Histoire de la Jamaïque

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Le Jamaïque, l'une des plus grandes îles de l'archipel caraïbe, fut habitée par le peuple taíno (arawak). Christophe Colomb, en prit possession au nom de l'Espagne, mais à sa mort, l'île n'était pas encore réellement colonisée.

L'Espagne résista aux assauts des pirates dans la principale ville de l'île, Spanish Town, jusqu'à ce que le Royaume d'Angleterre la conquière par la force en 1655. L'île devint alors le sanctuaire des boucaniers, menés par le capitaine Henry Morgan. Les Espagnols firent valoir des prétentions jusqu'en 1670, date après laquelle les anglais commencèrent à importer massivement des esclaves. La canne à sucre devint la principale denrée d'exportation.

La Jamaïque fut le théâtre d'un des plus importants soulèvements serviles des Caraïbes. Depuis l'indépendance, le pays a connu des troubles politiques et économiques sous des dirigeants politiques puissants.

Préhistoire et découverte de la Jamaïque[modifier | modifier le code]

Le peuple taïno s'est établi en Jamaïque vers l'an 1000 avant notre ère sur un territoire qu'il a appelé Xamayca, « la terre du bois et de l'eau ». Après l'arrivée de Christophe Colomb, le 4 avril 1494, l'Espagne revendique la propriété de l'île et, dès 1509, l'occupe et lui donne le nom de Santiago (Saint-Jacques). Les Arawaks seront décimés par la maladie, l'esclavage et la guerre. Certains ne trouvaient une issue à leur condition servile que dans le suicide. C'est en 1517 que l'Espagne achemine en Jamaïque les premières soutes d'esclaves africains.

Un prêtre espagnol, Bartolomé de Las Casas, œuvre à la protection du peuple taïno. C'est lui aussi qui suggère, ce qu'il devait regretter par la suite, d'avoir recours à des esclaves africains. Il écrit plusieurs livres dans lesquels il dénonce avec véhémence le mauvais traitement que les conquistadores infligent aux indigènes et préconise que les Espagnols convertissent les Taïnos au christianisme.

La domination espagnole jusqu'en 1655[modifier | modifier le code]

On connaît peu de chose de la période d'occupation espagnole, faute d'archives. Le premier foyer de peuplement était situé à La « Sevilla la Nueva », l'actuelle Seville (Jamaïque), à l'ouest de Saint Ann's Bay, sur la côte nord, où Colomb avait été isolé. Facile à défendre, mais situé près d'un marécage, elle souffre d'épidémies. Les espagnols migrent ensuite à « Santiago de la Vega » (Spanish Town), et en font la capitale. Dans les années 1640, de nombreux colons furent attirés en Jamaïque, réputée pour sa grande beauté. Des pirates désertèrent leurs bandes et s'installèrent dans l'île. Durant cent ans, entre 1555 et 1655, la Jamaïque fut sujette à de nombreuses attaques de pirates.

La Catholic Encyclopedia de 1907 souligne qu'« un regard sur la période d'occupation espagnole nous donne une bien piètre image de l'administration coloniale espagnole de l'époque, qui fut accusée d'avoir causé, par son attitude vis-à-vis des indigènes, l'extermination presque complète de ceux-ci. Cette grave accusation, si elle se révélait exacte, ne pourrait être absoute sous le prétexte que de telles conduites étaient courantes à cette époque, et qu'elles continuèrent d'être perpétrées pendant des années, de façon parfois plus résolue, par d'autres nations ». Ces allégations sont confirmées par l'histoire très détaillée de la Jamaïque espagnole que l'on doit à Francisco Morales Padrón.

Un repaire de pirates et boucaniers après 1655[modifier | modifier le code]

En mai 1655, une expédition britannique menée par l'amiral William Penn et le général Robert Venables s'empare de l'île, encore peu peuplée, après avoir échoué à prendre Saint-Domingue. Les espagnols s'enfuient après avoir libéré leurs esclaves. Dispersés dans la jungle, ils créent des dizaines de villages secrets sur le versant nord des Blue Mountains (Jamaïque) où sera cultivé plus tard le café "Jamaica Blue Mountain"[1] et dans le "Pays Cockpit", au sol calcaire recristallisé et dolomite, percé de dépressions en forme de bol et arrosé d'énormes précipitations. Pendant un siècle et demi, ces deux zones serviront, grâce à leurs nombreuses caches, de base arrière aux nombreuses révoltes d'esclaves marrons.

En 1657, l'amiral Robert Blake disperse la flotte espagnole. Le gouverneur de la Jamaïque invite les boucaniers, parmi lesquels beaucoup d'Irlandais de la Barbade, à s'établir à Port Royal, pour la défendre. En 1657 et 1658, les espagnols, venus de Cuba échouent dans leurs tentatives de reconquête de la Jamaïque, lors des batailles d'Ocho Rio et Rio Nuevo.

Les Britanniques s'installent dans l'ex-capitale espagnole, Villa ou Santiago de la Vega, rebaptisée "Spanish Town". Pendant sa reconstruction, Port Royal fait office de capitale, puis devient une importante base arrière pour la piraterie. Les deux principales activités de l'île sont la plantation de cacao, dispersée dans la jungle, et la flibuste. La Jamaïque devient la capitale des pirates, corsaires et boucaniers ayant créé des établissements dans la baie de Campêche pour le "bois de teinture". En 1659, les prises de courses atteignent le niveau record de 300 000 sterling.

La restauration de 1660 : l'arrivée des planteurs de la Barbade et du Suriname[modifier | modifier le code]

La restauration anglaise de 1660 renchérit la spéculation immobilière à la Barbade, où une demi-douzaine de grands planteurs de sucre sont anoblis. Enrichis, les officiers supérieurs jacobites s'intéressent alors à d'autres îles et à la fourniture d'esclaves à l'Espagne catholique, à qui le Traité de Tordesillas interdit d'aller en Afrique. Le roi Charles II créé en 1660 la Compagnie des aventuriers d'Afrique, en l'honneur de laquelle est frappée une pièce d'or, la guinée. La production de sucre de la Barbade dépasse déjà celle du Brésil. Chaque année, 200 navires en ramènent 15 000 tonnes à Londres. Sur cette île minuscule, la terre devient rare et chère. Les planteurs réclament la possibilité de s'étendre ailleurs. Plusieurs s'installent dès 1664 dans la Province de Caroline, menés par un ex-gouverneur de la Barbade. Un autre ex-gouverneur de la Barbade, Thomas Modyford, est chargé par le roi Charles II d'enseigner l'art de planter la canne à sucre aux flibustiers de la Jamaïque, où il s'installe avec 700 esclaves et devient gouverneur[2]. Il est nommé directeur de compagnie des aventuriers d'Afrique. Son frère, le colonel James Modyford, l'accompagne. Mais beaucoup de flibustiers ne désarment pas. Ils craignent que les espagnols ne volent leurs bateaux pour les empêcher de commercer avec les ports de la Nouvelle-Angleterre protestante, en Amérique du Nord. En 1666, Thomas Modyford se fait mal voir par Charles II, à qui il tente d'expliquer qu'il risque de se mettre à dos les flibustiers et les pousser chez les Français de l'île de la Tortue et son gouverneur Bertrand d'Ogeron.

En 1670, les guerres anglo-néerlandaises obligent Londres à céder le Suriname aux hollandais: 1 200 autres colons anglais sont alors appelés par Thomas Modyford en Jamaïque pour développer le sucre. L'Espagne reconnait à l'Angleterre la possession de la Jamaïque par le Traité de Madrid en 1670, pour l'encourager à se concentrer sur la guerre contre la Hollande, peu présente dans la Caraïbe, et occuper ainsi les flibustiers jamaïcains, qui créent une insécurité pour les espagnols et les planteurs de sucre.

Le gouverneur de la Jamaïque pousse alors les premiers planteurs de sucre à commercer avec la Virginie catholique, où des milliers de jacobites fidèles au roi Charles Ier s'étaient installés dès les années 1640, et où vient d'être votée la Loi virginienne de 1662 sur l'esclavage. L'idée est aussi d'échanger des esclaves: à partir de 1670 la Virginie compte 2 000 esclaves noirs, travaillant le tabac. Les liens sont étroits aussi avec la Caroline du Nord, où s'étaient installés en 1663 les grands planteurs de la Barbade comme le Colonel Benjamin Berringer et John Yeamans et où le Docteur Henry Woodward développe la Traite des amérindiens de Caroline depuis 1670. Dès 1671, la Jamaïque, qui ne comptait que 500 esclaves en 1661, en importe plus d'un millier par an[3]. Ce sera 8000 par an à partir de 1680.

Après 1671, Sir Thomas Lynch retourne Henry Morgan et chasse les pirates[modifier | modifier le code]

Londres décide de briser les flibustiers en 1671, en nommant un nouveau gouverneur, le jacobite Thomas Lynch, planteur de sucre, négociant en esclaves et vétéran des guerres contre le parlement puritain. Son prédécesseur Thomas Modyford était accusé d'avoir toléré la flibuste et le raid sur Panama, organisé par le chef pirate Henry Morgan, au risque de gâcher le rapprochement avec l'Espagne.

L'année suivante, Henry Morgan est emprisonné à Londres. Puis il est libéré à la demande du roi Charles II et de son frère Jacques[4]. Morgan, qui est proche d'un des oncles du roi, reçoit des terres et 126 esclaves, à condition de devenir planteur et de renier son passé de flibustier. Nommé ensuite gouverneur de la Jamaïque, il a pour mission de réduire l'activité des flibustiers. Il intentera même un procès en diffamation à William Dampier, l'un d'entre eux, qui a évoqué son passé de flibustier dans un livre.

La Jamaïque importe 8 000 esclaves par an entre 1680 et 1688[modifier | modifier le code]

Alors que la Jamaïque comptait 500 esclaves en 1660, volés sur des bateaux espagnols, leur nombre atteint 10 000 au début des années 1670[5]. La création en 1672 de la Compagnie royale d'Afrique vise à en importer plus, en bâtissant des forts sur le littoral de l'Afrique de l'Ouest: entre 1672 et 1713, en quarante ans, la compagnie y embarque 125000 esclaves dont 25 000 décèdent lors de la traversée. Malgré ces pertes, sa rentabilité est estimée à 12 % par an. La moitié des déportations de ces trente années s'est faite en huit ans, de 1680 à 1688, pendant lesquels la Compagnie royale d'Afrique a prélevé 61 000 personnes sur les côtes d'Afrique, à bord de 194 navires. Mais 23,8 % des captifs sont morts au cours de la traversée[6]

La population de la Jamaïque affiche alors la plus forte croissance au monde. La Couronne britannique, craignant les révoltes, incite aussi les capitaines de navires à importer des blancs, dès 1682, en leur accordant une gratification de 168 livres pour ceux venant d'Angleterre, 135 livres pour les Irlandais et 78 livres pour ceux venant d'Amérique[7]. Pourtant, la Jamaïque ne compte que 40 000 esclaves en 1700, pas plus que la Barbade, 20 000 autres étant répartis entre les îles anglaises de Saint-Vincent et Montserrat. Principal frein au développement du sucre, les pirates qui se réfugient dans les multiples criques de Saint-Domingue, se mêlant aux flibustiers français et créant de l'instabilité. Par ailleurs, de nombreux hollandais ont rejoint les pirates, même si leur pays a été refoulé vers le Suriname. La flibuste s'internationalise. En 1684, lors des grands raids pirates sur Panama, elle compte 17 navires et 3 000 hommes rien qu'à Saint-Domingue.

Après 1688, la Glorieuse Révolution britannique déclenche la guerre de la Ligue d'Augsbourg contre la France, fragilisant les plantations jamaïcaines. L'expédition de la Jamaïque est organisée en 1694 par le gouverneur de Saint-Domingue Jean-Baptiste du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, qui rapporte de l’indigo et 3 000 esclaves à Saint-Domingue, où il lance ainsi la production sucrière, trois ans avant la paix de Ryswick. Le désarmement les flibustiers finit par aboutir. En 1700, la plupart ont fui: refoulés à Belize et aux Bahamas pour les anglophones, sédentarisés au Panama pour ceux de la Colonie française du Darién.

La puissance sucrière éclipsée par la rivale Saint-Domingue[modifier | modifier le code]

Bien que la production sucrière ait commencé vingt ans plus tôt en Jamaïque, la rivale française Saint-Domingue domine le marché du sucre dès 1700, dès que l'effort de désarmement des flibustiers porte ses fruits. La Jamaïque profite alors d'une plus grande stabilité, mais la Royal Navy, en pleine expansion, coûte de plus en plus cher à entretenir: un quart des recettes publiques britanniques. Londres cherche donc des financements. En 1705, le sucre roux est taxé à hauteur de 342 %, un niveau jugé prohibitif. Entre 1688 et 1713, les impôts passent de 3 % à 9 % du PIB britannique[8]. La Jamaïque est la première victime de la hausse des impôts indirects, lors de la création d’un "board des colonies" en 1696, qui se traduit par l'embauche progressive de 6 900 agents du fisc, chargés de contrôler des taxes élevées, en particulier sur les réexportations de sucre.

Le Sugar and Molasses Act de 1733, puis le Sugar Act de 1764 vont cependant alléger la note. L'année 1734 voit la reprise de l'essor sucrier en Jamaïque: la production passe de 12 millions de livres à 40 millions soixante ans plus tard. Mais le retard sur Saint-Domingue est loin de se combler Même à ce moment-là, la Jamaïque sera jugée beaucoup moins productive: son sol est sablonneux, les taxes plus élevées, les planteurs très endettés, faute de capital de départ[2]. Au XVIIIe siècle, la rentabilité, après impôt, des plantations jamaïcaines est deux à trois fois plus faible que celles de Saint-Domingue. Dernier facteur mais non des moindres, les révoltes d'esclaves y sont favorisées par l'existence d'un sanctuaire, dans la région du "Pays Cockpit".

La révolution haïtienne qui débute à Saint-Domingue (colonie française) en 1791 redonne un avantage à la Jamaïque, qui devient premier producteur mondial de sucre en 1810, année où sa population d'esclaves noirs dépasse 350 000 personnes, avant que l'abolition de la traite négrière de 1807 ne stoppe le mouvement. À la fin de la décennie 1790, l'ensemble des îles de la Caraïbe anglaise font immigrer 19 000 par an esclaves noirs, dont les deux tiers en Jamaïque[9].

Une île lourdement taxée et menacée par les révoltes[modifier | modifier le code]

En 1766, alors que les colonies d'Amérique du Nord se plaignent aussi de taxes élevées, le droit fiscal de 4,5 % sur les exportations de sucre jamaïcain hors d'Angleterre est supprimé, une dizaine d'années après que la France ait au contraire créé une taxe sur les esclaves: Londres veut ainsi dissimuler le "problème jamaïcain", le retard sur la France dans la production de sucre, et encourager des blancs à s'installer. En 1818, à l'apogée du sucre jamaïcain, la population noire est de 160 000 personnes, pour 8 000 blancs, un ratio de un à vingt, plus faible qu'à Saint-Domingue (un à trente).

Les esclaves jamaïcains, connus sous le nom de Marrons, se révoltèrent plus d'une douzaine de fois entre 1673 et 1832 et établirent des communautés indépendantes d'où il était impossible de les défaire, comme il le fut démontré lors d'importantes expéditions militaires anglaises des années 1730 et 1790. L'une des communautés fut cependant expulsée dans les années 1790 et forma une partie du noyau de la communauté créole du Sierra Leone. Le gouvernement colonial embaucha des "Marrons" pour les capturer. Vers 1800, les anglais se servirent également de 10 000 jamaïquains libres de couleur pour maintenir leur mainmise. À Noël 1831, une révolte de grande ampleur, connue sous le nom de Baptist War, éclata. 60 000 des 300 000 esclaves de l'île se soulevèrent. Il s'agissait à l'origine d'une grève pacifique menée par le baptiste Samuel Sharp. La rébellion fut matée dix jours plus tard, début 1832, par la milice des planteurs et les garnisons britanniques.

Suite aux pertes matérielles et humaines provoquées par cette révolte, le Parlement britannique ouvrit deux enquêtes dont les conclusions allaient grandement contribuer à l'abolition de l'esclavage dans tout l'empire britannique, le 1er août 1834. Les esclaves jamaïcains restèrent liés à leurs anciens propriétaires, mais avec une garantie des droits sous ce qui s'appelait Apprenticeship System. La population libérée dut pourtant toujours faire face à des conditions de vie très difficiles, ce qui provoqua la rébellion de Morant Bay en octobre 1865, menée par George William Gordon et Paul Bogle. Elle fut brutalement réprimée, à la suite de quoi l'Assemblée de l'île renonça à son autorité. Ainsi, la Jamaïque acquit-elle le statut de colonie de la Couronne. La production de sucre diminua en importance à la fin du XIXe siècle pour être concurrencée par celle de la banane. En 1872, la ville portuaire de Kingston étant bien plus grande et plus raffinée que Spanish Town située à l'intérieur des terres, accéda au statut de capitale.

L'établissement du statut de Colonie de la Couronne favorisa, pendant quelques décennies, le développement d'une classe moyenne comprenant des fonctionnaires subalternes et des officiers de police issus du peuple, dont la promotion sociale et politique avait été bloquée jusque là. La Grande Dépression eut un impact significatif sur la classe moyenne émergente et sur la classe ouvrière des années 1930. Au printemps 1938, les travailleurs du sucre et ceux du port se révoltèrent dans toute l'île. Bien que réprimée, la révolte entraîna des changements significatifs, telle que l'émergence du syndicalisme et du pluralisme politique.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

La Jamaïque gagna son autonomie au milieu des années 1940. Le People's National Party (PNP) fut fondé en 1938 et son principal rival, le Jamaica Labour Party (JLP), cinq ans plus tard. Les premières élections au suffrage universel eurent lieu en 1944. La Jamaïque rejoignit en 1958 neuf autres territoires britanniques au sein de la Fédération des Indes occidentales, organisation dont elle se retira en 1961, les électeurs ayant choisi de renoncer à cette alliance. L'indépendance obtenue le 6 août 1962, la Jamaïque demeura membre du Commonwealth. Le premier Premier ministre de la Jamaïque indépendante fut le travailliste Alexander Bustamante.

Dans les années qui suivirent l'accession à l'indépendance, le pouvoir changea régulièrement de main et alterna entre le Jamaica Labour Party et le People's National Party. Michael Manley, premier chef de l'État issu du PNP fut élu en 1972, mit en place un programme du type socialiste et renforça les relations avec Cuba. Sa réélection (deuxième mandat) marqua le début d'une flambée de violence politique. Après que le PNP eut perdu le pouvoir, début novembre 1980, Edward Seaga prit immédiatement le contre-pied de la politique de son prédécesseur en favorisant la privatisation et en cherchant à nouer des liens étroits avec les États-Unis. Le PNP et Manley revinrent au pouvoir en 1989 et poursuivirent une politique modérée. Manley démissionna pour des raisons de santé en 1992 et Percy Patterson lui succéda à la tête du PNP. Le PNP fut réélu en 1993 et en 1998.

La Jamaïque est un pays d'émigration massive. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, de nombreux Jamaïquains émigrèrent en Amérique centrale, à Cuba et en République dominicaine pour trouver du travail dans les plantations de bananes et de canne à sucre. Dans les années 1950 et 1960, le Royaume-Uni devint leur principale destination, jusqu'en 1962, date à laquelle il réduisit ses quotas. Les principaux flux se concentrent dès lors vers les États-Unis et le Canada. Environ 20 000 Jamaïquains émigrent chaque année aux États-Unis et 200 000 autres s'y rendent en visite. New York, Miami, Chicago et Hartford comptent parmi les villes américaines qui abritent une importante population jamaïquaine. Les envois de fonds des communautés d'émigrés jamaïquains aux États-Unis, au Royaume-Uni, et au Canada contribuent de façon croissante et significative à l'économie de l'île.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ehrengardt, Thibault (2011). " Les Hommes illustres de la Jamaïque. Paris. « Éditions Natty Dread » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-04 - Collection Jamaica Insula.
  • Ehrengardt, Thibault (2010). Histoire des premières cartes de l'île de la Jamaïque. Paris. « Éditions Natty Dread » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-04 - Collection Jamaica Insula.
  • (en) Ehrengardt, Thibault 2009. Histoire de l'île de la Jamaïque de 1494 à 1838. Paris. Éditions Natty Dread - Collection Jamaica Insula.
  • (en) Black, Clinton V. 1983. The Story of Jamaica. London: Collins Educational.
  • (en) Ledgister, F.S.J. 1998. Class Alliances and the Liberal-Authoritarian State: The Roots of Post-Colonial Democracy in Jamaica, Trinidad and Tobago, and Surinam. Trenton: Africa World Press.
  • (en) Morales Padrón, Francisco. 1953 2003. Spanish Jamaica. Kingston: Ian Randle Publishers.
  • (en) Williams, Eric. 1964. British Historians and the West Indies. P.N.M. Publishing Company, Port-of-Spain.
  • (en) Sawh, Gobin, Ed. 1992. The Canadian Caribbean Connection: Bridging North and South: History, Influences, Lifestyles. Carindo Cultural Assoc., Halifax.
  • Histoire civile et commerciale de la Jamaïque, De Drouin de Bercy
  • The Making of New World Slavery, De Robin Blackburn
  • Leslie, Charles, de la Jamaïque 1...-17.., Histoire de la Jamaïque, traduite de l'anglois. Par M. ***, ancien officier de dragons. Premiere partie -seconde partie, A Londres, chez Nourse. M. DCC. LI,‎ 1751 (lire en ligne)

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Michener, James, A. 1989. Caribbean. Secker & Warburg. London. ISBN 0-436-27971-1 (Chap. XI. "Martial Law in Jamaica", p. 403-442).
  • Jean-Pierre Moreau, Les Petites Antilles de Christophe Colomb à Richelieu, 1493-1635, éditions Karthala, 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]