Confédération de Bar

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Prière des confédérés de Bar avant la bataille de Lanckorona. Peinture par Artur Grottger
Bar Confederation 1768-1772.PNG

La confédération de Bar est une insurrection de gentilshommes patriotes polonais contre l’ingérence de la Russie au début du règne de Stanislas Auguste Poniatowski ; devenue guerre civile, avec participation de plusieurs puissances d'Europe, elle dure de 1768 à 1772 et prélude au premier partage de la Pologne.

Historique[modifier | modifier le code]

Stanislas est élu en 1764 roi de Pologne, avec l'appui de Catherine II de Russie.

Lors de la diète de 1768, l'ambassadeur de Russie, Nicolas Repnine, obtient la liberté de religion pour les orthodoxes et les protestants et une déclaration faisant de Catherine II la garante des lois et libertés polonaises.

L'insurrection est fomentée par un groupe catholique et anti-russe dont les chefs sont Casimir Pulaski et Michel Krasinski, auxquels se joignent Charles Radziwill et un membre de la famille Potocki. Une armée est réunie à Bar en Podolie, à 70 km de la frontière ottomane, pour défendre « la foi et les libertés ». Le porte-parole des confédérés est le carme P. Marek Jandolowicz, mi-prophète, mi-thaumaturge. Le mouvement se répand rapidement dans la noblesse polonaise d'Ukraine.

Frédéric II de Prusse invoque des raisons de sécurité pour établir des garnisons en Prusse polonaise. Les Russes agissent de même dans le sud-ouest du pays. Le général russe Souvorov prend Cracovie d’assaut. Stanislas Poniatowski combat les confédérés de Bar ou s’allie avec eux, suivant les circonstances. Une guerre civile s’ensuit, accompagnée d’une révolte agraire ; les paysans orthodoxes massacrent les nobles et les Juifs. La répression par les Russes est terrible.

Prétextant une violation de la frontière dans la poursuite des révoltés, l'Empire ottoman déclare la guerre à la Russie en octobre 1768. Une lutte confuse s'ensuit pendant quatre ans. La France soutient financièrement les confédérés et leur envoie Dumouriez, alors colonel. Jean-Jacques Rousseau est contacté pour donner une constitution à la Confédération ; mais la plupart des philosophes, notamment Voltaire, apportent leur soutien à Catherine II, la despote éclairée, représentant le progrès face à l'obscurantisme polonais.

En octobre 1771, les confédérés du Bar proclament la déchéance du roi. Mais ils déposent les armes en août 1772 et la Pologne subit alors son premier partage.

Un certain nombre de polonais capturés par les Russes sont envoyés dans des camps en Sibérie avec leur famille, constituant le premier contingent de déportés polonais dans la région[1]. D'autres insurgés partent pour l'exil, notamment en France.

Les historiens polonais sont partagés sur l'évaluation du mouvement. Jacek Jędruch (1927-1995) critique une orientation réactionnaire sur les questions de droits civils et de tolérance religieuse. Bohdan Urbankowski (1943) considère la rébellion comme le premier effort militaire sérieux pour rétablir l'indépendance polonaise.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Norman Davies, Europe:A History, Oxford University Press, 1996, p.664