La Belle Hélène

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La Belle Hélène
Image décrite ci-après
Costume d'Hélène par Draner pour la reprise de 1876

Genre opéra-bouffe
Nbre d'actes 3 actes
Musique Jacques Offenbach
Livret Henri Meilhac et Ludovic Halévy
Langue
originale
Français
Durée
approximative
130 minutes
Création 17 décembre 1864
Théâtre des Variétés, Paris
Personnages
  • Hélène, reine de Sparte (soprano)
  • Pâris, prince de Troie (ténor)
  • Ménélas, roi de Sparte, époux d'Hélène (ténor)
  • Agamemnon, « roi des rois » (baryton)
  • Calchas, grand augure de Jupiter (basse)
  • Oreste, fils d'Agamemnon (mezzo-soprano, rôle travesti)
  • Achille, roi des Myrmidons (ténor)
  • Ajax 1er, roi de Salamine (ténor)
  • Ajax 2e, roi des Locriens (ténor ou baryton)
  • Parthénis et Léœna, hétaïres (sopranos)
  • Bacchis, suivante d'Hélène (mezzo-soprano)
  • Philocome, serviteur de Calchas (rôle parlé)
  • Euthycles, forgeron (rôle parlé)
  • Princes, gardes, suivantes, peuple de Sparte, etc.
Airs
  • Jugement de Pâris « Au mont Ida, trois déesses » - Pâris
  • Couplets des rois « Ces rois remplis de vaillance » - Les Rois
  • Final I « Pars pour la Crète » - Tous
  • Air « Dis-moi Vénus » - Hélène
  • Duo du rêve - Hélène, Pâris
  • Trio patriotique - Ménélas, Agamemnon, Calchas

La Belle Hélène est un opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créée à Paris au théâtre des Variétés le 17 décembre 1864.

C'est l'une des œuvres les plus connues d'Offenbach et celle qui a rendu célèbre Hortense Schneider et donné son nom au dessert à la poire créé par Escoffier[1].

Les personnages[modifier | modifier le code]

Notes : les liens renvoient aux articles consacrés aux personnages de la mythologie grecque et non aux rôles d'opéra. Les typologies vocales ne sont données qu'à titre indicatif, n'étant pas précisées dans les partitions d'origine.

Les créateurs[modifier | modifier le code]

Argument[modifier | modifier le code]

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Les deux premiers actes se passent à Sparte, le troisième à Nauplie, au bord de la mer Égée.

L'intrigue se déroule après le « jugement de Pâris » : berger sur le mont Ida, celui-ci est pressé par trois déesses (Junon, Minerve, Vénus) de décerner une pomme d'or à la plus belle. Il offre le trophée à Vénus qui lui promet en échange l'amour de la plus belle femme du monde… qui n'est autre qu'Hélène, reine de Sparte et mariée à Ménélas.

Acte I : « L'Oracle »[modifier | modifier le code]

Une place publique à Sparte. On fête Adonis. Après avoir invoqué Vénus pour qu'elle répande l'amour, Hélène questionne Calchas, l'augure de Jupiter, sur l'affaire du mont Ida dont elle sait être la récompense :

« Ce bois mystérieux, ces trois déesses, cette pomme et ce berger… ce berger surtout… vous n'avez pas de nouveaux détails ? »

Calchas n'a rien à lui apprendre mais ils sont de toutes façons interrompus par l'arrivée du prince Oreste, jeune débauché, accompagné des deux courtisanes Parthénis et Léœna. Hélène court se réfugier dans le temple pendant qu’Oreste présente ses conquêtes à Calchas (Air « Au cabaret du labyrinthe »). Ceux-ci finissent par s'en aller mais Calchas, s'apprêtant à en faire autant, est arrêté par Pâris, qui lui remet une lettre de Vénus : celle-ci demande à l'augure d'aider Pâris à séduire la reine. Calchas accepte et demande à Pâris de lui narrer sa rencontre avec les déesses. Le berger s'exécute (Air du jugement de Pâris « Au mont Ida, trois déesses »). Hélène apparaît et est frappée par la beauté du berger. Elle demande son identité à Calchas qui se garde bien de la lui révéler. Elle le prie de sortir et examine attentivement Pâris au charme duquel elle n'est pas insensible.

Mais le cortège des rois arrive pour la cérémonie de la fête d'Adonis (Chœur et couplets des rois « Voici les rois de la Grèce »). Celle-ci s'accompagne d'un concours, non pas sportif, mais consacré « aux choses de l'intelligence » : devinettes, bouts-rimés et charades. Après que Ménélas en a donné la lecture, les rois lancent tour à tour des incongruités. Survient alors Pâris qui n'a guère de difficultés à remporter les trois épreuves et à recevoir ainsi le trophée (Chœur « Gloire à Pâris victorieux »). Les rois interloqués se demandent « quel est donc ce quidam ». Pâris dévoile son identité au grand trouble d'Hélène qui craint de voir la prédiction se réaliser (Ensemble « Ô Ciel ! L'homme à la pomme »).

Pâris demande alors à Calchas d'écarter Ménélas pour quelque temps afin qu'il ait le champ libre. Le grand augure fait actionner son « tonnerre » par Philocome et délivre à l'assemblée un « message des Dieux » : Ménélas doit partir un mois dans les montagnes de la Crète (Final « Pars pour la Crète »), laissant Hélène seule face à la fatalité.

Acte II : « Le Jeu de l'oie »[modifier | modifier le code]

Final de l'acte II, Matelots de la Dendre, Ath, 8 avril 2008.

La chambre de la Reine. C'est bientôt le dîner et Bacchis essaye de convaincre Hélène de vêtir une robe qui dévoile sa beauté comme le veut « l'étiquette ». Au contraire, Hélène tient jusqu'au retour de son époux à étouffer sa passion pour Pâris et s'habille d'une robe « montante » qui l'enveloppe étroitement de la tête aux pieds.

Pâris demande à voir Hélène mais celle-ci préfère avant de le recevoir demander conseil à ses parents, Léda et Jupiter, avant d'adresser des reproches à Vénus (Air « Dis-moi, Vénus »). Une fois Pâris en présence de la reine, celui-ci lui fait part de son impatience à recevoir le prix promis par Vénus et lui fait la description des trois moyens d' « arriver au cœur d'une femme » : l'amour, la violence et enfin la ruse…

Les rois s'invitent chez la Reine pour une partie de jeu de l'oie. Calchas, récoltant toute la mise en trichant, éveille la suspicion des rois et, poursuivi par eux, est finalement obligé de rendre la moitié de ses gains. Hélène, torturée par son amour naissant, lui demande de lui offrir Pâris en rêve puisqu'elle se refuse à le voir en vrai. La reine s'endort et Calchas laisse Pâris s'introduire « en douce » dans la chambre de reine et se faire passer pour le rêve demandé (Duo du rêve « Oui c'est un rêve, un doux rêve d'amour »).

C'est le moment que choisit Ménélas pour rentrer de Crète : il trouve Pâris dans le lit de son épouse et, furieux, ameute les autres rois qui devaient veiller sur son honneur (Final « À moi, rois de la Grèce ! »). Ceux-ci sont bien embêtés mais Hélène rejette la faute sur Ménélas (Couplets « Un mari sage est en voyage ») : un mari doit avoir « la bienséance », lorsqu'il s'absente, d'avertir sa femme de son retour. Tous s'accordent cependant - sauf Hélène - pour chasser le « séducteur » de la ville (Final « Un vil séducteur »).

Acte III : « La Galère de Vénus »[modifier | modifier le code]

Les bains de Nauplie. Venus fait semer un vent de débauche sur la Grèce pour se venger des rois qui ont chassé Pâris. Les rois se sont réfugiés dans un petit village côtier pour échapper aux bacchanales mais Oreste et ses amis mènent la danse sur place (Chœur « Dansons, aimons, buvons, chantons » et air d'Oreste « Vénus au fond de notre âme »). Ménélas, lui, cherche furieusement à savoir pourquoi Hélène a parlé de « rêve » lorsqu'il l'a trouvée au lit avec Pâris. Hélène, agacée, clame son innocence (Air « Là, vrai, je ne suis pas coupable ») et le menace de lui donner de vraies raisons de se plaindre.

Agammenon et Calchas lui reprochent, quant à eux, son inaction devant la maladie qui gangrène la Grèce, l'accusant de sacrifier son pays à sa propre personne : le mari devrait « s'effacer devant le monarque » (Trio patriotique « Lorsque la Grèce est un champ de carnage »). Ils lui conseillent de se sacrifier (« Allons, immole-toi ») pour apaiser le courroux de la déesse. Ménélas, effrayé, refuse et leur apprend qu'il a invité le grand augure de Vénus pour régler l'affaire.

Ce dernier arrive juste de Cythère (Chœur « La Galère de Cythère ») et Ménélas demande à tous de se jeter à ses pieds pour implorer la miséricorde de la déesse. Mais le grand augure se plaint de l'accueil qu'on lui réserve : il veut de la joie et de la gaité et non des lamentations (Air « Je suis gai, soyez gai, il le faut, je le veux »). Il expose ensuite le marché qui apaisera la déesse : Hélène doit simplement accompagner l'augure sur son île. Ménélas, ravi que ce « tout petit voyage » soit la seule condition, pousse Hélène à accepter. Seulement cette dernière n'a aucunement l'intention de faire ce voyage pour satisfaire son époux. Le grand augure lui dévoile alors secrètement sa véritable identité : c'est Pâris. Ils embarquent alors tous deux dans la galère avec la bénédiction de Ménélas.

Ils sont déjà hors de portée lorsque la supercherie est dévoilée... La guerre de Troie peut commencer.

Costumes[modifier | modifier le code]

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Citations et emprunts[modifier | modifier le code]

  • Dans son Trio patriotique de l'acte III, Jacques Offenbach et ses librettistes font référence à l'opéra Guillaume Tell de Gioachino Rossini créé à Paris en 1829 :
AGAMEMNON.
Lorsque la Grèce est un champ de carnage,
Lorsqu’on immole les maris,
Tu vis heureux au sein de ton ménage…
Tu t’fich’s pas mal de ton pays !
La Belle Hélène, N°20, acte III, scène V
GUILLAUME.
Quand l'Helvétie est un champ de supplice
Où l'on moissonne ses enfants
Que de Geslertes armes soient complices
Combats et meurs pour nos tyrans
Guillaume Tell, N°11

Analyse[modifier | modifier le code]

La Belle Hélène reprend le procédé, déjà employé par Offenbach et ses librettistes dans Orphée aux Enfers en 1855, de la parodie de l’Antiquité gréco-latine : anachronismes, subversion de l’usage artistique des thèmes antiques, contrastes entre le sérieux habituellement associé à ces thèmes et des expressions prosaïques ou familières, etc. C'est aussi l'occasion pour les auteurs de faire de nombreuses références satiriques ou critiques à peine voilées de la société française du Second Empire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Desserts de tradition, Hervé Chaumeton, Jean Arbeille, 2005, p.6, Artémis éditions, ISBN 2844164048

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Meilhac et L. Halévy, La Belle Hélène (livret) in Théâtre complet (tome I), Calmann-Lévy, Paris, 1901.
  • La Belle Hélène (livret et analyse) in L'Avant-scène opéra no 125, éditions Premières Loges, Paris, 1989 (réed. 2003) (ISBN 2-84385-226-9)
  • David Rissin, Offenbach ou le Rire en musique, Fayard, Paris, 1980 (cf. notamment le chapitre consacré à une analyse linéaire de La Belle Hélène).

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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