Médaille

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Une médaille est un objet métallique généralement circulaire, souvent fait en métaux précieux (or ou argent) et éventuellement d'émaux. Lorsqu'elle est rectangulaire, on parle plutôt de plaque, voire plaquette. Elle est dite « pendante » lorsqu'elle est suspendue à un ruban, portée sur la poitrine (en boutonnière), en sautoir (autour du cou) ou en écharpe (d'une épaule au côté). On parle de médaille « de table » ou de « présentation » lorsqu'elle ne comporte aucun système de fixation, comme la médaille de la fondation Nobel.

À l'origine, elle désignait de la menue monnaie, venant du latin medalia qui désignait un demi-denier, ce qui correspondait en France à la maille[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier exemple connu d'une médaille[2] est relaté par l'historien Flavius Josèphe dans ses Antiquités judaïques à propos du Grand prêtre Jonhatan qui a reçu cette récompense par Alexandre le Grand pour avoir accepté d'incorporer dans son armée de valeureux Hébreux.

Les bractéates, médailles où l'empreinte est en relief sur la face et en creux sur le revers, apparaissent dès le Ve siècle en Europe du Nord à l'époque de l'âge du fer germanique.

L'artiste de la Renaissance Pisanello crée en 1438 sa première médaille célébrant la visite de Jean VIII Paléologue en Italie[3]. Considérée comme la plus ancienne médaille coulée de la Renaissance, Pisanello peut être regardé comme le premier médailleur de l'histoire dont l'idendité est connue[4].

La médaille bénéficie au XVIe siècle de l'invention de la frappe au balancier qui concurrence alors le coulage.

Différentes médailles[modifier | modifier le code]

Une médaille peut aussi servir de document d'identité. C'est le cas des médailles de police, ou encore, à Paris, jusqu'en 1871, des médailles de membres de la Garde nationale, ou, de 1892 à 1966, des bronzes, médailles d'organisateurs du Bal des Quat'z'Arts.

Les médailles appelées décorations récompensent un acte ou une situation exceptionnelle, une longue période de service (comme la médaille du travail: argent =20ans de service, vermeil =30 ans, or =35 ans et grand-or =40ans), la participation à une campagne ou toutes sortes de services rendus à un État, à un souverain, à une institution ou un organisme.

La médaille est le plus souvent une décoration officielle obtenue à titre personnel (acte de sauvetage ou de bravoure) ou collectif (ensemble des participants à une expédition militaire). Si elles sont officielles (remises au nom d'un État ou reconnues par un État), elles peuvent être portées en boutonnière par le bénéficiaire sur le veston, l'habit ou l'uniforme sous forme d'un simple ruban, en réduction ou sous sa forme dite d'ordonnance (taille à sa création) suivant le cas (le récipiendaire doit en requérir le droit de port pour les médailles étrangères, auprès du ministère ad hoc).

Une médaille peut être aussi un objet de bureau, offert comme témoin d'une récompense, d'une manifestation ou d'un présent fait par un organisme, une société etc.

Des médailles commémoratives, religieuses ainsi que des médailles touristiques sont vendues comme bijoux ou souvenirs sur les sites touristiques, religieux ou des magasins spécialisés. Ce sont des médailles privées et par là non officielles.

Autres médailles[modifier | modifier le code]

Médailles sportives[modifier | modifier le code]

Des médailles (d'or, d'argent ou de bronze) sont remises aux vainqueurs de compétitions sportives et à leurs suivants (deuxième, troisième ...).

Dans la plupart des sports, en particulier les sports olympiques, une médaille est décernée aux trois premiers à l'issue d'une compétition :

Par dérision, on dit souvent que le quatrième d'une compétition reçoit la « médaille en chocolat », s'agissant de la meilleure place pour laquelle aucune médaille n'est distribuée.

Plusieurs disciplines olympiques font exception à cette règle des trois premiers à recevoir une médaille olympique. Ainsi, au judo, il existe un système de repêchage des participants éliminés jusqu'aux demi-finales. Les perdants des demi-finales ne s'affrontent pas mutuellement mais affrontent les deux finalistes du repêchage. Une médaille de bronze est attribuée au vainqueur de chacun de ces deux combats. En boxe, depuis les Jeux olympiques de 1952, il n'y a plus de finale pour la troisième place, les deux perdants des demi-finales reçoivent une médaille de bronze.

Médailles religieuses[modifier | modifier le code]

Médailles non officielles, on distingue :

Médailles touristiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeton.

La Médaille du tourisme, remise au récipiendaire « Au nom du Ministre du Tourisme », existe en or, en argent et en bronze.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Ed les Dictionnaires Le Robert, 1998
  2. (en) « The Medal Maker », The Rotarian, no 5,‎ mai 1970, p. 34
  3. Henry Nocq, Les médailles d'Antonio Pisano dit le Pisanello, L. Marotte,‎ 1914, 16 p.
  4. Vladimír Juren, « A propos de la médaille de Jean VIII Paléologue par Pisanello », Revue numismatique, vol. 6, no 15,‎ 1973, p. 219-225

Sources[modifier | modifier le code]

  • Article « Décorations », Règles typographiques, Imprimerie Nationale (2002)
  • Bruno Dumons (dir.), La fabrique de l'honneur. Les médailles et les décorations en France (XIXe-XXe s.), Presses universitaires de Rennes,‎ 2009, 200 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]