jpg

Pierre Mignard, Portrait de l'artiste (1612-1695), 1690,
Paris, musée du Louvre.

Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Maîtres
Mouvement
Fratrie

Pierre Mignard, né à Troyes le et mort à Paris le est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tout d'abord destiné à la médecine, Pierre Mignard entre en 1624 dans l'atelier du peintre Jean Boucher à Bourges. De retour à Troyes, il travaille chez un sculpteur nommé François Gentil avant de partir pour Fontainebleau - capitale des arts de l'époque - où il étudie Le Primatice, Rosso Fiorentino et Martin Fréminet. Il peint la chapelle du château de Coubert-en-Brie pour le maréchal de Vitry qui le prend sous sa protection et l'emmène à Paris où il devient l'élève de Simon Vouet, et rencontre Charles Le Brun[2], Eustache Le Sueur et Charles-Alphonse Du Fresnoy avec qui il se lie.

En 1635 il part pour Rome où il rencontre Nicolas Poussin, peut-être le peintre Sassoferrato et Anna Avolara, fille d'un architecte, dont il s'éprend mais qu'il n'épousera qu'en 1660 à la suite d'obstacles divers. Devenu célèbre à Rome, il est naturellement rappelé en France par Louis XIV en 1657. Sur le chemin de Paris, il rencontre Molière à Avignon chez son frère Nicolas Mignard, dont l'épouse avait hérité d'un des principaux jeux de paume d'Avignon où jouaient les troupes de passage. Les deux hommes deviennent amis et Mignard commence par peindre un portrait de Molière intime (Molière, vers 1658, Chantilly, musée Condé[3]), d'un esprit éloigné de celui que son frère Nicolas avait peint quelque temps auparavant (Molière (1622-1673) dans le rôle de César, dans « La Mort de Pompée », tragédie de Corneille, 1656, Paris, musée Carnavalet[4]). De son côté, en 1669, Molière composera La Gloire du Val-de-Grâce, un éloge en vers du chef-d'œuvre de Mignard, La Gloire des Bienheureux, fresque ornant le dôme de l'église du Val-de-Grâce à Paris, commandée en 1663 par Anne d'Autriche pour un montant de 35 000 livres.

Mignard partage sa carrière entre le portrait – notamment auprès de la société aristocratique du royaume – et les grandes compositions décoratives. Il peindra notamment au château de Versailles. En juin 1687, il est anobli par le roi qui, en 1690 – à la mort de Charles Le Brun – le nomme son premier peintre, en fait le directeur des manufactures royales et le fait entrer à l'Académie royale de peinture et sculpture au poste de directeur.

À sa mort, on fit à Pierre Mignard de grandes funérailles à l'église Saint-Roch et il fut enterré aux couvent des Jacobins à Paris. Il avait eu quatre enfants. Sa fille Catherine épousera en 1696 le comte de Feuquières.

Pierre Mignard, dit Le Romain, par Jean-Baptiste Joseph Debay on the Aile Henri IV du Louvre

Au vu du caractère un peu mièvre parfois attribué à sa peinture, un rapport s'est établi entre son nom et l'adjectif « mignard » ou le mot « mignardise », dérivés péjoratifs de « mignon »[5]. Ce rapprochement n'est toutefois qu'une coïncidence et n'a aucune justification étymologique (le terme « mignard » étant attesté avant la carrière de Pierre Mignard). Il reste un des plus célèbres peintres classiques français : ami des beaux esprits de son temps (outre Molière, citons La Fontaine, Racine ou Boileau), on lui doit des portraits de Bossuet, de Jacques de Cordon d'Evieu, de la princesse Palatine, de la duchesse de Châtillon, de la comtesse de Fiesque, de Julie d'Angennes, de Mlle de Montpensier, de Mlle de Valois et de la grande-duchesse de Toscane, de Mme de la Sablière, de la duchesse de Brissac, de la duchesse de Ventadour, de Mme de Montespan, de Mlle de La Vallière, de Mme de Sévigné, de Mlle de Grignan, de Mlle de Fontanges et de Mme de Tencin. Il a par ailleurs peint dix fois Louis XIV.

Postérité[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musées français[modifier | modifier le code]

Musées étrangers[modifier | modifier le code]

Pierre Mignard vu par Saint-Simon[modifier | modifier le code]

La Gloire des Bienheureux, fresque du dôme de l'église du Val-de-Grâce à Paris.

Le mémorialiste juge l'artiste et son œuvre :

« La perte de deux hommes illustres fit plus de bruit que celle de ces deux grandes dames : [de] La Fontaine si connu par ses fables et ses contes, et toutefois si pesant en conversation, et de Mignard si illustre par son pinceau. Il avait une fille unique parfaitement belle. C'était sur elle qu'il travaillait le plus volontiers, et elle est répétée en plusieurs de ces magnifiques tableaux historiques qui ornent la grande galerie de Versailles et ses deux salons, et qui n'ont pas eu peu de part à irriter toute l'Europe contre le roi, et à la liguer plus encore contre sa personne que contre son royaume. »

- Saint-Simon, Mémoires, Éditions La Pléiade, 1959, tome I, p. 232.

La Gloire du Val-de-Grâce 1669, ode de Molière[modifier | modifier le code]

(Extrait)

« Dis-nous fameux Mignard par qui te sont versées
Les charmantes beautés de tes nobles pensées,
Et dans quel fonds tu prends cette variété
Dont l'esprit est surpris et l'œil est enchanté :
Dis-nous quel feu divin, dans tes fécondes veilles,
De tes expressions enfante les merveilles,
Quels charmes ton pinceau répand dans tous ses traits,
Quelle force il y mêle à ses plus doux attraits,
Et quel est ce pouvoir qu'au bout des doigts tu portes,
Qui sait faire à nos yeux vivre des choses mortes.
Et, d'un peu de mélange et de bruns et de clairs,
Rendre esprit la couleur, et les pierres des chairs.
Tu te tais, et prétends que ce sont des matières
Dont tu dois nous cacher les savantes lumières;
Et que ces beaux secrets, à tes travaux vendus,
Te coûtent un peu trop pour être répandus:
Mais ton pinceau s'explique et trahit ton silence;
Es venu déployer les précieux trésors.... »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de l'Aube, Ville de Troyes, église Saint-Jean, registre années 1610-1618, p. 35, acte 7.
  2. Bien plus tard les deux hommes seront en situation de rivalité ouverte.
  3. « Molière », base Joconde, ministère français de la Culture
  4. « Molière (1622-1673) dans le rôle de César, dans « La Mort de Pompée », tragédie de Corneille », base Joconde, ministère français de la Culture
  5. Le Robert - Dictionnaire historique de la Langue Française, (ISBN 2-85036-187-9)
  6. « La sainte famille », base Joconde, ministère français de la Culture
  7. « Madame Deshoulières », base Joconde, ministère français de la Culture
  8. « Molière », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Le cardinal Mazarin », base Joconde, ministère français de la Culture
  10. Cardinal Mazarin L'Histoire par l'Image
  11. « La délivrance d'Andromède », base Joconde, ministère français de la Culture
  12. « Portrait de l'artiste », base Joconde, ministère français de la Culture
  13. « Saint Luc peignant la Vierge », base Joconde, ministère français de la Culture
  14. « Vénus et Vulcain », base Joconde, ministère français de la Culture
  15. Mariage mystique de sainte Catherine
  16. Colin Eisler, La peinture au musée de l'Ermitage, Paris, La Martinière, , 655 p. (ISBN 2-7324-2283-5), p. 270
  17. La magnanimité d'Alexandre le grand
  18. La Marquise de Seignelay
  19. Dieu le père
  20. Saint Jean-Baptiste
  21. Philippe de Bourbon, enfant

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Mignard, premier peintre du roy, dans Charles Perrault, Des hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, tome 2, 1700, p. 91-92 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]