John Dowland

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John Dowland est un compositeur et luthiste né en Angleterre ou en Irlande en 1563 et mort le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Très peu d'éléments sur la première partie de sa vie sont disponibles, mais il serait né à Londres.

De 1579 à 1584, il fut au service de Sir Henry Cobhams, diplomate anglais à Paris, et de son successeur, Sir Edward Stafford. Là, il se convertit au catholicisme[1]. Après avoir postulé en vain comme successeur du luthiste de la cour d'Angleterre John Johnson, il séjourna à Cassel, Florence et Nuremberg. À la fin de 1596 ou au début de 1597, il rentra à Londres, où il espérait cette fois encore être engagé comme luthiste de la cour. Malheureusement, son ami et bienfaiteur Henry Noel mourut peu après lui avoir écrit pour lui demander de rentrer à Londres.

De 1598 à 1606, il fut luthiste à la cour du roi Christian IV de Danemark. Puis il rentra en Angleterre et fut durant quelques années employé par un courtisan du nom de Theophilus Howard, Lord Walden. Finalement, il obtint le poste convoité depuis si longtemps comme "Musicien pour le luth" (en anglais : Musician for the lute) à la cour royale d'Angleterre. Après cela, il ne composa presque plus.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre musicale de Dowland comprend des pièces chantées accompagnées au luth, des psaumes, des œuvres pour luth seul et pour ensemble de violes (« consort of viols ») avec accompagnement de luth.

Son œuvre instrumentale la plus connue, Lachrimæ or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans ... (Pleurs, ou Sept larmes représentées par sept pavanes passionnées ...) est un groupe de sept pavanes pour cinq violes (donc à 5 parties instrumentales) avec un luth soutenant cette polyphonie, chacune d'entre elles étant basée sur Flow My Tears (« Coulez, mes larmes »). Cette pièce devint l'une des plus connues de la musique pour ensemble instrumental de cette époque. Sa pavane Lachrymæ antiquæ fut aussi l'un des grands succès du XVIIe siècle.

Les pièces chantées de Dowland traitent de différents thèmes. Musicalement, il s'agit principalement de chants strophiques, plus rarement de pièces à composition continue (durchkomponiert en allemand[2]), c'est-à-dire composées de bout en bout puisqu'on n'y trouve pas les formules simplement reproduites de strophe en strophe. L'accompagnement est en grande partie homophone, enrichi cependant par de nombreux ornements. Quelques airs, comme Flow My Tears ou Oh, sweet woods (« Ô, doux bois ») contiennent aussi des passages polyphoniques à composition continue (durchkomponiert), mais la polyphonie reste dans les limites de ce qui peut être joué au luth. La manière de déclamer le texte le laisse distinct et compréhensible en permanence et les ornements sont utilisés comme éléments expressifs.

Les œuvres instrumentales de Dowland ont une importance particulière. Ses compositions pour ensemble de violes de gambe avec accompagnement de luth marquent dans l'histoire de la musique européenne un premier point culminant dans le développement d'une musique instrumentale indépendante de la voix.

Fichier audio
Flow, my tears (info)

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La musique de Dowland exprime souvent la mélancolie, un sentiment très présent dans la musique de cette époque. Il écrivit d'ailleurs une pièce pour consort dont le titre pourrait selon certains résumer son œuvre. Elle est intitulée, en latin : Semper Dowland, semper dolens (Toujours Dowland, toujours souffrant). Cette humeur mélancolique est mise en relief par une harmonisation riche en couleurs et en dissonances.

Ce serait cependant oublier d'autres pièces plus humoristiques, comme My Lord Chamberlain, His Galliard[3] une invention pour deux luthistes jouant sur un seul luth. Elle utilise le rythme de la danse appelée gaillarde.

Utilisation contemporaine de ses œuvres[modifier | modifier le code]

La musique de Dowland est un thème récurrent des livres de science-fiction de Philip K. Dick. Elle est aussi mentionnée à de nombreuses reprises dans Le Temps où nous chantions de l'auteur américain Richard Powers. L'écrivain japonais Haruki Murakami dans 1Q84 fait également allusion à ce compositeur.

Le chanteur Sting a repris les compositions de Dowland dans son album Songs from the Labyrinth (2006).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouvrage collectif, sous la direction de Marc Vignal, Dictionnaire de la musique, Paris, Larousse,‎ , 882 p. (ISBN 9782035113061), Page 241
  2. Vocable néanmoins anachronique dans son usage.
  3. (en) My Lord Chamberlain, His Galliard (en) (an invention for two to play upon one lute)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A History of the Lute from Antiquity to the Renaissance par Douglas Alton Smith, publié par la Lute Society of America (2002). ISBN 0-9714071-0-X
  • (en) The Lute in Britain: A History of the Instrument and its Music par Matthew Spring, publié par Oxford University Press (2001).
  • (de) Text und Musik bei John Dowland. Eine Untersuchung zu den Vokalkompositionen des bedeutendsten Lautenvirtuosen der englischen Renaissance par Christian Kelnberger, 2e édition, Stutz, Passau 2004, ISBN 3-88849-207-6, (également: München, Univ., Diss, 1999).

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • John Dowland, Œuvres. The Consort of Musicke, Antony Rooley (Oyseau-Lyre) (12 CD)
  • John Dowland, The complete solo lute music, (Jacob Lindberg), BIS-CD (4CD)
  • John Dowland, Second book of songs, (Anthony Rooley, The consort of musicke, L'Oiseau Lyre, 2 CD
  • John Dowland, Lachrimae, (Christopher Wilson - Fretwork), Classics Digital, 1 CD
  • John Dowland, the complete solo lute music, (Paul O'Dette), Harmonia Mundi, 5 CD
  • Lachrimae or Seaven Teares - 1604 by Hespèrion XX dir. Jordi Savall

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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