Empire colonial allemand
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
L'empire colonial allemand est créé après l'unification de la nation allemande en 1871 et la naissance de l'Empire allemand, ou Deuxième Reich. Il cesse d'exister après la Première Guerre mondiale.
Sommaire |
[modifier] Débuts de la colonisation allemande
Après la création de quelques colonies de peuplement au XVIIe siècle, notamment en Afrique, le début de cet Empire se situe véritablement après l'unification de 1871. Arrivée tardivement sur le « marché » colonial — l'Afrique est déjà pratiquement partagée entre Français et Britanniques —, l'Allemagne souhaite bâtir un empire colonial et mettre un terme à la suprématie maritime des Britanniques. Sous l'impulsion de Bismarck, elle va acquérir ses premières colonies aidée par le développement d'une nouvelle marine impériale, la Kaiserliche Marine.
[modifier] Colonies allemandes en Afrique
L'Allemagne s'établit dans le Sud-Ouest Africain (actuelle Namibie) en 1883, avant de coloniser le Kamerun (Cameroun) et le Togoland (Togo) en 1884, puis l'Afrique orientale allemande (devenu Tanganyika et aujourd'hui partie continentale de la Tanzanie) et le Ruanda-Urundi en 1885. La D.O.A.G. (Deutsch-Ostafrikanische Gesellschaft, « Société allemande d'Afrique de l'Est ») est créée, et s'implante en Afrique de l'Est, grâce notamment à Carl Peters qui signe des traités avec différents chefs de tribus. En quelques mois, l'Allemagne se trouve à la tête d'un empire colonial cinq fois plus grand que son territoire métropolitain, même s'il n'est que très peu peuplé.
De vives réactions s'élèvent contre la politique coloniale de Berlin de la part des autres États européens, mais aussi des autochtones. Les tensions sont particulièrement graves en Afrique australe, où les intérêts des compagnies minières allemandes sont menacés par l'expansion britannique. Un accord est signé le 30 août 1898, par lequel l'Allemagne s'engage à ne pas intervenir dans la guerre des Boers en Afrique du Sud.
La rébellion sanglante des Hereros en Afrique du Sud-Ouest en 1904 entraîne une répression aveugle. Des camps de concentrations sont établis, parmi les premiers de l'histoire, inspirés des camps utilisés par les Britanniques lors de la guerre des Boers. Le gouvernement allemand présente en 2004 des excuses officielles, évoquant le caractère génocidaire des massacres.[1].
En 1911, la France et l'Allemagne s'affrontent au sujet d'un protectorat sur le Maroc, dont la plus grande illustration se caractérisera par la crise d'Agadir, qui manque déclencher une guerre. L'Empire allemand cède, mais obtient en contrepartie une extension de sa colonie camerounaise vers les territoires français limitrophes de l'Oubangui-Chari (République entraficaine) , du Congo et du Gabon.
[modifier] Colonies et concessions allemandes en Chine
L'Allemagne obtient un protectorat sur la baie de Jiaozhou (Kiao-Tchéou) en 1898. Ce protectorat inclut la ville de Qingdao. Sa sphère d'influence en Chine s'étend sur toute la région du Shandong et du cours inférieur du fleuve Huang He.
[modifier] Colonies allemandes dans le Pacifique
L'Allemagne prend également pied dans des îles du Pacifique. Elle occupe l'archipel Bismarck dès 1884, ainsi que le nord de l'archipel des îles Salomon en 1885, où elle impose son protectorat sur ce qui s'appellera les Salomon septentrionales ou Salomon du Nord. Le traité de 1899 les rattache au protectorat britannique des Salomon méridionales créé en 1893, mais l'Allemagne conserve les deux principales îles du nord, l'île Bougainville et l'île Buka. Elle occupe également les îles Samoa, les Mariannes, les Carolines et, en 1884, le nord-est de la Nouvelle-Guinée sous le nom de Kaiser-Wilhems-Land, l'ouest étant occupé par les Néerlandais et le sud-est par les Britanniques. Les îles Marshall sont colonisées en 1885, et Nauru en 1888.
[modifier] Fin de l'Empire colonial allemand
Pendant la Première Guerre mondiale, les colonies allemandes sont presque immédiatement occupées par les Alliés. En Afrique orientale allemande, les hostilités tardent à être engagées, mais certains combats se dérouleront au delà de l'armistice du 11 novembre 1918. En 1919, le Traité de Versailles entérine la fin de l'Empire colonial allemand, dont les vainqueurs se partagent les colonies sous mandat de la Société des Nations :
- la France obtient la majeure partie du territoire du Cameroun et du Togo, qu'elle partage avec les Britanniques ;
- la Belgique obtient le Ruanda-Urundi ;
- le Royaume-Uni obtient, outre les territoires camerounais et togolais non-administrés par la France :
- le Tanganyika ;
- la Namibie, administrée par le dominion d'Afrique du Sud ;
- la Nouvelle-Guinée, les Samoa et Nauru, administrés par le dominion d'Australie ;
- le Japon obtient les îles Mariannes, Marshall et Carolines, dont l'île de Palau, et occupent également les comptoirs et territoires allemands de Chine jusqu'en 1922, date à laquelle ils sont rendus aux Chinois.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Henri Brunschwig, L'expansion allemande outre-mer du XVe siècle à nos jours, Paris, 1957.
- Robert Cornevin, Histoire de la colonisation allemande, Que sais-je ?, PUF, 1969.
- Remy Porte, La conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d'un rêve impérial, 2006.
- ↑ "L'Allemagne demande "pardon" au peuple Herero", Le Nouvel Observateur, 19 août 2004, http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20040815.OBS4690/
[modifier] Liens internes

