Aubenton

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Aubenton
Façades du musée Jean-Mermoz et de l'hôtel de ville
Façades du musée Jean-Mermoz et de l'hôtel de ville
Blason de Aubenton
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Vervins
Canton Hirson
Intercommunalité CC des Trois Rivières
Maire
Mandat
Denise Charlier
2014-2020
Code postal 02500
Code commune 02031
Démographie
Gentilé Aubentonnais
Population
municipale
662 hab. (2014)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 50′ 12″ nord, 4° 12′ 16″ est
Altitude Min. 168 m
Max. 259 m
Superficie 23,7 km2
Localisation

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Aubenton est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France. Les habitants de la commune s'appellent les Aubentonnais et les Aubentonnaises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Aubenton doit son nom à sa localisation à la confluence proche (sur la commune de Hannappes à l'est) de l'Aube (Thon) et du Thon, également orthographié : "Ton". On trouve aussi l'appellation « Aubenton-en-Thiérache » pour faire référence à cette région formant les contreforts du massif ardennais et englobant une partie des départements de l'Aisne, du Nord, des Ardennes, et des provinces belges de Hainaut et de Namur.

Aubenton est limitrophe de 7 communes : Brunehamel, Iviers, Beaumé, Leuze, Any-Martin-Rieux, Logny-lès-Aubenton et Mont-Saint-Jean[1].

Rose des vents Leuze Any-Martin-Rieux Any-Martin-Rieux Rose des vents
Beaumé
Leuze
N Logny-lès-Aubenton
O    Aubenton    E
S
Iviers Brunehamel
iviers
Mont-Saint-Jean

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Une histoire marquée par les guerres[modifier | modifier le code]

De l'époque romaine, le relief d'Aubenton conserve quelques vestiges d'une première enceinte fortifiée (bâtie à partir de l'an 21) et couvrant 37 hectares environ. Comme toute la Thiérache, dont les églises fortifiées témoignent du passé difficile, la ville connaît une succession d'heures noires, à toutes les époques, et notamment pendant la guerre de Cent Ans, puis pendant les guerres de religion et toutes les batailles du Nord (Condé, Turenne) de la guerre de Trente Ans, et enfin pendant les deux conflits du XXe siècle. C'est le 20 avril 1238 que la ville obtient l'indépendance par une charte communale octroyée par Nicolas V, seigneur de Rumigny, charte qui prévoit en particulier l'instauration d'un "mayeur" (maire) et de "jurés" pour administrer la ville, ainsi que des échevins pour rendre la justice[2].

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Philippa de Hainaut, reine d'Angleterre

Un des nombreux épisodes de la guerre de Cent Ans, raconté par le chroniqueur Jean de Froissart, s’intitule : « Comment la ville d’Aubenton fut prise et conquise par force et toute pillée... ». Froissart habite Chimay (Belgique actuelle, à 30 km d’Aubenton). Cette ville, comme tout le Hainaut sont du côté de la couronne anglaise : elle appartient au comte Jean de Hainaut, beau-frère du roi Édouard III d’Angleterre qui est marié à Philippa de Hainaut. En représailles de faits antérieurs, Chimay est pillée par les gens du roi de France en mars 1340[3], qui se replient sur Aubenton avec armes et butin, ce qui provoque une terrible réaction des comtes de Hainaut [4]:

« Ce samedi au matin [15 avril] fut l'assaut moult grand et très fier à la ville d'Aubenton en Thiérasche, et se mettaient les assaillants en grand'peine et en grand péril pour conquérir la ville. Aussi les chevaliers et écuyers qui étaient dedans rendaient grand'entente de eux défendre et bien le couvenait et sachez que, si ne fussent les gentils hommes qui dedans Aubenton étaient et qui la gardaient, elle eût été tôt prise et d'assaut, car elle était fort et dur assaillie de tous cotés et de grand'foison de bonnes gens d'armes. (...) Mais finalement elle fut conquise par force d'armes et les guérites, qui n'étaient que de palis, rompues et brisées; et entra dedans la ville, tout premièrement, messire Jean de Hainaut et sa bannière, en grand'huée et en grand'foule de gens et de chevaux; et adonc se recueillirent en la place, devant le moutier [monastère] (...) »

Gravure anglaise d'après les enluminures de Jean Froissart The Earl of Hainault Takes and destroys Aubenton (à consulter en détail sur Ancestry Images)

Pendant que Jean et Guillaume II de Hainaut se recueillent devant le monastère, la ville est mise à sac : avec des chiffres sans doute exagérés, on rapporte la mort de 500 combattants et 2 000 habitants... sans compter les femmes et les enfants. Les « rue du sang » ou « rue du sac » en garderont la mémoire. Plus loin, Froissart indique qu'il y aura terrible vengeance :

« Quand le roi de France eut ouï recorder comment les Hainuyers [gens du Hainaut] avaient ars au pays de Thiérasche, pris et occis ses chevaliers et écuyers, et détruit sa bonne ville d'Aubenton, sachez qu'il ne prit mie cette chose en gré. Mais commanda à son fils le duc de Normandie, qu'il mît une grosse chevauchée sus, et s'en vint en Hainaut, et sans déport atournast tel le pays que jamais ne fut recouvré [et mettre aussitôt le pays en état qu'il ne fut jamais recouvert] (...) » [5]

Le Hainaut est alors mis à feu et à sang, mais en définitive on sait que c'est plutôt Edouard qui va vaincre Philippe VI de Valois et décimer la noblesse française lors de la bataille de Crécy en 1346, un peu avant de mettre le siège et s'emparer de Calais...

Vignette représentant l'attaque des barrières de la ville d'Aubenton par le comte de Hainaut. Issu du Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-Le-Duc, 1856.

Un autre chroniqueur raconte :

« [Ils] chevauchèrent parmi la Terrasse [la Thiérache !] tant qu'ils vinrent à Aubenton une bonne ville où on fait bonne draperie, en laquelle ville y avait grand planté de gens d'armes de par le roy de France pour la ville garder, et y était le sire de Vervins. Et quant le conte de Haynault et ses gens furent venus devant la ville et qu'ils eurent avisé et regardé auxquelles il ferait meilleur à assaillir, il fit crier alarme et assaillir vivement. Et lui-même son propre corps alla à l'assaut. (...) Et là eut grand assaut et merveilleuse bataille. Là furent maints hommes navrés, blessés et tués, et avait dedans la ville grand noise et grand crierie de femmes et d'enfants. (...) En la fin fut la ville prise par force et toute pillée, (...) et puis boutèrent le feu par toute la ville, et moult y eut grand gain, car la ville était moult riche. » [6]

Si la ville était effectivement riche d'industrie drapière avant ce pillage, elle ne possédait nullement d'aussi beaux monuments que représentés sur ces gravures et sur l'enluminure originale de Froissart (à la bibliothèque nationale) qu'elles reproduisent. De fortes palissades de bois tenaient lieu de remparts. De véritables fortifications, en brique cette fois, sont de nouveau érigées à partir de 1348... Il en subsiste deux tours, la Tour de Chimay et la Tour Daniel

Et pendant des siècles, Aubenton vit ainsi au rythme de destructions et courageuses reconstructions. Un réseau de souterrains et caves de grandes dimensions permet à la population de se réfugier, au moins quand elle n'est pas prise par surprise ou traîtrise[7].

Ainsi, pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, au début du XVe siècle, l'histoire se répète, mais il semble que la ville d'Aubenton soit cette fois épargnée, servant plutôt de refuge sûr aux habitants des bourgs voisins. Ainsi lit-on, dans l'Histoire d'Origny-en-Thiérache et de ses environs : « Des bandes de partisans couraient partout, ravageant nos campagnes. Les villes et les bourgs de la Thiérache, tour à tour attaqués par les Bourguignons et les Armagnacs, par les soldats d'Henri VI et par ceux de Charles VII, avaient peine à démêler de quel côté étaient la justice et quels étaient leurs véritables maîtres. « On ne voyait partout, dit une ancienne chronique, que meurtres, rébellion, vols, ravissements et rançonnements qui se faisaient sous couleur de la guerre. Les habitants du pays n'étaient jamais en repos ; quand ils n'apercevaient pas le péril, ils redoutaient les surprises. Le silence des nuits était à chaque instant troublé par le tocsin et, dans les villages, la cause de ces sons lugubres était si connue que les bestiaux, en les entendant, se retiraient d'eux-mêmes à leur repaire, sans conducteur, par l'accoutumance du malheur » [8]

François Ier contre Charles Quint[modifier | modifier le code]

En 1521, après avoir ravagé la Picardie, Franz von Sickingen et le comte Philipp Ier von Nassau, généraux de Charles Quint, obligent les troupes royales de François Ier, à s’enfermer dans Mézières assiégée. À leur tête, le chevalier Bayard défend la ville sans capituler malgré les canonnades et les assauts. Voulant venger cette défaite, les troupes allemandes du comte procèdent au sac d'Aubenton, comme rapporté dans les Mémoires du sire Martin du Bellay : "Le comte de Nassau, se voyant hors d'espérance de pouvoir affamer la ville, et encore plus de la forcer, attendu le renfort qui était entré dedans, et l'armée du Roy si preste qu'elle était pour secourir les assiégés, et son armée, laquelle déjà commençait à se ruiner par le long temps qu'il y avait qu'elle tenait la campagne, délibéra de faire sa retraite, et, pour cet effet, fait mettre la plus grande part de sa grosse artillerie sur la Meuse, pour la conduire à Namur ville de l'obéissance impériale, afin que plus aisément il peut faire sa retraite. Ayant mis cet ordre leva son camp et, afin de n'être suivy ny empêché, prit son chemin le long des bois tirant le chemin de Montcornet en Ardennes, de Maubert-Fontaine et d'Aubenton, pour aller droit à Vervins et à Guise et partout faisait mettre le feu.(...) et, après avoir mis à sac la villette d'Aubenton, ils mirent au fil de l'espée toutes gens indifféremment, de tous sexes et de tous âges, avecques une cruauté insigne et de là sont venues depuis les grandes cruautés qui ont été faites aux guerres, trente ans après. Aussi, avoir brûlé et démoli ladite ville, prirent le chemin d'Estrée, au pont sur la rivière d'Oise, laissant Vervins à main gauche"[9].

Guerre de Tente ans[modifier | modifier le code]

Le manoir d'Aubenton a appartenu à la famille des princes de Condé

Sous Louis XIII (16 mai 1635) débute la guerre de Trente ans contre l'Espagne et l'Autriche, dont les hostilités ont lieu sur les fronts d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie et de Savoie... et du Nord (les Pays-Bas sont sous domination espagnole). Au cours des assauts en Picardie, à 14 km d'Aubenton, Hirson est attaquée le 25 juillet et résiste jusqu'au 20 août, sous les ordres de Christophe de Caruel, capitaine du régiment de Guise, face à une offensive de 3000 fantassins et 400 chevaliers. Lors de la capitulation, il peut regagner Aubenton avec 150 hommes, survivants de la garnison initiale. Hirson sera reprise par Turenne le 12 juin 1638. Après 33 ans de règne, Louis XIII meurt en février 1643 : son épouse Anne d'Autriche assure la régence, leur fils, futur Louis XIV, ayant 11 ans seulement. La régente nomme le jeune duc d'Enghien (Louis II de Condé) à la tête des armées des Pays-Bas : il a 22 ans. Depuis le château de la Cour des Prés, à Rumigny, où il aurait planifié son attaque celui-ci traverse Aubenton où il met en sécurité le bagage de ses troupes, puis se rend vers Rocroi où, le 19 mai, la victoire est totale.

Victorieux en de nombreuses autres occasions, célébré et devenu prince à la mort de son père, "le Grand Condé" marquera peut-être son attachement à Aubenton en y faisant construire un manoir pour son propre usage. Mais auparavant, le 12 octobre 1648, la ville est une nouvelle fois pillée, cette fois par les troupes mercenaires du baron d'Erlach, "au service" (!) de la France, commandées par le marquis de Saint-Maigrin[10].

Par la suite, sous le roi Louis XIV, les multiples revirements tant de Condé que de Turenne, passant alternativement de la couronne de France à celle d'Espagne et vice-versa rendent difficile la lecture historique des conflits à répétition, et plus encore la vie des habitants d'Aubenton et de la Thiérache.

Un XVIIIe siècle plus calme, jusqu'à la Révolution[modifier | modifier le code]

Une accalmie se dessine pourtant dans la première moitié du XVIIIe siècle, et la ville semble bien remise en état, ainsi qu'en témoigne en 1738 le texte d'octroi par Louis XV d'une "Charte des foires" à la ville d'Aubenton, portant leur nombre de trois à six, à la demande du duc de Guise, seigneur d'Aubenton : "Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Notre très cher et très aimé cousin Louis-Henri, duc de Bourbon, prince de Condé, prince de notre sang, pair et grand maître de France, gouverneur général pour nous en nos provinces de Bourgogne et Bresse, duc de Guise, seigneur d'Aubenton; nous a représenté que la terre et seigneurie d'Aubenton, membre et partie du duché et pairie de Guise, en est une portion considérable ; que la ville d'Aubenton, où il y a un capitaine gouverneur pour notre dit cousin, est très ancienne et aujourd'hui fort peuplée d’habitants, avec une enceinte de murailles, tours, fossés et pont-levis, et que le pays étant fertile en bestiaux et en denrées et autres choses nécessaires à la vie, il s'y tient un marché tous les samedis de chacune semaine et trois foires franches pendant l’année, la première à la mi-carême, une autre au 22 juillet jour de la Magdeleine, et la troisième le jour de St-Hubert 3 novembre; qu'audit Aubenton il y a une belle halle en la place publique pour mettre à couvert les marchandises, et plusieurs hostelleries pour y recevoir les particuliers, et marchands et les bestiaux; que d'ailleurs en ladite ville il y a un siège de bailliage faisant partie de celui du duché, dont les appellations rassortissent directement, ainsi que celles du siège de Guise, en notre cour de parlement à Paris, un autre siège des eaux et forêts et celui des officiers municipaux et de la police, un grenier à sel d'impôts composé de 135 paroisses ou collectée différentes, tant de la Champagne que Soissonnais, ce qui procure audit Aubenton (...)" [11]

La belle halle en la place publique, citée par le roi, était située à l'emplacement actuel du monument aux morts.

Aubenton est peu affectée par la campagne des Flandres de Louis XV. Sous le règne de Louis XVI, elle subit sans doute mieux que la capitale les effets des hivers rigoureux et des récoltes désastreuses dues aux perturbations climatiques qui précèdent la Révolution et qui affamment le peuple de France . De 1781 à 1784 ont lieu d'importants travaux de couverture du clocher de l'église Notre-Dame. La flèche, de section carrée à l'origine, devient octogonale, comme aujourd'hui.

Les effets de la Révolution sur le patrimoine d'Aubenton[modifier | modifier le code]

Orgue de l'église Notre-Dame d'Aubenton (1735)
Statue de ND d'Aubenton

Comme partout en France, l'année 1790 est marquée par la destruction et pillage des objets religieux. Quatre des six cloches sont prises pour être fondues : une histoire qui se répètera lors de la première guerre mondiale. Mais Aubenton tire profit l'année suivante de la destruction de la magnifique église de l'abbaye des Prémontrés à Bucilly en rachetant aux "biens nationaux" : les stalles[12], la chaire, le mobilier de sacristie, les tableaux et surtout l'orgue[13] construit en 1735, parfois attribué à Boizard mais plus vraisemblablement aux facteurs d'orgues Thierry et Michel Kerst, aujourd'hui restauré. Cachée dans sa cave par un paroissien, M. Legrand, au moment des destructions de statues, la "vierge bleue" Notre-Dame d'Aubenton, qui semble faire l'objet d'un culte particulier depuis le XVe siècle, est remise en place en 1796[14].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Plafond polychrome de 1685
Une machine textile (Caudry Nord) sans doute analogue à celles de l'usine d'Aubenton

L'année 1800 voit la montée en puissance de Bonaparte à Paris (sacré empereur le 2 décembre 1804). La normalisation se traduit en particulier à Aubenton par le retour de ses cloches. La ville est peu marquée par les guerres napoléoniennes, sinon par les passages de troupes et les incessantes réquisitions de toutes sortes. Elle se développe, avec la construction d'une filature de coton sur la rive gauche du Ton, là-même où existait déjà un grand moulin. Usine qui cesse son activité en 1823... pour être rachetée et considérablement agrandie deux ans plus tard, passant du traitement du corton à celui de la laine cardée, avec installation d'une machine à vapeur de 25 chevaux pour suppléer la faible force motrice du Ton. La fabrique emploie jusqu'à 300 ouvriers. Détruite en 1861 par un incendie, elle est reconstruite sur des bases plus modestes et emploie encore 300 ouvriers, sous la direction des frères Collin (qu'on retrouvera plus loin), ceci jusqu'à un nouvel incendie en 1899. La ville se développe au cours de ce siècle, avec suppression des bâtiments vétustes : c'est ainsi que disparaissent successivement les anciennes portes des fortifications : la porte du Vieux Moulin et la Porte Saint-Nicolas en 1805 (celle du Jeton ayant été détruite en 1793) puis, en 1840 : le presbytère de la paroisse Saint-Nicolas. Cette même année voit débuter des travaux de restauration de l'église Notre-Dame, et en particulier du plafond en caissons polychromes, offert à la ville par Mademoiselle de Guise en 1685.

La révolution de 1848 a peu d'effets, sinon la destitution du docteur Célestin Landragin, maire nommé par l'administration du roi Louis-Philippe en 1840, qui reprend son poste en 1850 sous Napoléon III et le conserve jusqu'à sa mort en 1870[15]. Cette année voit les armées prussiennes envahir la France jusqu'à Paris après la défaite de Sedan. Aubenton est bien-sûr occupée, mais uniquement en février 1871. L'après-guerre confirme l'essor économique de la commune : outre le développement de l'agriculture, il y a création de la ligne de chemin de fer d'Hirson avec une gare, maintenant désaffectée. L'usine détruite par le feu en 1899 deviendra une boulonnerie, toujours dirigée par Collin Frères. À la fin du siècle on compte à Aubenton : un marché hebdomadaire, six foires, une fête patronale (le dernier dimanche d'août), une perception, un juge de paix, un notaire et un huissier, un médecin, un pharmacien et une sage-femme, six aubergistes et un cafetier... et pas moins de six brasseurs. Une vingtaine de commerces et corps de métiers différents sont également implantés à Aubenton : tailleurs, quincailleries, menuisiers, entrepreneurs, bourrelier, chapeliers, etc. Une liste qui figure dans l'ouvrage du docteur Alain Schlienger, et qui fait rêver aujourd'hui...

Il est d'usage de considérer que le XXe siècle commence en 1914. Pendant la période précédant l'embrasement européen, peu d'événements notables dans la vie aubentonnaise, si ce n'est la naissance de Mermoz le 9 décembre 1901 : mais on ignore encore que le petit Jean sera une gloire nationale...

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès le cinquième jour après la déclaration de guerre, le 1er corps d'armée arrive depuis Lille à Aubenton pour pénétrer en Belgique le 10 août 1914. Lors de la retraite de l'armée française, la 5e armée française établit son QG durant un jour dans la commune, le 24 août 1914. Une grande partie de la population fuit la ville le 27 août, et des maisons du quartier Saint-Nicolas sont pillées... par des soldats du 33e régiment de ligne, censé assurer les arrières[16]. Le 29 août, on fait sauter le pont sur le Ton de manière à retarder la progression de l'ennemi. C'est le 30 août que les premiers soldats allemands traversent Aubenton, qui est alors occupée pendant la quasi-totalité de la guerre. Une occupation marquée par de nombreuses réquisitions et vexations. Les rues d'Aubenton sont rebaptisées : Friedhofsweg, Königstrasse, Kirchplatz, Kaiserstasse, Kronprinzstrasse, Wienerstrasse, Berlinerstrasse et Bogenstrasse. Les cloches sont toutes enlevées le 21 décembre 1916 pour être dirigées vers les fonderies Krupp. Le 5 juin de l'année suivante, c'est le tour des tuyaux d'étain de l'orgue. La boulonnerie de Collin Frères est transformée... en fabrique de choucroute. Il faut nourrir les troupes, notamment quand le Kronprinz les passe en revue, sur la grande place de Brunehamel, à 8 km d'Aubenton.

Ce n'est que le matin du 9 novembre 1918 que les dernières troupes allemandes se replient, après une terrible nuit d'échanges d'artillerie et de bombardement.

L'entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Plaquette-souvenir du baptème des cloches le 30 juillet 1922
La cheminée d'usine fait partie du paysage d'Aubenton. Au premier plan : la Tour de Chimay

Aubenton et ses habitants se remettent une nouvelle fois des dégâts causés par le conflit. La passerelle provisoire sur le Ton est de nouveau remplacée par un pont en 1921. L'année précédente, comme partout en France, la mémoire des combattants est honorée par la construction d'un monument aux morts, en forme d'obélisque surmonté du coq gaulois : 38 Aubentonnais y figurent, auxquels il faut ajouter le lieutenant André Bouxin en 1922, tué lors d'un combat en Syrie. Circonstance tragique : c'est le jour-même où sont baptisées les nouvelles cloches, dont l'une est parrainée par son père Henri Bouxin et par Blanche Gréhant, qu'un télégramme annonce la nouvelle. Conseiller général de l'Aisne, le maire Henri Bouxin fera ériger un monument funéraire en marbre blanc à la mémoire de son fils unique, au sommet du cimetière : une statue en pied du lieutenant Bouxin, réalisée par le sculpteur Charles Georges Cassou, prix de Rome. Un buste est également remis à la mairie.

Les dégâts causés à l'orgue ne sont pas mentionnés au titre des dommages de guerre et sa restauration n'aura lieu qu'en 1978. Mais Aubenton renoue avec la prospérité et l'attractivité avec la construction d'une nouvelle usine textile à partir de 1924, employant jusqu'à 600 ouvrières et ouvriers, appartenant à la société : "La soie de Compiègne", qui dispose également d'une usine à Clairoix. Ces biens sont revendus à la société anglaise "Alliance Artificial Silk Ltd" et la production cesse en 1933[17].

Le 16 avril 1931, de très nombreuses éléments de l'église entrent dans le patrimoine national au titre de l'inventaire des monuments historiques, dont l'ensemble peut être consulté en détail sur le site de l'inventaire du Patrimoine Culturel de Picardie. La "fée des ailes" Suzanne Deutsch de la Meurthe survole Aubenton le 14 janvier 1937 et y largue une gerbe tricolore : ce jour-là, après une messe solennelle en l'honneur de Jean Mermoz est apposée une plaque sur l'ancien Hôtel du Lion d'or, sa maison natale. Déclamé à cette occasion, l'hymne à Mermoz de Blanche Gréhant s'achève par ces deux vers : "À jamais Aubenton gardera ta mémoire, Aubenton ô Mermoz, que tu couvres de gloire !".

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La spectaculaire offensive du général allemand Gudérian à travers la forêt des Ardennes place la région au cœur de combats violents, qui ont commencé le 10 mai 1940 avec l'invasion simultanée des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg. Le 14 mai, les habitants d'Aubenton contemplent avec effroi les éléments défaits de la 9e armée française qui traversent la ville en se repliant vers le sud. Le lendemain, plusieurs bâtiments, dont le clocher, subissent le bombardement d'un Heinkell 111, alors qu'un Stuka mitraille une colonne de réfugiés entre Ribeauville et Brunehamel. Réfugiés fuyant la Belgique et les zones de combat, auxquels se sont joints de nombreux Aubentonnais, qui, à leur retour d'exode, retrouveront généralement leurs maisons pillées. Dès la nuit du 15 mai, Aubenton voit ses premiers Panzers : les combats sont très vifs, mais brefs, les chars prenant successivement Brunehamel, Rozoy-sur-Serre, avant d'être arrêtés (provisoirement) par le colonel Charles de Gaulle à Montcornet.

Aubenton, classée en "zone interdite", est occupée jusqu'au 1er septembre 1944. Une occupation moins vexatoire que la précédente, mais qui suscitera néanmoins, comme ailleurs, de hauts faits de résistance, auxquels participent le docteur Josso, le chanoine Pire, madame Van't Westeinde qui accueille et cache dans sa ferme les aviateurs anglais ou américains abattus (et outre la médaille de la Résistance, recevra : la Croix du combattant, la Croix de guerre anglaise et la médaille américaine du courage et du dévouement), et enfin Émile Fontaine, chef de réseau.

Alors que le département de l'Aisne compte 10 « Justes parmi les nations » (Français ayant risqué leur vie de manière totalement désintéressée pour venir en aide à des juifs persécutés par les nazis lors de la Shoah), Aubenton compte 3 de ces « Justes » :

  • Émile Fontaine[18] (une rue porte son nom)
  • Annette Pierron, sa compagne à l'époque
  • Camille Pierron, mère de cette dernière et propriétaire d'une ferme au hameau de Buirefontaine.

Abattu par la Gestapo sur la route Aubenton - Besmont (départementale D 37), le 30 mars 1944, Émile Fontaine a été reconnu capitaine FFI après la Libération. Tous trois ont sauvé dix évadés du « Judenlager » des Mazures cachés pour partie à Buirefontaine[19].

La libération d'Aubenton ne se fait pas sans heurts : comme ils l'ont fait si souvent au cours des siècles, les habitants utilisent caves et souterrains. Lors de l'arrivée, le 28 août 1944, d'une compagnie de la division SS "Adolf Hitler" en retraite, ils sont informés que pour tout coup de feu tiré, douze otages seront fusillés. Le pont sur le Ton est à nouveau la proie des explosifs. Le 1er septembre, un char Tigre protège les mitrailleurs embusqués qui vont s'efforcer de retarder l'avance des troupes américaines mais qui progressivement décrochent[20]. Après une grande frayeur au moment de la contre-offensive des Ardennes, les Aubentonnais sont rassurés car l'issue de la guerre ne fait plus de doute. Treize habitants de la commune ont donné leur vie dans les combats ou dans la Résistance.

Deuxième moitié du XXe siècle et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les "dommages de guerre" sont estimés à 90 millions de francs : on compte environ 80 maisons détruites ou endommagées, auxquelles il faut ajouter l'église et le pont sur le Ton. Celui-ci est d'abord remplacé par une passerelle, puis par un pont en bois construit par un régiment américain du génie, et enfin reconstruit en béton en 1951. Le clocher de l'église est complètement réparé en 1947... mais il faudra tout recommencer quarante ans plus tard, car on a oublié de protéger la flèche par un paratonnerre.

En 1949, rebond économique avec la reconstruction de l'usine (détruite à 90%) et l'installation de la réputée société belge de tissage Leclerq Dupire, ayant son siège à Wattrelos. Une activité, devenue Texunion en 1970 puis reprise en 1975 par le groupe DMC et qui va durer jusqu'en 1983. L'arrêt voyageurs sur la ligne SNCF est supprimé en 1952. Dix ans plus tard, la coopérative agricole de la vallée du Thon construit des silos sur l'ancienne emprise foncière de la gare. Elle fusionne avec la Coopérative agricole de la Thiérache (CAT) en 1965. Un Syndicat d'expansion d'Aubenton est créé en 1967, année de la construction du château d'eau avant lequel les habitants ne disposaient pas encore de l'eau courante.

Le doyen de la paroisse d'Aubenton, le prêtre hollandais Versluys, est ami avec l'artiste Charles Eyck qui décore magnifiquement l'église fortifiée de Jeantes et réalise pour Aubenton les vitraux des bas-côté nord en 1977. Ce doyen est l'initiateur de la restauration de l'orgue de 1735 : l'association des "Amis de l'orgue d'Aubenton", présidée par le docteur Alain Schlienger, peut fêter une restauration partielle le 26 mai 1978 par un concert eceptionnell réunissant le quintette de cuivres de l'Opéra de Paris et l'organiste Georges Delvallée. Un grand concert sera donné également le 22 septembre 1979 avec l'orchestre de chambre Paul Pareille et Robert Camus aux claviers de l'orgue. Le musée Jean Mermoz est inauguré le 22 juin 1986. Réparation du clocher, remplacement du coq-girouette (datant de 1781) et pose d'un parafoudre ont lieu au début de 1988, tandis que l'usine essaie de redémarrer sous le nom de "Tissages Jean Mermoz", avec partiellement un actionnariat ouvrier. Ce sera le dépôt de bilan à la fin de l'année suivante. Plus heureux, l'orgue voit sa restauration achevée en 1992.

Malgré les efforts courageux des municipalités successives, Aubenton ne peut faire exception au déclin industriel qui suit les "trente glorieuses", mais qui marque en fait l'industrie textile dès la fin de la deuxième guerre mondiale. La population décroît lentement pour se stabiliser autour de 700 habitants. La petite ville devient grand village, et bénéficie de l'attrait touristique que la Thiérache exerce notamment sur ses voisins anglais ou hollandais. Ces derniers sont nombreux à y établir de pimpantes résidences secondaires. Près du beau lavoir de Buirefontaine, restauré en 1986, un grand centre d'accueil gîte de France est créé par un couple de Hollandais "qui sont tombés amoureux de cette belle région"[21]. Un accueil touristique qui s'ajoute à celui de la Tour de Chimay (1348), achetée en 1978 par la commune et restauré en confortable gîte de France à l'initiative du docteur Alain Schlienger.

Rénovation complète du clocher (2011)
Un chœur hollandais se produit en l'église Notre-Dame

Le professeur de théâtre et chorégraphe hollandais Robert Ceelen implante à Aubenton son atelier de création artistique iHTs (International Hogeschool voor Theaterstudies), qui accueille régulièrement de nombreux artistes, en formation ou confirmés, et entretient un lien étroit avec la vie aubentonnaise, ne serait-ce que par l'invitation des habitants aux spectacles clôturant chaque session de formation[22]. Des chorales hollandaises aiment également à se produire en l'église Notre-Dame. Celle-ci, désormais classée monument historique dans son ensemble, a fait l'objet de travaux très importants de reconstruction de la charpente du clocher et de remplacement de très nombreuses pierres de taille, fortement abimées par l'âge et le gel.

Une église qui a vu bien des misères et porté bien des espoirs, avec désormais un merveilleux coq tout neuf et doré à l'or fin, pour indiquer aux Aubentonnais (et à leurs visiteurs) vers où souffle le vent de l'histoire...

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1800 1816 Nicolas de Villelongue    
1816 1830 Joseph Petit    
1830 1831 Edouard Marie Ternaux    
1831 1836 César Millet    
1836 1840 Paul Émile Barbier    
1840 1848 Célestin Landragin    
1848 1849 Joseph Millet    
1850 1870 Célestin Landragin    
1870 1902 Isidore Cabaret    
1902 1908 Henri Cabaret    
1908 1914 Juramie    
1914 1919 Procureur    
1919 1926 Fernand Dizy    
1926 1940 Henri Bouxin   Conseiller général
1940 1946 Fernand Dizy    
1946 1971 Charles Dejumné    
mars 1971 1973 Marcel Ferraris    
1973 mars 1983 Guy Navaux    
mars 1983 mars 1989 Christian Pillot    
mars 1989 juin 1995 René Sablin PCF  
juin 1995 mars 2001  ?    
mars 2001[23] mai 2013 Bernard Noé UMP Conseiller général (2001-2013)
Décédé en fonction
juin 2013[24] en cours
(au 12 mai 2014)
Denise Charlier DVD Agricultrice
Réélue pour le mandat 2014-2020[25]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[27],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 662 habitants, en diminution de -5,56 % par rapport à 2009 (Aisne : -0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 070 995 1 031 1 349 1 623 1 520 1 593 1 734 1 706
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 604 1 503 1 549 1 496 1 528 1 481 1 436 1 398 1 404
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 328 1 179 1 270 1 160 1 191 1 223 1 032 946 1 059
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
1 102 1 078 1 002 969 826 713 701 664 662
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Lors des Journées européennes du patrimoine 2007, des barrières métalliques interdisaient l'accès à l'église.
  • Article détaillé : Église Notre-Dame d'Aubenton.
  • Monument aux morts, surmonté d'un coq
  • Anciennes tours d'enceinte d'Aubenton, dont ne subsistent que deux des sept d'origine : la tour de Chimay (ruelle de la Tour) a été transformée en gîte rural géré par la municipalité, et une autre, sur un terrain privé, visible depuis le chemin qui longe le Thon.
  • Musée Jean-Mermoz, sur la place du village.
  • Article détaillé : Manoir d'Aubenton.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nicolas d'Aubenton, abbé d'Ourscamps (1477)
  • Jean-Baptiste de La Fontaine seigneur de Saint-Clément, né en 1703, décédé le 19 juin 1756 et inhumé dans l'église Notre-Dame (à ne pas confondre avec le poète moraliste Jean de La Fontaine (1621-1695)[30].
  • Nicolas-Joseph Petit, maître chirurgien (diplômé en 1787) et maire d'Aubenton de 1816 à 1830
  • Nicolas-Claude-Joseph Godelle (1773-1842), médecin et archéologue amateur.
  • Docteur Joseph Nelson Soye, médecin, conseiller général représentant le canton d'Aubenton en 1871 et 1876
  • Docteur Célestin Landragin, médecin et maire d'Aubenton (1840-1870), époux d'une demoiselle Dequen dont le frère était inspecteur des douanes, dont le père, inspecteur des douanes, avait épousé une demoiselle de Marcenay dont le père et le frère étaient également inspecteurs des douanes ! (La frontière belge est à deux pas) L'ancienne demeure de Marcenay existe encore, chemin des remparts.
  • Nestor Gréhant, physicien et médecin physiologiste disciple de Claude Bernard. Marié à la fille du docteur Landragin, il est inhumé à Aubenton en 1910.
  • Blanche Gréhant, sa fille, poète d'Aubenton et de la Thiérache, féministe, pacifique et patriote.
  • Le lieutenant André Bouxin (cf. supra)
    Monument Lt. André Bouxin avec statue de Charles Georges Cassou, prix de Rome
  • Jean Mermoz, aviateur pionnier de l'Aéropostale.
  • Docteur Alain Josso, médecin, résistant
  • Émile Fontaine, Annette Pierron et Camille Pierron, résistants et Justes parmi les nations
  • Aubenton semble avoir une relation étonnante avec la médecine : dans son ouvrage, le docteur Schlienger (un médecin...) cite également le docteur Stéphane Gréhant[31], fils de Nestor Gréhant et lui-même marié à la docteresse Sophie Gréhant, tous deux ayant longuement exercé au Maroc (à l'époque du maréchal Lyautey) avant de finalement s'installer à Aubenton. Dans ce contexte médical, il faut aussi noter la remarquable activité de guérisseur de Monsieur Jean Bador, dont les soins (exercés au-dessus de son salon de coiffure) attiraient à Aubenton de très nombreux patients, souvent venus de Belgique ou des Pays-Bas.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'or au château de gueules maçonné de sable et ouvert du champ.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Outre les liens directs sur des documents divers, indiqués dans le texte ou dans les références, on se reportera aux ouvrages consacrés à l'histoire d'Aubenton et largement utilisés pour la rédaction du contenu de cette page :

  • Dictionnaire historique du département de l’Aisne, Maximilien Melleville, Conseil général de l’Aisne 1857, voir pages 31 et suivantes (Numérisé par Google).
  • Histoire d'Aubenton, Alphonse Pire (chanoine), 1958 - (Cet ouvrage très complet et documenté figure au catalogue de la bnf, mais n'est pas encore (septembre 2014) accessible sur le site.
  • Quand l'Histoire passe par Aubenton......et s'y arrête, Alain Schlienger (docteur), Christian Pagnoud éditeur, 1990 - (Rédigé par celui qui fut médecin à Aubenton de 1955 à (?) et à l'origine de la création du musée Mermoz, ce livre est également très complet, illustré et pédagogique. Il situe l'histoire d'Aubenton dans un contexte plus large. Préface de Bernard Marck, historien de l'aéronautique. Ne figure pas au catalogue de la bnf. En vente au musée Mermoz et/ou à la mairie.)

Plus récemment, les nombreux ouvrages écrits par Jacky Billard sur la Thiérache, et sur Aubenton en particulier :

Le site du patrimoine culturel de Picardie donne des informations sur l'ensemble des éléments classés au patrimoine, notamment de très nombreuses maisons représentatives des différentes époques, sur les fortifications et contient une bibliographie historique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte d'Aubenton sur Géoportail (consulté le 6 janvier 2012).
  2. Selon Maximilien Melleville, dans son Dictionnaire historique du département de l'Aisne, 1875 (pages 31 et suivantes de l'édition papier, vues 54 et suivantes de l'édition numérisée par Google)
  3. 1340 ou 1338 selon les chroniqueurs
  4. Dans ce qui suit, l'orthographe des textes anciens est partiellement modernisée pour faciliter la lecture.
  5. Les chroniques du sire Jean Froissart ont fait l'objet de nombreuses éditions et commentaires.
  6. Chroniques d’un bourgeois de Valenciennes (XIVe siècle) Publiées pour la première fois, d’après un manuscrit de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, par le baron Kervyn de Lettenhove, membre de l’Académie royale de Belgique, Imprimerie de P. et J. Lefever, Louvain, 1877
  7. Description des souterrains dans l'Inventaire du patrimoine culturel de Picardie.
  8. Histoire d'Origny-en-Thiérache et de ses environs, Édouard Michaux, 1894
  9. Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France. 1, Histoire des choses mémorables advenues du reigne de Louis XII et François Ier, en France, Italie, Allemagne et les Pays-Bas, depuis l'an 1499 jusques en l'an 1521 (...), par La Marck, Robert de (1491?-1536), édité en 1838 par Michaud, Joseph-François (1767-1839)
  10. Voir la Notice historique sur Aubenton dans le Tome 1 1840 de la Société archéologique de Vervins (pages 11 et suivantes)
  11. Dans l'édition de 1865 de Dictionnaire historique du département de l’Aisne Maximilien Melleville, Conseil général de l’Aisne. Texte accessible en ligne sur Archive.org mais avec défauts de numérisation dans la deuxième partie.
  12. Voir le commentaire historique dans l'inventaire du patrimoine de Picardie
  13. Voir le commentaire historique dans l'inventaire du patrimoine de Picardie
  14. Voir la note historique dans l'inventaire du patrimoine de Picardie
  15. Ce qui le place en deuxième position, derrière Isidore Cabaret, pour la longévité municipale (respectivement 30 et 32 ans)...
  16. Selon l'ouvrage du docteur Alain Schlienger p. 190
  17. Lire à ce sujet les premières pages de la plaquette sur "la filature de Clairoix" par Henri Duvert
  18. Le Judenlager des Mazures 1942-1944
  19. C'est sur base d'un dossier reprenant notamment le témoignage de l'un de ces évadés, Nathan Szuster, que Yad Vashem leur a officiellement attribué le titre de « Justes parmi les Nations. »
  20. Un des obus est tiré par le char vers Abel Cherpin (garde-champêtre) qui a commis l'imprudence de jeter un coup d'œil depuis une fenêtre de la maison des docteurs Stéphane et Sophie Gréhant rue du coq vert (du covert). Cet obus termine sa course sur un lit de la pièce voisine, sans exploser, après avoir traversé volet, fenêtre et cloison.
  21. Chantal et René Bijman
  22. Voir par exemple l'hommage rendu au boulanger Dominique Fontaine.
  23. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  24. Michel Mainnevret, « La politique ? Une affaire de femmes sur le canton », L'Union,‎ (lire en ligne)
  25. « Denise Charlier retrouve son siège de maire », Le Courrier La Gazette, no 2340,‎ , p. 24 (ISSN 0183-8415)
  26. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  30. archives Aisne registre paroisse
  31. Stéphane Gréhant a reçu le Prix Fabien de l'Académie française (1942) pour son ouvrage : La lutte antituberculeuse