Suzanne Noël

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Suzanne Noël
Biographie
Naissance
à LaonVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière de MontmartreVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession MédecinVoir et modifier les données sur Wikidata

Suzanne Blanche Marguerite Noël, née Suzanne Gros[1] le 8 janvier 1878 à Laon (Aisne) et morte en 1954, est une docteur en médecine, spécialisée en chirurgie esthétique. Elle est aussi fondatrice du mouvement féminin Soroptimist en Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suzanne Gros naît en 1878 à Laon, dans l’Aisne[2], dans une famille bourgeoise. Après son mariage avec Henri Pertat elle déménage en 1897 à Paris où elle entame en 1905 des études de médecine avec le soutien de son mari, lui-même médecin. En 1908, elle est nommée externe des hôpitaux de Paris dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale, puis prolonge cette expérience en entrant en 1909 dans le service de dermatologie du professeur Brocq à l’hôpital Saint-Louis. Reçue à l’internat en 1912, 4e à l'écrit et 1re à l'oral[3], elle approfondit ses connaissances dans le domaine de la chirurgie maxillo-faciale ; elle est notamment amenée à soigner la comédienne Sarah Bernhardt à la suite d’un lifting pratiqué aux États-Unis ayant abouti à un demi-échec.

Son action durant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À l'entrée de la guerre en 1914, sans avoir pu soutenir sa thèse de doctorat, comme tous les internes, Suzanne Gros est autorisée à exercer la médecine en ville. Elle rejoint alors le professeur Morestin à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. En 1916, elle se forme aux techniques de la chirurgie réparatrice et correctrice.  Et à partir de là, dans des conditions extrêmement précaires, elle participe à l'effort de guerre en opérant les "gueules cassées",[4] les blessés de la face.

Son action durant la période d'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1919 elle se marie avec le docteur André Noël.

En janvier 1922 la grippe espagnole emporte leur fille unique

En 1924 son mari se suicide. 

La chirurgie esthétique occupe dès lors une place fondamentale dans sa vie : elle soutient sa thèse en 1925 et étend ses activités de chirurgie, jusque-là confinées au visage, aux autres parties du corps (remodelage des seins, des fesses, des cuisses, dégraissage de l’abdomen et des jambes), ce qui l’amène à inventer des techniques (dégraissage par aspiration) et des instruments (crâniomètre, gabarits) encore utilisées aujourd’hui.

Impliquée dans la cause des femmes, elle organise en 1923 une manifestation pour appeler les femmes qui travaillent à ne pas payer d'impôts puisque l'état ne leur reconnaît aucun droit

Elle est alors contactée par deux femmes américaines fondatrices d'un club féminin: les SOROPTIMIST. L'idée d'une union féminine professionnelle lui plaît.

En 1924 elle fonde le 1er club Soroptimist français (et en 1926 en Europe) qui défend les droits des femmes. Elle fonde successivement les clubs Soroptimist de La Haye, Amsterdam, Vienne, Berlin, Anvers, Genève, les clubs baltes, ceux d'Oslo, Budapest, et même ceux de Pékin et Tokyo.

Parallèlement, elle se consacre pendant 10 ans à la chirurgie.

Elle contribue à développer des techniques de reconstruction qui pourront s'appliquer à des cas de mutilations sévères, puis à la réduction d'anomalies physiques.

En 1928, elle reçoit la Légion d'Honneur et la Reconnaissance de la Nation, pour sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur la scène internationale.

Au printemps 1936, Suzanne Noël perd la vue [réf. souhaitée]. Elle est opérée mais elle réalise qu'elle ne peut plus exercer au même rythme qu'avant. 

Elle va alors se consacrer au club SOROPTIMIST, voyageant à travers le monde pour ouvrir de nouvelles antennes.

Son action durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de 1939-1945 elle modifie les visages des résistants ou de juifs recherchés par la Gestapo. À la libération, elle intervient pour effacer les séquelles physiques des déportés des camps de concentration nazis[4].

L'apport technique de Suzanne Noël est particulièrement innovant.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle se rend dans de nombreux pays pour promouvoir ses idées.  Elle a été une ambassadrice unique de la chirurgie plastique et du féminisme à travers le monde.

Lors de ses conférences largement suivies, elle sait partager son savoir et sa volonté d'émancipation des femmes. À ce titre elle a fait beaucoup d'émules aussi bien sur des sujets techniques (chirurgie plastique) que féministes.

Le Soroptimist International existe aujourd'hui  dans 123 pays et est représenté par 76.000 membres dont 119 clubs en France et plus de 2.700 membres.  

Cette pionnière de la chirurgie réparatrice et esthétique est morte en 1954, ayant marqué l'histoire des sciences comme étant la première femme à exceller dans ce domaine. Les chartes des nouveaux clubs Soroptimist sont remises au nom de Suzanne Noël et une bourse portant son nom est instituée pour aider une femme médecin à se spécialiser en chirurgie plastique. 

Travaux[modifier | modifier le code]

Chirurgie esthétique[modifier | modifier le code]

Spécialisée en chirurgie esthétique, elle est considérée, avec Raymond Passot, comme une pionnière dans ce domaine[5].

Défense du droit des femmes[modifier | modifier le code]

Le Soroptimist est un club défendant les droits des femmes, fondé en 1924 à Paris par Suzanne Noël. Suzanne Noël a consacré une grande partie de sa vie à faire respecter les droits de l'homme, la véritable reconnaissance des droits des femmes et la protection des filles en particulier.

Hommages[modifier | modifier le code]

Une rue de Périgueux porte son nom[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeannine Jacquemin, « Suzanne Noël (1878-1954) : Pionnière de la chirurgie esthétique et du mouvement féminin Soroptimist », Revue d'Histoire des Sciences Médicales, vol. 22,‎ , p. 21-28 (lire en ligne)
  • Nicolas Guirimand, « De la réparation des « gueules cassées » à la « sculpture du visage » », Actes de la recherche en sciences sociales, no 156-157,‎ , p. 72-87 (lire en ligne)
  • « Suzanne Noël (1878-1954) Pionnière de la chirurgie esthétique et féministe » [PDF], sur Bibliothèque universitaire de l'université de Picardie Jules Verne
  • Xavier Riaud, Pionniers de la chirurgie maxillo-faciale (1914-1918), L'Harmattan, coll. « Médecine à travers les siècles », , 136 p. (ISBN 2296111955 et 9782296111950, ISSN 1953-910X), p. 51-53

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sydney Ohana, Histoire de la chirurgie esthétique : de l' Antiquité à nos jours, Flammarion, , 300 p. (ISBN 978-2080689870)
  2. « Suzanne NOEL », sur https://www.bu.u-picardie.fr/BU/wp-content/uploads/PDF/PDFSante/Picards/SuzanneNoel.pdf (consulté le 13 mars 2017)
  3. « Suzanne NOEL une femme d'exception », sur http://lyon-tete-d-or.soroptimist.fr, (consulté le 13 mars 2017)
  4. a et b « Les droits des femmes », À Périgueux, no 6,‎ , p. 11.
  5. Yasmine Youssi, « Suzanne Noël, journal d'une pionnière de la chirurgie esthétique », Télérama,‎ (lire en ligne).
  6. Thomas Mankowski, « Sur la carte de la ville, des femmes laissées en plan », Sud Ouest, no 21911,‎ , p. 18.

Liens externes[modifier | modifier le code]