Cosme de Médicis

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Cosme l'Ancien, par Jacopo Pontormo, 1518, huile sur bois, 86 × 65 cm, Florence, Galerie des Offices

Cosme de Médicis (Côme en français) ou en italien Cosimo de' Medici (né le 27 septembre 1389 à Florence et mort le 1er août 1464 à Florence), banquier et homme d'État italien, est le fondateur de la dynastie politique des Médicis, dirigeants effectifs de Florence durant une bonne partie de la Renaissance italienne. Il est aussi connu sous le nom de Cosme l'Ancien (Cosimo il Vecchio) ou « Cosimo Pater Patriae » (Cosme Père de la patrie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Giovanni di Bicci De' Medici et Piccarda de Bueri.

Éducation[modifier | modifier le code]

Il reçoit une éducation humaniste et apprend le latin et le grec, mais également le français et l'allemand. À 13 ans, il dirige l'un des ateliers de laine de son père et parcourt l'Europe en inspectant les filiales de la banque familiale. En 1414, il voyage pendant deux ans en Allemagne, en France et dans les Flandres, puis passe trois ans à Rome.

Exil[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père en 1429, il s'opposa au régime oligarchique alors en place à Florence, dans lequel prévalait la famille rivale des Albizzi. L'influence de Cosme de Médicis, doué d'un sens politique remarquable, grandit encore du fait que le chef de l'oligarchie, Rinaldo degli Albizzi, le fit arrêter le 7 septembre 1433, en l'accusant de concussion. Il fut emprisonné dans le Palais de la Seigneurie mais réussit grâce à différents pots de vin à transformer sa condamnation à mort en exil pour dix ans[1]. Cosme partit avec sa famille le 3 octobre 1433 et s'installa à Venise, tout en gardant un contact étroit avec ses partisans à Florence qui exigèrent des débiteurs des Médicis le remboursement immédiat de leurs emprunts, paralysant progressivement l'économie de Florence. Il disposa également de l'appui du pape Eugène IV[2].

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Statue de Côme l'Ancien, piazzale des Offices, Florence

Mais Albizzi eut affaire à forte partie ; ni son prestige, ni son argent n'intimidèrent ses adversaires. Le 5 octobre 1434, Cosme est de retour à Florence, triomphant et acclamé par le peuple. À son tour, il bannit son rival. Comme son père autrefois, il est nommé gonfalonier de Florence en 1434, et peut mettre en œuvre son dessein politique visant à faire de sa famille l'arbitre de l'État florentin. Il inspirait la politique extérieure et exerçait une grande influence sur celle de toute l'Italie. Il utilisa à cette fin et dans plusieurs directions son exceptionnelle fortune, reposant sur la banque que lui avait léguée son père, qui possédait des filiales dans divers États italiens et même à l'étranger. Pour museler ses opposants, il utilisa deux techniques : le bannissement, très courant dans la République de Florence), mais aussi les « redressements fiscaux », qui consistaient à ruiner la victime en augmentant les taxes que celle-ci devait payer[3].

Le mécénat[modifier | modifier le code]

Le mécénat des Médicis commença avec lui. Il fit peindre les fresques du couvent San Marco par Fra Angelico. Marsile Ficin écrit que c'est après avoir entendu en 1438 les leçons du philosophe platonicien Gemiste Pléthon, que Cosme conçut l'idée de faire revivre « une sorte d'Académie » : l'Académie platonicienne de Florence, fondée en 1459. Il prenait un intérêt très vif à l'art et à la science, au service desquels il mit sa fortune avec la libéralité d'un grand seigneur ; tout Florence suivit son exemple. Collectionneur, il se fit conseiller par Donatello, qui devint son ami et qu'il encouragea dans ses recherches artistiques.

Descendance[modifier | modifier le code]

Cosme de Médicis épousa vers 1414 Contessina de Bardi, fille aînée de l'associé de son père, et eut deux enfants :

Il eut aussi un fils illégitime – Carlo (1428/1430 à c. 1492), qui devint prélat – avec une esclave circassienne.


À la mort de Cosme, dévoré par la goutte, son fils Pierre lui succède[4].

Citations[modifier | modifier le code]

« Il nous est ordonné de pardonner à nos ennemis, mais il n'est écrit nulle part que nous devons pardonner à nos amis ». (Cosme de Médicis)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alberto Tenenti, Florence à l'époque des Médicis : de la cité à l'État, Flammarion,‎ 1968, p. 76
  2. Christian Bec, Le Siècle des Médicis, PUF,‎ 1977, p. 51
  3. Ludwig Heinrich Heydenreich, Éclosion de la Renaissance : Italie 1400-1460, Gallimard,‎ 1972, p. 374
  4. Albert Jourcin, Les Médicis, Éditions Rencontre,‎ 1968, p. 108