Messiah

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Le Messie

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Le Messie (Messiah, HWV 56) est un oratorio composé en 1741 par Georg Friedrich Haendel. C'est une de ses œuvres les plus populaires avec les suites Water Music (Musique sur l'eau) et Music for the Royal Fireworks (Musique pour les feux d'artifice royaux). Messiah est désormais considéré comme le chef-d'œuvre du genre oratorio[1].

Le texte réfère principalement à la résurrection du Messie et à la rédemption qu'elle opère : l'œuvre fut écrite pour le temps de Pâques et jouée pour la première fois lors de cette fête. Cependant, il est devenu de tradition, depuis la mort du compositeur, de la jouer pendant le temps de l'Avent — les semaines qui précèdent la fête de Noël — plutôt que pendant le temps de Pâques. Ces concerts ne jouent souvent en fait que la première section du Messie, concernant l'Annonce de la venue du Christ et sa naissance, ainsi que le chœur de l'Alleluia. Certains ensembles, tels l'Orchestre symphonique de Montréal, le jouent en entier. L'œuvre est aussi jouée à Pâques, en particulier les parties concernant la résurrection qui sont souvent des pièces jouées pendant les offices. L'air de la soprano I know that my redeemer liveth est souvent entendue lors de funérailles chrétiennes. La tradition veut par ailleurs que les cinquième et sixième mesures de cet air aient servi de base à la composition de l'air du carillon de Big Ben, à Londres, à la fin du XVIIIe siècle.

Composition et création[modifier | modifier le code]

L'oratorio a été écrit en 1741 à Londres sur un livret en anglais de Charles Jennens inspiré de la Bible, mais n'a été créé que le 13 avril 1742 lors d'un gala de charité au Temple Bar de Dublin.

Haendel met à la disposition de la prédication le ressort dramatique et musical de l'opéra. Bien que considéré comme un « oratorio sacré », le Messie est résolument sorti de l'église, plus que bien des œuvres créées dans ce genre ; donné sur scène, il épouse toutes les ressources dramatiques et musicales de la scène, à l'exception du jeu des acteurs et des machineries. Ce développement opéré par Haendel lui permet d'atteindre une dimension nouvelle par une large amplification théâtrale, qui laisse libre cours à la volonté de l'ancien auteur d'opéras, de prolonger son succès auprès d'un nouvel auditoire, entreprise entamée dès 1739, avec l'oratorio Saül (Saul). Il faut cependant noter que cette théâtralisation est obtenue par des moyens essentiellement musicaux et que le ressort proprement dramatique est absent du Messie.

En mars 1743 lors de la création britannique du Messie, une cabale de dévots rejette l'œuvre en s'appuyant sur l'idée que la fresque semble grandiloquente à certains, et trop éloignée du recueillement ou du demi-silence qu'exigerait la vraie prière. La guerre des libelles va durer plusieurs mois, portant un tort considérable au succès de l'oratorio. Haendel devra limiter à deux représentations les auditions du Messie en 1743 et n'en donner aucune en 1744. On sait, certes, que le roi lui-même s'était levé lors de la première en entendant l'explosion de joie de l'Alleluia où l'on chante, par exemple, For the Lord God omnipotent reigneth. Il donna ainsi naissance à la tradition britannique qui veut que la salle se lève à ce moment lors de chaque exécution en concert. Mais cet enthousiasme instinctif n'avait pas suffi à assurer le succès. Pour les Anglais, il y avait quelque chose de déroutant dans l'œuvre de Haendel : une relative abondance de chœurs (vingt, pour cinquante-deux numéros au total) qui avait convaincu les Irlandais mais laissait les Britanniques pantois, sans aucune autre référence comparable dans le genre d'oratorios sacrés qu'ils avaient entendus jusqu'alors et qui portaient la marque de la musique d'outre-manche beaucoup plus que de l'inspiration italienne. Une certaine postérité devait aussi attribuer cet échec à l'orchestration qui, à l'origine, ne mettait en œuvre que les cordes, les trompettes et les timbales (Haendel n'introduisit que plus tard les hautbois et les bassons). Le succès de l'œuvre ne fut effectif, à Londres, qu'après 1750. A son tour, W.A. Mozart qui l'entendit à Mannheim en 1777 réorchestra la partition (ajoutant hautbois, flûtes, cors et trombones, pour remplacer l'orgue) pour la mettre au goût de son époque, la rapprochant encore un peu plus de l'art profane.

L'œuvre est divisée en trois parties, compilées de l'Ancien et du Nouveau Testament :

  1. Ancien et Nouveau Testament (c'est-à-dire, dans ce dernier, les Évangiles) : les prophéties de l'Incarnation du Christ, l'Annonciation et la Nativité.
  2. Ancien Testament (les Lamentations du prophète Jérémie, les Psaumes) et Nouveau Testament : la Passion, la Résurrection et l'Ascension du Christ.
  3. Nouveau Testament : cette dernière partie, plus courte, se présente comme une réflexion sur le rôle rédempteur du Christ, la vie l'emportant définitivement sur la mort (dans l'optique de saint Paul, largement mis à contribution ici).

L'œuvre est écrite pour orchestre et chœur, avec cinq solistes (soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor et basse), elle comprend une ouverture, une sinfonia pastorale et 51 récitatifs, airs et chœurs[2].

Haendel a dirigé de nombreuses fois le Messie, adaptant souvent l'œuvre aux circonstances, si bien qu'aucune version ne peut être considérée comme authentique.

Documents audios[modifier | modifier le code]

Les deux premières parties du Messie de Haendel par le chœur du Massachusetts Institute of Technology

Ire partie :

IIe partie :

IIIe partie :

  • 43 - « I know that my Redeemer liveth »
  • 44 - « Since by man came death »
  • 45 - « Behold, I tell you a mystery »
  • 46 - « The trumpet shall sound »
  • 47 - « Then shall be brought to pass »
  • 48 - « O death, where is thy sting »
  • 49 - « But thanks be to God »
  • 50 - « If God be for us »
  • 51 - « Worthy is the Lamb »
  • 52 - « Amen »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Poizat, L'opéra ou le cri de l'ange : essai sur la jouissance de l'amateur d'opéra, Métailié,‎ 2001, p. 245
  2. [PDF]Le Messie (version anglaise) de G. F. Haendel

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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