Flavius Mithridate

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Flavius Mithridate (pseudonyme antiquisant d'humaniste[1]) est un humaniste et orientaliste italien de la Renaissance (seconde moitié du XVe siècle), né en Sicile dans une famille juive, converti ensuite au catholicisme, représentant de la kabbale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Caltabellotta près d'Agrigente vers le milieu du XVe siècle, prénommé en tout cas Samuel et fils d'un rabbin, il se convertit au christianisme (catholique) vers 1466, adoptant le nom de Guglielmo Raimondo (ou Guillermo Raimondi) Moncada (ou di Moncada), probablement celui de son parrain (Guglielmo Raimondo Moncada Esfanoller, comte d'Adernò). Il jouit ensuite de puissants appuis, y compris financiers, en Sicile, et y obtint plusieurs bénéfices ecclésiastiques importants. Il fit des études à Catane, Messine, puis Naples. Il se rendit vers 1474 à la cour de Jean II d'Aragon à Barcelone et y disputa contre des rabbins juifs. Installé à Rome vers 1477, il attira par ses connaissances (hébreu, araméen, arabe, littérature cabbalistique) l'attention du cardinal Giovanni Battista Cybo (futur pape Innocent VIII) et de Sixte IV, ainsi que du duc Frédéric III de Montefeltro. Le vendredi saint de l'an 1481, il fit un sermon devant le pape et les cardinaux sur la Passion du Christ, s'appuyant prétendument sur des textes juifs (en fait plagiant le Pugio fidei de Raimond Martin). En 1482, il enseigna à l'Université de la Sapienza. Obligé de quitter Rome à la suite d'une obscure accusation (peut-être d'homosexualité), il séjourna à Cologne (où il publia en 1484 les Dicta septem sapientium) et à Louvain. Il rencontra à cette époque Rudolph Agricola et Johannes Reuchlin. Revenu en Italie en 1486 à l'invitation de Jean Pic de la Mirandole, il séjourna auprès de lui à Pérouse et à Fratta Todina et lui enseigna l'hébreu, l'araméen et les doctrines de la kabbale.

Il est principalement l'auteur de traductions de l'hébreu ou de l'arabe au latin, mais ces traductions sont complétées de nombreux commentaires et remarques apportant des informations y compris autobiographiques. Il traduisit en partie le Coran pour Frédéric de Montefeltro, et pour Pic de la Mirandole le commentaire de la Torah de Menahem Recanati, le commentaire du Cantique des cantiques de Gersonide, un traité sur la Résurrection de Maïmonide, des traités cabbalistiques d'Abraham Aboulafia, le Nefesh ha-Hakamah de Moïse de Léon, et des textes anonymes comme le Sefer ha-Bahir. Cette Bibliothèque cabbalistique en latin couvre 3 500 pages manuscrites. On trouve dans ses remarques personnelles des informations sur les personnages illustres qu'il a fréquentés, notamment les papes Sixte IV et Innocent VIII et Pic de la Mirandole. Il est également l'auteur d'un traité grammatical sur l'hébreu en latin, le De tropis hebraicis.

Édition[modifier | modifier le code]

  • Chaïm Wirszubski (éd.), Flavius Mithridates. Sermo de Passione Domini, Jérusalem, Israël Academy of Sciences and Humanities, 1963.
  • Saverio Campanini (ed.), The Book of Bahir. Flavius Mithridates' Latin Translation, the Hebrew Text, and an English Version, with a Foreword by G. Busi, "The Kabbalistic Library of Giovanni Pico della Mirandola" - 2, Nino Aragno Editore, Torino 2005.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Flavius Mithridate portait le nom de Guillermo Raimondi di Moncada après sa conversion au catholicisme. D'après l'article de la Jewish Encyclopedia de 1901-06 qui lui est consacré, son nom juif n'est pas connu, mais beaucoup de travaux modernes lui attribuent celui de Samuel ben Nissim Abulfaraj