Erich Koch

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Erich Koch

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Erich Koch

Naissance 19 juin 1896
Elberfeld, Province Rhénane, Royaume de Prusse, Allemagne
Décès 12 novembre 1986 (à 90 ans)
Barczewo, Pologne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Profession Politicien, Fonctionnaire
Autres activités
Gauleiter du NSDAP pour la Prusse-Orientale, Député au Reichstag, Commissaire du Reich en Ukraine

Erich Koch (19 juin 1896-12 novembre 1986) est un criminel de guerre allemand, Gauleiter du NSDAP en Prusse-Orientale de 1928 à 1945, dont il est l'Oberpräsident à partir de 1933, et commissaire du Reich en Ukraine de 1941 à 1944, nomination par laquelle il fut un exécuteur zélé du Generalplan Ost.

Jeunesse et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né à Elberfeld, incorporée aujourd’hui à la ville de Wuppertal, c'est le fils d’un contremaître. Habile commerçant, Koch est embauché par le service ferroviaire en tant qu’aspirant intermédiaire de la fonction publique. Pendant la Première Guerre mondiale, il est soldat de 1915 jusqu’en 1918 et se bat, plus tard, en tant que membre des corps francs en Haute-Silésie.

NSDAP[modifier | modifier le code]

Erich Koch adhère au NSDAP en 1922. Pendant l'occupation de la Ruhr, il est membre du groupe d’Albert Leo Schlageter et est emprisonné plusieurs fois par les autorités françaises. En 1927, il devient Bezirksführer du NSDAP à Essen et plus tard, adjoint du Gauleiter du Gau de la Ruhr.

Gauleiter de Prusse-Orientale[modifier | modifier le code]

En 1928, il devient Gauleiter de la province de Prusse-Orientale et il est membre du Reichstag à partir de septembre 1930. Après la prise du pouvoir par le parti nazi, il devient Oberpräsident de Prusse-Orientale. En 1938, Koch est nommé Obergruppenführer dans la SA.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Erich Koch (à droite) et Alfred Rosenberg (au centre), visitant le monastère Lawra à Kiev, Reichskommissariat d'Ukraine

Gauleiter de Prusse orientale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Koch est nommé Reichsverteidigungskommissar de Prusse-Orientale. Après la fin de la campagne de Pologne, il doit céder le district de la Prusse-Occidentale, le 26 octobre 1939, au nouveau Reichsgau Westpreußen, rebaptisé plus tard district de Prusse-Occidentale-Dantzig. Ces nouvelles régions couvrent approximativement la zone entre les fleuves Vistule et Narew. Sitôt l'invasion de l'Union soviétique amorcée, Koch est nommé Zivilkommissar le 1er août 1941 et plus tard, chef de l’administration publique du district de Bialystok. Le 1er septembre, il devient commissaire du Reich de l'Ukraine. Son domaine va de la mer Baltique à la mer Noire et englobe des régions allemandes, polonaises et ukrainiennes.

Comme les autres Gauleiter, il a tendance à gérer son Gau comme une possession personnelle, s'opposant à Bormann à partir de 1941. En effet, vieux combattant du parti, il dispose d'un accès direct à Hitler, sans passer par Bormann, ou toute autre instance centralisée[1]: cet accès direct lui permet de traiter directement avec Hiter, contre Goebbels, par exemple, qui souhaite évacuer vers l'intérieur du Reich 170 000 réfugiés berlinois, accueillis dans le Gau de Koch; à cette occasion, en juillet 1944, il obtient que seuls 55 000 Berlinois, essentiellement des femmes et des enfants, résidant dans les districts les plus directement menacés, soient concernés par ces mesures[2].

Commissaire à la défense du Reich, il obtient de Hitler l'érection de fortifications le long de la frontière. Ces fortifications, L'Ostwall, organisées en échelons, constituent le pendant oriental du Westwall, érigé dans les années 1930[3]; pour réaliser ces travaux, d'accord avec Guderian, qui a obtenu un décret du Führer pour les mettre en place, il mobilise l'ensemble de la population masculine âgée de 15 à 65 ans de la province pour ces travaux (sur l'utilité desquels certains dirigeants, comme Goebbels, ne se font aucune illusion[4]), y compris les moissonneurs, menaçant les récalcitrants de la cour martiale[5].

En outre, soutenu par Hitler, il s'oppose aux évacuations des civils, ne souhaitant donner le signal de la débandade de la population allemande de l'Est; pour lui, les civils restés sur place constituent la preuve de l'inflexibilité de la détermination de la population à résister jusqu'au bout et à ne pas céder une quelconque portion du territoire du Reich[6]. Cependant, ce refus d'évacuer la population de son Gau, malgré les demandes de l'armée[7], le discrédite aux yeux de la population de son Gau, qui commence à se réfugier plus à l'Ouest[8].

En janvier 1945, alors que le front allemand est enfoncé, que la Prusse orientale devient un champ de bataille, il continue de s'opposer à l'évacuation des civils, appelant ces derniers à défendre la Prusse Orientale jusqu'au bout, soumettant le moindre ordre d'évacuation à son accord personnel[9]. Dans le même temps, les ordres de retraites données par les officiers de la Wehrmacht lui sont soigneusement dissimulés par ces derniers, qui ne souhaitent pas devoir se justifier, non devant lui, intoxiqué par ses propres proclamations, dans lesquelles il affirme la possibilité de résister en Prusse Orientale, mais devant Hitler[10]

Alors que les troupes russes avancent dans cette zone en 1945, Koch s'enfuit[11] et s’échappe avec un avion de type Fieseler-Storch qu'il s'était attribué.

« ... il survola deux fois la poche de la 4e armée. La misère des civils le laissa insensible. »

— Jurgen Thorwald 1967, p. 126

Il rejoint à Pillau le 28 janvier 1945 un bunker de commandement, après avoir mis sa famille à l'abri en Bavière et encouragé ses proches collaborateurs à la fuite une semaine plus tôt[9] puis la mer Baltique, entre le 23 avril 1945 et le 7 mai 1945; il embarque sur le brise-glace Ostpreußen (Prusse orientale), avec sa suite et sa Mercedes[12]. Il arrive à Flensbourg le 7 mai 1945, où il réclame un sous-marin pour fuir en Amérique latine[13]; il se cache dans la région. Il est capturé par les troupes britanniques à Hambourg en mai 1945.

Commissaire du Reich en Ukraine[modifier | modifier le code]

Nommé le 16 juillet 1941 commissaire du Reich en Ukraine, il est placé sous la tutelle théorique de Rosenberg[14]. Rapidement, soutenu par Hitler, Göring et Bormann, il s'oppose à son ministre de tutelle[14], tout d'abord sur le choix de la capitale du commissariat: Rosenberg souhaitait Kiev, il choisit Rovno[14]. Partisan de la réalisation du programme idéologique, il développe aussi une rhétorique raciste, à l'opposé des théories de Rosenberg, qui souhaite s'appuyer sur l'ensemble des populations non russes des territoires occupés, et appelle à une exploitation sans limite de sa circonscription[15]. Sa politique d'exploitation sans limites suscite des réserves parmi les militaires, au point que Rosenberg dénonce au printemps 1943 l'attitude de Koch à Hitler[16], mais le ministre des territoires de l'Est est désavoué par Hitler, qui donne raison à Koch le 19 mai 1943[16].

Extrêmement corrompu, à l'image de ses subordonnés, il mène un train de vie luxueux et se serait réservé 50 000 hectares de terres pour en faire une réserve de chasse; sur ces territoires il aurait fait vider de sa population les quatorze villages qui s'y trouvaient et ordonné la fermeture d'une scierie[17].

Proche de Bormann, il reprend les termes de ce dernier lorsqu'il développe son programme pour l'Ukraine: il souhaite limiter le développement de la population ukrainienne, y compris en limitant les mesures d'hygiène, et définit strictement ce que doivent apprendre les Ukrainiens, la lecture et l'écriture[15].

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique demande l'extradition de Koch, mais le gouvernement britannique décide de le remettre plutôt au gouvernement polonais. Il est extradé en Pologne et y est condamné à mort le 9 mars 1959 pour crimes de guerre contre les Polonais. Il n’est pas jugé pour les crimes commis en Ukraine. La sentence de mort ne fut jamais exécutée et plusieurs personnes croient qu’il a monnayé sa vie contre des renseignements sur les œuvres d’art pillées par les Nazis pendant la guerre. Toutefois aucune preuve tangible n'a pu être apportée à l'appui de cette thèse. Il meurt de causes naturelles en prison à Barczewo (l'ancienne Wartenburg), près de Olsztyn (l'ancienne Allenstein), au cœur de l'ancienne Prusse-Orientale, désormais disparue.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Description hallucinante de la débâcle qui conduira les Soviétiques à Berlin, en passant par la Pologne et la Prusse orientale, au cœur de l'Allemagne nazie, de la Vistule à l'Elbe

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ian Kershaw La Fin, p. 46.
  2. Ian Kershaw La Fin, p. 47.
  3. Ian Kershaw La Fin, p. 128.
  4. Ian Kershaw La Fin, p. 148.
  5. Ian Kershaw La Fin, p. 146.
  6. Ian Kershaw La Fin, p. 156 et 161.
  7. Ian Kershaw La Fin, p. 156.
  8. Ian Kershaw La Fin, p. 161.
  9. a et b Ian Kershaw La Fin, p. 236.
  10. Ian Kershaw La Fin, p. 266.
  11. Jurgen Thorwald 1967, p. 125-126 et 159-163
  12. Ian Kershaw La Fin, p. 410.
  13. Ian Kershaw La Fin, p. 411.
  14. a, b et c C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 288.
  15. a et b C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 290.
  16. a et b C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 291.
  17. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l'Est : Hitler et la conquête de l'espace vital, 1933-1945, Paris, Tallandier,‎ 2012 (ISBN 978-2-847-34906-1 et 9782286088477), p. 289.