Fra Filippo Lippi

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Fra Filippo Lippi

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Autoportrait de Fra Filippo Lippi, dans le cycle de fresques Scènes de la vie de la Vierge, cathédrale de Spolète.

Naissance 1406
Flag of Italy.svg Florence
Décès 9 octobre 1469 (63 ans)
Flag of Italy.svg Spolète
Activités Artiste peintre
Élèves Sandro Botticelli
Influencé par Lorenzo Monaco, Masaccio

Fra Filippo Lippi[1], dit Fra Filippo del Carmine (né en 1406 à Florence et mort le 9 octobre 1469 à Spolète) est un peintre italien de la première Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin, Filippo Lippi est placé très jeune au couvent des Carmes de Florence où il prononce ses vœux en 1421 à l'âge de 15 ans. Il peint ses premières œuvres dans ce couvent où il a pu voir à la chapelle Brancacci, travailler Masaccio avec Masolino da Panicale.

Dix ans plus tard, il quitte le monastère et mène une vie bien peu monacale au point qu'il est privé des bénéfices ecclésiastiques qu'il percevait. Heureusement, en 1438, il passe au service des Médicis. Il travaille surtout pour Cosme de Médicis mais également pour son fils Pierre Ier de Médicis (dit « le goutteux ») qui l'aident à faire oublier son existence jugée trop dissolue par les autorités religieuses.

Il connaît malgré tout la prison en 1452 et la torture par l'estrapade[2] après un différend l'opposant à l'un de ses confrères, au sujet d'une restauration qu'il n'aurait pas exécutée mais pour laquelle il avait été rémunéré (selon le plaignant).

Entre 1452 et 1465, il réalise les fresques de la chapelle principale de la Cathédrale du Prato[3].

En 1456, il est nommé chapelain du couvent Sainte-Marguerite à Prato. À 50 ans, il y séduit une religieuse, Lucrezia Buti, qu'il enlève au cours d'une procession, peu après avoir découvert qu'elle était enceinte de lui. En 1457, naît de leur liaison, celui qui deviendra plus tard peintre sous le nom de Filippino Lippi. À nouveau, Lippi connaît des problèmes avec la justice florentine qui compte bien le condamner pour avoir corrompu une nonne. Pour le sauver de la mort, Cosme de Médicis, son principal mécène et ami part au Vatican demander au pape Pie II, nouvellement élu, et ami de Cosme, de le gracier. Ce dernier s'exécute en relevant Fra (Frère) Filippo et Lucrezia de leurs vœux. Lippi épouse donc Lucrezia quelques semaines plus tard, en 1458, Lippi a 52 ans, Lucrezia n'en a que 20. Deux ans plus tard, en 1460, une fille - Alessandra - naît de leur union.

Fra Filippo Lippi fut d'abord influencé par Lorenzo Monaco et surtout Masaccio qu'il put voir travailler au couvent du Carmel de Florence. Masaccio est remarquable par sa capacité à représenter les expressions et les postures de ses personnages. Il fut aussi un des premiers à mettre en pratique les recherches de l'architecte Filippo Brunelleschi sur la perspective.
Plus tard, Filippo Lippi rencontre Fra Angelico qui exerça, à son tour, une influence sur son art. Fra Filippo Lippi est connu pour ses nombreuses représentations de la Vierge. Celles-ci sont célèbres pour l'élégance des silhouettes et la finesse des traits du visage.

Il fut le maître de Botticelli qui entre dans son atelier en 1465 ; ce dernier forma le fils de Filippo, le jeune Filippino Lippi.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres au musée des Offices, Florence[modifier | modifier le code]

Vierge à l'Enfant et deux anges
1437-1465
Galerie des Offices, Florence.

On trouve en particulier au musée des Offices son chef-d'œuvre de La Vierge à l'enfant avec deux anges, avec le fauteuil en trompe-l'œil qui sort d'un tableau.

  • Trois scènes de la prédelle du Retable Barbadori, 1437, un des polyptyques italiens dispersés (panneau central au Louvre) :
    • San Frediano détourne le cours du Serchio,
    • L'Annonce à la Vierge de sa mort prochaine
    • Saint Augustin dans sa cellule.
  • Le Couronnement de la Vierge[4], bois (1441-1447)
  • Annonciation, saint Jean baptiste, saint Antoine Abate
  • Madone et les saints François, Damien, Cosme et Antoine de Padoue (Retable du noviciat)[5], 1442-1450. La prédelle, réalisée par Pesellino est dispersée aujourd'hui entre le musée du Louvre et le Musée des Offices.
  • Adoration de l'Enfant avec saint Joseph, saint Jérôme, sainte Marie-Madeleine et saint Hilarion[6], 1455, détrempe sur bois 137 x 134 cm
  • Adoration avec un saint[7], 1465
  • Madone et deux anges dit La Lippina, 1457-1465, détrempe sur bois, 95 x 62 cm

Œuvres avant 1440[modifier | modifier le code]

Les personnages y sont encore statiques.

Œuvres de 1440 à 1450[modifier | modifier le code]

Le visage de la Vierge s'affine et les mouvements sont gracieux. Apparaissent également les décors architecturaux où il met en œuvre les règles de la perspective.

  • Vierge à l’Enfant, v. 1440, tempera sur toile, 79 × 51,1 cm, National Gallery of Art, Washington[16]
  • Annonciation aux deux donateurs agenouillés, v. 1440, huile sur toile, 155 × 144 cm, Galerie nationale d’art antique, Rome
  • Annonciation, v. 1440, deux panneaux, 63 × 25 cm, Frick Collection, New York[17]
  • Saint Laurent en majesté avec deux donateurs[18], v. 1440, Metropolitan Museum of Art, New York
  • Portrait d’une femme et d’un homme[19], 1440, Metropolitan Museum of Art, New York
  • Annonciation, v. 1443, bois, 203 × 185,3 cm, Alte Pinakothek, Munich
  • Annonciation Martelli, 1445, tempera sur bois, 175 × 183 cm, chapelle Martelli, basilique San Lorenzo de Florence
  • Nativité (probablement vers 1445), huile et tempera (?) sur toile, 23,2 × 55,3 cm
  • Portrait de femme, 1445, Gemäldegalerie, Berlin
  • L'Apparition de la Vierge à saint Bernard, 1447, tempera sur toile, 98 × 106 cm, National Gallery, Londres
  • Vierge à l'Enfant, v. 1446-1447, tempera et or sur panneau, 75,5 × 52,3 cm, Walters Art Museum
  • Saint Benoît ordonnant à saint Maur de ressusciter saint Placide[20] (1445-1450), tempera sur toile, 40 × 69,5 cm, National Gallery of Art, Washington[21]
  • Annonciation[22], v. 1445-1450, tempera sur bois, 7,5 × 13,5 cm, Musée Poldi Pezzoli, Milan[23]
  • Annonciation dite Annonciation Doria (1445-50), huile sur toile, 117 × 173 cm, Galerie Doria-Pamphilj, Rome
  • Annonciation, 1448-1450, un des deux panneaux conçus pour un palais des Médicis, tempera sur bois, 68 × 152 cm, National gallery, Londres[24]
  • Vierge à l'Enfant, v. 1450, 80 × 53 cm, Fondation Magnani-Rocca[25], Corte di Mamiano (Parma)

Œuvres de 1450 à 1460[modifier | modifier le code]

De riches costumes, des paysages en fond, et des histoires racontées sur plusieurs plan comme dans le Tondo Bartolini.

  • La Vierge et saint Jean-Baptiste adorant l'Enfant Jésus[26], huile sur panneau, 63 × 43 cm, Musée des Beaux-Arts de Nîmes
  • Fresques de la Cathédrale du Prato, 1452-1466
    • Scènes des vies de saint Étienne et saint Jean-Baptiste[27], (1452-1466)
    • Le Festin d'Hérode, fresques, Cappella Maggiore
  • Vierge à l'Enfant, et scènes de la vie de sainte Anne, dit Le Tondo Bartolini, 1452-1453, toile, diamètre 135 cm, Palais Pitti, Florence
  • Madonna del Ceppo[28], 1453, toile, 187 × 120 cm, Musée du Palais Pretorien, Prato
  • Retable Alessandri, 1453, tempera sur bois, 120,9 cm × 105,9, Metropolitan Museum of Art, New York
  • Saint Jérôme pénitent, 1455-1456, Staatliches Lindenau Museum, Altenbourg
  • Vierge de la ceinture entre saint Thomas et la commanditaire Bartolommea de Bovacchiesi et les saints Grégoire, Augustin, Tobie, Marguerite et l'archange Raphaël, 1455-1465, (avec Fra Diamante), Musée du Palais Pretorien [29]
  • L'Adoration dans la forêt, v.1459, détrempe sur bois de peuplier, 126,7 × 115,3 cm, Gemäldegalerie, Berlin.
  • Annonciation avec saint Julien, v. 1460, Musée du Palais Pretorien, Prato (peut-être de la main de Domenico di Zanobi)
  • Adoration des mages dit « Tondo Cook », 1440-1460, tempera sur toile, diamètre : 137,3 cm, partiellement attribué à Fra Angelico, National Gallery of Art, Washington[30]

Œuvres après 1460[modifier | modifier le code]

Vierge à l’Enfant, 1466-1469
face recto, Palazzo Medici-Riccardi, Florence.

L'expression des sentiments est particulièrement visible dans le tableau Les funérailles de saint Jérôme qui rappelle la force des personnalités et des expressions tels que les représentait Masaccio.

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

  • Une exposition de tableaux de Filippo et Filippino Lippi issus de la ville de Prato (provenant du musée municipal du Palais Pretorio ainsi que d’autres institutions de la région de Prato) fut présentée au Musée du Luxembourg, à Paris, du 25 mars au 2 août 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Giorgio Vasari cite Fra Filippo Lippi et
décrit sa biographie dans Le Vite : Page ?? - édition 1568
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