Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie-Thérèse de Savoie.
Marie-Thérèse de Savoie
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois,Jean-Baptiste André Gautier d’Agoty (1775).
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois,
Jean-Baptiste André Gautier d’Agoty (1775).

Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Maison de Bourbon (rameau d’Artois)
Nom de naissance Maria Teresa di Savoia
Naissance
Palais de Turin (Sardaigne)
Décès (à 49 ans)
Graz (Autriche)
Père Victor-Amédée III de Sardaigne
Mère Marie-Antoinette d'Espagne
Conjoint Charles X de France
Enfants Louis-Antoine
Sophie
Charles-Ferdinand
Marie-Thérèse
Signature de Marie-Thérèse de Savoie

Coat of arms of Marie Thérèse of Savoy as Countess of Artois.png

Marie-Thérèse de Savoie, née le , au palais de Turin (Royaume de Sardaigne), morte à Graz (empire d’Autriche) le , était une des membres de la famille royale de France par son statut de « comtesse d’Artois » comme épouse de Charles-Philippe de France (plus tard, « Charles X »). Marie-Thérèse est aussi la mère des derniers héritiers directs de la maison de Bourbon puisqu’une génération après, le rameau direct s’éteint.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse de Savoie est la fille du duc de Savoie et roi de Sardaigne Victor-Amédée III (1726-1796) et de l'infante Marie-Antoinette d'Espagne (1729-1785).

En 1771, sa sœur aînée Marie-Joséphine de Savoie épouse Louis-Stanislas de France, comte de Provence, petit-fils du roi Louis XV et frère cadet du dauphin Louis. Le , Marie-Thérèse épouse à son tour un petit-fils de Louis XV : Charles-Philippe de France, comte d’Artois (futur Charles X). Marie-Thérèse est ainsi la belle-sœur de sa sœur Marie-Joséphine.

Cependant, les noces ne semblent convenir à aucun des deux intéressés puisque le comte d’Artois devait d'abord épouser sa pétillante cousine Mademoiselle de Condé, tandis que Marie-Thérèse reste muette et lasse durant toutes les fêtes. Sa sœur lui avait pourtant vanté les délices de la Cour de France et de son fiancé. Réputée laide, fade et timide, Marie-Thérèse fait pâle figure à côté d'un mari brillant et enjoué, et surtout frivole. Peu de temps après les festivités, celui ci part pour Paris rejoindre sa maîtresse Rosalie Duthé. Les courtisans auront alors ce mot : " Le prince ayant eu une indigestion de gâteau de Savoie s'en va prendre le thé à Paris ".

En 1775, c'est au tour de Clotilde de France (1759-1802), sœur de Louis XVI et des comtes de Provence et d’Artois, d’épouser Charles-Emmanuel de Sardaigne, frère de ses belles-sœurs et héritier du trône de Savoie.

À la différence de la dauphine et de la comtesse de Provence, Marie-Thérèse donne très vite des enfants à son époux et, ce faisant, de possibles héritiers à la Couronne. Sa grossesse puis la naissance, le 6 Août 1775, du duc d'Angoulême, sont très fêtées même si elles consternent la reine et Madame. Trois enfants suivront, mais une grossesse en 1782 paraît suspecte. Les rapports entre les époux sont de longue date inexistants. L'on suspecte un garde du corps que Louis XVI envoie servir aux colonies, ce à quoi Madame Adélaïde rétorque qu'"il faudrait y envoyer toutes les compagnies". Pardonnée par son époux mais encore davantage discréditée, la comtesse d'Artois met au monde à huit mois de grossesse une fille, Mademoiselle d'Angoulême, qui ne vivra que six mois.

Malgré son brillant mariage, la comtesse d’Artois ne devient néanmoins jamais reine : en effet, elle émigre avec son mari peu après la prise de la Bastille et rejoint sa famille à Turin. Fuyant devant les troupes républicaines, elle est arrachée à sa famille lors de la Révolution et se réfugie à Graz (Autriche) avec son époux où, après une quasi-inexistence à la Cour, elle s’éteint en 1805, à l’âge de 49 ans. Elle est enterrée à Graz, dans le mausolée impérial sis à côté de la cathédrale de la ville.

Dotée de peu d’esprit et de peu de beauté, d'une timidité qui ne pouvait que nuire à la vie de représentation qui était la sienne, elle reste l’une des membres de la famille royale les moins aimés à la Cour[1], quoique sa belle-sœur, la célèbre Marie-Antoinette, se soit également très vite discréditée.

Descendance[modifier | modifier le code]

Quatre enfants naissent de ce mariage, les derniers Bourbons « en ligne directe » :

  1. Louis-Antoine d’Artois (1775-1844), duc d’Angoulême ; il épouse en 1799 sa cousine Marie-Thérèse de France, fille des défunts Louis XVI et Marie-Antoinette.
  2. Une fille non-baptisée, souvent appelée à tort Sophie d’Artois (1776-1783), Mademoiselle d'Artois ou Mademoiselle.
  3. Charles-Ferdinand d’Artois (1778-1820), duc de Berry ; il épouse Caroline de Naples et de Sicile (avec notamment Henri d’Artois comme fils posthume).
  4. N... d’Artois, non-baptisée (1783), Mademoiselle d'Angoulême.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles X, la fin d'un monde d'André Castelot.

Liens externes[modifier | modifier le code]