Pierre Séguier

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Pierre Séguier
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Le Chancelier Seguier en 1660. Peinture par Le Brun

Naissance
Paris
Décès
Saint-Germain-en-Laye
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions
Conjoint
Madeleine Fabry
Descendants
Marie Séguier
Charlotte Séguier
Famille
Série de portraits chez Odieuvre, impression 1744

Pierre Séguier, né le à Paris, et mort le à Saint-Germain-en-Laye[1], est un homme politique et magistrat français, sous Louis XIV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Descendant de Jacques Cœur, Pierre Séguier, seigneur d'Autry, comte de Gien, baron de Villemor et seigneur de Saint-Liébault[2], est fait duc de Villemor (en janvier 1650). Il est le fils de Jean Séguier et petit-fils du magistrat Pierre Ier Séguier (1504-1580), issu d'une famille réputée de juristes, originaire du Quercy. Son père, Jean Séguier, seigneur d'Autry, occupait les fonctions de lieutenant civil de Paris au moment de sa mort prématurée en 1596.

Pierre Séguier, d'abord élève du collège des jésuites de La Flèche, fut élevé par son oncle, Antoine Séguier (1552-1624).

Il épouse Madeleine Fabry, avec qui il eut :

Article détaillé : Généalogie des Séguier.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est président à mortier au parlement de Paris, puis maître des requêtes en 1620.

De 1621 à 1624, il est intendant de Guyenne, ou il se lie étroitement avec le duc d'Épernon. Commençant sa carrière juridique sous Louis XIII comme conseiller au parlement de Paris, il reprend la charge de son oncle Antoine comme président à mortier du parlement de 1624 à 1633. Il revend la charge de président en 1633, ce qui lui assure une fortune conséquente[3]

Pierre Séguier, garde des sceaux en 1633. Médaille par Jean Warin

Le , il est nommé garde des sceaux sous le ministère du cardinal de Richelieu puis, à la mort du chancelier Etienne I d'Aligre, devient chancelier de France ; il prête serment le [4]. Pendant la Fronde, la régente rétablit le marquis de Châteauneuf dans sa charge de garde des sceaux le 2 mars 1650 tandis que le chancelier se retire à Pontoise puis Rosny. Châteauneuf doit rendre les sceaux le 3 avril 1651 ; ils sont alors confiés à Mathieu Molé qui ne les garde que quelques jours car ils sont rendus dès le 13 avril au chancelier. À nouveau rétabli comme garde des sceaux le 8 septembre 1651, Molé les garde jusqu'à sa mort le 3 janvier 1656. De 1651 à 1656, le chancelier revenu au Conseil cohabite avec Molé dans des conditions assez difficiles. À la mort de Molé, les sceaux reviennent à Séguier jusqu'à sa propre mort en 1672[5].

Tous les officiers de justice dépendent donc de lui pendant à peu près quarante années, ce qui veut dire que toute l'administration du royaume pendant cette période repose sur lui. Laissé dans l'ombre par les fortes personnalités de Richelieu et de Mazarin, il joue pourtant un rôle essentiel dans la continuité des politiques de centralisation et d'acheminement vers un gouvernement qu'on appellera plus tard absolutiste[6]. Il instruit des procès célèbres comme celui du marquis de Cinq-Mars en 1642 ou de Nicolas Fouquet en 1661 et scelle, le , les Lettres patentes de l'Académie française.

Dès 1635, il s'intéresse au peintre Charles Le Brun qui lui est présenté par Mathurin Renaud de Beauvallon, cousin du jeune homme[7], et cela lui permet d'étudier les beaux-arts à Rome, entre 1642 et 1645. Il est son protecteur officiel jusqu'à ce que Le Brun devienne en 1662 premier peintre du roi Louis XIV. Un célèbre tableau de Charles Le Brun Le Chancelier Seguier le montre à cheval. Au décès de Séguier, Le Brun organise un fastueux service funéraire par l'intermédiaire de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

En 1639, il est chargé de combattre la révolte des Nus-Pieds en Normandie contre l'augmentation de la gabelle. Il organise une répression très dure, exécutant de nombreux révoltés.

Après la mort du Cardinal Richelieu en 1642, il devient le protecteur de l'Académie française, dont il a été élu membre en 1635.

Lié au cardinal Mazarin, il est l'un des acteurs de l'accession d'Anne d'Autriche à la régence en 1643. Il influence notamment le parlement pour qu'il casse le testament de Louis XIII. Quand Mazarin devient chef du Conseil, il accède au rang de ministre d'État.

En 1652, sous la Fronde, il rejoint un temps Gaston de France et le prince de Condé, avant de retrouver le roi à Pontoise en août. Il perd alors sa charge de garde des sceaux, qu'il ne retrouvera définitivement qu'en 1656 à la mort de Mathieu Molé.

Il est progressivement évincé des premiers cercles du pouvoir par Jean-Baptiste Colbert[3].

Il participe à la rédaction de l'ordonnance criminelle de 1670.

Décès et testament[modifier | modifier le code]

Il meurt à l'âge de 84 ans, le à Saint-Germain-en-Laye, dans l'hôtel de la Chancellerie (aujourd'hui l'Hôtel de ville). Son corps est solennellement inhumé le au Carmel de Pontoise.

L'oraison funèbre a été prononcée par Mascaron[1].

Henri-Charles de Coislin légua à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés la riche bibliothèque qu'il avait reçue en héritage du chancelier Séguier, et dont les débris ont été réunis après 1793 à la Bibliothèque royale (aujourd'hui Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits et, pour quelques pièces, département des Estampes[8])[9].

De nos jours le fonds Séguier (archives) est conservé à la Bibliothèque nationale de France et au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason Pierre Séguier (1588-1672).svg

Les armes de la famille Séguier se blasonnent ainsi :

« D'azur au chevron d'or accompagné de deux étoiles de même en chef, et un mouton tranquille d'argent en pointe »[10].

Ces armoiries sont des armoiries parlantes, en effet, en langue d'oc, "séguier" signifie mouton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Encyclopédie des gens du monde Par Artaud de Montor, vol. 21, 1844. (p. 176-177)
  2. Levantal, Christophe, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), Paris, Maisonneuve & Larose,‎ , 981-982 p.
  3. a et b Article Séguier, Pierre sur Encarta
  4. Bibliothèque de l'École des chartes Par la Société de l'École des chartes. Tome 151 (volumes 1 à 10), juillet-décembre 1993, publié avec le concours de la Direction des archives de France, (p.336)
  5. Barbiche, Bernard, De la commission à l'office de la Couronne : les gardes des sceaux de France du XVIe siècle au XVIIIe siècle, Paris, Ecole nationale des chartes,‎ ([doi%20:%2010.3406/bec.1993.450698 lire en ligne]), p. 386
  6. Yves-Marie Bercé, La naissance dramatique de l'absolutisme, Seuil 1992
  7. Charles Jouin, Charles Le Brun, Paris, Impr. nationale,‎ , 818 p., p. 19-20
  8. Rémi Mathis, « « Ex bibliotheca MSS Coisliniana, olim Seguieriana » Des recueils du chancelier Séguier au département des Estampes de la BnF », Ad Vivum. L'estampe et le dessin anciens à la BnF, 6 octobre 2014 Lire en ligne
  9. Yannick Nexon, « La Bibliothèque du chancelier Séguier », Histoire des bibliothèques françaises, vol. 2 (Les bibliothèques sous l’Ancien Régime (1530-1789)), Paris, éditions du Cercle de la librairie, p. 181-193
  10. Armorial de la noblesse de Languedoc généralité de Montpellier Par Louis de la Roque, vol. 1, 1860. (p. 478)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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