Histoire de Virginie Romana

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Histoire de Virginie Romana
Image illustrative de l'article Histoire de Virginie Romana
Artiste Sandro Botticelli
Date vers 1498
Technique Tempera sur bois
Dimensions (H × L) 83 × 165 cm
Localisation Académie Carrara, Bergame (Drapeau de l'Italie Italie)

Histoire de Virginie Romana (Storia di Virginia Romana en italien) est une peinture en tempera sur bois (83 × 165 cm) exécutée autour de 1498, par Sandro Botticelli, et conservée à l'Académie Carrara de Bergame.

Historique[modifier | modifier le code]

Le tableau fait « pendant » à La Tragédie de Lucrèce conservée à l'Isabella Stewart Gardner Museum de Boston dans un ensemble appelée Histoires de Virginie et Lucrèce[1].

Les deux panneaux faisaient partie de dossier et de pied de lit montés en vis-à-vis, documenté vers 1500 dans la Casa Vespucci, aujourd'hui le palazzo Incontri, situé à l'angle de la via dei Servi et de la via dei Pucci à Florence.

Quand Giovanni Morelli a acheté la peinture à Rome en 1871, le tableau a été décrit comme « Cavaliers et un viol de religieuses[2]. » Morelli a associé à l'œuvre une description dans l'édition de Le Vite de Giorgio Vasari (version de 1550) : « de nombreuses peintures très animées et très belles avec plusieurs figures par Botticelli, encadrées dans une spalliera dans une salle du palais de Giovanni Vespucci à Florence[3]. »

Thème[modifier | modifier le code]

Le thème du tableau est l'honneur violé et la fidélité matrimoniale qui ont conduit à la mort tragique de Virginia, inspirée de Tite Live « Histoire de Rome » (Ab urbe condita, III, 44–49) :

Vers 450 av.J.-C. Appius Claudius, Décemvir, cherche à s'emparer de Virginie, fille du centurion Virginius, parti en mission avec l'armée romaine. Pour cela il intrigue, avec un de ses clients, que la mère de Virginie était une esclave et que sa fille l'est également, devenant ainsi sa propriété. Sa famille la protège attendant le retour de son père qui rentre précipitamment malgré les tentatives de le retenir, organisées par Appius. Le père accompagne sa fille sur le Forum pour entendre le jugement d'Appius lequel confirme le prétendu statut d'esclave invoqué et impose qu'elle doit être rendue à son propriétaire. Virginius, impuissant, ne pouvant sauver sa fille et son propre déshonneur la poignarde.

Le peuple révolté et les soldats prennent d'assaut l'Aventin, font sécession sur le mont Sacré, comme leurs pères cinquante années plus tôt après la mort de Lucrèce. La révolte entraînera la suppression des Décemvirs et le retour des tribuns du peuple au pouvoir.

Description[modifier | modifier le code]

Les épisodes de l'histoire sont développés dans un cadre unique sur fond d'architecture classique, dans laquelle les personnages, peints aux couleurs vives, sont fortement agités dans chacune des scènes.

La composition comporte une cinquantaine de figures : elle est dominée par le groupe central d'Appius Claudius Crassus assis sur un trône en haut de plusieurs marches :

  • À l'extrême gauche devant une porte entr'ouverte : Virginie en compagnie d'autres femmes, est prise à partie par Marcus Claudius Tacite.
  • Au centre gauche : Virginius accompagne sa fille, vêtue d'une robe vert bronze à reflets d'or, de cothurnes rouges et d'un manteau à manches rouges, vers le tribunal pour écouter le jugement.
  • Au centre en haut d'une estrade de plusieurs marches : devant Appius Claudius Caecus elle reçoit sa condamnation.
  • au centre droit : un groupe de femmes en furie assiste au meurtre de Virginie par son père qui lève vers elle son sabre.
  • À l'extrême droite : le père s'enfuit à cheval devant les femmes éplorées.
  • Au centre au premier plan : une bataille à cheval rassemble peuple et soldats.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce tableau narratif de Sandro Botticelli, décrivant les événements qui ont conduit à la mort tragique de la Virginie a longtemps été reconnu comme étant l'une des peintures les plus complexes et fascinantes du style tardif de l'artiste[4].

Conformément aux caractéristiques de la dernière période de Botticelli, les personnages sont menus comme écrasés par le décor, mais néanmoins mis en valeur par le coloris intense de leurs habits, par leurs contours découpés sur l'architecture ainsi que par leurs visages expressifs et leurs gestes vifs.

La combinaison de plusieurs scènes en une seule image était commune dans l'art médiéval perpétré dans de nombreuses œuvres de la Renaissance surtout les réalisations tardives de Botticelli.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eileen Romano, Botticelli, Los grandes genios del arte, no 29, Unidad Editorial, S.A., 2005 (ISBN 84-89780-97-8)
  • A. Di Lorenzo, Botticelli nelle collezioni lombarde, catalogue de l'exposition du Museo Poldi Pezzol, Silvana Editoriale, Milan, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice du site www.cineclubdecaen.com
  2. Jaynie Anderson, Collecting, connoisseurship and the art market: Giovanni Morelli’s letters to Giovanni Melli and Pietro Zavaritt (1866–1872), Venise: Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti, 1999, p. 118, 204.
  3. Giorgio Vasari, Le vite de più eccellenti pittori, scultore, e architetti, Florence, , 1550, p. 514.
  4. Herbert Horne, Alessandro Filipepi, commonly called Sandro Botticelli, painter of Florence, Londres, George Bell and Sons, 1908, p. 282–85.

Sources[modifier | modifier le code]