Midas

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Dans la version du mythe de Midas de Nathaniel Hawthorne, sa fille se transforme en statue lorsqu'il la touche. Walter Crane, 1893

Midas (en grec ancien Μίδας / Mídas), roi de Phrygie (VIIIe siècle av. J.-C.), héros de plusieurs légendes mythologiques, aurait régné de 715 à 676 av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Gordias, il est roi de Phrygie au moment où celle-ci atteint son apogée, avant la conquête cimmérienne. Battu par ces derniers, il se donna la mort.

Légendes[modifier | modifier le code]

Midas est aussi le héros de nombreuses histoires. Un jour, Silène, ayant bu plus que de raison, s'égare jusque sur les terres de Midas, qui le recueille et lui offre l'hospitalité. Dionysos, à sa recherche, le trouve là et remercie l'hôte de celui qui l'a élevé en lui accordant un vœu. Midas demande alors la faculté de transformer en or tout ce qu'il touche. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable se change en or. Cette légende explique le caractère aurifère des fonts, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire.

Dans une autre légende, les talents de musicien de Midas (il a été l'élève d'Orphée) sont requis : il est appelé à être juge dans le concours entre le satyre Marsyas, joueur de flûte, et Apollon, qui joue de la lyre (Ovide, au livre XI de ses Métamorphoses, situe le concours entre Pan et Apollon). Il donne Marsyas vainqueur, alors que les Muses, qui jugent également, préfèrent Apollon au satyre. Apollon, pour se venger, lui donne des oreilles d'âne. Midas tente de les cacher sous un bonnet phrygien, mais un serviteur découvre son secret en lui coupant les cheveux. Incapable de tenir le secret plus avant, le serviteur finit par creuser un trou dans le sable, y dit : « Le roi Midas a des oreilles d'âne » et rebouche le trou. Une touffe de roseaux se met à y pousser et répète à tout vent la phrase fatidique

Pendant le Moyen Âge et surtout à la Renaissance, les alchimistes ont fait de la légende du roi Midas une allégorie de la dissolution de l'or alchimique[1]. La légende continue d'inspirer les auteurs contemporains[2].

Le mythe de Midas et de Dionysos constitue une légende illustrant tout à fait le côté négatif d'un désir trop ardent, ainsi que la recherche du bonheur par l'accumulation des richesses (en contradiction avec la conception aristotélicienne du bonheur), en effet Midas a la faculté de combler ses désirs d'accumulation de richesses en vue du Bonheur Parfait, mais sa capacité à transformer tout ce qu'il touche en or, le coupe totalement de la vie normale, l'empêchant aussi bien de manger que de boire, mais le forçant par là-même à transformer ses proches en statues d'or dès qu'il les touche. Cette légende est également à rapprocher de celle de Tantale, qui, fut puni par les dieux suite au meurtre de son fils. En effet Tantale, afin de vérifier la prescience des dieux (ou parce que la royaume de Tantale (Lydie) était en proie à une terrible famine), égorgea son fils Pélops, le fit cuire dans un chaudron et le servit aux dieux lors du dîner. Toutefois les dieux se rendirent compte immédiatement de la macabre nature du dîner (sauf Déméter qui était encore sous le choc de la mort de sa fille). Les dieux ressuscitèrent Pelops et trouvèrent un châtiment à la hauteur du crime de Tantale : il fut pendu à un arbre pour l'éternité dans le Tartare, et affligé d'une faim et d'une soif continuellement inassouvie ; chaque fois qu'il se penchait pour boire de l'eau, elle se retirait, et à chaque fois qu'il tendait la main pour attraper un fruit de l'arbre qui en regorgeait, le vent poussait la branche hors de sa portée. À l'inverse de Midas qui a le pouvoir d'assouvir pleinement son désir, Tantale lui n'est aucunement et jamais en mesure d'assouvir le sien.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Cfr Michael Maier, Les Arcanes très secrets, Beya éd., Grez-Doiceau, 2005, p. 133-135.
  2. Exemple : E. d'Hooghvorst, « Le roi Midas » dans Ces Hommes qui ont fait l'alchimie au XXe siècle, Grenoble, Geneviève Dubois éditions, 1999, p. 19.