Prévôt des marchands de Paris

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 Ne doit pas être confondu avec Prévôt de Paris.
Le Prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris.
tableau de Georges Lallemant, 1611, musée Carnavalet.

Sous l'Ancien Régime, le prévôt des marchands de Paris, assisté de quatre échevins, s'occupait de l'approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l'assiette des impôts et avait la juridiction sur le commerce fluvial. Il était élu tous les deux ans et son rôle se rapprochait de celui d'un maire de Paris.

La corporation des nautes — « les marchands de l’eau » — avait obtenu une juridiction installée au XIIIe siècle au « parloir aux Bourgeois » situé près du Panthéon, à l'emplacement de l'actuel n° 20 de la rue Soufflot. Les bourgeois obtinrent un prévôt des marchands dont les compétences étaient limitées au domaine commercial, par opposition à celles du prévôt de Paris, qui était un officier royal, dont la juridiction s'étendait sur Paris et sa « vicomté » (sa banlieue)[1].

La prévôté des marchands de Paris a été instituée sous Philippe Auguste, mais le premier prévôt dont le nom nous soit connu est Evrard (ou Evrouin) de Valenciennes, mentionné sous Saint Louis, dans un texte d'avril 1263[1]. Le poste a été supprimé après la prévôté d'Étienne Marcel et la révolte des Maillotins, en 1383. Rétabli en 1412, il n'a plus joué de rôle politique jusqu'à sa disparition en 1789.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance de la prévôté des marchands[modifier | modifier le code]

Moulage du sceau des marchands de l'eau de Paris de 1210, conservé aux Archives nationales.
Étienne Marcel marque l'apogée des prévôts.
Fin de la prévôté de Paris en 1789.

Au Moyen Âge, les marchands formaient une association et s'étaient donné un règlement dont ils débattaient dans le parloir des marchands et qu'ils chargèrent un prévôt de faire appliquer. La puissante corporation, détentrice depuis 1170 du monopole de l'approvisionnement par voie fluviale, constitua progressivement la municipalité de Paris, sans avoir été investie de la charge par le roi de France.

Le roi Saint Louis décida de réformer la municipalité parisienne : les jurés des marchands de l'eau devinrent des échevins et leur chef prit le titre de prévôt des marchands de Paris. Ainsi, en 1263, la hanse des marchands de l'eau élut une première municipalité composée d'un prévôt des marchands, Évrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins.

La compétence du prévôt des marchands était théoriquement limitée aux affaires de la marchandise, mais la charge acquit progressivement un rôle politique en raison de ses forts liens avec la bourgeoisie parisienne dont il défendit les privilèges auprès de la royauté.

L'élection du prévôt des marchands et des échevins avait lieu le 16 août de chaque année[2] pour deux années non renouvelables. L'élection fut reporté en 1590 en raison du siège de la ville par Henri IV.

Apogée de la prévôté de Paris[modifier | modifier le code]

La prévôté d'Étienne Marcel, qui installa le siège de la municipalité dans la maison des Piliers sur la place de Grève, marqua l'apogée du rôle politique du prévôt. Après son échec, les pouvoirs de la prévôté furent diminués, puis, en 1383 après la révolte des Maillotins, celle-ci fut supprimée et unie à la prévôté de Paris ; les juridictions des métiers étaient alors dissoutes.

Fin de la prévôté de Paris[modifier | modifier le code]

Rétablie en 1412, la prévôté restera dès lors subordonnée au roi. Les prévôts seront de plus recrutés parmi les officiers royaux, chez des gens de justice ou de finance.

Le dernier prévôt des marchands, Jacques de Flesselles, fut assassiné le par les révolutionnaires qui prirent l'hôtel de ville, instaurèrent la première commune de Paris et désignèrent pour le remplacer Jean-Sylvain Bailly avec le titre de maire.

Élection du prévôt des marchands[modifier | modifier le code]

L'élection a lieu le lendemain de l'Assomption, le 16 août. Le prévôt des marchands et les échevins ont demandé aux seize quarteniers de convoquer les dizainiers et cinquanteniers de leur quartier, ainsi que six notables du quartier. Chaque assemblée de quartier désigne, chacune, quatre représentants en son sein. Le prévôt, les échevins, et les quarteniers suivent alors une messe solennelle du Saint-Esprit puis s'assemblent dans la grande salle de l'hôtel de ville. De chacun des seize groupes (un par quartier) sont tirés au sort, dans un chapeau, deux personnes parmi les quatre représentants. Ces trente-deux notables, ajoutés au prévôt, aux quatre échevins, aux vingt-quatre conseillers et aux seize quarteniers, composent une assemblée de soixante-dix-sept votants. C'est ce corps électoral qui choisit, à bulletin secret, dans l'après-midi, le prévôt des marchands et les échevins.

Une fois élu, le prévôt des marchands demande audience au roi, se rend au Louvre en carrosse avec les échevins, vêtus de robes de cérémonie. Il est donné lecture au roi du procès verbal de l'élection puis le prévôt nouvellement élu prête serment « entre les mains de Sa Majesté »[3].

Liste des prévôts des marchands de Paris[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des échevins de Paris.

Pas de prévôt des marchands de 1383 à 1387

Odonymie[modifier | modifier le code]

Plusieurs voies publiques de Paris portent le nom de l’un des prévôts des marchands de Paris[6] :

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Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arié Serper, « L'administration royale au temps de Louis IX », Francia 7, 1979, p. 124, cité dans : Jacques Le Goff, Saint Louis, Gallimard 1996, p. 233.
  2. Histoire du siège de Paris sous Henri IV en 1590 d'après un manuscrit par M.A. DUFOUR, 1881.
  3. Louis Batiffol, La Vie de Paris sous Louis XIII, éditions Calmann-Lévy, 1932, pp. 90-91.
  4. Sire Michel de La Grange, seigneur de Trianon, maître de la chambre aux deniers du roi et général des monnaies.
  5. a et b Famille Boucher d'Orsay.
  6. Alfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, 430 pages, 23 × 12 centimètres, éditeur : Parigramme, 1999 (ISBN 2-84096-116-4), section « Les représentants de ma municipalité », pages 33 et 34.
  7. http://www.v2asp.paris.fr/commun/v2asp/v2/nomenclature_voies/Voieactu/8934.nom.htm  : notice « quai Saint-Michel » du site officiel de la Ville de Paris. Consulté le 28 mai 2014.
  8. Alfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, Parigramme, 1990, 430 p., (ISBN 2-84096-116-4). Est mentionné page 191 (au sein de la section « La « viviruification » : personnages honorés de leur vivant », pages 190 et suivantes) : « Bignon (prévôt des marchands, 1769 ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]