Maximilien-Emmanuel de Bavière

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Maximilien-Emmanuel de Bavière
Maximilien-Emmanuel de Bavière par Joseph Vivien.
Maximilien-Emmanuel de Bavière par Joseph Vivien.
Titre
Électeur de Bavière
Prédécesseur Ferdinand-Marie de Bavière
Successeur Charles VII du Saint-Empire
Gouverneurs des Pays-Bas espagnols
Prédécesseur Francisco Antonio de Agurto
Successeur Isidoro de la Cueva y Benavides
Gouverneurs des Pays-Bas espagnols
Prédécesseur Isidoro de la Cueva y Benavides
Successeur (Pays-Bas autrichiens)
Biographie
Dynastie Wittelsbach
Date de naissance
Lieu de naissance Munich
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Munich
Sépulture Theatinerkirche
Père Ferdinand-Marie de Bavière
Mère Henriette-Adélaïde de Savoie
Conjoint (1) Marie-Antoinette d'Autriche
(2) Thérèse Sobieska
Enfants voir section
Héritier Charles Albert de Bavière

Maximilien-Emmanuel de Bavière

Maximilien II Emmanuel de Bavière (en allemand : Maximilian Emanuel Ludwig Maria Joseph Kajetan Anton Nikolaus Franz Ignaz Felix), électeur de Bavière et chevalier de la Toison d'or, est né à Munich le et mort dans cette même ville le .

Une jeunesse sous influences[modifier | modifier le code]

Fils de l'électeur Ferdinand-Marie et d'Henriette de Savoie, il est le petit-fils de l'empereur Ferdinand II et arrière-petit-fils du roi Henri IV de France.

Il perd sa mère à l'âge de 14 ans. À la mort de son père trois années plus tard (1679), il devient électeur de Bavière. Il n'a alors que 17 ans et ses puissants cousins français et autrichiens, Louis XIV et Léopold Ier, rivalisent pour étendre leur influence sur cet adolescent qui est le premier électeur du Saint-Empire.

Dès l'année suivante, Louis XIV marie son héritier le Dauphin à la sœur de Maximilien, Marie-Anne. En réponse, l'Empereur en 1685 donne en mariage à Maximilien sa fille aînée Marie-Antoinette, qui lui apporte en dot ses droits à la succession espagnole. Ils auront trois fils dont deux meurent en bas âge. Seul survit le dernier, Joseph-Ferdinand, né en 1692. Marie-Antoinette meurt des suites de ses couches à l'âge de 23 ans.

Des alliés dangereux[modifier | modifier le code]

En 1692, le roi Charles II d'Espagne nomme Maximilien gouverneur des Pays-Bas espagnols (de 1692 à 1706). Son principal conseiller était le vice-gouverneur et comte Jean de Brouchoven. Peu après le petit Joseph-Ferdinand de Bavière est reconnu héritier du trône d'Espagne et des possessions espagnoles, que convoitent également les deux beaux-frères et cousins germains du roi d'Espagne : de nouveau le roi de France Louis XIV et l'empereur Léopold Ier. De tous ces prétendants, le jeune infant est d'après Saint-Simon « le plus fort en droit, le plus faible en puissance » ; il meurt subitement l'année suivante, à l'âge de 7 ans, dans des rumeurs d'empoisonnement.

Article détaillé : Succession d'Espagne (1680-1701).

Entretemps (1695), Maximilien s'est remarié à Thérèse Sobieska, la fille du roi Jean III de Pologne son ancien compagnon d'armes ; elle lui donne une nombreuse progéniture, dont Charles Albert qui lui succèdera.

Un capitaine entre France et Empire[modifier | modifier le code]

Valeureux capitaine, il s'illustre devant Vienne contre les Turcs, au cours de la bataille du Kahlenberg (1683) remportée par Charles V de Lorraine. Il récupère la ville de Belgrade au Turcs lors du Siège de Belgrade (1688), avec l'aide du chef de guerre serbe Jovan Monasterlija. C'est sous le gouvernement de Maximilien qu'a lieu le siège et le bombardement de Bruxelles par le maréchal de Villeroy (1695). L'électeur prend une part non négligeable aux travaux de reconstruction de la ville, ainsi qu'à l'édification du théâtre de la Monnaie par Gio Paolo Bombarda.

Durant la guerre de Succession d'Espagne, il choisit le parti du Royaume de France et se rallie à Philippe V d'Espagne, peut-être à cause de la rumeur qui accuse la cour de Vienne dans l'empoisonnement de son fils. Il remporte la première bataille de Höchstädt contre les impériaux du comte de Stirum, avant d'être vaincu par le duc de Marlborough à Ulm et par le prince Eugène à Höchstädt. En compensation à la perte de ses États d’Allemagne, Maximilien-Emmanuel de Bavière reçut la souveraineté de Namur, qui devint ainsi la capitale d’un petit État souverain de 1711 à 1714. Le prince règne avec faste sur son domaine, qui contient aussi le Luxembourg et quelques places hennuyères.

Le conflit, long et sanglant, ne prend fin qu'en 1714. Maximilien-Emmanuel retrouve ses États et son titre de prince-électeur, mais ses espoirs de devenir roi se sont évanouis, ce qui le contrarie d'autant plus que d'autres électeurs ont accédé entretemps à la couronne, à savoir le duc de Saxe, élu roi de Pologne (1697), le margrave de Brandebourg, devenu roi « en » Prusse (1701), et même le duc de Hanovre en 1714 par union personnelle avec le Royaume-Uni.

Les années suivantes sont plutôt calmes : il les emploie à poursuivre l'édification du « nouveau château de Schleissheim » et lance la construction du château de Fürstenried (en). Collectionneur avide, il acquiert pour la somme de 90 000 florins brabançons une collection de 101 tableaux, dont douze toiles de Pierre Paul Rubens, qui constitue aujourd'hui une partie du fonds de l’Alte Pinakothek de Munich. Pour son orchestre, il fait venir les instruments de musique des fournisseurs de la cour de France, notamment Pierre Naust à Paris.

En signe de réconciliation avec les Habsbourg et, peut-être dans l'espoir d'obtenir la succession à l'empire (les Habsbourg n'ayant pas de descendance mâle), il marie son fils Charles-Albert en 1722 avec la fille de l'empereur, Marie-Amélie.

Maximilien-Emmanuel meurt en 1726 d'une attaque d'apoplexie et est inhumé dans la Theatinerkirche à Munich. Son cœur est enchâssé dans un reliquaire d'argent et déposé dans la Gnadenkapelle (en) d’Altötting.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Sculpture réalisée par Giuseppe Volpini (de), vers 1720, Bayerisches Nationalmuseum.

Maximilien épousa le Marie-Antoinette d'Autriche (1669–1692), fille de l'empereur Léopold Ier du Saint-Empire et de Marguerite d'Espagne d'où :

  • Léopold-Ferdinand (1689–1689)
  • Antoine (1690–1690)
  • Joseph Ferdinand, héritier d'Espagne en 1698 (1692–1699)

Veuf en 1692 Maximilien II se fiança à Léopoldine de Palatinat (1679–1693), fille de l’électeur Philippe-Guillaume de Wittelsbach-Neubourg, mais la jeune fille mourut dès l'année suivante avant la célébration des noces.

Maximilien II épousa alors en 1695 Thérèse Sobieska, princesse de Pologne (1676–1730), fille du roi Jean III de Pologne et de Marie Casimire Louise de la Grange d'Arquien d'où :

Il aura également un fils illégitime de sa maîtresse française Agnès Françoise Le Louchier (en) :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]