Opéra-théâtre de Metz

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Opéra-théâtre de Metz Métropole

alt=Description de l'image Metz Theatre 2003.jpg.
Type Salle à l’italienne
Lieu Metz
Coordonnées 49° 07′ 18″ Nord 6° 10′ 22″ Est / 49.121667, 6.172778
Architecte(s) Jacques Oger
Inauguration 3 février 1752
Capacité 750 places
Direction Paul Émile Fourny
Site web http://opera.metzmetropole.fr/

L’hôtel des Spectacles, futur théâtre, puis opéra-théâtre de Metz, aujourd’hui opéra-théâtre de Metz Métropole, est l’un des premiers théâtres construits en France[1] et le plus ancien théâtre encore en activité. Avant sa construction place de la Comédie, la salle de jeu de paume « Chatin », à côté de l’hôtel Gargan en Nexirue, servait de salle de théâtre[2].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La façade de l’opéra-théâtre de nuit.

L’île du Petit Saulcy, entourée par le bras de la Moselle, doit son nom aux saules plantés sur ses rives pour retenir la terre. Autrefois nommée île du Grand Saulcy, cette lande boueuse et inhabitée servait de dépôt de bois de chauffage. La ville décide de paver l’île en 1732 et d’y construire l’« Hôtel des Spectacles ». Elle dote l’île de quais. De nouveaux ponts la relient au quartier des Roches et à la ville haute, et à l’extrémité de l’île Chambière. Le théâtre contribue dès son origine à l’ordonnancement d’une place moderne dont il constitue la façade aux côtés de deux autres édifices de facture homogène : le pavillon Saint-Marcel, et celui de la Douane. C’est la première place moderne que fait réaliser le gouverneur de la ville, le duc de Belle-Isle[3], dans un dessein urbain plus vaste, qu’il évoque à travers sa correspondance avec la municipalité et qui trouvera son aboutissement dans la réalisation de la place d’Armes.

Construction et aménagements[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est construit de 1738 à 1752 dans un style classique, d’influence toscane, en même temps que l’hôtel de l’Intendance. Après les errements empiriques de Charles-François Roland, dit « Le Virloys », un architecte peu scrupuleux, le théâtre est érigé selon le projet de l’architecte messin Jacques Oger, en suivant les conseils techniques des experts Landot, machiniste de son état, et Pierre Deleuze, décorateur de théâtre[4]. L’édifice a vu ses travaux suspendus durant huit ans par la guerre de Succession d’Autriche. Inauguré par un bal public le 3 février 1752, ce théâtre à l’italienne est le plus ancien de France encore en activité.

Un péristyle formé de vingt-et-une arcades est construit en 1754, pour réunir les trois pavillons, dotant le théâtre d’une terrasse, au centre de la composition architecturale[3]. Sous le fronton, on devine une inscription gravée dans la pierre à l’époque révolutionnaire : « Cité de l’égalité ». C’est à cette époque que fut dressée sur la place du Théâtre la guillotine qui coupa soixante-trois têtes.

En 1858, le sculpteur Charles Pêtre agrémente la façade du théâtre au niveau de son couronnement, avec les allégories de la Tragédie, l’Inspiration, la Poésie lyrique, la Comédie, et la Musique. L’intérieur actuel du théâtre date également de cette époque. Les agrafes des arcades du rez-de-chaussée sont ornées de figures féminines et de têtes de satyres aux regards grivois. En 1868, une gigantesque fontaine — qui a depuis disparu —, est élevée au centre de la place, célébrant l’arrivée des eaux de Gorze à Metz.

En 1887, la ville redoute les incendies dus aux lampes à huiles et souhaite éclairer son théâtre à l’électricité. Le moulin des Thermes est alors équipé de deux turbines et devient la première usine de production électrique. Il fournissait aussi l’éclairage public des places de Metz[5].

Affectations successives[modifier | modifier le code]

L’hôtel des Spectacles, qui deviendra l’opéra-théâtre de Metz est le plus ancien théâtre en activité de France, puisqu’il n’a pas changé d’affectation depuis son inauguration en 1752. Au cours de son histoire, de nombreuses troupes se sont produites dans la salle de Metz et de grands noms y ont joué ou travaillé : Sarah Bernhardt dans la Tosca en 1905, ou Jean Cocteau pour les décors de Pelléas dans les années 1960. Le théâtre fonctionne aujourd’hui en permanence avec plus de 103 personnes. Il est l’un des derniers opéras français à posséder ses propres ateliers, où se créent costumes et décors. Il présente chaque année un programme éclectique où se côtoient opéras, comédies, ballets, opérettes avec des productions lyriques nouvelles et des créations du Théâtre de Metz.

Protection juridique et statuts[modifier | modifier le code]

Le théâtre, pour ses façades et toitures, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 janvier 1930[6]. L’opéra-théâtre de Metz, placé sous la sous la tutelle de la communauté d’agglomération de Metz Métropole, est membre de la Réunion des opéras de France.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Lejeaux, « Le théâtre de Metz », Bulle­tin de la Société de l’histoire de l’art français, 1932, pp. 176-195.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De quelques années antérieur au Grand Théâtre de Bordeaux
  2. Gilbert Roze: un nouveau théâtre à Metz, in Mémoires de l’Académie nationale de Metz, 1999.
  3. a et b Fiche Aménagement de l’île du Petit-Saulcy sur Structurae.fr
  4. Jeanne Lejeaux: Deux épisodes de l’histoire de la Place d’Armes de Metz, in Mémoires de l’Académie de Metz, 1928.
  5. Miroir du temps de Metz — Le Théâtre. Consulté le 2 octobre 2010.
  6. « Théâtre municipal », base Mérimée, ministère français de la Culture

Lien externe[modifier | modifier le code]