Château du Raincy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château du Raincy
Image illustrative de l'article Château du Raincy
Restitution 3D du point de vue depuis le Belvédère, en 1663.
Période ou style Architecture baroque
Type château
Architecte Louis Le Vau
Propriétaire initial Jacques Bordier
Destination initiale maison de plaisance
Propriétaire actuel personnes privées
Destination actuelle domaine disparu et loti
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-Saint-Denis
Commune Le Raincy

Le château du Raincy est un château, aujourd'hui disparu, qui a été construit entre 1643 et 1650 pour Jacques Bordier, intendant des finances, à l'emplacement d'un ancien prieuré de l'abbaye bénédictine de Tiron sur la route de Paris à Meaux, sur la commune actuelle du Raincy (Seine-Saint-Denis). Il a été détruit en 1819.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le château classique[modifier | modifier le code]

Le château de Jacques Bordier[modifier | modifier le code]

Le château du Raincy du côté de l'entrée.
Le Raincy, Chateau 2.jpg

Louis Le Vau fut chargé de la construction du bâtiment et, selon la tradition, André Le Nôtre des jardins et Charles Le Brun de la décoration intérieure à laquelle travaillèrent également François Perrier, Charles-Alphonse Dufresnoy, Philippe de Buyster et Giovanni-Francesco Romanelli. Entouré de fossés secs et flanqué de cinq pavillons, le château du Raincy était une demeure d'une magnificence royale. Les écuries monumentales pouvaient accueillir 200 chevaux. Le parc de 240 hectares était l'un des plus vastes de la région parisienne. Les travaux coûtèrent la somme fabuleuse de 4.500.000 livres et engloutirent la fortune de Jacques Bordier.

La princesse palatine, Anne de Gonzague de Clèves[modifier | modifier le code]

À sa mort en 1660, le domaine passa à son fils, Hilaire Bordier, qui le vendit en 1663 à la princesse Anne de Gonzague de Clèves, épouse d'Édouard de Bavière (Pfalz-Simmern), prince Palatin du Rhin. À la mort de celle-ci en 1684, le domaine passa à sa fille, Anne de Bavière (1648-1723), épouse d'Henri Jules de Bourbon-Condé, premier prince du sang.

Le marquis de Livry[modifier | modifier le code]

En 1694, celle-ci céda le domaine au marquis de Livry, qui fut autorisé par lettres patentes de 1697 à réunir la seigneurie du Raincy et le marquisat de Livry.

Les duc d'Orléans[modifier | modifier le code]

Louis Philippe d'Orléans[modifier | modifier le code]

Ses héritiers le vendirent en 1769 à Louis Philippe d'Orléans (1725-1785) dit « le Gros », duc d'Orléans. Celui-ci fit transformer le parc à l'anglaise par un paysagiste nommé Pottier et les intérieurs par Henri Piètre.

Philippe Égalité[modifier | modifier le code]

Le parc fut ensuite complètement transformé par le jardinier écossais Thomas Blaikie pour son fils, Louis Philippe Joseph d'Orléans (1747-1793), futur Philippe Égalité, héritier du domaine en 1785. Les fabriques du parc sont connues par de nombreuses gravures et par les tableaux de Carmontelle. La vieille Tour date de la première campagne de travaux, c'est-à-dire de 1777. Les constructions du Chenil, de la Ferme, de la vacherie et de l'orangerie quant à elle eurent lieu au cours des années 1786-1787. Parmi ces fabriques, il faut citer les maisons russes, construites comme des isbas, qui furent particulièrement célèbres.

Après la Révolution : divers occupants[modifier | modifier le code]

M. Sanguin de Livry[modifier | modifier le code]

La Révolution française confisqua le domaine qui fut racheté par M. Sanguin de Livry, petit-fils du marquis de Livry, qui y donna des fêtes célèbres auxquelles participèrent Madame Tallien, Madame Récamier et le danseur Trenitz.

Claude-Xavier Carvillon des Tillières[modifier | modifier le code]

Le château passa ensuite à Claude-Xavier Carvillon des Tillières (1801).

Gabriel-Julien Ouvrard[modifier | modifier le code]

Le munitionnaire Gabriel-Julien Ouvrard, qui louait le château depuis 1799, l'acheta en 1806 mais fit banqueroute l'année suivante. Le château revint à Claude-Xavier Carvillon des Tillières qui le loua au général Junot. À cette époque, le château a été remplacé, dans le courant de la décennie précédente, par une construction néo-classique connue par une gravure de 1808.

Napoléon Ier[modifier | modifier le code]

En 1812, le domaine est racheté par Napoléon Ier.

Laissé à l'abandon, le château fut occupé par l'armée prussienne et dut être détruit en 1819.

Louis-Philippe[modifier | modifier le code]

Le domaine revint alors au duc d'Orléans, futur Louis-Philippe Ier, qui passa au Raincy, jugé plus sûr que son château de Neuilly, la journée du 30 juillet 1830. Par la suite, il ne s'en servit plus que comme terrain de chasse. Les invités logeaient alors dans les maisons russes.

La révolution de 1848 puis le lotissement du parc[modifier | modifier le code]

Le domaine fut saccagé lors de la révolution de 1848 et les décrets du 22 janvier et du 27 mars 1852 en dépossédèrent définitivement la famille d'Orléans pour le faire entrer dans le domaine de l'État. Le parc fut loti sous le Second Empire et forma la commune du Raincy, créée en 1869 par division de la commune de Livry.

De nos jours[modifier | modifier le code]

D'après des documents cartographiques de diverses époques, le château du Raincy se trouvait dans l'axe de l'actuelle avenue de la Résistance, légèrement au sud de la mairie. On y accédait depuis la route de Meaux (actuelle route nationale 3) par une longue allée bordée d'alignements d'arbres, correspondant à l'avenue Jean Jaurès, aux Pavillons-sous-Bois, puis à l'avenue Thiers au Raincy.

Certains des objets qui ornaient le château du Raincy se trouvent aujourd'hui au musée du Louvre, notamment des bustes en marbre de Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Il ne reste rien des bâtiments, sinon quelques très modestes vestiges de certaines fabriques du parc (le chenil, la ferme – actuelle église Saint-Louis –, une partie de l'orangerie), un étang à l'intérieur du lycée, ainsi que les deux pavillons de garde sur la route de Meaux, qui ont donné son nom à la commune des Pavillons-sous-Bois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Marot, Recueil des plans, profils et élévations des [sic] plusieurs palais, chasteaux, églises, sépultures, grotes et hostels bâtis dans Paris et aux environs par les meilleurs architectes du royaume desseignez, mesurés et gravez par Jean Marot, vues 24, 25, 26, 27, 28 et 29 (Voir)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]