Pierre Mignard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pierre Mignard (homonymie).
Pierre Mignard
Mignard-autoportrait.jpg

Pierre Mignard, Portrait de l'artiste (1612-1695), 1690,
Paris, musée du Louvre.

Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris
Nationalité
Activités
Mouvement
Œuvres réputées

Pierre Mignard, né à Troyes le et mort à Paris le est un artiste-peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Gloire des Bienheureux, fresque du dôme de l'église du Val-de-Grâce à Paris.
La Vierge aux raisins, Paris, musée du Louvre.

Tout d'abord destiné à la médecine, Pierre Mignard entre en 1624 dans l'atelier du peintre Jean Boucher à Bourges. De retour à Troyes, il travaille chez un sculpteur nommé François Gentil avant de partir pour Fontainebleau - capitale des arts de l'époque - où il étudie Le Primatice, Rosso Fiorentino et Martin Fréminet. Il peint la chapelle du château de Coubert-en-Brie pour le maréchal de Vitry qui le prend sous sa protection et l'emmène à Paris où il devient l'élève de Simon Vouet, et rencontre Charles Le Brun[2], Eustache Le Sueur et Charles-Alphonse Du Fresnoy avec qui il se lie.

En 1635 il part pour Rome où il rencontre Nicolas Poussin, peut-être le peintre Sassoferrato et Anna Avolara, fille d'un architecte, dont il s'éprend mais qu'il n'épousera qu'en 1660 à la suite d'obstacles divers. Devenu célèbre à Rome, il est naturellement rappelé en France par Louis XIV en 1657. Sur le chemin de Paris, il rencontre Molière à Avignon chez son frère Nicolas Mignard, dont l'épouse avait hérité d'un des principaux jeux de paume d'Avignon où jouaient les troupes de passage. Les deux hommes deviennent amis et Mignard commence par peindre un portrait de Molière intime (Molière, vers 1658, Chantilly, musée Condé[3]), d'un esprit éloigné de celui que son frère Nicolas avait peint quelque temps auparavant (Molière (1622-1673) dans le rôle de César, dans « La Mort de Pompée », tragédie de Corneille, 1656, Paris, musée Carnavalet[4]). De son côté, en 1669, Molière composera La Gloire du Val-de-Grâce, un éloge en vers du chef-d'œuvre de Mignard, La Gloire des Bienheureux, fresque ornant le dôme de l'église du Val-de-Grâce à Paris, commandée en 1663 par Anne d'Autriche pour un montant de 35 000 livres.

Mignard partage sa carrière entre le portrait - notamment auprès de la société aristocratique du royaume - et les grandes compositions décoratives. Il peindra notamment au château de Versailles. En juin 1687, il est anobli par le roi qui, en 1690 – à la mort de Le Brun – le nomme son premier peintre, en fait le directeur des manufactures royales et le fait entrer à l'Académie royale de peinture et sculpture au poste de directeur.

À sa mort, on fit à Pierre Mignard de grandes funérailles à l'église Saint-Roch et il fut enterré aux couvent desJacobins à Paris. Il avait eu quatre enfants. Sa fille Catherine épousera en 1696 le comte de Feuquières.

Au vu du caractère un peu mièvre parfois attribué à sa peinture, un rapport s'est établi entre son nom et l'adjectif « mignard » ou le mot « mignardise », dérivés péjoratifs de « mignon »[5]. Ce rapprochement n'est toutefois qu'une coincidence et n'a aucune justification étymologique (le terme « mignard » étant attesté avant la carrière de Pierre Mignard). Il reste un des plus célèbres peintres classiques français : ami des beaux esprits de son temps (outre Molière, citons La Fontaine, Racine ou Boileau), on lui doit des portraits de Bossuet, de Jacques de Cordon d'Evieu, de la princesse Palatine, de la duchesse de Châtillon, de la comtesse de Fiesque, de Julie d'Angennes, de Mlle de Montpensier, de Mlle de Valois et de la grande-duchesse de Toscane, de Mme de la Sablière, de la duchesse de Brissac, de la duchesse de Ventadour, de Mme de Montespan, de Mlle de La Vallière, de Mme de Sévigné, de Mlle de Grignan, de Mlle de Fontanges et de Mme de Tencin. Il a par ailleurs peint dix fois Louis XIV.

Mignard a sa statue parmi la série des Hommes illustres du palais du Louvre.

Il y a une plaque commémorative au 23 rue de Richelieu, Paris 1er, là où Pierre Mignard est mort.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pierre Mignard vu par Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Le mémorialiste juge l'artiste et son œuvre :

« La perte de deux hommes illustres fit plus de bruit que celle de ces deux grandes dames : [de] La Fontaine si connu par ses fables et ses contes, et toutefois si pesant en conversation, et de Mignard si illustre par son pinceau. Il avait une fille unique parfaitement belle. C'était sur elle qu'il travaillait le plus volontiers, et elle est répétée en plusieurs de ces magnifiques tableaux historiques qui ornent la grande galerie de Versailles et ses deux salons, et qui n'ont pas eu peu de part à irriter toute l'Europe contre le roi, et à la liguer plus encore contre sa personne que contre son royaume. »

- Saint-Simon, Mémoires, Éditions La Pléiade, 1959, tome I, p. 232.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]