Château de Bercy

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Château de Bercy
image illustrative de l’article Château de Bercy
Période ou style Classique
Type château
Architecte François Le Vau, Jacques de La Guépière
Début construction 1658
Fin construction 1715
Propriétaire initial Charles-Henri de Malon de Bercy, marquis de Nointel
Destination initiale maison de plaisance
Destination actuelle détruit en 1861
Protection  Inscrit MH (1959)
Logo monument historique Classé MH (1966)
Coordonnées 48° 49′ 38,98″ nord, 2° 24′ 04,05″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-de-Marne
Commune Charenton-le-Pont

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Bercy

Le château de Bercy était un château construit au XVIIe siècle et terminé au début du XVIIIe siècle situé à Bercy (dans la partie intégrée à la commune de Charenton-le-Pont en 1860), et qui fut détruit en 1861.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Bercy fut construit à partir de 1658 par l'architecte François Le Vau , frère de Louis Le Vau, l'architecte de Vaux le vicomte et Versailles, pour le compte de Charles-Henri de Malon de Bercy, marquis de Nointel, président au Grand Conseil, mort en 1676. À cette date, seuls le logis central et l'aile orientale du château de Bercy étaient achevés. Les travaux de construction durèrent pendant tout le règne de Louis XIV.

Ils furent poursuivis par le fils de Charles Henri Malon, Anne Louis Jules Malon de Bercy, maître des requêtes, intendant d'Auvergne, puis de Bourbonnais et de Lyon, premier directeur de la Compagnie française des Indes orientales, mort en 1706, qui fit bâtir l'aile occidentale, dessiner le parc, au sud, et aménager une vaste avant cour, au nord, sur le côté regardant le château de Vincennes.

Son fils, Charles Henri Malon de Bercy, intendant des finances, puis conseiller d'État, mort en 1742, fit achever les travaux, en particulier les aménagements intérieurs, donnant au château son aspect définitif.

L'architecture du château évolua entre le début des travaux de construction et leur achèvement, une cinquantaine d'années plus tard. Les plans initiaux, en particulier, prévoyaient de vastes espaces intérieurs de représentation, dont l'ampleur fut réduite dans les dernières années du règne de Louis XIV. C'est alors que furent aménagés les décors intérieurs qui faisaient la réputation de l'édifice.

Le site du château s'étendait au bord de la Seine, entre Paris et Charenton. Selon la tradition, l'aménagement du parc était dû à André Le Nôtre.

À la mort de François Le Vau en 1676, le château n'était pas terminé ; c'est l'architecte Jacques de La Guépière qui se chargea de l'achever et de l'agrandir entre 1702 et 1715.

Il construisit notamment les communs et les écuries, en partie conservés (pavillons d'entrée des communs : nos 109 et 114 de l'actuelle rue du Petit-Château à Charenton-Le-Pont ; la rue suit le tracé de l'ancienne allée transversale de l'avant-cour du château).

D’une famille à l’autre[modifier | modifier le code]

Le domaine passa à Alexandrine Charlotte Marie Malon de Bercy (1781-1808 ), épouse de Marie Chrétien, marquis de Nicolay, d'où quatre enfants dont l'un devint marquis de Bercy par adoption de son oncle, et fut transmis finalement à son fils Aymard Marie de Nicolaÿ, dernier propriétaire du château.

Au début du XIXe siècle, l'urbanisation des abords de Paris entraîne l'expropriation successive de plusieurs parcelles du parc. À partir de 1804, des entrepôts de vin sont bâtis le long de cette rive de la Seine. En 1811, les futaies du parc sont abattues. En 1841, deux hectares sont expropriés pour l'aménagement de l'enceinte de Thiers.

En 1847, l'ouverture de la ligne de chemin de fer de Paris à Lyon amène l'expropriation de six autres hectares, celle d'une bande de terrain et le creusement d'une tranchée pour l'aménagement de deux voies ferrées, à quelques dizaines de mètres de la façade sud du château.

Par la suite, ce dernier ne fut plus habité. Quelques années plus tard, son démantèlement fut décidé [1].

Aymard Marie de Nicolaÿ fit alors relever à l'aquarelle par l'architecte Joseph-Antoine Froelicher[2], les principaux décors intérieurs de stuc et de boiseries, ainsi que les façades extérieures (Archives du Château de Brissac).

En juillet 1860, les éléments du décor intérieur sont dispersés aux enchères et le château est détruit en 1861.

Quelques éléments de décor intérieur et de mobilier furent alors regroupés par le marquis de Nicolaÿ au château de Blet (Cher) dont hérita au XXe siècle Jacqueline de Contades, marquise de Brissac.

C'est ainsi qu'une série de fauteuils de style Louis XV, douze portraits des Nicolay, dont celui de l'évêque de Verdun par Alexandre Roslin et celui du duc du Maine en pied et en cuirasse [3], par François de Troy (jadis encastré dans la boiserie du grand salon de Bercy), qui ont intégré les collections du château de Brissac.

Les boiseries des salons, considérées comme parmi les plus remarquables de la fin du style Louis XIV et des styles Régence et Rocaille ont été remontées dans plusieurs demeures prestigieuses françaises : Palais de l’Élysée (no 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris) et dans son annexe, l’hôtel de Hirsch (no 2 rue de l’Élysée) ; à l'hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville (ambassade d'Italie) no 47 rue de Varenne ; no 50 rue des Archives ; au château d'Armainvilliers ; au château de Bizy à Vernon (Eure) ; au château de Craon ; et à l'étranger.

Vestiges du Pâté-Paris dans le parc de Bercy.

Plusieurs statues du parc, loti à partir de 1809, furent installées plus tard dans celui de Bagatelle à Paris, vendues vers 1900 par l'héritier de lady Wallace, décorèrent le château de Bonnemare, et finalement ont été restituées à la Ville de Paris pour réintégrer Bagatelle…

Un peu plus au Nord, juste au bord de la Seine, le financier de Louis XIV, Antoine Paris, l’un des quatre frères Paris, fit construire un pavillon moderne, appelé le Pâté-Paris pour son aspect massif, ou encore le « Petit Bercy », par opposition au « Grand Bercy » qu'était le château.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le château de Bercy s'élevait à hauteur des nos 10-16 de l'actuelle rue Marius-Delcher. Les éléments subsistant, une grande partie des dépendances, font l'objet d'une protection.

Les façades principales et latérales, ainsi que les couvertures correspondantes du no 114 rue du Petit-Château font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [4]. Les façades et toitures du pavillon de chasse de l'ancien château, sauf l'aile en retour, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Deshairs, Le Château de Bercy, architecture et décoration, Paris, Librairie des Arts décoratifs, A. Calavas, sans date [ca 1912], p. IV
  2. Plans et relevés réalisés par l'architecte suisse Joseph-Antoine Froelicher (1790-1866) vers 1860, conservés au Musée du Louvre En ligne
  3. Notice no 04170009318.
  4. a et b Notice no PA00079859, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Deshairs (Léon), Le Château de Bercy. Architecture et décoration, fin du règne de Louis XIV , sans date [ca 1912], Paris, Librairie des Arts décoratifs, A. Calavas éditeur, 1 vol. in f°, V+IV pp., 36 planches en phototypie ;
  • Pons (Bruno), Grands décors français (1650-1800) reconstitués en Angleterre, aux États-Unis, en Amérique du Sud et en France (Dijon, éditions Faton, 1995, notamment p. 48-53, 185-208);
  • Guy Le Goff, C.A.O.A du dépt. du Maine-et-Loire, "Une visite à Brissac" (L'Estampille-L'Objet d'Art" no 248/juin 1991, p. 52, ill. - archives pers.).
  • Archives départementales du Val-de-Marne, fonds Malon de Bercy (cote : 46 J)
  • Plan du Château de Bercy et des Batimens qui en dépendent Situé près Paris sur le Bord de la Rivierre de Seine appartenant à M. C. h. Malon Marquis de Bercy. Le Château a été Bâti sur le dessin du S.r Levau et les Bâtiments des Basse cours sur ceux de M. De la Guepierre Architecte du Roy En ligne
  • Plans dans l'Architecture Française de Mariette reprise par Blondel[réf. nécessaire]

Articles connexes[modifier | modifier le code]