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Jean-Baptiste André Godin

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Jean-Baptiste André Hugues Godin
Illustration.
Fonctions
Député français

5 ans, 1 mois et 28 jours
Élection 8 février 1871
Circonscription Aisne
Groupe politique GR
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Esquéhéries (Aisne)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Guise (Aisne)

Jean-Baptiste André Godin, né à Esquéhéries (Aisne) le et mort à Guise le , est un industriel français, inspiré par le socialisme utopique, inventeur des poêles en fonte, il est enterré dans le jardin du familistère de Guise.

Jeunesse et formation

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Fils d'artisan serrurier, il a arrêté l'école à 11 ans. Jean-Baptiste André Godin est formé très jeune au travail de serrurerie et entame son Tour de France à 17 ans. De retour à Esquéhéries, sa ville natale en 1837, il s'installe à son compte en 1840 grâce à un pécule d'origine paternelle (4 000 francs) versé à l'occasion de son mariage en avec Esther Lemaire, fille d'un artisan serrurier d'Esquéhéries et avec qui il a un fils nommé Emile, qui sera leur unique enfant. Il monte alors un atelier de construction d'appareils de chauffage et obtient le le brevet de fabrication d'un poêle à charbon en fonte de fer[1].

Entrepreneur Industriel

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Four de l'entreprise de Godin dans l'Écomusée Roscheider Hof

En 1842, il découvre les théories de Charles Fourier dans un article publié par Le Guetteur, journal de Saint-Quentin. En 1846, il transfère la fonderie Godin au bord de l'Oise, à Guise (Aisne). Sa manufacture d'appareils domestiques compte alors 32 ouvriers[2]. En 1854, il crée à Bruxelles, plus précisément à Laeken (dans la banlieue bruxelloise), une succursale des fonderies de Guise, en rachetant un ancien entrepôt textile d'import-export le long du canal reliant Bruxelles à Dijon.

Le Familistère de Guise

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En 1855, il participe financièrement à l'expérience du phalanstère de La Réunion de Victor Considerant au Texas. Il y perd le tiers de sa fortune personnelle, mais en tire les leçons et décide de se consacrer seul à ses grands projets.

Sensible à l'idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque et offrir aux ouvriers le confort dont seuls les bourgeois pouvaient alors bénéficier. À partir de 1859, il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère, dont le mode de fonctionnement peut être considéré comme précurseur des coopératives de production d'aujourd'hui. Il favorise le logement en construisant le Palais social (logements modernes pour l'époque), au sein duquel sont mis en place ce que Godin appelle les "équivalents de richesse[3]" et qui vise à réduire l'écart entre classes sociales. Ainsi, avantages sociaux (assurance maladie, retraite, etc.), confort inédit (chauffage central, distribution de l'eau, douches et toilettes, éclairage au gaz...), services partagés (économat, crèche, lavoir, piscine...) et dispositifs visant à l'éducation des habitants (écoles, cours du soir pour les adultes, théâtre...) sont mis en place. Tous les acteurs de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelle que soit leur situation dans l'entreprise.

La construction du Familistère de Guise s'étend de 1859 à 1884. Au cours de cette période, l'activité de la manufacture se développe considérablement pour employer jusqu'à 1 500 personnes. Une expérience similaire sera également développée autour de son usine belge, à Laeken.

Engagement politique

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Jean-Baptiste André Godin fut également député de l'Aisne de 1871 à 1876. Il se montra un fervent adepte de la revue spirite et des thèses sociales qu'elle défendait[4]. En 1882, il est fait chevalier de la légion d'honneur.

En 1886, à 69 ans et deux ans avant sa mort, il épouse sa collaboratrice Marie Moret, fille de son cousin Jacques Moret qui l'a accompagné dans son tour de France; elle a 46 ans.

Postérité industrielle

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La société qu'il a fondée existe encore aujourd'hui. Cependant, l'association coopérative du Capital et du Travail qui la détenait est dissoute en 1968 : les difficultés économiques et les tensions sociales internes conduisent à sa transformation en société anonyme Godin S.A. L’ensemble du site est alors acquis en 1970 par la société Le Creuset (fabricant de poteries culinaires en fonte), dont il devient une simple usine de sous-traitance. Le Creuset vend les pavillons d’habitation en copropriété, cède peu à peu à la ville les parties publiques du Familistère, et cède en 1988 la partie industrielle au groupe Cheminées Philippe. Elle occupe à nouveau une position privilégiée sur le marché des appareils de chauffage et des cuisinières de haute technologie. Elle emploie près de 400 personnes en 2008[5].

Lieu de mémoire

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À Guise, le Familistère a cessé de fonctionner en tant que tel, mais ses bâtiments sont toujours utilisés à des fins d'habitation et ont été classés au patrimoine en 1991.

Il est dorénavant utilisé comme musée, de même que toutes les installations de vie sociale.

Filmographie - Documentaire

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Notes et références

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  1. Michel Lallement, Le Travail de l'utopie : Godin et le familistère de Guise, Les Belles Lettres, , p. 32
  2. Jean-Baptiste André Godin, 1817-1888 : le familistère de Guise ou les équivalents de la richesse, Éditions des Archives d'architecture moderne, , p. 45
  3. Gracia Dorel-Ferré, « Godin, à la rencontre de l’innovation sociale et de l’innovation technologique », Communication et organisation, no 21,‎ (ISSN 1168-5549, DOI 10.4000/communicationorganisation.2634, lire en ligne, consulté le )
  4. Regis Ladous (docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lyon III), Le spiritisme, Cerf, coll. « Bref », Paris, 1989, page 53
  5. La maison Godin

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Site du Familistère de Guise