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Nicodème Tessin le Jeune

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Nicodème Tessin le Jeune
Fonction
Grand Maréchal du Royaume
-
Magnus-Jules, comte de La Gardie (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
StockholmVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Père
Conjoint
Hedvig Eleonora Stenbock (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Hedvig Charlotta Tessin (d)
Ulrika Maria Tessin (d)
Carl Gustaf TessinVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Sturefors Castle (d), palais royal de Stockholm, palais du Tessin, Fredrik Church (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Nicodème Tessin le Jeune, né à Nyköping le et mort à Stockholm, le , est un architecte suédois majeur de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle ayant mené une importante carrière d’architecte royal en Suède. Il est le fils de l’architecte Nicodème Tessin l’Ancien[1].

Origines et éducation

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Né au sein d’une famille proche du pouvoir royal, Nicodème Tessin le Jeune, fait ses premiers pas dans la ville de Nyköping, alors résidence de la cour suédoise. Ce lien privilégié avec la monarchie s’exprime dès son baptême, puisqu’il est porté jusqu’aux fonts baptismaux par la reine Marie-Éléonore de Brandebourg[2].

Suivant les traces de son père, Tessin le Jeune, se forme à l’architecture et à l’âge de dix ans il intègre l’école allemande de la Tyska Skolgränd. Excellant dans les langues, il poursuit ensuite sa formation à Uppsala, où il se familiarise avec l’anglais, le français et l’italien qui deviennent des alliés essentiels lors de ses différents voyages en Europe[2].

Formation et voyages d'étude

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De 1673 à 1688, Nicodème Tessin le Jeune réalise plusieurs voyages d’étude à travers l’Europe principalement en Italie et en France, mais aussi en Angleterre. Ce Grand Tour eut une grande influence sur sa future carrière d’architecte[1].

L'itinéraire emprunté par le jeune Tessin au long de ses voyages et le détail de ses déplacements sont aujourd'hui connus grâce à son journal de voyage ainsi qu’aux correspondances qu’il entretient avec certains membres de sa famille restés en Suède[3].

Premier voyage d'étude (1673-1677) : l'Italie

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Nicodème Tessin le Jeune entreprend son premier voyage d’étude aux frais de la famille royale de Suède en 1673, à l’âge de 19 ans[4].

Lors de ce premier voyage, il est accompagné de la suite du Marquis del Monte qui rentre chez lui en Italie après avoir séjourné quelque temps en Suède. Ensemble, ils traversent le Danemark, l'Allemagne et l'Autriche et arrivent en Italie en mai 1673[3]. Sa première étape est la ville de Rome dans laquelle il séjourne jusqu’en 1677[3]. Sur place, il est accueilli et hébergé par son demi-frère architecte Abraham Wijnants[3]. Si Tessin découvre la ville pour la première fois, il en a déjà toutefois une connaissance avancée grâce à l’apprentissage qu’il a reçu de son père[3].

Dessin de Nicodème Tessin le Jeune représentant la Villa Médicis à Rome

À Rome, les principales activités du jeune Tessin sur place consistent en l’exploration de la ville et de ses monuments et en la réalisation de nombreuses études et dessins[3]. Il passe également une grande partie de son temps à étudier et transcrire des traités d’architecture comme ceux de Carlo Fontana, dont il fréquente l’atelier, ou Martino Longhi[3]. Grâce à une recommandation de la reine Christine de Suède, Tessin le Jeune a également l’occasion de travailler dans l’atelier de Gian Lorenzo Bernini où il réalise un certain nombre de copies de dessins du maître[3]. On ignore si Tessin a assisté à des cours dispensés à l’Académie des Beaux-Arts. Il réalise néanmoins plusieurs travaux qui reflètent les pratiques qui y sont enseignées[3]. On sent, à travers les dessins réalisés à cette période, la vocation d'architecte de Tessin se dessiner très nettement[3]. Il envoie une partie de ces dessins chez lui durant cette période. Son talent lui vaut d’être nommé, en mars 1676, architecte royal, à l’âge de 22 ans, alors qu’il se trouve encore à Rome[3].

Nicodème Tessin le Jeune quitte Rome à la fin du mois de novembre 1673. Au printemps 1674, il traverse, en compagnie de deux nobles suédois, le sud de l’Italie et visite successivement Naples, Malte, et la Sicile. On ne connaît pas précisément les détails de son trajet retour ni la date exacte à laquelle il rentre à Stockholm mais on estime son retour en Suède autour du mois de juillet 1677[3].

Deuxième voyage d'étude (1677-1680) : l'Angleterre et la France

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En 1677, quelques mois après être rentré d’Italie, Nicodème Tessin le Jeune repart en voyage en Europe.

Plan de Nicodème Tessin le Jeune représentant le domaine de Roissy en France

Il passe les cinq premiers mois de ce deuxième séjour d’étude en Angleterre avant de poursuivre son voyage vers la France pour se consacrer au « jardinnage »[3]. Il affirme lui-même avoir passé deux ans et demi à Paris et à Versailles, mais d'autres sources le situent à Stockholm à l'été 1680. Il n’a pas documenté son voyage en France mais on sait qu’il s’est consacré à l'étude de l'art des jardins à la française. Il réalise, durant cette période, un grand nombre de dessins de parterres, bosquets, fontaines et autres détails de jardins[3].

Il rentre de son voyage en France en mai 1681. Son père, Nicodème Tessin l'Ancien, décède peu de temps après son retour[3].

Mariages et enfants

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Dans le jeu des alliances politiques joué par Nicodème Tessin le Jeune, il est rapidement complexe de satisfaire aux besoins de tous. Marié secrètement le 15 juin 1689 à une dame d’honneur de la reine douairière Hedwige Éléonore de Holstein-Gottorp, Hedvig Eleonora Stenbock (sv), il crée scandale. En dépit de ses mérites et des qualités de son père, Tessin demeure pour beaucoup un parvenu, contrairement à son épouse, dont l’ascendance est prestigieuse. La reine douairière, dont l’avis avait été ignoré, demande alors que les époux soient punis. Mais le roi Charles XI, en soutien à Tessin, refuse toute persécution. En cela, il incarne une politique nouvelle, fondée sur la promotion de la noblesse naissante et sur l’affaiblissement des pouvoirs et des ambitions de la haute noblesse, devenue trop puissante à ses yeux[5].

Portrait au pastel représentant Carl Gustaf Tessin (1695-1770), fils de Nicodème Tessin le Jeune, 1761, Stockholm, Nationalmuseum

De cette union naissent trois enfants :

  • Hedvig Charlotta Tessin, née le 12 avril 1690 et morte le 28 mai 1737
  • Ulrika Maria Tessin, née le 5 décembre 1694 et morte le 30 avril 1765
  • Carl Gustaf Tessin, né le 5 septembre 1695 à Stockholm et mort le 7 janvier 1770 dans son château d'Åkerö. Diplomate et homme politique suédois, il épouse Ulla Lovisa Sparre en 1727.

Son second mariage avec Maria Barbro Horn de Marienborg, dame d’honneur de la duchesse de Holstein, Hedvig Sofia av Sverige, fait également scandale et par là même amorce sa disgrâce. On ne leur connaît pas d’enfant.

Une carrière d'architecte

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Style et pratique

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Nicodème Tessin le Jeune est l’auteur de nombreux plans et élévations aujourd’hui conservés au musée national de Stockholm. Sa pratique artistique est influencée par ses voyages en Europe, notamment par l’art de Palladio, du Bernin, de le Nôtre... En combinant les styles classiques et baroques de la période aux traditions suédoises, il réalise une synthèse architecturale qui vise à exprimer la puissance et la grandeur de ses commanditaires[4].

Ses notes de voyage, consignées dans des carnets de petits formats et parfois agrémentées de dessins réalisés à la craie ou au crayon graphite, lui servent de base pour l’élaboration de sa pensée et de ses œuvres tout au long de sa carrière[6].

Les réalisations de Tessin se caractérisent par une harmonisation des éléments architecturaux, anciens comme nouveaux, dans un ensemble environnant cohérent[4] et par le respect des attentes de ses commanditaires, des contraintes techniques et des contraintes budgétaires[1].

Principales réalisations architecturales

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Tessin, en tant qu’architecture de cour, réalise de nombreux projets pour la famille royale suédoise ainsi que pour d’autres têtes couronnées d’Europe, comme Christian V du Danemark, Louis XIV, Pierre le Grand[4]. En Suède, il reprend les travaux non finalisés à la mort de son père tels que ceux de Drottningholm et de Strömsholm. Il travaille pour la reine douairière, Edwige-Éléonore de Holstein-Gottorp puis les rois Charles XI[1], Charles XII et Frédéric Ier.

Les architectures palatiales

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  • Élévation intérieure du château de Drottningholm en Suède
    Le Palais de Drottningholm

À Drottningholm, il confectionne le programme de plafonds peints de la galerie Charles XI fortement inspiré des décors des palais papaux et cardinaux à Rome et représentant l’allégorie de la victoire des vertus sur les vices[1]. Il s’occupe également de la décoration architecturale du château dans les années 1680[7] et aménage les jardins en 1687.

  • Le Palais royal de Stockholm

Le palais royal de Stockholm constitue l’une de ses principales réalisations architecturales. À partir de 1688, Tessin réalise des plans pour la modernisation de l’ancien château royal de Tre Kronor (en) à la demande de Charles XI. Ce projet s’inscrit dans le contexte de la monarchie absolue suédoise de la fin du XVIIe siècle[4]. Les travaux sont lancés en 1692 et dès 1695, l’aile nord du château est achevée. Toutefois, l’ancien château est incendié en mai 1697. Relativement épargnée, la nouvelle aile nord sert de base pour la construction d’un nouveau palais[4].

Plan du palais royal de Stockholm

Le bâtiment nouvellement construit adopte un plan quadrangulaire comportant quatre ailes de dimensions égales organisées autour d’une cour centrale et emprunte des références à la tradition architecturale européenne[4]. Au centre de la cour, une statue équestre de Charles XI en armure et sur un piédestal était prévue[4].

À l’origine, selon des plans de 1713, Tessin prévoyait également un aménagement des alentours du Palais Royal afin d’aider à moderniser la ville. Un nouveau système d’axes est pensé, ponctué de divers bâtiments cérémoniaux et administratifs convergeant vers le palais (une église royale, un bâtiment pour la cour d’appel et la chancellerie, un arsenal, des écuries royales) mais le projet n’est jamais réalisé[4].

  • Le Palais Tessin

En 1692, Tessin acquiert un terrain près de Slottsbacken (en), pour construire sa propre résidence, proche du palais royal de Stockholm et répondant au rang de son épouse. Les travaux de construction commencent en 1694 et la famille emménage en 1697. Cinq ans plus tard elle y reçoit la famille royale[8].

Vue de la façade côté jardin du Palais Tessin, vers 1700

Le palais Tessin représente un modèle architectural où les règles de l’architecture sont respectées. L’inspiration des palais romains du Cinquecento et baroques est notable dans l’agencement en trois étages : un rez-de-chaussée rustique, un premier étage noble destiné à la représentation et un étage supérieur réservé aux appartements privés de Tessin, comme le préconisait la tradition suédoise. À l'origine, une cour à la française donnait sur la colline du château mais elle a été modifiée en 1792[8].

À la mort de Nicodème Tessin en 1728, le palais revient à son fils Carl Gustaf Tessin, qui le vend en 1755[8].

Les architectures religieuses

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Tessin réalise plusieurs projets d’architecture religieuse en Suède à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle qui allient le modèle de l’architecture ecclésiastique romaine avec l'orthodoxie luthérienne, les traditions suédoises et les attentes de la monarchie[9].

Il est également à l’origine de décors de chapelles pour les services quotidiens et les occasions exceptionnelles telles que les funérailles et les couronnements. Parmi les projets non concrétisés, il confectionne un projet d’église pour les couronnements et les funérailles près de Norrmalmstorg, non loin du palais royal de Stockholm qui recoupe sa vision concernant l’architecture ecclésiastique et son inscription dans un idéal baroque international[9].

  • La chapelle royale Charles XI à Stockholm
Vue de l'ancienne église du palais Tre kronor en 1695, extrait de Suecia antiqua et hodierna.

La première chapelle réalisée par Tessin pour le palais royal de Stockholm est la chapelle royale Charles XI détruite seulement quelques mois après sa construction par le grand incendie de mai 1697. Deux gravures du volume Suecia Antiqua et Hodierna nous permettent d’avoir une idée de ce à quoi elle pouvait ressembler[9].

  • L’église du roi Charles à Kungsör

Par la suite, vers 1688, il réalise un projet d’église adoptant un plan centré octogonal en croix grecque inscrite pour l'église du roi Charles à Kungsör (sv). Sa construction débute en 1690 sous la direction d’Abraham Wijnants-Swanskiöld, assistant et demi-frère de Tessin et l’église est inaugurée vers 1700[9].

  • Les deux églises de Karlskrona

À la même période, il réalise des dessins pour l'église de la Sainte Trinité à Karlskrona (en), pour la congrégation germanique qui reprend le plan en croix grecque inscrite. La construction, retardée, ne commence qu’en 1697 et l’église est consacrée en 1709[9].

Il dessine également les plans de l’église suédoise par la suite renommée église Saint-Frédéric (en) où il abandonne le plan en croix grecque inscrite pour une nef allongée. Sa construction ne commence qu’en 1729, lorsque Frédéric devient roi et est complétée en 1758, après la mort de l’architecte[9].

Tessin a participé à la construction de plusieurs autres églises, mais dans de nombreux cas, il est difficile de déterminer l’importance de son implication dans le projet[9]. De même, en raison de la Grande Guerre du Nord, les temps de construction ont souvent été prolongés et certains des projets de Tessin ne sont terminés que plus tardivement par son successeur, Carl Hårleman, comme c’est le cas de la chapelle Caroline dans l'église de Riddarholmen, de la chapelle de Drottningholm et de l’actuelle chapelle du palais royal de Stockholm[9].

Les projets non réalisés

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Parmi les architectures palatiales et religieuses, nombre de projets de Tessin n'ont jamais été réalisés. Ces derniers qui sont restés à l'état d'esquisse permettent néanmoins de mieux appréhender la pratique artistique de l'architecte.

Le projet du Palais d’Amalienborg

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Dans les années 1690, Christian V du Danemark fait appel à Tessin pour réaliser un projet visant à remplacer le palais d’été Sophie Amalienborg, détruit lors d’un incendie en 1689[4]. Les dessins sont prêts au début de l’été 1694, mais il faut attendre 1697 pour que le projet soit présenté dans son entièreté sous la forme d’une maquette envoyée à Copenhague et exposée dans un pavillon spécialement conçu pour l’occasion[4]. Selon les instructions initiales, le plan adopté devait consister en un bâtiment principal accompagné de deux ailes en retour enserrant une cour orientée au nord. Le quatrième côté de cette cour devait se terminer par une galerie à un étage reliant les deux ailes (et un jardin aurait dû être aménagé au sud)[4]. Toutefois, le projet est finalement abandonné car le roi Christian V juge les plans trop ambitieux. Malgré son inachèvement, ce projet montre que Tessin commence à se faire un nom en tant qu’architecte influent en Europe à cette période[4].

Le projet pour le Louvre

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Vue en coupe de l'escalier d'honneur du palais du Louvre du second projet de Nicodème Tessin le Jeune

En 1703, Tessin réalise deux projets pour la rénovation du Louvre. De par leur ampleur, ils semblent avoir eu pour vocation de servir de geste diplomatique visant à faire connaitre l’œuvre de l’architecte en France, plutôt que d'être réellement réalisés. Les dessins sont esquissés et, en août 1705, une maquette est envoyée à Versailles afin d’être exposée dans le Salon de Mars[4].

Pour son projet, Tessin s’inspire grandement du modèle pensé par le Bernin pour le Louvre. Partant des bâtiments existants, il systématise et arrange l’espace autour d’une série de cours connectées[4].

Au cœur de son projet, se trouvait le remplacement de la Cour carrée par une nouvelle cour qui aurait dû être flanquée de deux étages d’arcades inspirées de Palladio (Quattro libri dell’architettura, 1570) et du Théâtre Farnèse à Parme[4]. Cette cour, ainsi pensée, aurait évoqué un théâtre visant à la représentation et au rayonnement de la monarchie française lors de festivités, des cérémonies royales et des tournois[4].

Le projet du Temple d’Apollon à Versailles

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Croquis d'un projet pour le temple d'Apollon à Versailles figurant l'élévation de l'attique

Tessin présente également à Louis XIV des dessins pour le Temple d’Apollon, un temple qui aurait dû prendre place à l’extrémité du Grand Canal dans l’axe du château de Versailles[4]. Pensé comme un symbole de l’apothéose de la monarchie absolue au milieu des arts et des sciences, le temple aurait consisté en un hall circulaire agrémenté de miroirs et de jets d’eau, entouré d’une librairie et de pièces pour se baigner et se reposer, évoquant les bains romains[4].


L’art des Jardins

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Nicodème Tessin joue également un rôle important dans le développement des jardins baroques en Suède. Il rédige un traité relatif à l’art des jardins, Remarques touchent les Jardins de propriété et premièrement de leur situation[10]. Selon lui, le jardin baroque idéal est l’héritier de cinq principes de la Renaissance italienne « l’exposition sain », « un bon terroir », « l’eau », « la veüe d’un beau paÿs » et « la commodité des lieux »[10].

Son inspiration vient de l’art des jardins à la française qu’il a côtoyé durant ses voyages en France (Versailles, Saint-Cloud, Meudon, Sceaux, Chantilly…)[10]. Il reprend les formes géométriques rythmées par des fontaines, des cascades, des parterres de fleurs, des haies et cette idée de jeu entre les allées ordonnées et les bosquets cachés[10].

Comme pour ses architectures, l’intention de Tessin était de créer une synthèse de ce qu’il avait pu voir lors de ses voyages, un jardin basé sur des modèles étrangers mais adapté aux circonstances suédoises. Ce principe se retrouve dans le jardin de son palais et ceux de Drottningholm et dans d’autres commissions privées comme le Palais de Steninge, au nord de Stockholm et le Palais de Roissy-en-France[10].

Tessin collectionneur

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En parallèle de sa carrière artistique, Nicodème Tessin le Jeune constitue une importante collection d’ouvrages et de documents relatifs à l’architecture, la sculpture, la peinture, l’aménagement paysager, l’hydraulique et la mécanique, acquise notamment au cours de ses voyages en Europe[11]. Sa bibliothèque comprend des textes fondamentaux sur l’architecture ainsi que la majorité des publications contemporaines sur l’art et l’architecture. Il possède également une collection remarquable de dessins et de gravures, dépassant 1 000 titres, dont l’ampleur est pratiquement inégalée à l’époque[11].

Tessin tient des registres détaillés de ses acquisitions, qui constituent une source essentielle pour l’étude du collectionnisme et du marché de l’art au début du XVIIIe siècle[11]. En 1712, il fait publier un catalogue de ses collections, organisé par grands thèmes (architecture, sculpture, peinture, aménagement paysager, systèmes hydrauliques et mécaniques) et dont la préface souligne son objectif de divertir les connaisseurs mais aussi et surtout son ambition de démontrer l’importance de l’étude et de la pratique nécessaires à l’acquisition d’une véritable connaissance des arts[11].

Sa collection remplit une fonction pratique, servant de banque de savoirs et de sources d’inspiration pour son activité d’architecte et de surintendant des travaux royaux[11]. Son système de classification en grandes thématiques (allant de l’architecture au jardinage paysager en passant par le design, les systèmes hydrauliques et mécaniques, ou encore des descriptions de festivités et de cérémonies), allant du général au particulier et couvrant des thématiques variées illustre à la fois la diversité de ses intérêts artistiques et les exigences imposées par ses fonctions officielles de surintendant[11].

Tessin cherche constamment à enrichir sa collection déjà très vaste. Dans la préface de son catalogue, il invite toute personne possédant des livres ou gravures manquants à le contacter[11]. Cette démarche lui permet non seulement de compléter sa collection, mais aussi de se tenir informé de l’actualité artistique européenne depuis la Suède. Daniel Cronström (sv), diplomate suédois à Paris, joue un rôle central dans cet enrichissement. Pendant plus d’un quart de siècle, il informe (par correspondance) Tessin des nouveautés dans les arts, acquiert le matériel nécessaire pour ses projets et comble les lacunes de la collection. Cronström rencontre architectes, artistes, libraires, graveurs et collectionneurs parisiens avec des listes d’objets à rechercher, qu’il envoie ensuite en Suède. Ces acquisitions constituent aujourd’hui le cœur de la collection du Nationalmuseum sur l’architecture et l’art français des années 1690 et des premières décennies du XVIIIe siècle[11].

Tessin dispose également d’autres agents et contacts en Europe et en Angleterre, notamment son fils Carl Gustaf Tessin. Lors de son Grand Tour en Europe de 1714 à 1720, Carl Gustaf transporte le catalogue de son père et est chargé de rechercher gravures et esquisses supplémentaires. Dans une lettre, Tessin le Jeune l’exhorte à rapporter « tout ce qui est le plus récent en matière de croquis, livres et gravures », soulignant l’importance de ces acquisitions pour la collection familiale[11].

Les collections de Tessin sont aujourd'hui presque intégralement propriété publique suédoise et sont majoritairement conservées à la Bibliothèque royale et au Nationalmuseum de Stockholm. Le fils de Tessin, Carl Gustaf, héritier de la collection, en décrit précisément le contenu et perpétue le goût du collectionnisme transmis par son père[11]. Avant d’intégrer les collections nationales, elles sont conservées dans un palais à Slottsbacken (sv), construit par Tessin dans les années 1690 pour sa famille[11].

Une carrière d'homme politique et de fonctionnaire

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Fonctions de cour

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Portrait de Nicodème Tessin le Jeune par Elias Brenner (1647-1714), conservé à la Galerie nationale de Finlande

Si Nicodème Tessin le Jeune est davantage reconnu pour ses talents d’artiste, il n’est pas moins une figure importante de la scène politique suédoise du XVIIe et XVIIIe siècles, si bien que dès 1705, l’ambassadeur français en Suède écrit que Tessin est l’homme le plus influent de Stockholm après le roi[2]. À la fois politicien et fonctionnaire, il se prête au jeu du pouvoir et parvient à entretenir un réseau influent afin d’être au plus proche de la royauté.

Durant ses voyages, qui l’amènent à se former dans divers ateliers, Tessin continue d’entretenir ce lien. Il envoie ses dessins de Rome au roi Charles XI qui le nomme architecte de la cour en 1676. À l’issue de son retour de France en 1681, il acquiert l’office de chambellan, s’occupant de facto du service de la chambre du monarque. En 1701, sous le règne de Charles XII, la charge de maréchal de la cour lui est conférée. Cette charge prévoit, entre autres, la gestion quotidienne des demeures royales, l’organisation des réceptions ainsi que les visites du souverain à l’étranger. Onze ans plus tard, Tessin devient également conseiller royal et chancelier de l’Académie royale d'Åbo. Toujours sous le règne de Charles XII, Tessin obtient la fonction de maréchal du royaume (sv) au cours de l’année 1717 et ce pour une décennie[12]. Les charges de Tessin à la cour coïncident donc avec son ascension sociale, puisqu’il est élevé au rang de baron en 1699, puis de comte en 1714[12].

Sa place de conseiller privilégié du roi en fait un témoin particulier de la politique, c’est pourquoi l’année suivante, Tessin devient chef du nouveau service de la police. Cette nomination participe des efforts du roi à réorganiser et rationaliser l’administration publique[12].

Conflits et conspirations

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Charles XII s’entoure de collaborateurs étroitement liés à l’exercice de son pouvoir. Il nomme notamment Georg Heinrich von Görtz, un baron Holstein, parmi ses plus proches conseillers[13]. Görtz exerce de fait les fonctions de ministre des finances et met en place la nouvelle politique royale. Nicodème Tessin le Jeune, pour sa part, doit superviser l’application des directives royales et dispose d’attributions judiciaires spécifiques, parallèles au système judiciaire ordinaire, pour ce faire.

Dans un contexte marqué par les défaites, et les tensions politiques, il devient également l’homme de confiance du roi au sein du Conseil royal. De plus en plus de voix estiment que Charles XII mène le pays à sa perte. Cette contestation aboutit à la convocation d’une Diète en 1713 (sv), mais le roi la dissout rapidement, refusant toute remise en question de son autorité. Tessin informe Charles XII de ce qui se dit en recourant à un code secret spécialement conçu à cet effet. Dans l’ombre, il contribue ainsi au maintien du pouvoir royal, tout en consolidant sa propre position[14].

Parallèlement, Görtz alimente les tensions en prenant des décisions sans consulter les fonctionnaires. À la mort de Charles XII, la situation bascule. Il faut un responsable, et Görtz s’impose comme le coupable idéal. Tessin manœuvre pour le faire accuser, mais plutôt que de le traduire en justice, il impose la création d’une commission spéciale. Le procès qui s’ensuit est expéditif. Il se conclut par la condamnation à mort de Görtz et son exécution[14].

À la mort de Charles XII, Tessin perd progressivement de son influence. Devenu veuf, Tessin se remarie avec Maria Barbro Horn de Marienborg, dame d’honneur de la duchesse de Holstein, Hedvig Sofia av Sverige. Ce second mariage ne permet pas de renforcer sa position auprès de la reine Ulrique-Éléonore qui détestait les Holstein. Cet acte entérine sa disgrâce et il est démis de ses fonctions de maréchal du royaume en 1727. Son pouvoir amoindri, il se retire dans son palais, où il décède l’année suivante[14].

Château Steninge

Réalisations

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Postérité

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Nicodème Tessin le Jeune contribue largement à enrichir le paysage architectural suédois. Longtemps critiqué pour son éclectisme, il se voit reprocher un recours au pastiche de l’art italien, fondé sur la combinaison de références stylistiques diverses visant à produire une composition homogène, mais au détriment, selon ses détracteurs, d’une création originale. Dans cette perspective, la résidence royale de Stockholm apparaît comme un assemblage formel complexe, comparé à un puzzle artistique. Plusieurs historiens de l’art suédois, tels que Gregor Paulsson, Axel Romdahl (sv) ou encore Henrik Cornell (sv), figurent parmi les critiques les plus sévères de sa production. L’architecte Leif Reinius (sv), dans un discours prononcé devant l’Académie royale des Beaux-Arts, qualifie le château de Stockholm de « gigantesque édifice prétentieux de style baroque » et Tessin de « potentat pompeux et prétentieux »[18].

D’autres, au contraire, considèrent que son époque est un âge d’or sur le plan artistique. L’historien de l’art Ragnar Josephson, auteur d’une monographie consacrée à Nicodème Tessin le Jeune publiée en deux volumes en 1930 et 1931[19], affirme que sa manière transforme la grande tradition architecturale classique en une expression indépendante, nationale et nordique[18]. Tessin puise certes dans l’architecture romaine et parisienne, notamment à travers ses séjours à Versailles, mais il adapte ces influences aux contraintes et à la réalité de Stockholm. L’édifice palatial qu’il conçoit devient dès lors un emblème majeur de la Suède. Gustave III, qui fait de l’art et l’architecture des instruments essentiels de sa politique, afin de maintenir le statut de grande puissance européenne, insiste sur le legs de Tessin. Il confie à l’architecte Olof Tempelman (sv) la reprise du projet de Tessin pour les abords du palais. Ce programme, débattu au sein de l’Académie royale des Beaux-Arts, aboutit à plusieurs réalisations, dont le square attenant au Pont Norrbro accueillant une statue équestre et des édifices en miroir disposés de part et d’autre, selon une organisation d’inspiration romaine héritée de Tessin[19].

La reprise du répertoire stylistique de Tessin

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À la lumière de ses réalisations, de nombreux architectes suédois se réclament de l’héritage de Tessin. Sa manière est notamment prolongée par Carl Hårleman, qui mène à bien plusieurs entreprises laissées inachevées par son prédécesseur, en particulier celle du palais de Stockholm. Tout en respectant fidèlement l’esprit initial du projet, Hårleman adapte néanmoins les décors intérieurs aux goûts nouveaux du rocaille français[19]. Mais ce n’est qu’au cours du XXe siècle que le corpus de Tessin est l’objet d’une étude approfondie sous l’angle de son apport architectural.

Ivar Tengbom s’inscrit dans la lignée de Tessin par ses réalisations. Les volumes et dispositifs formels qu’il met en œuvre se retrouvent dans des édifices tels que l’École supérieure de commerce de Sveavägen, ou le Palais des Allumettes (sv), ainsi que dans plusieurs programmes de restauration, notamment ceux des jardins baroques de Drottningholm et du château de Stockholm. Le lien unissant Tengbom à Tessin se voit encore renforcé par une reconnaissance institutionnelle : il reçoit la médaille Tessin décernée par l’Académie des Beaux-Arts, et accède à la présidence de la Société Tessin. Son éloge funèbre, prononcé par le secrétaire de l’Académie, le professeur Sten Karling (sv), consacre cette filiation : « Après Tessin, aucun architecte n’a connu autant de succès que Tengbom dans sa compétition avec la ville éternelle »[20].

Toutefois, l’architecte qui se rapproche plus directement de l’enseignement de Tessin demeure Torben Grut, contemporain de Tengbom. En 1922, il conçoit à Helsinki le siège de l’actuelle ambassade de Suède en Finlande en prenant pour référence le palais royal de Stockholm. Il affirme alors avoir choisi « comme alphabet pour la conception détaillée l'architecture palatiale romaine de Tessin »[20], qu’il juge la plus apte à représenter officiellement la Suède en Finlande, en raison de sa sobriété majestueuse, de son naturel distingué et de la richesse de ses ornements. Cette filiation se traduit notamment par une composition rigoureusement symétrique, une organisation axiale lisible et une hiérarchisation claire des niveaux de façade, ainsi qu’une référence forte aux grands palais romains du XVIIe siècle.

Enfin, la renommée de Tessin dépasse le cadre national et acquiert une dimension internationale. Elle se manifeste notamment lors de l’exposition du Victoria and Albert Museum de 2009, Style in the Age of Magnificence, au sein de laquelle son œuvre occupe une place prépondérante[21].

Références

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  1. a b c d et e (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 1 (« An Architectural Career in the Service of Power »), p. 13-36
  2. a b et c (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt., Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 89
  3. a b c d e f g h i j k l m n et o (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 2 (« Studies in Europe »), p. 37-61
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 5 (« Three Royal Palaces »), p. 103-127
  5. (sv) Jan Mårtenson, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 92
  6. Kristoffer NEVILLE, « Notes et croquis dans les pratiques artistiques de Nicodemus Tessin le Jeune », sur Open Editions Journals (DOI https://doi.org/10.4000/rbnu.6129, consulté le )
  7. (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger: Royal Architect and Visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 4 (« Tessin's High Aim »), p. 82-83
  8. a b et c (sv) Staffan NILSSON, « Tessinska palatset, commodare hus kan ges, men aldrig utan yttre dekorationens kostnad », (consulté le )
  9. a b c d e f g et h Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger: Royal Architect and Visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 8 (« Churches and Church Decorations »), p. 167-187
  10. a b c d et e Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger: Royal Architect and Visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 7 (« Landscape Gardening »), p. 151-165
  11. a b c d e f g h i j et k (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0), chap. 3 (« Collector and Organiser »), p. 61-81
  12. a b et c (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 109
  13. (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 111
  14. a b et c (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 112
  15. inspiré du Château de Vaux-le-Vicomte.
  16. Sa façade à une certaine ressemblance avec celle de la Trinité-des-Monts à Rome. Le projet date de 1690 mais l'église ne sera construite qu'à partir de 1720 et consacrée en 1744.
  17. Entièrement détruite par le feu en 1790, elle est reconstruite selon le projet de Nicodemus Tessin.
  18. a et b (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 113
  19. a b et c (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 9789171006714), chap. 9 (« Tessin's Legacy »), p. 189-217
  20. a et b (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 114
  21. (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5), p. 115

Bibliographie

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  • (en + sv + de + it + fr) Merit LAINE (dir.) et Börje MAGNUSSON (dir.), Nicodemus Tessin the Younger : sources, works, collections : travel notes 1673-77 and 1687-88, Stockholm, Nationalmuseum, , 459 p. (ISBN 91-7100-672-9)
  • (sv) Jan MÅRTENSON, Tessin : en lysande epok : arkitektur, konst, makt, Stockholm, Bonnier fakta, , 207 p. (ISBN 978-91-7424-037-5)
  • Kristoffer NEVILLE, « Notes et croquis dans les pratiques artistiques de Nicodemus Tessin le Jeune », La Revue de la BNU, no 26,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  • Josephson RAGNAR, Nicodème Tessin : l'architecte de Charles XII à la cour de Louis XIV, Paris et Bruxelles, Éditions G. van Oest, , 157 p.
  • (sv) Osvald SIRÉN, Nicodemus Tessin: studieresor i Danmark, Tyskland, Holland, Frankrike och Italien : anteckningar, bref och ritningar, Stockholm, Norstedt, , 280 p.
  • (en) Mårten SNICKARE, Nicodemus Tessin the Younger : royal architect and visionary, Stockholm, Nationalmuseum, , 238 p. (ISBN 91-7100-671-0)
  • Nicodème TESSIN, Ragnar JOSEPHSON et Pierre FRANCASTEL, « Nicodème Tessin le Jeune ; [suivi de :] Relation de la visite de Nicodème Tessin à Marly, Versailles, Clagny, Rueil et Saint-Cloud en 1687 », Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, vol. 28,‎ (lire en ligne Accès libre [PDF])
  • (sv) Birgitta VON HASLINGEN (dir.), Göran SÖDERSTRÖM et Mariana MOUSTGAARD, Tessinska palatset under 300 år : privatbostad, överståthållareboställe, landshövdingeresidens, Stockholm, Stockholmia, , 516 p. (ISBN 91-7031-119-6, BNF 38997156)
  • (en) Guy WALTON, « Tessin as Diplomat and Artist – His First Project for the Louvre (1703–1706) », Konsthistorisk tidskrift / Journal of Art History, vol. 72,‎ , p. 134 –146 (DOI https://doi.org/10.1080/00233600310000976)

Articles connexes

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Liens externes

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