Aisne (département)

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Aisne
Aisne (département)
Aisne (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Laon
Sous-préfectures Château-Thierry
Saint-Quentin
Soissons
Vervins
Président du
conseil départemental
Nicolas Fricoteaux (UDI)
Préfet Nicolas Basselier[1]
Code Insee 02
Code ISO 3166-2 FR-02
Code Eurostat NUTS-3 FR221
Démographie
Gentilé Axonais
Population 540 067 hab. (2013)
Densité 73 hab./km2
Géographie
Superficie 7 369 km2
Subdivisions
Arrondissements 5
Circonscriptions législatives 5
Cantons 21
Intercommunalités 28
Communes 805

L'Aisne (prononcé [ɛːn]) est un département français dont le nom vient de la rivière éponyme. Il appartient à la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 02. Sa préfecture est Laon.

Gentilé[modifier | modifier le code]

Les habitants du département de l'Aisne sont appelés les Axonais et Axonaises. Ce gentilé est formé sur le nom celte de la rivière Aisne : Axona.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Aisne.
Carte de l'Aisne.

L'Aisne est entourée par les départements du Nord, de la Somme, de l'Oise, de Seine-et-Marne, de la Marne et des Ardennes, ainsi que par la Belgique.

Selon le recensement de 2003, la surface boisée du département est de 123 392 hectares, soit 16,6 % pour une moyenne métropolitaine de 27,4 %[2].

Villes principales : Laon (préfecture), Saint-Quentin, Soissons, Château-Thierry, Tergnier, Chauny, Hirson, Villers-Cotterêts, La Fère, Vervins et Guise.

Cours d'eau : l'Escaut (qui prend sa source près de Le Catelet), l'Aisne, la Marne, l'Ourcq, la Vesle, la Somme qui prend naissance à Fonsomme, l'Oise, la Serre. Dans le sud du département, on trouve le Surmelin, la Verdonnelle et la Dhuys (cette rivière est canalisée dans l'Aqueduc de la Dhuis de 131 km pour alimenter en eau potable Paris depuis le , ainsi que le parc de loisirs de Marne-la-Vallée plus récemment).

Canaux : le département est traversé par de nombreux canaux (par exemple le canal de Saint-Quentin, 93 km).

Le département est traversé par trois lignes de chemin de fer au départ de Paris, les deux premières de la gare du Nord et la dernière de la gare de l'Est :

En 1873, le département de l'Aisne possédait déjà 10 chemins de fer représentant un développement total de 382 km[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Aisne.
L'Aisne et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : la Champagne, l'Île-de-France et la Picardie.

L'Aisne fut l'un des 83 départements créés en 1790. Son découpage et son établissement furent confiés par Louis XVI à Jean Charles Joseph Hyacinthe de Sars, futur maire de Laon en 1800. C'est un espace hétérogène, aux réalités géographiques, historiques et politiques très variées. Il fut constitué de territoires issus de la Champagne (Brie, Omois), de l'Île-de-France (Laonnois, Soissonnais, Noyonnais, Valois) et de la Picardie (Thiérache, Vermandois).

De 1791 à 1793, les 6 districts (Saint-Quentin, Vervins, Laon, Chauny, Soissons et Château-Thierry) du département de l'Aisne fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux[4] :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Coupé, en 1 d’or aux trois bandes d’azur et au 2 d’azur à la bande d’argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d’or ; à la fasce ondée d’argent brochant sur la partition.
Commentaires : le blason de l'Aisne combine les armoiries de l'ancien comté de Ponthieu en 1 avec celles de l'ancienne province de Champagne en 2. La fasce ondée représente la rivière éponyme.

Ce blason n'est qu'une proposition de Robert Louis, et n'a pour l'instant aucune valeur officielle.

Politique[modifier | modifier le code]

Mélange de zones rurales et de villes ouvrières, lieu de résidence pour certaines familles travaillant à Paris ou en Île-de-France, l'Aisne est historiquement un département plutôt orienté à gauche mais on constate, depuis les années 2000, une forte progression du vote FN. Ainsi, l'Aisne est le département où le parti de Marine le Pen a obtenu ses meilleurs scores à l'élection présidentielle de 2012 et aux élections européennes de 2014 (26,33 % et 40,02 % [1] des voix). La ville de Villers-Cotterêts a également été conquise par le Front national en 2014.

La gauche axonaise semble donc sur le déclin, comme l'ont montré les élections départementales de 2015 où elle a perdu la présidence du conseil départemental au profit de la droite. Les petites cités du nord du département comme Guise, Hirson ou Vervins et la ville cheminote de Tergnier ont longtemps été les bastions locaux des partis de gauche mais connaissent également une percée du vote frontiste.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Administration de l'Aisne.

L'Aisne est divisé en 5 arrondissements qui sont subdivisés en 21 cantons. Le département compte 805 communes et 5 circonscriptions législatives.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Aisne.
Les principales agglomérations du département.

L'Aisne comprend une seule ville moyenne (Saint-Quentin) et trois petites villes (Soissons, Laon et Château-Thierry), auxquelles on peut ajouter l'ensemble formé par Chauny et Tergnier. Mais, il y a encore beaucoup d'autres agglomérations de caractère urbain, car l'Aisne était densément peuplée avant le XIXe siècle. Les villages sont très nombreux et plutôt petits.

L'Aisne a perdu un peu de sa population dans la seconde moitié du XIXe siècle, en raison de l'exode rural, pourtant limité par le développement industriel du nord du département (Saint-Quentinois, Chaunois, Thiérache).

Très affecté par la Première Guerre mondiale, le département a vu sa population augmenter légèrement pour retrouver à peu près son niveau de 1900. Depuis une trentaine d'années, le déclin industriel a entraîné une stagnation de la population (526 346 habitants en 1968, 535 489 en 1999). Seul le sud-ouest du département, proche de l'agglomération parisienne, connaît encore la croissance démographique.

Population des communes[modifier | modifier le code]

En 2011, treize communes de l'Aisne dépassaient 3 500 habitants. En voici la liste.

Rang Nom de la commune Population municipale (2011)
1 Saint-Quentin 56 278
2 Soissons 28 551
3 Laon 25 745
4 Château-Thierry 14 413
5 Tergnier 14 135
6 Chauny 11 771
7 Villers-Cotterêts 10 411
8 Hirson 9 365
9 Bohain-en-Vermandois 5 921
10 Gauchy 5 406
11 Guise 5 173
12 Belleu 3 867
13 Saint-Michel 3 548

Unités urbaines[modifier | modifier le code]

Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, trente-deux unités urbaines sont centrées sur une commune du département : quinze communes isolées, sept agglomérations bi-communales, et dix petites agglomérations composées de trois à huit communes. Les unités urbaines regroupant plus de 5 000 habitants sont :

Rang Nom de l'unité urbaine Population municipale (2012) Nombre de communes
(dont villes-centres)
1 Saint-Quentin 65 501 6
2 Soissons 42 602 8
3 Laon 29 537 3
4 Tergnier 22 906 7
5 Château-Thierry 21 051 6
6 Chauny 17 719 6
7 Villers-Cotterêts 10 669 1
8 Hirson 10 228 2
9 Charly-sur-Marne 7 023 5
10 Bohain-en-Vermandois 5 841 1
11 Guise 5 182 1

Aires urbaines[modifier | modifier le code]

Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, l'Aisne compte onze aires urbaines. 134 communes du département appartiennent aux aires urbaines de Reims (67), Paris (66) et Ham (1).

Rang Nom de l'aire urbaine Population municipale (2012) Nombre de communes
1 Aire urbaine de Saint-Quentin 111 474 99 (dont une en Somme)
2 Soissons 63 298 63
3 Laon 52 555 75
4 Château-Thierry 34 750 35
5 Tergnier 22 906 7
6 Chauny 20 196 10
7 Hirson 10 416 3
8 Guise 6 602 4
9 Bohain-en-Vermandois 5 841 1
10 Vervins 4 724 7
11 Le Nouvion-en-Thiérarche 2 801 1

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Aisne.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture dans l'Aisne.

Langue[modifier | modifier le code]

Le département comprend plusieurs zones linguistiques : picard au nord ; champenois dans le sud ; français d'Île-de-France, au centre et au sud.

Cette coupure linguistique explique sans doute la difficulté pour les habitants du Sud de l'Aisne de s'identifier comme appartenant à la région Picardie.

D'après Abel Hugo, en 1835, la langue française était en usage dans tout le département, à l'exception de quelques cantons reculés ; le français était à cette époque parlé assez correctement. Quelques années auparavant, le langage des campagnes était beaucoup plus rude[5].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Cuisine rustique. Le nord du département est une zone d'élevage, on y trouve des produits à base de lait de vache comme le maroilles ou la confiture de lait. On trouve également des spécialités typiquement picardes, comme la « ficelle », sorte de crêpe roulée additionnée de fromage fondu, béchamel, jambon et champignons. Le foie gras est un produit développé en Thiérache, il est de qualité.
  • La culture de fruits rouges (fraises) commence à s'y développer.
  • Des événements rythment l'actualité gastronomique du département : foires aux fromages (La Capelle), au boudin (Saint-Quentin). Les dégustations sur les brocantes et marchés sont de nombreuses occasions de découvrir des produits locaux dans une ambiance traditionnelle.
  • Dans le sud, on trouvera les haricots de Soissons et la route touristique du champagne, où certains champagnes produits dans la région de Château-Thierry sont au même titre que le maroilles reconnus par une appellation d'origine contrôlée (AOC).
  • Le cidre de Thiérache et son eau-de-vie, la fabrication de la bière (surtout artisanale) donnent au département de l'Aisne une réelle identité.
  • Des élevages d'abeilles importants permettent de découvrir les saveurs du miel, de l'hydromel, du pain d'épices, du vinaigre aux cesses…

Cinéma[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à l'Aisne[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme fluvial concerne en partie le canal de Saint-Quentin avec son touage électrique et ses deux tunnels (Lesdins et Riqueval / Vendhuile).

En 2007, une grande infrastructure d'hébergement touristique, Center Parcs, s'est implanté sur le lac de l'Ailette, à deux pas de nombreux points touristiques comme la cathédrale de Laon, le chemin des Dames et le château de Coucy.

Parmi les nombreux lieux à découvrir, on peut citer :

Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

En 2008, le département comptait 4,1 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Aisne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nicolas Basselier est nommé préfet de l'Aisne », lunion.fr (consulté le 1er mai 2016)
  2. Inventaire forestier national : Département de l’Aisne
  3. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k393059/f47%7C Géographie du département de l'Aisne (2e édition) / par Adolphe Joanne, 1874, p. 36
  4. Les 5 bataillons ont été levés en 1791 et 1792
  5. Abel Hugo, France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, t. 1, Paris, Delloye,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques-François-Laurent Devisme, Manuel historique du département de l'Aisne, Laon : F. LEBLAN-COURTOIS, 1828 [2]
  • Maximilien Melleville, Dictionnaire historique du département de l'Aisne, Laon: chez l'auteur & Paris : Dumoulin, 1865, vol.1 [3] & vol.2 [4]
  • Matton, Dictionnaire topographique du département de l'Aisne, 1871 (notice BnF no FRBNF36480720)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]