Madeleine Zillhardt

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Madeleine Zillhardt
Louise-Catherine Breslau.jpg
Louise Breslau, Madeleine Zillhardt (vers 1895),
musée des Beaux-Arts de Dijon.
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Madeleine Zillhardt née le à Saint-Quentin (Aisne) et morte le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est une écrivaine, décoratrice et peintre française.

Sa vie et son parcours sont liés à une autre artiste, la peintre germano-suisse Louise Breslau (1856-1927), dont elle fut la compagne, la muse et l'inspiratrice. Elles vécurent ensemble plus de quarante ans, une vie tournée vers l'art.

Elle est la sœur de la peintre Jenny Zillhardt (1857-1939).

Biographie[modifier | modifier le code]

Madeleine Zillhardt est élève de l'Académie Julian, seule institution d'enseignement de l'art alors ouverte aux femmes à Paris. Sa sœur Jenny Zillhardt[2] y étudie également à la même époque. Madeleine Zillhardt y rencontre de jeunes artistes comme elle : Julie Delance-Feurgard, Maria Feller, Anna Klumpke, Hermine David, Agnes Goodsir, Sarah Henrietta Purser, Sophie Schaeppi, Marie Bashkirtseff, et surtout la rivale de celle-ci, Louise Breslau, en 1884. Madeleine Zillhardt demande à Louise Breslau de faire son portrait. Elles ne se quitteront plus et emménagent définitivement ensemble en 1886[3]. En 1887, Breslau exécute Contre Jour, l'une de ses œuvres maîtresses, représentant le couple qu'elle forme avec Zillhardt dans leur intimité, acheté par la Suisse en 1896, aujourd'hui exposé au musée des Beaux-Arts de Berne.

Madeleine Zillhardt devient l'une des plus originales décoratrices de son temps et Louise Breslau connaît un immense succès dans le monde de la peinture. Les deux femmes deviennent un couple incontournable du milieu artistique parisien et reçoivent leurs amis artistes : Henri Fantin-Latour, Auguste Rodin, Edgar Degas dont Zillhardt rédigera une biographie[4]. Elles s'éloigneront de ce dernier lorsqu'il affichera des positions anti-dreyfusardes[5].

Durant la Première Guerre mondiale, Madeleine Zillhardt s'illustre dans les arts décoratifs pour ses faïences patriotiques, dont Bravo Tigre ! en soutien à Clemenceau et surtout Fluctuat nec mergitur, Paris bombardé, Jurons de ne pas oublier qui dénonce les bombardements de civils durant la Grande Guerre (Le Bourget, musée de l'Air et de l'Espace)[6]. Elle se remet également à la peinture avec Breslau. Elles peignent les portraits des soldats, infirmières et médecins en route vers le front afin de les offrir à leur famille avant leur départ.

Après la guerre, la santé de Breslau décline jusqu'à son décès le à Paris. Zillhardt, meurtrie, passera le reste de sa vie à vouloir perpétuer l'œuvre de sa compagne, faisant don à divers musées dont 66 œuvres au musée des Beaux-Arts de Dijon[7] ou des tableaux comme Portrait de Henry Davison, qu'elle lègue au musée du Jeu de Paume, œuvre majeure aujourd'hui conservée au musée d'Orsay à Paris[8]. Zillhardt a permis ainsi à l'œuvre de sa compagne de ne pas être trop dispersée et de figurer aujourd'hui dans les collections nationales et internationales[9]. Elle évoque les années passées dans une interview donnée à la journaliste Blanche Vogt dans la maison de Neuilly-sur-Seine[10].

Ses objets d'arts décoratifs connaissent un regain d'intérêt depuis les célébrations du centenaire de la Grande Guerre[11].

En 1928, Zillhardt achète à Paris la péniche de béton Liège afin de la mettre à disposition de l'Armée du Salut. Avec le soutien de la mécène américaine Winnaretta Singer, princesse de Polignac et héritière de la compagnie Singer, la péniche est réhabilitée par Le Corbusier en 1929, avec l'architecte japonais Kunio Maekawa qui était alors son étudiant. Elle prend le nom de Louise-Catherine en hommage à Breslau[12]. Selon la volonté de Madeleine Zillhardt, le bateau devient un refuge pour les sans-abris l'hiver et une colonie de vacances pour les enfants l'été, amarré à Paris sur les berges de la Seine, au pont des Arts puis au pont d'Austerlitz. La péniche Louise-Catherine est gérée par l'Armée du Salut jusqu'en 1995[13].

En 2006, le bâtiment est repris en main[14],[15] par l'architecte Michel Cantal-Dupart qui fonde l'Association Louise-Catherine et la Fondation Le Corbusier[16] mais sombre accidentellement le [17] durant la crue de la Seine à Paris. La péniche Louise-Catherine est toujours située au port d'Austerlitz, dans le 13e arrondissement.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Zillardt, Monsieur Edgar Degas, Paris, L'Echoppe, réédition 2015 (ISBN 9782840682738).
  • Louise-Catherine Breslau et ses amis, Paris, Éditions des Portiques, 1932.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « ark:/36937/s005b0588fbe747f », sous le nom ZILLHARDT Madeleine (consulté le )
  2. « Jenny Zillhardt », sur www.femmespeintres.be (consulté le )
  3. « Christine Huguenin.Femmes artistes peintres à travers les siècles. Tome 2 ».
  4. « Madeleine Zillhardt (1863-1950) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  5. « Madeleine Zillhardt vivir sin Louise (ES) ».
  6. « Assiette : Fluctuat nec mergitur - Musée de l'Air et de l'Espace », Musée de l'Air et de l'Espace,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Rétrospective Musée des Beaux-Arts de Dijon ».
  8. « Musée d'Orsay : notice d'œuvre », sur www.musee-orsay.fr (consulté le ).
  9. « Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne ».
  10. « ChallengeAZ - Madeleine ZILLHARDT »
  11. (en-GB) « La Grande Guerre des assiettes en 1917 », Mission Centenaire 14-18,‎ 2014-2018 (lire en ligne, consulté le ).
  12. « La Grande-Motte à la péniche Corbu », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Le Moniteur ».
  14. Le Point, magazine, « La péniche secrète de Le Corbusier », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « "Louise-Catherine" et Le Corbusier sont dans une péniche », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=13&IrisObjectId=9532&sysLanguage=fr-fr&itemPos=2&itemCount=13&sysParentId=44&sysParentName= », sur www.fondationlecorbusier.fr (consulté le ).
  17. « La péniche « Louise-Catherine », une vieille dame en apnée quai d’Austerlitz », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « BDIC », .
  19. « Les collections du département des arts graphiques. Portrait de Madeleine Zillhardt. Breslau Louise Catherine », sur arts-graphiques.louvre.fr (consulté le ).
  20. « Les rues de Paris | place Louise-Catherine-Breslau-et-Madeleine-Zillhardt | 6e arrondissement », sur www.parisrues.com (consulté le ).
  21. « Programme Musee Lecuyer 2018 », calameo.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. (hy) « Voyage artistique en Europe », sur OpenAgenda (consulté le ).
  23. « Découverte d’une œuvre au musée », MATÉLÉ,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. « http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=13&IrisObjectId=4584&sysLanguage=fr-fr&itemPos=3&itemCount=78&sysParentId=64&sysParentName= », sur www.fondationlecorbusier.fr (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Jo Bonnet, Les Deux amies : essai sur le couple de femmes dans l'Art, Paris, Éditions Blanche, 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]