Jean Mermoz

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Jean Mermoz
Description de cette image, également commentée ci-après

Jean Mermoz en 1935.

Naissance
Aubenton
Décès (à 34 ans)
Atlantique Sud
Nationalité Français
Profession
Aviateur, pilote pour l'aéropostale
Autres activités
Homme politique

Jean Mermoz, né à Aubenton (Aisne) le et disparu dans l'océan Atlantique le , est un aviateur français, figure légendaire de l'Aéropostale, surnommé l'« Archange ».

Il est aussi un des fondateurs en 1936 du Parti social français (PSF) avec le colonel de La Rocque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jules Mermoz, maître d'hôtel, et de Gabrielle Gillet dite « Mangaby » (1880-1955, chevalier de la Légion d'honneur en 1952[1]). Le couple se sépare dès 1902 et divorcera en 1922. Mermoz passe une partie de son enfance chez son grand-père à Mainbressy, village situé au sud d'Aubenton avant d'intégrer l'École supérieure professionnelle d'Hirson en tant que pensionnaire, puis le lycée d'Aurillac. En 1917 sa mère l'amène à Paris où il est admis au lycée Voltaire avec une bourse de demi-pensionnaire[2].

En 1930, Jean Mermoz épouse Gilberte Chazottes, qui, devenue veuve de l'aviateur, se remariera avec l'ingénieur René Couzinet. Gilberte Chazottes et René Couzinet se suicideront le 16 décembre 1956[1].

Engagement dans l'armée[modifier | modifier le code]

Le 26 juin 1920, Jean Mermoz devance l'appel sous les drapeaux et signe un engagement dans l'armée pour quatre ans ; il choisit l'aviation sur les conseils de Max Delty, un chanteur d'opérette. Après avoir fait ses classes au 4e Régiment d'observation, il intègre le 34e Régiment d'aviation du Bourget avant de postuler pour l'Ecole Militaire d'Istres qu'il rejoint en octobre de la même année et y obtient son brevet de pilotage, après quelques déboires, le 9 février 1921, et par la même occasion est promu au grade de caporal. Affecté dans un premier temps, à partir de mai 1921, à la 7e Escadrille du 11e Régiment de bombardement de Metz-Frescaty, il saute aussitôt sur l'occasion de quitter la vie de caserne et de rejoindre la Syrie, où la France pour défendre son mandat de protection, contre les tribus dissidentes. Il débarque à Beyrouth le 17 septembre de l'année, puis est intégré à une la 54e unité de combat. Toujours volontaire pour des missions périlleuses, il tombe plusieurs fois en panne dans le désert, dont une lui imposera, à lui et son mécanicien, une marche forcée de 4 jours en territoire rebelle, d'où ils seront sauver in-extremis et totalement déshydratés, par une colonne de méharistes. Le 24 avril 1922 six cents heures de vol, en dix-huit mois, et découvert une civilisation millénaire qui le marqua profondément. Décoré de la Croix de Guerre des TOE (Théâtre des Opérations Extérieures) et de la Médaille du Levant, il quitte le Moyen-Orient pour revenir en France, le 3 mars 1923, en bénéficiant d'un congé longue durée après avoir contracté le paludisme. Il rejoint dans un premier temps, le 11 juin, une unité de bombardement, le 23e Régiment d'aviation, de Essey-lès-Nancy, avant d'être finalement affecté, le 29 août, au 1er régiment de Chasse, basé à Thionville-Basse-Yutz, absorbé, au 1er janvier 1924, par le 38e Régiment d'aviation. Mermoz, intégré à la 7e Escadrille du 2e Groupe, y renforcera son dégoût pour la chose militaire mais y gagnera un futur très grand ami et pilote, en la personne de Henri Guillaumet. Libéré pour congé libéral de trois mois, le 25 mars, il est finalement démobilisé en juin 1924, et désormais administrativement rattaché au 33e Régiment d'aviation, basé à Douai, pour d'éventuelles périodes de réserve. Il sera ensuite, en août 1930, affecté en en tant que sous-officier de réserve, au Centre de mobilisation d'aviation N° 71, de Toulouse, avant d'être nommé sous-lieutenant de réserve, par un décret du ministère de l'air, à la date du 7 juillet 1933. Une promotion exceptionnelle, particulièrement en temps de paix, mais principalement due à la forte image nationale de Mermoz, à cette époque. Une belle revanche pour le pilote rebelle d'Istres et de Thionville qui effectuera même des périodes de réserve volontaires, à la 34e Escadre, au Bourget, qui lui a permis de se familiariser avec de nouveaux matériels militaires avant d'être affecté ensuite, toujours en tant que réserviste, à la base de Francazal.

Période difficile[modifier | modifier le code]

S'ensuit, après l'armée, pour Mermoz une des périodes les plus noires de son existence. Ne trouvant pas d'emploi auprès des compagnies aériennes, il connaît la misère et doit vivre de petits emplois ; balayeur, laveur d'automobile et copieur d'adresses sur des enveloppes, tout juste égayé par la participation à un film " La fille de l'air ", où il doit jeter un Sopwith dans l'Oise. Ce n'est qu'au bout de 6 mois que la délivrance arrivera, en recevant, le 28 septembre 1924 une proposition de contrat des Lignes Latécoère, dirigées par Didier Daurat.

La Compagnie Latécoère et Aéropostale[modifier | modifier le code]

Le désert[modifier | modifier le code]

Mermoz commence comme mécano. Mais il est rapidement affecté en qualité de pilote sur la ligne Toulouse-Barcelone, sur Breguet XIV. La ligne franchissant les Pyrénées est un défi pour les avions de l'époque. En 1925, Mermoz assure la liaison Barcelone-Malaga et, en 1926, prend en charge le courrier sur la liaison Casablanca-Dakar. En mai 1926, perdu au milieu du désert avec son mécano, il est capturé par les Maures, puis est libéré contre rançon. En novembre, il sauve Éloi Ville, contraint à atterrir dans le désert.

Les 10 et , Mermoz et Négrin réussissent un vol sans escale de Toulouse à Saint-Louis du Sénégal à bord d'un Laté 26. Cependant, à la suite d'un incident à l'atterrissage, sans dommage pour l'équipage, la traversée de l'Atlantique Sud est reportée.

L'Amérique du Sud et la cordillère des Andes[modifier | modifier le code]

En 1927, Marcel Bouilloux-Lafont, président et fondateur de la Compagnie générale aéropostale (qui prend la suite des Lignes aériennes Latécoère) envoie Mermoz à Rio de Janeiro afin de développer de nouvelles liaisons en Amérique du Sud. Pour cela, il faut franchir un obstacle majeur : la cordillère des Andes. Au cours d'une tentative de franchissement, Mermoz doit se résoudre à un atterrissage en montagne, puis parvient à redécoller acrobatiquement en lançant son avion dans un précipice et à rebondir à trois reprises sur des crêtes en deçà, parvenant ainsi à prendre de la vitesse en piquant. Le , il ouvre la ligne des Andes avec Henri Guillaumet.

En mai 1930, avec le radiotélégraphiste Léopold Gimié et le navigateur Jean Dabry, il réalise sur avion Latécoère 28, la première liaison entièrement aérienne entre la France, Dakar et l'Amérique du Sud. Il établit plusieurs lignes régulières.

Traversée de l'Atlantique Sud[modifier | modifier le code]

L'Arc-en-Ciel construit par Couzinet.
La Croix-du-Sud à bord duquel ont disparu Mermoz et ses compagnons.

Les 12 et 13 mai 1930, il relie d'un trait Saint-Louis à Natal au terme d'un vol de 21 heures et 10 minutes sur un hydravion Latécoère 28-3 baptisé le Comte de la Vaulx, du nom du président de la Fédération aéronautique internationale (FAI) qui venait de disparaître tragiquement dans un accident d'avion. Mermoz prouve ainsi que le courrier peut être transporté d'un continent à l'autre avec le même appareil alors que, avant cet exploit, il fallait en utiliser plusieurs.

Moins de trois ans plus tard, parti le de l'aérodrome de Paris-Le Bourget, Mermoz atterrit à Buenos Aires le 22 à bord du Couzinet 70 Arc en Ciel.

Entre 1930 et 1936, Mermoz aura effectué vingt-quatre traversées de l'Atlantique Sud.

Disparition[modifier | modifier le code]

L'avion qu'il pilote, la Croix-du-Sud, un Latécoère 300, disparaît en mer le 7 décembre 1936 avec à son bord Alexandre Pichodou, copilote, Henri Ézan, navigateur, Edgar Cruveilher, radio, et Jean Lavidalie, mécanicien. À 10 h 43, Cruveilher lance le dernier message radio depuis la Croix-du-Sud : « Avons coupé moteur arrière droit », sans détail supplémentaire, et complète en répétant les coordonnées de position : 11°08 Nord, 22°40 Ouest[3]. Malgré de nombreuses recherches, on ne retrouva aucune trace de l'appareil ni de son équipage.

L'événement est vécu en France comme une catastrophe nationale. Une cérémonie officielle à la mémoire de tout l'équipage a lieu le , à l'Hôtel national des Invalides[4], en présence d'Édouard Daladier et de Camille Chautemps[5].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Après la mise en liquidation de son employeur, la Compagnie générale aéropostale en mars 1931, Mermoz se fait, comme le montre Emmanuel Chadeau, « le défenseur acharné des anciens propriétaires de la compagnie, par sentimentalité envers ses collègues navigants soudain dépourvus d'outil et d'emploi » et, dans les conflits politiques qui président à la naissance d’Air France en 1933[6], « considère que les soubresauts qui conduisent l'aviation marchande de l'âge aventureux vers l'âge organisé ne sont pas les conséquences normales d'une évolution économique — la concurrence allemande et américaine sur les liaisons entre l'Ancien et le Nouveau Monde —, mais le fruit d'une trahison des dirigeants »[5].

Il adhère aux Volontaires nationaux, dont il est le porte-drapeau au défilé du 14 juillet 1935. Bientôt intégré par La Rocque aux instances dirigeantes des Croix de feu, il multiplie discours et articles dans Le Flambeau, l'organe du mouvement. Après la dissolution des ligues en juin 1936, il figure enfin au nombre des membres fondateurs du Parti social français (PSF), dont il devient vice-président[5].

Dénonçant la démagogie parlementaire asservie par les intérêts particuliers, adepte du culte du chef, il est ainsi l’une des figures emblématiques de la « droite d’ordre ».

Il est, cependant, tout aussi bien intégré immédiatement après sa disparition au panthéon républicain en tant que « prototype de l'homme du peuple tiré de l'anonymat par ses œuvres et son mérite »[réf. souhaitée]. Célébré de même par le régime de Vichy, il continue à être considéré comme un des héros de l'aéronautique et de l'aviation au même rang que Louis Blériot, Charles Lindbergh et Georges Guynemer[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En 1923, il devient titulaire de la Croix de Guerre des TOE et de la médaille du Levant avec citation à l'ordre de la division, " très bon pilote, plein d'allant et toujours volontaire pour les missions difficiles. S'est particulièrement distingué en effectuant avec succès, de nombreuses et difficiles évacuations sanitaires, au-dessus du désert de Syrie ".

En décembre 1925, il reçoit la médaille de l'Aéro-Club de France, récompensant l'aviateur français ayant parcouru le plus de kilomètres dans l'année. 120 000 km, en 800 heures de vol.

En avril 1928, il reçoit la médaille de Vermeil de l'Aéro-Club de France.

Est fait Chevalier de la Légion d'Honneur, le 26 juillet 1930.

Une école de pilote de ligne à côté de l'aéroport de Paris Orly s'appelle l'Institut Mermoz en son honneur.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Dans les pays latino-américains, la mémoire de Mermoz est vive.

  • À Buenos Aires, capitale de l'Argentine, une plaque rappelle le lieu où se trouvait le bureau de l'Aéropostale. À l'aéroport, un monument est dédié à « Jean Mermoz y sus compañeros ». Au lycée franco-argentin qui porte son nom, construit en forme d'avion, les élèves ont dessiné des épisodes de sa vie pour le cinquantenaire de sa disparition.
  • Le Chili reste reconnaissant de l'avoir sorti de son isolement grâce au pont aérien qu'il organisa sur la cordillère des Andes. Santiago, la capitale, a baptisé une de ses artères en son honneur. On y trouve une stèle avec cette phrase de Joseph Kessel : « La route céleste l'attirait comme un aimant ».
  • Une autre stèle lui est dédiée sur l'aéroport de Campos dos Alfonsos (aéroport militaire de Rio de Janeiro au Brésil).

Sénégal[modifier | modifier le code]

À Dakar, on trouve plusieurs lieux qui rappellent son passage :

  • un hôtel sur l'avenue Albert-Sarraut porte le nom de son avion, la Croix du Sud ;
  • l'un des plus prestigieux quartiers situé à 4 km du centre-ville porte son nom ; ce quartier est au bord de l'ancienne piste d'atterrissage de la base française ;
  • le lycée français de Dakar porte son nom.
Mes vols par Jean Mermoz.

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Lycée international Jean-Mermoz à Abidjan.

Œuvres et citations[modifier | modifier le code]

Citations de Mermoz[modifier | modifier le code]

  • « L'accident, pour nous, ce serait de mourir dans un lit[12]. »
  • « Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir[13]. »
  • « La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure[14]. »
  • « Tu sais, je voudrais ne jamais descendre[15]. »

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Mes vols, Flammarion, 1937.
  • Lettres de Mermoz regroupées sous le titre Défricheur du ciel, Archipel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michel Marmin, Mermoz, Editions Chronique, , 136 p. (présentation en ligne)
  2. Jacques Le Groignec, Jean Mermoz : l'Archange, Paris, Nouvelles éd. latines, , 174 p. (ISBN 2-723-32033-2 et 978-2-723-32033-7), p. 14
  3. René Chambre, Histoire de l'aviation, Paris, Flammarion, (1re éd. 1958), 250 p. (ISBN 2-080-10033-5)
  4. « L'émouvante cérémonie à la mémoire de Mermoz et de ses compagnons », Le Figaro, no 366,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  5. a, b, c et d Emmanuel Cheadeau, « Mermoz : un héros au pays des Croix-de-feu. », L'Histoire, no 205, décembre 1995, p. 62.
  6. « A la conception d'une "aviation, école de chefs", "école sociale" où la "jeunesse aéronautique trouvera l'équilibre physique, la santé morale [et] se pénétrera de toutes les formes d'énergie et de courage", selon la formule de Mermoz, s'oppose, avec l'avènement du Front populaire, celle d'une "aviation populaire", "école de la République". », Emmanuel Cheadeau, « Mermoz : un héros au pays des Croix-de-feu. », L'Histoire, no 205, décembre 1995, p. 62.
  7. « Cote LH/1841/53 », base Léonore, ministère français de la Culture
  8. Voir le timbre de 3 F de 1937
  9. Ivan Hairon, « Le PBY-5 Catalina s’envole d’Orly », sur aerobuzz, (consulté le 22 décembre 2015)
  10. « Prix André de Saint-Sauveur », sur Académie des sports (consulté le 20 décembre 2015)
  11. Ainsi se termine ''l'Hymne à Mermoz de Blanche Gréhant, figurant dans ce musée...
  12. Biographie de Jean Mermoz, sur le site civilisations.ca
  13. Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir, sur le site dicocitations.com
  14. Modernity, sur le site libertas.co, consulté le 23 mars 2013
  15. à Joseph Kessel, Tu sais, je voudrais ne jamais descendre, sur le site crash-aerien.aero