Café de la Gare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

48° 51′ 34″ N 2° 21′ 15″ E / 48.859534, 2.354045 ()

Façade du Café de la Gare, 41 rue du Temple.

Le Café de la Gare est un café-théâtre parisien, situé 41 rue du Temple, dans le 4e arrondissement de Paris. Il propose 450 places assises (30e capacité parmi les salles de Paris).

Historique[modifier | modifier le code]

Le Café de la Gare a été créé juste après mai 68 par une bande de copains qui ont restauré une vieille fabrique de ventilateurs, passage d'Odessa (dit aussi « passage du Départ »), proche de la gare de Paris-Montparnasse à Paris dans le 14e arrondissement.

Chantier collectif où tout le monde met la main à la pâte, le Café de la Gare ouvre en 1969 avec ses premiers acteurs-constructeurs-fondateurs, Romain Bouteille, Coluche, Sotha, Patrick Dewaere, Miou-Miou, Henri Guybet

Défini par Coluche, le mode de vie de la troupe d'inconnus est le copinage en concubinage. Coluche vit avec sa petite amie Miou-Miou, Sotha, qui était avec Romain Bouteille, va épouser Patrick Dewaere ; ce dernier séduira ensuite Miou-Miou.

Henri Guybet, Jean-Michel Haas, Catherine Mitry, Gérard Lefèvre (dit Gégé) font partie des fondateurs, qui versent au pot commun leurs modestes cachets. Georges Moustaki, Raymond Devos, Jean Ferrat, Jacques Brel, Leni Escudero, Pierre Perret, Jean Yanne, la revue Hara-Kiri et même le magasin Inno-Montparnasse apparaissent comme mécènes.

Le 12 juin 1969, le Café donne son premier spectacle : un ensemble de textes burlesques signés Bouteille, Sotha, Gégé et Dewaere. La salle est inachevée, le slogan du lieu est « C'est moche, c'est sale, c'est dans le vent ».

Miou-Miou cofondatrice du Café de la Gare, ici en 1976 avec Julien Clerc

À son ouverture, le Café de la Gare se présente comme un « café-théâtre », terme vague qui, à l'époque, s'appliquait surtout à une catégorie fiscale. Cependant, on n'y a jamais bu de café, et il n'y a jamais eu de tables ni de chaises, seulement des gradins pour environ 180 personnes, entourant sur trois côtés une scène d'environ 8 mètres sur 5.

Le public qui arrive pour voir ce théâtre de la dérision et de la farce, doit chaque soir, se plier à un rituel : chacun tire au sort le prix de sa place à l'aide d'une roue genre loterie qui est actionnée par les acteurs. Ainsi, les plus chanceux ne paient rien et récupèrent même 1 franc, les moins chanceux paient le prix d'une place de cinéma. Une fois assis sur les bancs, les spectateurs ont droit à une boisson servie toujours par ces mêmes acteurs, ainsi qu'à un coussin qui est généralement jeté en pleine figure par ces derniers (une fois la boisson bue, quand même).

Renaud participe à la création du café-théâtre, dès 1969

La légende de l'improvisation permanente, exagérée, sert de catalyseur. Les deux premiers spectacles sont Allume, j'étouffe... et Des boulons dans mon yaourt. Ils présentent une série de sketches écrits par l'ensemble des acteurs.

En 1971, le café de la Gare déménage au 41 rue du Temple dans le 4e arrondissement, dans un relais de postes du XVIIe siècle anciennement appelé l'« Auberge de l'Aigle d'Or ». Il devient alors le plus grand café-théâtre de la capitale avec une salle de 450 places.

Le succès inquiète Bouteille. Il cherche à imposer ses choix : pas de chef, pas de metteur en scène, l'acteur reste maître de son texte, répartition de la recette en parts égales, pas de sanctions, celui qui s'en va doit trouver un remplaçant. En 1970, suite à des problèmes d'alcool qui le rendait exécrable voire violent, Coluche invectiva et alla jusqu'à frapper Bouteille, alors qu'ils préparaient Des boulons dans mon yaourt. Il se vit obligé de quitter la troupe.

Les uns partent, d'autres arrivent ou reviennent : en 1973, Philippe Manesse, Patrice Minet et Marie-Christine Descouard s'établissent dans la troupe et certains membres fondateurs comme Patrick Dewaere, Miou-Miou, Henri Guybet vont et viennent en parallèle de leurs carrières au cinéma.

Plus tard, le collectif s'agrandit avec Gérard Lanvin, qui vendait auparavant des vêtements, Gérard Depardieu, Renaud. D'autres acteurs y passent : Rufus, Martin Lamotte, Thierry Lhermitte, Diane Kurys, Coline Serreau. On retrouve aussi dans la nébuleuse Josiane Balasko, Anémone, Gérard Jugnot.

Rufus participe aussi à plusieurs spectacles

La troupe compte aujourd'hui, entre autres personnalités, Sotha et son ex-mari Philippe Manesse, ainsi que Patrice Minet.

En 2010, 50 théâtres privés de Paris réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont fait partie le Café de la Gare, décident de se renforcer grâce à une nouvelle enseigne, symbole du modèle historique du théâtre privé : les Théâtres parisiens associés[1].

En mai 2014, Marie-Christine Descouard (présente au Café de la Gare de 1973 à 1981) publie aux éditions Le Cherche Midi un livre intitulé Le Café de la Gare, quelle histoire !

Pièces de 1970 à 1995[modifier | modifier le code]

Notes et références[2][modifier | modifier le code]

  1. Le Café de la Gare - Théâtres parisiens associés
  2. 2. Le Café de la Gare, quelle histoire ! de Marie-Christine Descouard (éd. le Cherche Midi).

Liens externes[modifier | modifier le code]