Caducée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Bâton d'Asclépios ni Coupe d'Hygie.
Hermès tenant le caducée, détail d'un kylix attique à figures rouges, v. 480-470 av. J.-C., musée du Louvre

Le caducée[1] est un des attributs du dieu Hermès dans la mythologie grecque, représenté comme une baguette de laurier ou d'olivier surmonté de deux ailes et entouré de deux serpents entrelacés. Le caducée sert à guérir les morsures de serpents et c'est pourquoi il en est orné.

Le terme « caducée » est souvent appliqué dans le contexte médical au bâton d'Asclépios et à un miroir symbolisant la prudence, à la coupe d'Hygie pour les pharmaciens, à un diapason pour les audioprothésistes ou à un serpent représentant la courbure du ventre de la femme enceinte pour les sages femmes.

Mythe[modifier | modifier le code]

Le caducée représente la médecine en général il représente la guérison et la prédiction

Caducée d'Hermès

Le caducée (en grec ancien, κηρύκειον / kêrúkeion, « sceptre du héraut » ou ῥάϐδος / rhábdos, « bâton ») est un bâton autour duquel s'enroulent deux serpents qui se font face à son sommet. Il peut aussi arriver qu'il soit représenté avec une paire d'ailes. À l'origine ce n'était qu'un bâton orné de rubans qui flottaient au vent, remplacés avec le temps par les fameux serpents. Le Caducée symbolise tout ce qui se rapporte au commerce et au transport voire l'alchimie : les deux serpents se faisant face symboliseraient les substances élémentaires que sont le soufre et le mercure quand elles se trouvent en parfait équilibre. Le Caducée ne doit pas être confondu avec le bâton d'Esculape autour duquel ne s'enroule qu'un seul serpent. Le bâton d'Esculape est le symbole de la médecine par référence au dieu grec de la Médecine Asclépios.

Outre Hermès, la déesse de l'aurore Iris était aussi représentée avec un caducée car elle annonce le lever du Soleil tel un messager.

Selon l'hymne homérique qui lui est dédié, c'est Apollon qui a donné à Hermès son bâton emblématique. En effet, alors qu'il était encore enfant, il lui déroba une partie de son troupeau et se cacha dans une grotte pour échapper à la colère olympienne. Le dieu du Soleil se mit alors à sa recherche pour le punir de ce larcin. Pourtant, lorsqu'il trouva Hermès, ce dernier se mit à jouer de la lyre qu'il avait inventée. Apollon en fut si charmé que sa colère fut immédiatement apaisée. Un accord eut lieu entre les deux divinités : Apollon épargna Hermès en échange de l'instrument mélodieux. Il fut tellement ravi de cette acquisition qu'il en gratifia en outre le dieu des carrefours en lui offrant le fameux caducée.

Jacques de Guyse au Moyen Âge, dans ses chroniques du Hainaut, reprenant des chroniqueurs ou auteurs plus anciens que lui présente le caducée tenu par l'idole d'or représentant le dieu Mercure (dans le temple de Mercure de la mythique ville de Belgis) comme « une baguette qui avait une vertu somnifère »[2]

Ce caducée est le sceptre porté par les hérauts, qui rend leur personne inviolable. À l'origine, il est simplement en olivier, encore avec ses branches. Par la suite, les branches sont enroulées autour du bâton pour figurer des serpents.

Il reste aujourd'hui encore un symbole du commerce comme de l'éloquence (il figure notamment sur la tribune de l'Assemblée nationale). Alors que le caducée d'Asclépios est un symbole de la médecine en Europe, celui d'Hermès représente la médecine en Amérique[citation nécessaire]

Ésotérisme[modifier | modifier le code]

Les ésotéristes de toutes époques n'ont pas manqué d'interpréter à leur façon ce fameux insigne ou symbole. Voici l'interprétation de Omraam Mikhaël Aïvanhov. Le caducée a un axe, deux lignes s'élevant en "un mouvement de spirales entrelacées", cinq renflements. Il représente la structure occulte de l'anatomie humaine, telle que la voient Tantra-Yoga et Kundalinî Yoga. Le bâton central est le canal (nâdî) médian sushumnâ, à l'intérieur de la moelle épinière ; le long de ce canal, qui est "l'axe de la colonne vertébrale", s'élève l'énergie kundalinî ; les deux serpents sont les deux canaux Idâ, "polarisé négativement et lié à la Lune", et Pingalâ, "polarisé positivement et lié au Soleil" ; de haut en bas, pour les cinq renflements : cerveau (hémisphère droit et gauche), poumons (poumon gauche, cœur ; poumon droit), foie et rate (foie à droite, rate à gauche), rein (rein gauche, rein droit), glandes génitales (glande à droite, glande à gauche).

« D'après la Science initiatique, deux courants partent des hémisphères droit et gauche du cerveau et descendent en passant alternativement de part et d'autre de la colonne vertébrale. Le courant qui part de l'hémisphère droit du cerveau passe par le poumon gauche et le cœur, se dirige vers le foie, passe ensuite par le rein gauche et la glande génitale droite, puis se rend dans la jambe droite. Le second courant part de l'hémisphère gauche du cerveau, se rend au poumon droit, puis dans la rate et de là dans le rein droit, puis dans la glande génitale gauche et la jambe gauche. Ces courants se croisent donc et, à chaque croisement, s'opère le passage du positif au négatif, du masculin au féminin, et inversement[3]. »

Origines[modifier | modifier le code]

Origine biblique[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien Testament[4], on trouve déjà mention d'un baton orné de serpents d'airain, qui joue un rôle thérapeutique (guérir des morsures de serpent) :

8 - L'Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie.
9 - Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d'airain, conservait la vie.

C'est là l'origine du symbole appelé caducée utilisé par les médecins et les pharmaciens. Le suffixe -an spécifie qu'il y a en réalité deux serpents sur le bâton d'airain, un symbole alors très proche des serpents entrelacés du caducée d'Hermès.

Origine hindouiste[modifier | modifier le code]

Il existe deux forces selon le yoga qui s'entremêlent autour d'une troisième et forment ainsi schématiquement un caducée le long de la colonne vertébrale, en remontant du premier chakra jusqu'au septième. Le yoga parle même d'une énergie primitive lovée au niveau du premier chakra, symbolisé par un serpent, dénommé kundalini, qu'il faut réveiller afin d'atteindre l'éveil. Dans de nombreux livres yogiques, on peut retrouver le symbole de ces trois forces : ida, pingala et sushumna[5].

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  • Cornélius Népos, Vies des grands hommes, Hannibal [lire en ligne] : « Hannibal, pour indiquer clairement aux siens où se trouvait Eumène, envoie un messager dans un esquif avec le caducée. » Le caducée était un symbole de paix mais c'est aussi une allusion aux serpents venimeux utilisés pour effrayer les Pergaméniens.
  • Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], I : « Mercure met à ses pieds des ailes, dans sa puissante main le caducée qui fait naître le sommeil, et sur sa tête un casque […]. Il se sert de ce caducée, comme un berger de sa houlette, pour conduire […] un troupeau de chèvres. »
  • Homère, Hymne homérique à Hermès
  • Hygin, Astronomie [détail des éditions] [(la) lire en ligne], II, 7.
  • Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Thésée : « Il [le héraut] accepta les couronnes ; mais, au lieu de les mettre sur sa tête, il en entoura son caducée. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Bayard, Le symbolisme du caducée, Guy Trédaniel, 1978, 175 p.
  • Cazenave, M. ed (1989), Encyclopédie des symboles", La pochothèque, pp. 94-95 et 238-239.
  • Grimal, P. (1969), Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, PUF, pp. 206-207.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « caducée » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Fortia d'Urban, dans son introduction à L'Histoire de Hainaut de J. DE Guyse, traduite en français avec le texte latin en regard, en 19 vols, Paris, 1826-38 ; Voir page 359
  3. « La force kundalini et les chakras », dans Vous êtes des dieux, éd. Prosveta, Fréjus, 1997, p. 178-180 et 440-441.
  4. Nombres (complet) 21,8-9.
  5. Swami Satyananda Saraswati, Kundalini Tantra, Swam éditions (ISBN 2950338917).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]